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Pourquoi 2014 pourrait bien être l’année du déclenchement de la Troisième Guerre mondiale

Tensions entre les États-Unis et la Russie, revendications territoriales sur les îles japonaises... Selon certains observateurs comme Roger Cohen du New York Times, le déclenchement d'une Troisième Guerre mondiale ne tiendrait qu'à une étincelle. Atlantico a soumis cette vision à l'analyse de deux géopolitologues.

La der des ders ?

Publié le - Mis à jour le 6 Août 2014
Pourquoi 2014 pourrait bien être l’année du déclenchement de la Troisième Guerre mondiale

Atlantico : Dans une tribune publiée sur le site américain The Atlantic (voir ici), l'éditorialiste du New York Times Roger Cohen estime que les tensions qui agitent l'Ukraine, la guerre syrienne et les conflits territoriaux dans l'est de la mer de Chine, sont autant d'éléments qui pourraient déclencher une Troisième guerre mondiale. Dans quelle mesure ce scénario vous paraît-il crédible ? Le monde pourrait-il réellement avoir à faire face à une troisième guerre mondiale ?

Gérard-François Dumont : Le scénario d'une troisième guerre mondiale n'est pas impossible dans la mesure où plusieurs hypothèses se réaliseraient.

La première, ce serait l'élargissement d'un conflit local. On le voit très bien avec la guerre de l’été 2014 au Proche-Orient entre Israël et Gaza. C’est a priori un conflit très localisé dans un espace restreint. Pourtant, il a une résonnance médiatique et géopolitique mondiale que l'on peut mettre en évidence par les statistiques de mortalité. Sa résonnance, avec environ 1 200 morts, est beaucoup plus importante que le conflit syrien qui compte pourtant 170 000 morts depuis 2011. Cette résonnance considérable de la nouvelle guerre entre Israël et Gaza s’explique par la géographie des diasporas, et en particulier des diasporas juives et palestiniennes dans le monde. Sur 7 cercles géographiques s’élargissant progressivement du Proche-Orient au monde, des populations se sentent concernées par le conflit. Le premier cercle est, bien entendu, constitué des populations qui vivent en Israël ou dans les territoires palestiniens, soit environ 12 millions de personnes. Un deuxième cercle concerne les Palestiniens réfugiés de 1948 ou leurs descendants qui habitent dans un pays limitrophe d’Israël (Jordanie, Liban, et auparavant la Syrie). La diaspora palestinienne exerçant des activités professionnelles dans les pays rentiers du Golfe) forme un troisième cercle de personnes qui se sentent concernées par ce conflit proche-orientale. S’ajoute un quatrième cercle d’arabes non palestiniens sensibles à la cause palestinienne, habitant dans un pays arabe. Le cinquième cercle concerne toutes les diasporas juives réparties dans de nombreux pays du monde, Américains, Européens ou asiatiques, même si la diaspora juive la plus nombreuse, environ 4,5 millions de personnes, habite aux Etats-Unis. Enfin, un sixième cercle concerne les diasporas de pays arabes vivant pour l’essentiel dans des pays du nord, comme la France.  

Ainsi un conflit a priori géographiquement localisé, qui concerne sur son théâtre d’opérations un nombre de personnes bien inférieur à bon nombre d’autres conflits se révèle un conflit global notamment du fait de ce que j’appelle le processus de "diasporisation" (1). En conséquence, si les actions politiques d'endiguement ("containment" en anglais) n’étaient pas conduites, le risque d’élargissement du conflit existerait. On peut d'ailleurs se demander quelle serait l’évolution de cette nouvelle guerre Israël-Gaza si les Frères musulmans de Morsi, qui ont fortement soutenu le Hamas et l’on probablement aidé pour lui permettre de construire les fameux tunnels en béton dont l’existence vient d’être révélée en juillet 2014, étaient toujours au pouvoir en Egypte.

