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Réjouissez-vous de l’arrivée de la neige, mais par pitié ne la mangez pas (et c’est la science qui le dit)

Si la neige est un phénomène très apprécié des enfants, il est toutefois bien déconseillé de l'ingérer. Voici pourquoi.

Premiers flocons

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Réjouissez-vous de l’arrivée de la neige, mais par pitié ne la mangez pas (et c’est la science qui le dit)

Atlantico : D’après une étude de l’université McGill, la neige agirait comme une éponge absorbant les toxines présentes dans l’air. Quelles sont ces toxines présentes dans la neige ? Comment s’incrustent-elles ?

Emmanuel Adler : La neige, qui est formée d’eau cristallisée à l’origine sous forme de vapeur, tombe des nuages où elle se forme jusqu’au sol où elle s’accumule plus ou moins en fonction de l’évolution des températures ambiantes. Parce que l’eau du flocon de neige provient d’une volatilisation de l’eau, sitôt après sa formation, sa teneur en éléments minéraux est très réduite. C’est en effet lors de son parcours au travers de l’atmosphère que le flocon va se charger en substances exogènes. Parmi les substances susceptibles d’être absorbées par les flocons de neige lors de leur descente sur le sol, peuvent être mentionnées les poussières et aérosols qui sont émis par les activités humaines (industries, transport…) et naturelles (volcans, feu de forêt…). 

Ainsi, les flocons de neige sont-ils potentiellement concentrés en éléments d’origine chimique comme en particulier les gaz de combustion.

Cependant, sont également accumulables dans les flocons des micro-organismes de nature biologique (pollens, spores de champignons, bactéries, microalgues…).

Sur le plan de la santé, après avoir rappelé la leçon du savant Paracelse qui déclarait au 16ème siècle déjà que "tout est poison et que c’est la dose qui fait le poison", il est ainsi possible de détecter dans la neige des composés pathogènes qui, après ingestion et dans des conditions particulières, sont susceptibles d’engendrer des problèmes de toxicité en termes de santé humaine. Dans cette perspective, un récent article novateur sur la qualité de la neige à Montréal (Role of snow and cold environment in the fate and effects of nanoparticles and select organic pollutants from gasoline engine exhaust - DOI: 10.1039/c5em00616c) a ainsi démontré la présence de composés particulièrement nocifs produits par les activités de combustion (transport automobile et émission industrielles), comme par exemple le benzène à des concentrations de 52 µg/kg ou le toluène dosé à 380 µg/kg !

En résumé, il apparait donc que l’eau de pluie, comme la neige, agit lors de sa descente comme une éponge qui absorbe les polluants présents dans l’air. Une fois tombés au sol, les flocons qui s’accumulent vont progressivement fondre avec l’élévation des températures et ainsi libérer dans une solution aqueuse les divers polluants présents. La neige ainsi fondue va alors alimenter les cours d’eau et autres masses d’eau (lacs, mers…) qui constituent les milieux récepteurs, avec un risque possible d’accumulation, soit au niveau des organismes, soit des sédiments.

 
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Emmanuel Adler

Emmanuel Adler est un expert environnement dans le cabinet qu'il a créé Aconsult. Il s'occupe de trouver des solutions pour des projets de traitement des eaux. 

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