Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 21 Août 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

30 000 milliards de tonnes de déchets : cette nouvelle couche géologique que l'Homme moderne est en train de créer

Pour satisfaire ses besoins de plus en plus importants, l'espèce humaine produit un nombre gigantesque de constructions et de déchets. Un mode de vie qui n'est évidemment pas sans conséquence pour notre planète.

Poubelle géante

Publié le
30 000 milliards de tonnes de déchets : cette nouvelle couche géologique que l'Homme moderne est en train de créer

Ce sont pourtant des gestes du quotidien parfaitement anodins. Boire de l'eau, conduire sa voiture, faire ses courses au supermarché, etc. Des gestes banals, mais qui, répétés des milliards de fois, provoquent des tonnes de déchets. Des tonnes et des tonnes. Les chiffres donnent même le tournis. Selon une équipe internationale de scientifiques réunis à l'Université de Leicester, le poids cumulé des déchets et des constructions humaines serait d'environ… 30.000 milliards de tonnes. Pour comparaison, cela représente environ 50 kg par mètre carré de surface terrestre.

Cette masse est tellement importante, et l'activité de l'Homme est telle, qu'une nouvelle "sphère" a été créée.

Avant, notre planète était consitutée des célèbres atmosphère, biosphère, mais aussi de l'hydrosphère et la lithosphère. Désormais, il faut aussi compter avec la "technosphère". Et cette dernière, qui arrive de façon brutale, vient bouleverser des millénaires et des millénaires de délicat équilibre.  

Mais quelle est cette nouvelle sphère ? "La technosphère représente l'ensemble des structures que les humains ont construites pour les maintenir en vie, en très grand nombre maintenant, sur la planète : les maisons, les usines, les fermes, les mines, les routes, les aéroports et les ports d'expédition, les systèmes informatiques et leurs déchets..." explique Jan Zalasiewicz, du département de géologie de l'Université de Leicester. 

Le mode de vie extrêmement consumériste adopté par une large partie de la planète a donc, non seulement un impact en termes d'environnement, mais aussi géologiques.  Les couches, les carcasses automobiles, le plastique, les épingles… presque tout ce qui ne se recycle pas pourrait bien se fossiliser. Les siècles passant, ces objets seront avalés par la terre et deviendront des "technofossiles".  Aujourd'hui, il y aurait déjà plus de technofossiles que d'espèces vivantes sur Terre.

L'avènement de l'Anthropocène

D'après certains scientifiques, nous sommes donc en train de créer notre propre couche géologique. Pour la plupart d'entre nous, ces couches terrestres sont des vestiges de temps immémoriaux. Mais, à l'instar des dinosaures avec leurs fossiles, nous créons notre propre strate, constituée de milliards d'objets. "Beaucoup d'entre eux, s'ils sont ensevelis, formeront dans un lointain avenir géologique des "technofossiles" qui aideront à caractériser et à dater l'Anthropocène" estime  le professeur Colin Waters, un des coordinateurs de l'étude pour l'Université de Leicester. L'Anthropocène ? Une théorie avancée par plusieurs experts, qui soutient que l'humanité, en modifiant en profondeur son environnement, a créé une nouvelle ère géologique. 

Alors faut-il s'en inquiéter ? Oui, répondent certains chercheurs. Si l'on prend l'exemple de la biosphère, on constate que le processus visible est épatant. Les séquoias vivent, meurent, tombent et deviennent des refuges pour des petits mammifères ou des champignons…avant que d'autres pousses de séquoias se dressent sur les restes des anciennes. Un cycle vertueux, avec aucun déchet et la préservation de la vie. Malheureusement, la technosphère ne fonctionne pas ainsi : elle consomme des ressources finies, des ressources dont la Terre a besoin pour faire vivre les autres systèmes. 

Si la technosphère n'est pas à proprement parler un parasite, son processus actuel agit comme tel, un système sain ne produisant pas ou très peu de déchets. Pourtant, si cette réalité parait bien sombre, tout espoir n'est pas mort. L'humanité ne pourra sans doute pas se défaire de son appétit pour la consommation, mais elle peut préserver son environnement en faisant évoluer la technosphère. Cela passe par l'adoption de nouveaux comportements pour réduire les déchets, et créer, à l'image des autres sphères, un circuit où tout se transforme. Où tout se recycle. 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Le gorille - 02/04/2017 - 10:54 - Signaler un abus Des déchets... mais tirés d'où?

    Ces déchets, ou les constructions.... ne pèsent absolument rien : il a bien fallu extraire les matériaux ! La masse de la Terre est inchangée : (- 30 tératonnes) extractions + (30 tératonnes construction) = 0 Bon d'accord, il y a transfert de masses. Mais alors, qu'attend-on pour remettre les déchets et les démolitions dans les volcans ? Retour à l'origine, non ? Je sais : le 1er avril c'était hier !

  • Par langue de pivert - 02/04/2017 - 18:57 - Signaler un abus NO FUTUR !

    Dans les volcans "ça" ne descendrait pas bien profond ! Il faudrait mettre tous nos déchets le long des failles de subduction...mais elles sont au plus profond (sauf une en surface) des océans et elles ne seraient jamais assez longues pour absorber toute nos saletés ! Il n'y a pas de solution : la planète est une poubelle, la bio-diversité s'effondre en quantité et en variété, le point de non-retour est dépassé ! C'est foutu !

  • Par Le gorille - 02/04/2017 - 19:29 - Signaler un abus Quel défaitisme !

    Allons, Langue de pivert... souriez Gibbs !

  • Par langue de pivert - 02/04/2017 - 19:37 - Signaler un abus

    Je fais que ça :-)

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Je m'abonne
à partir de 4,90€