Pour citer un autre exemple, dans une autre région du monde, les tensions  existantes font peser la menace d’un conflit mondial : c’est Taïwan (2). Tant que l'île est indépendante de la Chine, les États-Unis gardent la maîtrise du Pacifique. Les profondeurs moyennes de la mer de Chine orientale sont de 190 m et celles de la mer de Chine méridionale de 1 200 m, contre plus de 4 000 m pour le Pacifique. En conséquence, les profondeurs de la mer de Chine méridionale rendent difficile l’emploi de sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) que les Chinois aimeraient multiplier. "L’invulnérabilité" de tels sous-marins repose en effet sur la capacité à les déployer sans qu’ils soient pistés par une flotte adverse, notamment par des sous-marins nucléaire d’attaque (SNA). Aujourd’hui, la Chine ne peut guère utiliser de SNLE dans un espace maritime en même temps restreint et peu profond, et donc au sein duquel les sous-marins peuvent difficilement passer inaperçus. Une solution consiste certes à emprunter un détroit vers le Pacifique, mais cela implique la possibilité de se faire repérer. L’accès militaire de la Chine continentale au Pacifique, au-delà des mers de Chine méridionale et orientale,  se trouve donc limité. D’une part, la mer de Chine orientale est fermée par les Ryu Kyu, où se trouve la grande base états-unienne d’Okinawa, d’autre part, la mer de Chine méridionale est, quant à elle, bordée par les Etats archipélagiques et Malacca. Elle est de plus restreinte du fait des zones maritimes des États de la région. La meilleure preuve de l’importance de cette question stratégique est fournie par les cartes chinoises qui présentent unilatéralement les zones maritimes exclusives des îles Paracel, des îles Spratley et de Taiwan comme leur appartenant.

D’un point de vue stratégique, assurer sa souveraineté sur Taiwan et la faire reconnaître internationalement constituerait, aux yeux de la Chine, non seulement une considérable extension de sa zone économique exclusive, mais une solution pour disposer d’un accès direct et autonome au Pacifique, notamment pour ses SNLE.

Deux hypothèses ont alors possibles. Soit les Etats-Unis et leurs alliés subissent l’arrivée d’une nouvelle puissance maritime dans l’ensemble du pacifique Nord, soit ils s’y refusent et une guerre mondiale, au sens d’une guerre impliquant des États appartenant à différents continents, serait inévitable. Selon la première proposition de l’alternative, le risque de guerre mondiale existe aussi car on ne peut exclure une bavure venant de l’une des puissances maritimes, bavure qui, par un jeu de réactions puis de contre-réactions, conduirait à une guerre mondiale.

Pierre Verluise : Après deux guerres mondiales, il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour savoir qu’un jour il y aura une "Troisième guerre mondiale". D’ailleurs, certains considèrent que cette "Troisième guerre mondiale" a déjà eu lieu. Il s’agit de la Guerre froide (1947-1990). Celle-ci répond en effet à bien des caractéristiques d’une guerre mondiale. La réflexion porterait donc davantage sur une "Quatrième guerre mondiale".

 
Commentaires

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  • Par Pierre PFIS - 01/08/2014 - 11:31 - Signaler un abus Pas du tout d'accord avec ce titre et cette vision éditoriale...

    Bonjour. Pour une fois je ne suis pas du tout d'accord pour votre titre éditorial, sur la forme autant que sur le fond, même si je vous sais assez provocateurs et que c'est votre marque de fabrique... Des risques de conflits, bien sûr qu'il y en a, mais là vous dépassez à mes yeux les bornes et faites un titre très malsain qui me déçoit. D'accord, c'est le centenaire de la guerre de 1914, mais ne pêtez pas les plombs. Quant au conflit en Ukraine, c'est d'abord à mes yeux un jeu économique et géo-stratégique de "Poker menteur" entre les Etats-Unis, avec l'OTAN, et la Russie, avec les BRICS... Mais aucun de ces deux belligérents n'a intérêt à un embrasement qui ferait boomerang...

  • Par Leucate - 01/08/2014 - 13:04 - Signaler un abus Par inadvertance

    Le déclenchement d'une guerre majeure, différente des "dominos" de l'affrontement entre deux blocs entre 1948 et 1991, peut éclater par inadvertance à n'importe quel moment. Le cas type est celui d'août 1914 où la mécanique infernale du jeu des alliances se mit en mouvement à partir d'un fait en soi minime, l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à Sarajevo. La seconde guerre mondiale en Europe fut soigneusement préparée, encore que l'on peut penser qu'Hitler, dont l'armée n'était pas encore prête, avait pensé que les franco-anglais molliraient encore une fois quand il envahit la Pologne. En rappelant aussi que l'économie n'est pas un facteur essentiel de maintien de la paix; en 1914, nous sommes rentrés en guerre contre notre meilleur client et fournisseur en volumes d'échanges, l'Empire Allemand, comme le rappelait il y a peu Jacques Sapir. Ce qui est inquiétant en Europe, c'est qu'en suivant aveuglément les USA qui défendent leurs propres intérêts, nous nous sommes fait un ennemi d'un pays il y a peu de temps encore favorable, la Russie débarrassée du communisme, Russie qui, depuis le XVIII° siècle, a joué un rôle important dans l'Histoire européenne.

