Zone franche
Primaire PS : mais à quoi sert Arnaud Montebourg ?
Qu’on les apprécie ou non, Hollande, Aubry, Valls, Royal et Baylet font objectivement avancer le débat public. Montebourg le ferait plutôt reculer.

Arnaud Montebourg, montrant du doigt le chemin du renouveau de la France lors d'une réunion de supporters de sa candidature à la primaire Crédit REUTERS/Charles Platiau
Je sais bien que pour peser dans la primaire PS, il faut essayer de se distinguer d’une manière ou d’une autre mais Montebourg est peut-être en train de se laisser emporter par son désir de buzz…
Sa nouvelle idée de « prix unique de la culture » vaut ainsi son pesant de cacahouètes, même si elle n’est pas plus grotesque, à tout prendre, que le credo « démondialiste » via lequel il s’est lancé dans la bataille : en gros, et puisque la culture est aussi vitale que l’eau et l’électricité, les artistes doivent être fonctionnarisés et les billets de spectacles vendus moins de dix euros, une taxe sur les chaînes de télé privées et les fournisseurs d’accès à Internet finançant ce fabuleux système…
Ok, je caricature sans doute un poil histoire de vous inciter à cliquer sur le lien vers sa tribune dans Libé pour vous mettre de bonne humeur, mais si subtilement que vous risquez d’être déçus par la retenue dont je fais preuve. Et si l'on ne va pas réécrire ici, en moins bien, tout ce que Muray et Fumaroli ont déjà dit du crétinisme (au mieux) de ces visions d’une culture intégralement étatisée, le cœur y est tout de même !
De fait, chacun sait bien que Montebourg lui-même n’y croit pas un seul instant, à ce projet à vocation essentiellement électoraliste (« Amis créateurs, avec moi le pognon va couler à flots et même les 50% de bonus de Titine passeront pour un pourboire à côté de ce que vous je prépare ! Alors si vous êtes près d'un bureau de vote le 9 octobre, hein... »). Pas plus qu’il n’imagine que la France pourrait s’extraire du concert des nations commerçantes sans se retrouver obligée de demander à la Grèce de lui prêter quelques drachmes pour finir le mois.
Mais c'est que le bonhomme s’est totalement construit sur ce genre d’initiatives en carton-pâte. Souvenez-vous : longtemps fanatique d’une Sixième République qui ferait un sort à cette survivance de l’Ancien Régime qu’est la fonction présidentielle, le voilà désormais candidat au job honni ; adversaire bruyant du cumul des mandats, le voici simultanément député et président de Conseil général…
Bon, on l’aimait bien à l’époque où il était bien seul à taper sur Chirac, mais il était encore débutant et on pouvait s'imaginer qu’il avait un peu de substance.
Désormais, il agace plus qu’autre chose et l’on se demande même s’il sert à quoi que ce soit dans le championnat de France du socialisme qui s’annonce, tant il n’est porteur de rien au-delà de ces sorties étranges. Au-delà de cet alter-marxisme dont Mélenchon himself se gausserait méchamment (le protectionnisme du lider maximo du Front de gauche est de la même veine que la démondialisation montebourgeoise, mais il est au moins assené avec une conviction non feinte).
Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, Manuel Valls et ― pourquoi pas ― Jean-Michel Baylet, ont tous quelque chose à apporter au débat public et l’on espère que la primaire sera l’occasion, pour les uns et les autres, de nous dire où en est la gauche de gouvernement de sa réflexion sur la France et le monde. Montebourg, lui, fera plutôt dans la diversion démago, un créneau sur lequel on espérait ne plus voir un PS putativement converti au réalisme. Et franchement, est-ce bien utile ?
Hugues Serraf
Hugues Serraf est journaliste, écrivain et blogueur.
Aujourd'hui, éditorialiste à Atlantico, il est l'auteur de Petites exceptions françaises (Albin Michel, 2008) et de L'anti-manuel du cycliste urbain (Berg International, 2010).


Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Les trois ténors, Mme Brochen, M. Hollande et Mme Royal sont des énarques enrichis dans la politique.
Au lieu d'être au service de la France ils ont mis l état à leur service.
