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Vincent Peillon accusé de "rallumer la guerre scolaire" : mais au fait, qu'est-ce que la guerre scolaire ?

La guerre scolaire, que le ministre de l'Education est accusé de "rallumer", désigne en fait dans l'histoire de France un conflit entre les partisans de l'école publique et ceux de l'école privée.

Rappels historiques

Publié le - Mis à jour le 8 Janvier 2013
Vincent Peillon accusé de "rallumer la guerre scolaire" : mais au fait, qu'est-ce que la guerre scolaire ?

La guerre scolaire prend finalement fin au début du XXe siècle quand Emile Combes fait adopter en 1904 une loi interdisant aux congrégations d'enseigner Crédit D.R.

La France est-elle à l'aube d'une nouvelle guerre scolaire ? C'est en tout cas ce que semble penser une partie de la droite en accusant Vincent Peillon de "rallumer la guerre scolaire". En rappelant à l'enseignement catholique son obligation de neutralité, notamment en ce qui concerne le mariage gay, le ministre de l’Éducation nationale a en effet ravivé un douloureux épisode de l'Histoire de France, une lutte entre les partisans de l'école privée et ceux de l'école publique qui s'est déroulée entre 1789 et 1905.

Tout commence en 1789 avec la Révolution. L'ordre établi est remis en question, la question de l'enseignement est donc posée. L'éducation primaire passe ainsi sous la responsabilité de l'Etat. Si la laïcité des écoles est férocement défendue par Condorcet qui rêve d'une Instruction publique qui laisserait de côté les valeurs – et notamment les valeurs chrétiennes – pour n'enseigner que des vérités, l'Etat refuse encore d'imposer l'obligation scolaire qui pourrait entraîner des difficultés pour les familles pauvres compte tenu du manque à gagner, les enfants n'ayant plus autant de temps pour aider leurs parents. Mais l'intérêt grandissant de l'Etat pour l'instruction de la jeunesse inquiète de plus en plus les catholiques qui craignent une diffusion de la pensée de Lumières et des idées socialistes qu'ils accusent l'école de favoriser.

Tandis que les écoles publiques déclinent sous le Consulat, l'Empire et la Restauration, les écoles privées connaissant alors un renouveau et l'instruction religieuse est renforcée. La guerre scolaire peut alors vraiment commencer. Les questions liées à l'enseignement ne vont cesser d'occuper les législateurs. Le ministre Guizot fait ainsi voter sous la Monarchie de juillet en 1833 une loi portant sur l'instruction primaire et qui répond à l'article 69 de la Charte de 1830 qui prévoyait qu'une loi porterait sur "l'instruction publique et la liberté de l'enseignement". Si la loi impose une école primaire par commune de plus de 500 habitants, elle encourage toutefois toujours l'enseignement par les religieux, l'article premier assurant que l'instruction primaire élémentaire comprend nécessairement "l'instruction morale et religieuse". Le texte est pourtant attaqué de tous les côtés : les catholiques sont en effet hostiles à l'existence de l'enseignement public et souhaitent la disparition de l'Université, "antichambre de la Révolution" tandis que la gauche anticléricale combat la liberté de l'enseignement confessionnel.

Quelques années plus tard est votée la loi Falloux. Promulguée le 15 mars 1850 sous la Deuxième République, cette loi portant sur l'instruction publique reste célèbre pour ses dispositions sur la liberté d'enseignement puisqu'elle laisse une place importante à l'enseignement confessionnel. Si l'instituteur doit assurer les prières quotidiennes, et faire apprendre le catéchisme, les catholiques critiquent cette loi qui porte selon eux le vice majeur de maintenir l'Université.