  • Par arcole 34 - 01/08/2014 - 14:48 - Signaler un abus CE NE SONT QUE DES SPECULATIONS HASARDEUSES DE GEOPOLITIQUES

    Moi aussi je suis en désaccord avec cet article , les conflits du moyen-orient sont que l'on veuille ou non sous contrôle des diverses puissances régionales ou internationales . Pour Taiwan , cela longtemps que la propagande chinoise remet des couches sur la réunification sans pour autant rappeler que dans les années 60 Zou En Lai 1er ministre chinois avait négocié avec les USA en échange de la reconnaissance du régime communiste du Nord-Vietnam de ne pas tenter de conquérir Taiwan .Quand à la Chine actuelle elle est en train de devenir pour l'avenir une puissance maritime , elle y met les moyens et dans le futur les USA devront faire avec . Quand à la stratégie des dominos que l'on doit au Président Truman en 1947 il s'agissait de la stratégie du containment , contenir le communisme quand il y avait la guerre en Corée , la guerre Française en Indochine , des rébéllions communistes aux Philippines , et en Malaisie . Quand à la Russie , fidèle a sa politique d'un accés aux mers chaudes , elle en cédera pas , et ne tolérera jamais un état appartenant à l' otan à ses frontières . C'est sa manière de se protéger et n'en déplaise aux gesticulateurs , aux agitateurs de tous les bords .

  • Par cloette - 01/08/2014 - 16:03 - Signaler un abus Bah

    Il y aura une troisième guerre mondiale , on la sent venir, et avec les têtes nucléaires ça fera mal!

  • Par TADD - 01/08/2014 - 16:07 - Signaler un abus Arrêtez de faire peur

    L`arme nucléaire nous empêchera de faire la guerre .j`en suis persuadé. Les hommes sont fous , mais peut-être pas au point de se suicider tous.

  • Par Marie-E - 01/08/2014 - 16:12 - Signaler un abus Une phrase de Monsieur Verluise

    m'interpelle surtout qu'elles est indiquée en gras. "Je doute que les opinions publiques européennes soient aujourd'hui disposées au sacrifice humain de la 1ere guerre mondiale. On peut enlever "je doute" car il est sûr qu'elles ne le sont pas. Maintenant si cela arrive, auront elles le choix? on leur demandera leur avis (sûrement par référendum...) Aucune opinion publique "normale" ne veut la guerre. Mais par exemple si elles étaient attaquées, elles seraient derrière leur armée (s'il y en a une pour les défendre). Aujourd'hui elles ne se sentent pas concernées mais quand elles le seront, elles n'auront pas le choix. Donc on parle pour ne rien dire. Par ailleurs l'Onu, parlons en une majorité automatique (à l'Assemblée Générale et dans les différents Conseils sauf le conseil de Sécurité) de certains pays qui votent toujours contre les mêmes pays et qui laissent les dictateurs tranquilles (vous parlez d'un organisme pour la paix!)

  • Par michoulacolere - 01/08/2014 - 16:33 - Signaler un abus De quel cote sera la Russie ?

    Quand les USA et la Chine en viendront aux mains (si l' on peut dire) , de quel cote sera la Russie ? En clair , et ce malgré l'emblème des Romanov de l' aigle a deux tètes (qui regardent a la fois vers l' Orient et l' Occident) , la Russie se sent-elle occidentale ou non ?

  • Par Leucate - 01/08/2014 - 16:46 - Signaler un abus @Tadd - dissuasion nucléaire

    Il y a deux catégorie d'armes nucléaires, les stratégiques et les tactiques. L'arme stratégique, c'est la guerre nucléaire globale, celle envisagée à l'époque du Dr Folamour et des bombardiers stratégiques volant au dessus du pôle nord prêts à attaquer l'URSS ou les USA. Les tactiques, ce sont les bombes destinées à caraméliser les grosses concentrations de troupes. Faisant mon service dans les années 70, la guerre était envisagée en ambiance NBC - nucléaire, bactériologique (peu probable) et chimique - l'arme chimique étant destinée à interdire ou gêner la progression des grosses unités et les obligeant à des opérations de décontamination des personnels et matériels longues et fastidieuses. En manoeuvre, chef de section d'infanterie, j'avais un abac me permettant de déterminer les zones radioactives sur la carte (le "râteau") en cas d'explosion nucléaire en fonction des observations communiquées par les transmissions. Si Le Pacte de Varsovie avait lancé sa grande charge blindée à travers l'Allemagne par la trouée de Fulda connue de tous les militaires de l'époque, nous aurions certainement été dans une guerre NBC, nous y étions préparés et nos véhicules étaient faits pour.

