Rentrée scolaire : qu'est-ce qu'un bon prof ?
Pour être un bon prof, il faut être compétent, de bonne volonté et surtout avoir de la présence. Et ça, ça ne s'apprend pas. Premier épisode de notre série.
Pour être un bon prof, il faut être compétent, de bonne volonté et surtout avoir de la présence. Et ça, ça ne s'apprend pas. Premier épisode de notre série.
Les IUFM sont morts, vive les Ecoles Supérieuers du Professorat et de l’Education (ESPE ? comme Espé-rance ?). Ainsi parle Vincent Peillon, qui a bien réalisé que la carence actuelle d’enseignants (dans certains CAPES il y a eu cette année moins de candidats que de postes proposés au concours) provenait à la fois des bas salaires — le ministre vient de reconnaître qu’il faudrait augmenter substantiellement les personnels —, de l’ambiance délétère de certains établissements, et de l’absence de formation, en amont comme en aval. Et de nous promettre le retour de l’année de stage. Pourquoi pas ? Encore faudra-t-il savoir qui encadrera les néo-profs. Ses enseignants expérimentés ? Des profs de terrain ? Ou des formateurs de formateurs rompus aux "sciences de l’Education", les mêmes qui, chassés des défunts IUFM, ont investi les facs et coulé leurs budgets en se les appropriant ? Les mêmes qui s’apprêtent aujourd'hui à faire une rentrée triomphale, l’incapacité pédagogique étant, dans ce domaine, la seule compétence reconnue.
Mais tout cela suffira-t-il à ressusciter les vocations ? Pire : cela suffira-t-il à former de "bons" profs ? C’est un concept flottant, et bien subjectif, que celui de "bon prof". Un survol rapide d’une vingtaine d’"apprenants", comme on va réapprendre à dire, m’a fourni un chiffre qui paraît à peu près constant : 45% des enseignants du Primaire et du Secondaire sont considérés comme "bons" par leurs anciens élèves. Le chiffre monte à 75% en classes préparatoires (parce qu’ils y sont triés sur des critères pédagogiques), mais dépasse rarement les 50% en université. Quant au prof "génial", celui qui marque trois générations dans un sens ou dans l’autre, c’est une denrée très rare. Contrairement au "bon" prof qui fait plus ou moins l’unanimité, le prof "génial" suscite la controverse — rappelons-nous le Cercle des poètes disparus, qui a tant fait grincer les dents des pédagogues honnêtement moyens… Des profs "géniaux", j’en ai connu deux ou trois, presque tous dans le Supérieur — Roland Barthes, par exemple.
Le bon prof est à la conjonction d’un savoir, d’une compétence, et d’une présence. Le savoir dépend à la fois de la formation et du goût que l’on a pour la matière ou l’enseignement. Bref, de ce qu’il est désuet, paraît-il, d’appeler la vocation. La compétence est affaire de pratique — on ne s’improvise pas enseignant, et les supermen du Café du Commerce qui critiquent les vacances des profs ou le peu d’heures effectuées en présence des élèves devraient y venir voir, ils ne tiendraient pas deux jours. Et les élèves sont fort habiles à détecter ceux qui n’ont pas le savoir nécessaire — c’est-à-dire dix fois le savoir qu’ils enseignent. Le bon prof, c’est "réponse à tout". Ceux qui ont voulu limiter les examens et les concours à une maîtrise des programmes officiels n’ont jamais enseigné — ou alors, seulement dans des IUFM. Qui voudrait d’un médecin qui ne soit expert que dans les dix maladies les plus fréquentes — quand les symptômes des maladies rares sont souvent, au départ, ceux des maladies fréquentes ?
Mots-clés: bon prof | Capes | Ecoles supérieures du professorat et de l'Education | Enseignants | ESPE | IUFM | mauvais prof | professeurs | profs géniaux | rentrée
Jean-Paul Brighelli est professeur agrégé de lettres, enseignant et essayiste français.
Il est l'auteur ou le co-auteur d'un grand nombre d'ouvrages parus chez différents éditeurs, notamment La Fabrique du crétin (Jean-Claude Gawsewitch, 2005) et La société pornographique (Bourin, 2012)
Il possède également un blog : bonnet d'âne
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http://christiancombaz.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=177:quelques-sorties-de-rentree&catid=34:extraits
les enseignants devraient suivre une formation à une présence renforcée obligatoire par le théâtre pour apprendre à bien capter l'attention des élèves
certains, trop rares, ont cette grâce naturelle qui donne de la performance à l'élève (et à l'étudiant)
et ça reste inoubliable
Un bon prof c' est : celui ou celle qui ne fait pas de politique dans un établissement scolaire ou universitaire, qui ne fait pas de grève longue durée et qui ne sort pas les élèves ou les étudiants des classes ou amphithéâtres pour faire bloquer l' entrée de son établissement à sa place et les faire défiler avec eux sur les pavés. un bon prof , c'est celui ou celle qui conscient de sa mission de transmission du savoir , oeuvre ainsi de la sorte pour obtenir un taux de réussite important de reçus aux examens
J'ai la chance d'être formateur occasionnel à, coté de mon activité principale. J'interviens un jour par semaine pendant 7heures dans le cadre de l'alternance : C'est un régal sous tous les angles : plaisir de partager mon métier . Revenu modeste mais lorsque l'on aime c'est comme un pourboire.
Lorsque je vois la souffrance de beaucoup d'enseignants , je ne comprends pas , ou peut etre je comprends trop bien que les vacance ne peuvent etre la seule motivation de ce métier , car il est très dur et demande beaucoup de motivation.
Un bon prof a la vocation
Un mauvais prof attend sa paye
J'attends depuis début juin le résultat de mon examen DCG. Cela n'a pas l'air urgent pour l'éducation nationale.
Cela ne choque personne comme le fait que les profs soient en vacance de juin à septembre et préparent leur rentrée en une seule journée.
Rien à ajouter !
On voit qu'il connait la musique et la "maison" de l'intérieur !
On dit aussi en ce moment "faire criser" (synonyme de pourrir) probablement un régionalisme ! ☺
de transmission des connaissances, de compréhension (esprit critique des idées ), et d'éducation civique qu'une hiérarchie de terrain avec pouvoir disciplinaire (Drecteur, proviseur,...) lui fixe et qui conditionne ses augmentations de salaires
Il ne doit jamais oublier ques ses élèves ont essentiellement été éduqué par des fonctionnaires (crèches, garderies, petites écoles ,etc..) et non par des parents qui travaillent tous les deux et ne voient leurs enfants qu'une heure par jour ou d'émigrants qui ne parlent pas Français et n'ont pas été intégré à la culture et au mode de vie de la France
Les profs appartiennent à un corps qui s'appelle Education Nationale et non Enseignement National : ils doivent assumer leurs responsabilités d'éducation des élèves
Il n'y a pas de bon prof sans élèves en mode "apprentissage" comme il n'y a pas de bons livres sans lecteurs décidés à en tourner les pages.
Le prof agit en interaction, aussi "bon" soit-il, il a besoin face à lui de jeunes qui ne rejettent pas globalement le système qu'il représente.
Il n'y a donc pas de bons profs sans de suffisamment "bons" parents...