Le tournant a finalement lieu vingt ans plus tard lorsque l'Etat comprend vraiment sous l'impulsion du ministre de l'Instruction publique Jules Ferry que l'éducation des écoliers lui incombe entièrement. Cette série de lois sur l'école primaire votées sous la Troisième République en 1881 et 1882 rendent ainsi l'école gratuite, l'instruction obligatoire et surtout l'enseignement laïque. La loi retire donc à l'Eglise son droit de contrôle, l'enseignement religieux devant désormais être dispensé en dehors des heures de classes. Il va sans dire que les catholiques ne prennent pas bien la chose. Entre la bataille des manuels, l'opposition entre une "école de Dieu" et une "école du Diable", la guerre fait rage entre les partisans de l'école laïque et publique et ceux d'une école privée et catholique. Les curés de certaines paroisses vont jusqu'à priver de sacrements les parents qui inscrivent leurs enfants dans une école publique.  

La guerre scolaire prend finalement fin au début du XXe siècle quand Emile Combes fait adopter en 1904 une loi interdisant aux congrégations d'enseigner, y compris dans les écoles privées, ce qui augmente assez logiquement les "écoles privées laïques". Le 9 décembre 1905 est finalement adoptée à l'initiative du député Aristide Briand la loi de séparation des Eglises et de l'Etat. La place des Eglises dans la société française est enfin clarifiée, la guerre des écoles prend fin. Enfin, jusqu'à aujourd'hui comme semblerait le penser une partie de l'opposition.

 
Commentaires

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  • Par Malhb - 07/01/2013 - 17:56 - Signaler un abus Et 1984 ?

    Euuuh, il me semble qu'il manque un chapitre à votre rappel historique : quid de 1984, du projet de loi Savary vite retiré devant la mobilisation (1 million de personnes à Versailles !) ?

  • Par ZOEDUBATO - 07/01/2013 - 19:00 - Signaler un abus Flamby et son clan sont devenus des clowns sans autorité

    Ils n'avaient déjà plus d'autorité en France et à l'International maintenant ils sont devenus des clowns que tout le monde conspuent pour leur manque de justice sociale, de tolérance et de sens politique Désormais ils sont trop engagés dans un sectarisme totalitaire et corporatiste pour parler au nom de la France ou de neutralité (surtout que ceux qui essaient des soutenir sont connus comme des courroies de transmission accapareurs qui ne viennent que pour le maintien de leurs acquis.) Le monde entier fait une comparaison très désobligeante pour lui avec le Président SARKOZY (Flamby le nain politicien et fourbe et le géant NS reconnu comme homme d'Etat International) Flamby, sa secte et le PS sombrent dans le ridicule et ne sont plus que des accapareurs illégaux de richesses et des persécuteurs intolérants

  • Par issartier - 07/01/2013 - 19:12 - Signaler un abus Peillon est inaceptable

    Personne ne peut nier que les enfants sont les plus concernés par le mariage et la « procréation » homosexuels. Fort de cette évidence personne de sensé, et surtout pas un ministre, ne peut se dispenser de recueillir leur avis. Dans toutes les écoles publiques et privées ils devront donc nécessairement être questionnés individuellement, honnêtement et sans ambiguïté. La question unique sera la suivante « Préfères-tu avoir une maman et un papa ?, ou deux papas ? Ou encore deux mamans ?» Le gouvernement qui a cru devoir créer la discorde avec ce sujet par évident se doit désormais d’être exemplaire. Quand il est déjà rejeté par 75% des démocrates français il ne peut plus se permettre de jouer les Mitterrand de l’époque de la francisque !

  • Par Cap2006 - 07/01/2013 - 19:23 - Signaler un abus c'est un peu du niveau OM-PSG

    les gens veulent un choix.... et faire payer les autres ;-))

  • Par Titan75 - 07/01/2013 - 19:25 - Signaler un abus Une seule réponse au sectarisme haineux de la gauche :

    TOUS DANS LA RUE LE 13 JANVIER !

  • Par laurentso - 07/01/2013 - 19:33 - Signaler un abus Quelle guerre scolaire ?