Montebourg lui a raté le concours de l'ENA (en verlan "ANE" , ptdr)
Au moins il sort de la pensée unique et me devient sympathique.
parce que la réalité, c'est que c'est les médias qui font la campagne.
la culture, ils s'en foutent tous autant, mais ils n'ont encore rien inventé de plus efficace que l'art pour faire passer en masse de l'argent public dans des poches privées:
appelez votre beau-frère "artiste", demandez-lui de pisser dans des violons, et vendez ça 3 M€ à 200 présidents de région pour les mettre devant des gares
"Montebourg n'a pas l'intention que la créativité soit contrôlé par l'Etat ; c'est l'accessibilité qui doit l'être."
.
Mais alors, pourquoi critique t-il tf1 et les gens qui regarde tf1 ?
C'est pourtant une utopie (quoi que réalisable peut être, je n'en sais à vrais dire rien.) un prix permettant l'accès à l'art (et donc la culture) de tout un chacun quelque soit sont milieu sociale. Montebourg n'a pas l'intention que la créativité soit contrôlé par l'Etat ; c'est l'accessibilité qui doit l'être.
Elle n'a pas besoin de se vendre comme une p.
Un état n'a pas à subventionner l'art.
.
Il y a autre chose à faire que de s'acheter quelques votes d'artistes.
Tous aux PS sont des cartons-pâtes pour des votes populistes.
.
On nous refait Mitterrand 81. Elles sont rigolote ces primaires
Montebourg s'assagira avec le temps. Il est dans la fougue des quadras candidats aux présidentielles.
Nous assistons aux prémices d'une partie de Texas Hold'em. La tribune de Montebourg n'est qu'une surenchère sur la déclaration d'Aubry, Hollande et Vals passant la main sur cette donne culturelle. Qui fera tapis le premier ?
A mon avis il ne buzz pas assez !
comme tous ses congeneres duPS .A RIEN , homme du19 siecles voir de ce qui reste du 20 en dehors de toutes realites,economiques ,sociales,demographiques, rien compris de la marche des peuples,
la france ne dirige plus ,elle subit, s adapte ou disparait,voila la realite que cela plaise ou pas.
où l'on ne traite pas systématiquement les autres de crétins, d'imbéciles, d'idiots utiles, et autres épithètes ? Comment sont recrutés les contributeurs ? A part un ou deux, aucun ne semble avoir la hauteur de vue lui permettant d'avancer des arguments. Ils se prennent pour Henri Rochefort, mais ne sont que des posteurs de chez Morandini...
Exister dans les médias pour survivre politiquement, il n'a pas inventer le principe.
Après peu importe si ce qu'il dit est complètement idiot, hors de propos pour un possible président, il comble un espace d'expression, en revanche il doit faire très attention à son attitude physique et sa tenue vestimentaire, c'est la-dessus que les français (peuple éclairé) le jugeront....
La question n'est pas celle de l'utopie, au sens où ce que fait semblant de proposer Montebourg est impossible à réaliser bien que souhaitable, mais bien celle du repoussoir monstrueux.
Un pays dont la filière culturelle serait entièrement contrôlée par un État qui collecterait les fonds pour les redistribuer au nom de ses valeurs n'est pas un État dans lequel les artistes devraient vouloir vivre
À quoi servez-vous, si vous n'êtes même pas capable de remettre en cause une seconde notre système? Sûrement parce que vous en profitez grassement.
Bien vu Serraf, dont je partage si rarement les points de vue que ça me laisse un goût étrange...A quoi sert Montebourg? A quoi sert le Ps qui s'oppose avec tant de convention et de tiédeur qu'il trouble bien peu? Les projets et le qualité se sont dissous depuis longtemps dans la com'. Montebourg est de son temps, celui des médias.
Et le fond? c'est les Abysses, il n'y a pas de fond.
trouvant ringard de remettre en perspective les bienfaits de la mondialisation...comme l'air du temps est ainsi, le journaliste suit le vent...Je trouve moi au contraire que le PS tel qu'il est , cad laisser faire les marchés en y collant du sparadrap et en le payant par de la dette ou des impots, ça c'est ringard des années 80.
... entre les célèbres Sainte-Mère-Église et Valognes il y a un patelin inconnu : Montebourg.
Cela me faisait penser à notre Arnaud qui n'existe pas coincé qu'il est entre Ségolène Royal et Martine Aubry.
Comme quoi il ne suffit pas d'être au bon endroit pour être réputé.
Évidement le projet de Montebourg est très utopiste mais forcé de constaté qu'il ne serre pas à rien -c'est peut être aussi pour cela qu'il vous agace- car il change l'angle des débats traditionnels au sein du PS. (Entre nous, si il vous agace c'est parce que c'est le plus à gauche du parti non?)
A poulvariser les socialistes !!!!