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Tensions avec Poutine & alignement sur la politique étrangère américaine : la paille que François Hollande voyait dans l’oeil des pays de l’Est sans se rendre compte de la poutre qu’il avait dans le sien

Après avoir abandonné les négociations avec Airbus, la Pologne a annoncé ce mardi avoir acheté 21 hélicoptères américains, ce qui a provoqué de vives critiques du côté de l'exécutif français. Et pourtant, le positionnement atlantiste de la Pologne n'a rien de surprenant, le pays n'ayant cessé de miser sur la protection des Etats-Unis depuis la fin de la Guerre froide.

C’est l’hopital qui...

Publié le - Mis à jour le 14 Octobre 2016
Tensions avec Poutine & alignement sur la politique étrangère américaine : la paille que François Hollande voyait dans l’oeil des pays de l’Est sans se rendre compte de la poutre qu’il avait dans le sien

François Hollande a poursuivi les politiques de Nicolas Sarkozy, qui est le premier président à avoir réorienté la politique française dans un sens plus atlantiste avec par exemple le retour de la France dans l'Alliance atlantique en 2009. Crédit Pixabay

Atlantico : La Pologne a annoncé ce mardi 11 octobre, l’achat d’au moins vingt et un hélicoptères Black Hawk américains, après avoir suspendu, le 4 octobre, les négociations engagées en 2015 avec Airbus sur l’acquisition de cinquante Caracal. Vendredi dernier, François Hollande avait critiqué la préférence polonaise pour la protection américaine, au détriment de celle l'Europe. Alors que depuis le début de son quinquennat, François Hollande a, sur la plupart des dossiers internationaux, aligné ses positions sur celles des Etats-Unis, dans quelle mesure ces accusations à l'encontre de Varsovie peuvent-elles apparaître comme paradoxales ?

Guillaume Lagane : Il me semble que, s'agissant de cette vente, la position française est bien naturelle : elle est liée à la déception d'un pays fournisseur qui voit un marché lui échapper.

François Hollande a remporté de grands succès à l'exportation : vente des Rafales à l'Inde, exportation de ces mêmes Rafales en Egypte et au Qatar. En revanche, s'agissant du marché européen, apparaît cet échec polonais. En 2003, Jacques Chirac avait déjà exprimé sa mauvaise humeur vis-à-vis de Polonais "mal élevés" qui, candidats à l’entrée dans l'Union européenne (effective en 2004), avaient choisi des avions de chasse américains au détriment des Rafales français. Les Polonais avaient été accusés de ne pas se plier à une sorte de préférence européenne.

Par ailleurs, François Hollande ne s'est pas aligné tant que cela sur la position des Etats-Unis. En réalité, les deux pays ont des divergences assez nettes. La position française sur la Syrie est, depuis 2011, assez favorable à une intervention alors que les Etats-Unis d’Obama sont sur une ligne isolationniste. Même divergence sur l’Iran entre une France méfiante et une Amérique complaisante envers Téhéran. D'une certaine manière, le succès des exportations françaises au Moyen-Orient s'explique d’ailleurs par ce positionnement diplomatique, l'Arabie Saoudite et ses alliés sunnites ayant voulu récompenser Paris et "punir" les Etats-Unis.

Par ailleurs, au regard de la tradition de politique étrangère des deux pays, dans quelle mesure la politique polonaise de suivi des Etats-Unis est-elle moins surprenante que la ligne atlantiste de François Hollande ? Quels sont les facteurs stratégiques et géographiques pouvant expliquer la position polonaise ?

La politique étrangère polonaise a une constance historique, dictée par l’histoire et la géographie : depuis la fin de la Guerre froide au début des années 1990, Varsovie a choisi une ligne clairement atlantiste. Le pays est rentré dans l'Alliance atlantique en 1999 et n'a cessé de chercher à resserrer les liens avec les Etats-Unis, en acceptant par exemple d’accueillir un dispositif de bouclier anti-missiles américains sur son territoire. Cette alliance s'explique par la peur que suscite en Pologne la proximité avec la Russie. N’oublions pas que la Pologne a disparu au XIX°s, qu’elle n’a ressuscité qu’en 1918, qu’elle a alors affronté l’armée rouge et que pèse depuis la seconde guerre mondiale le traumatisme de l’agression soviétique et du massacre de Katyn en 1940 (on se souvient qu’Andrzej Wajda, récemment disparu, en a fait un film en 2007).

La Pologne, contrairement aux pays d'Europe occidentale, a connu une croissance économique assez forte au cours des dernières années (autour de 3%) et a des finances publiques globalement en bon état (dette publique à seulement 50% du PIB). Suite à l'affaire ukrainienne en 2014 et au soutien russe aux séparatistes, qui a ravivé les craintes de la Pologne vis-à-vis de la Russie, Varsovie a engagé une politique de réarmement (augmentation du budget de défense et des effectifs de l’armée) qui s'est notamment traduit par des achats d'équipements dont les hélicoptères américains font partie.

 
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  • Par lasenorita - 12/10/2016 - 12:05 - Signaler un abus Les Médias nous mentent!

    Les Médias nous trompent, ils ont beaucoup parlé du bombardement fait sur les rebelles syriens par les avions russes et ceux de Bachar-el-Assad mais ils se taisent sur ceux faits par les Saoudiens sur les ''civils innocents'' du Yémen voir https://www.youtube.com/watch?v=VtZBH0CTgyo et https://www.youtube.com/watch?v=QySXkBzauxU ainsi que les tortures subies par les Chrétiens par les musulmans et par ces ''rebelles syriens'' qui, accueillis chez nous, ne pensent qu'à nous tuer!..

  • Par bd - 02/11/2016 - 17:34 - Signaler un abus Labeliser les politiciens?

    Pour éviter, comme cela se présente aux U.S., de focaliser les débats sur des postures, des attitudes ou des comportements au détriment des vraie questions de fond, il faudrait une sorte de "sur-parti" qui garantit le contrôle de la qualité psychiatrique des candidats comme le ferait un label. 
Ce "label" garantirait au citoyen qu’un candidat -quelle que soit sa couleur politique- validé par ce label serait psychologiquement sain. 
Le premier critère serait l'aptitude à l'empathie. 
Un politicien sans empathie n'est intéressé que par lui-même et le pouvoir au prix de n'importe quelle manipulation. 
Les «sans empathie» sont aussi souvent des propagateurs de haine. 
 Ils adorent aussi faire partis de la complosphère. Si l’on pouvait éviter ce genre de personne toxique…

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Guillaume Lagane

Guillaume Lagane est spécialiste des questions de défense.

Il est également maître de conférences à Science-Po Paris. 

Il est l'auteur de  Questions internationales en fiches (Ellipses, 2013 (deuxième édition)) et de Premiers pas en géopolitique (Ellipses, 2012). il est également l'auteur de Théories des relations internationales (Ellipses, février 2016). Il participe au blog Eurasia Prospective.

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