    N'importe quoi... Tout cela à cause d'une lettre maladroite d'un responsable de l'enseignement catholique, fort justement recadré par Peillon. On vit des temps bizarres. La Droite, qui n'a rien à dire au pays, qui n'a même plus la force d'être décomplexée, en fait des tonnes. Tempête dans un verre d'eau. Ou dans un bénitier. Ah, on me signale une école privée catholique qui envoie un trac contre le mariage homo en même temps que les bulletins de note ! A Saint-Lô. Ca rallume quoi ça ?

  • Par laurentso - 07/01/2013 - 19:34 - Signaler un abus Titan

    Encore un islamiste qui vient faire sa propagande ; il appelle à joindre une manifestation de l'UOIF. Quelle horreur.

  • Par Pierrrrre - 07/01/2013 - 19:44 - Signaler un abus ►►► qu'est-ce que la guerre scolaire ?

    . La guerre scolaire, ben c'est la lutte des classes, . ..C'est toute une école...

  • Par Vinas Veritas - 07/01/2013 - 19:48 - Signaler un abus guere scolaire ou guerre des modèles de société

    Avant que de critiquer l'enseignement historiquement catholique de la France millénaire, il serait temps de voir qu'il existe un bon nombre d'ecoles religieuses dont les établissements dits catholiques chrétiens me semblent rester largement respectueux de la laïcité tant prônée par l'actuelle majorité. en est-il de même pour les autres lieux de confession africaine ? si les écoles chrétiennes acceptent tous et toutes et qsue ces derniers s'y sentent accueillis, il me paraît improbable que ceci puisse être le cas dans les autres établissements religieux (suivez mon regard). les débats sont ouverts et les opinions sont discutées sans à priori mais avec une recherche de profondeur et des conséquences sociaux-phylosophiques. Il me semble que des professeurs ont aussi cette démarche dans le Public mais qu'une hierarchie vient rapidement opposer son veto dès qu'elle en a connaissance pour n'impôser à cette jeunesse friande de rapides définitions n'aie plus à se questionner intérieurement sur la complexité de la société des individus composant l'humanité. le Manichéïsme est bien plus facile a traiter dans l'élégance du tout bien ou tout mal !

  • Par Vinas Veritas - 07/01/2013 - 19:49 - Signaler un abus suite

    c'est ainsi que va vers une mort certaine in fine toute civilisation incapable de peser, d'analyser et de se réformer lorsque la situation évolue tant bien même que rien n'est figé mais que tout évolue et change.

  • Par carredas - 07/01/2013 - 19:54 - Signaler un abus La guerre des courriers...

    Sans rallumer directement la guerre scolaire, la lettre de M.Peillon aux recteurs n'est pas faite pour apaiser les esprits. Que dit-il : 1) le ministre écrit que le caractère propre des établissements privés sous contrat ne leur permet pas de déroger au strict respect des individus et de leur conviction 2) que les recteurs doivent veiller à ce que les débats n'entraînent pas de stigmatisation homophobe 3) que tout incident doit lui être rapporté 4) que les recteurs doivent faire de l'homophobie en milieu scolaire une priorité Pourquoi écrit-il aux recteurs ? Parce que le secrétaire général de l'enseignement catholique avait dans un courrier invité les chefs d'établissements catholiques à réfléchir sur la forme que pourrait prendre des débats ayant pour objet le mariage gay. Il faut croire que pour M.Peillon les débats éventuels sur le sujet dans ces établissements catholiques risquaient de provoquer la stigmatisation homophobe, le non respect des individus et divers incidents. M.Peillon pouvait aussi demander directement à M.de Labarre la plus grande prudence dans ces initiatives plutôt que de les faire surveiller par les recteurs comme des malfaisants potentiels...

  • Par Vinas Veritas - 07/01/2013 - 19:59 - Signaler un abus école de citoyenneté ?

    A toujours vouloir simplifier à l'extrème, on en vient à oublier le sens des mots, à réduire le vocabulaire à quelques 200 mots quant F DARD lui même considérait qu'il lui en fallait 300 pour que ses lecteurs comprennent ceux qu'il inventait. je ne cesse de lire ou d'entendre des icongruités dues au mésusage du Français. on ne tarit pas de vindicte sur les salaires mirobolants de professions qui n'en perçoivent aucun. le dernier en date étant le fameux salaire des acteurs et comédiens qui perçoivent des cachets mais rarement un vrai salaire ou les médecins et autres libéraux et indépendants lorsqu'on leur verse des honoraires dans lesquels ils devront puiser pour payer toutes les charges dues. et je ne citerais pas non plus toutes ces émissions qui vulgarisent l'idée que les commerçants s'enrichissent honteusement lorsque nous daignons acquérir chez eux à des prix incroyables parce que la marchandise sort d'une usine chinoise à si vil prix !

  • Par Benvoyons - 07/01/2013 - 23:07 - Signaler un abus laurentso - 07/01/2013 - 19:33 Tu es en plein coït avec Peillon

    la dictature quand tu nous tiens. Bientôt salle de Shoot et Baisodrome dans les écoles.

  • Par CN13 - 08/01/2013 - 10:14 - Signaler un abus Tout à fait d'accord avec ZOEDUBATO

    Je vous trouve PLEIN de bons sens. Vous êtes plus intéressant(e) à lire.

  • Par Vincennes - 08/01/2013 - 10:43 - Signaler un abus Quel trio de choc : : "Flamby le clown, "Peillon la vipère"

    sans oublier "Ben Kacem, le perroquet de service" etc

  • Par vangog - 08/01/2013 - 21:18 - Signaler un abus La manifestation du 13 Janvier sera une victoire de la Liberté!

    sur toutes les formes d'endoctrinement qui polluent la société Française depuis que la Gauche a décidé qu'elle devait imposer, de gré ou de force, ses réformes sociétales à ses citoyens. L'orgueil démesuré consistant à transformer une société à l'image de son idéologie qu'on souhaite encore progressiste alors qu'elle n'est plus que réactionnaire ( à Sarkozy, par exemple...) ne peut être que néfaste et porteur d'injustices. Si les Français se rendent nombreux à cette manifestation, ça ne sera pas pour réagir à quelques mots malhabiles d'un obscur ministre, mais pour manifester contre un endoctrinement rempant de notre société qui a commencé bien avant Mitterrand, et qui a été hissé au rang de doctrine par lui, et qui est repris par le faible Flamby et ses propagandistes en chef. Il suffit de voir l'influence grandissante dans les médias des deux minorités pro-Flamby, les communautés immigrées et homosexuelles, pour comprendre l'utilisation rapide et néfaste des deux médias favoris de la gauche pour l'endoctrinement de leur idéologie nauséabonde: l'Education et la presse! Quand on touche à la liberté et a leurs enfants, les Français remontent sur les barricades..

  • Par Salvatore Migondis - 08/01/2013 - 23:46 - Signaler un abus Pitié pour les clowns..

    Qui ont l'avantage de nous faire rire, EUX..

  • Par Titan75 - 09/01/2013 - 13:07 - Signaler un abus Face au sectarisme haineux de Hollande, une seule réponse :

    TOUS DANS LA RUE LE 13 JANVIER contre ce projet inique et monstrueux. -------------------- L'enfant n'est ni un objet ni un droit. Il n'a pas à être délibérément privé d'un père ou d'une mère. -------------------- Non à la PMA et à la GPA qui font aussi de l'enfant un objet. -------------------- L'argument de l'égalité est un argument bidon qui vise à culpabiliser. Face à des situations objectivement et essentiellement différentes -altérité sexuelle et capacité de procréer pour le couple hétérosexuel et pas pour le couple homosexuel- il ne saurait y avoir nécessairement égalité de droits. C'est une position à la fois de bon sens et de logique intellectuelle, qu'à d'ailleurs rapellé le Conseil constitutionnel. Ne vous laissez pas avoir par cet argument bidon ! ----------------- Tous dans la rue dimanche prochain ! Mobilisez-vous et mobilisez vos proches ! L'enjeu est majeur.

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