  • Par Leucate - 01/08/2014 - 17:14 - Signaler un abus @michoulacolère - l'aigle bicéphale

    C'est un emblème impérial. Il fut d'abord celui de l'empire romain d'Orient et il fut léguée à la Russie (la Moscovie) par Zoé Paleologue, fille de Constantin XI, mort en défendant les remparts de Constantinople contre les assauts des turcs, lorsqu'elle épousa en 1489 le grand-prince de Moscovie Ivan III le grand. Ivan III est capital dans l'Histoire russe car il rompit l'allégeance avec la Horde d'Or et commença, en luttant contre les mongols (Tatars) la réunification de la Russie autour de la Moscovie. La Russie, dernier grand royaume orthodoxe indépendant face aux mondes catholique latin et musulman qui lui étaient hostiles, elle devenait de facto le successeur de l'empire romain d'Orient, la 3ème Rome. L'aigle bicéphale fut également utilisé comme symbole impérial par les empereurs romains germaniques à partir de Sigismond 1er (Maison de Luxembourg) en 1400 et est depuis l'emblème des empereurs la maison des Habsbourg.

  • Par myc11 - 01/08/2014 - 23:34 - Signaler un abus L'émergence de la puissance militaire chinoise

    N'est pas une bonne chose pour les autres pays d'extreme-orient, sachant que la domination chinoise était une réalité pendant des siècles, pour le Vietnam par exemple. Ce n'est pas par hasard que Ho chi Minh avait demandé de l'aide aux américains avant de se tourner vers l'URSS, devant le refus américain. C'est comme de dire qu'un polonais est indifférent de ce qui se passe en Ukraine, elle qui a connu l'occupation russe. Franchement le jeu des alliances est une affaire de stratégie, et on choisit quand on peut ce qui vous convient, mais entre la Russie et les Etats-Unis, y a pas photo, c'est comme de choisir entre la méthode infiltratoire et celle directe sans détours d'un géant imposant, j'aurai tendance à craindre la méthode virale incubatoire de l'ennemi dormant. Non le monde n'est pas rassurant du tout, et je ne voyage plus dans de nombreuses parties du monde.

  • Par vangog - 02/08/2014 - 00:25 - Signaler un abus Les deux puissances dangereuses

    de l'après-mur (ou après guerre froide) sont la Russie et la Chine, et leur danger provient de leur faiblesse démocratique que ces puissances tentent de compenser par l'exacerbation de leur nationalisme et la paranoïa de l'encerclement. La satellisation de leurs pays limitrophes n'est plus possible, on le voit bien en Ukraine où, malgré un important peuplement artificiel russe dans l'est de l'Ukraine, ce pays ne désire plus subir le joug Russe. Idem avec Taïwan, dont les auteurs de cet article négligent s'interroger la population! Taïwan désire-t-il être annexé par la Chine socialiste sans combattre et pour de vulgaires intérêts géo-stratégiques, lui qui est un des pays les plus libéraux au monde et souhaite le rester? Cette nouvelle donne, réédition de l'éveil des Nationalités de 1848, et qui est la volonté des Nations à déterminer librement leur destin est une avancée décisive sur laquelle les pays à politiques archaïques, comme la Russie et la Chine, ne peuvent revenir... À moins de susciter l'émotion des habitants de cette planète épris de Liberté et qui pourraient former des coalitions très nouvelles contre les envahisseurs Russes ou Chinois...

  • Par cloette - 02/08/2014 - 09:10 - Signaler un abus Connivences

    Des connivences entre l'islam radical genre talibans etc avec les États Unis au contraire dés la guerre en Afghanistan pour contrer la Russie et par la suite aussi avec Ben Laden à l'origine agent de la CIA, Tout n'est pas si simple, voir la Lybie, la Syrie, l'Irack et les chaos actuels

  • Par Texas - 02/08/2014 - 09:38 - Signaler un abus Standards

    Peu de commentaires sur cet arc de crise qui part du Sahel en passant par Maghreb , Machrek , Moyen-Orient , Golfe Persique ( Arabie Saoudite vs Iran ) jusqu' au Pakistan . Certaines analyses utilisent des standards des années 60-70 : L' Ukraine est une réplique du conflit géorgien des années 2000 , le gaz et la base navale en lieu et place du pétrole .

  • Par Texas - 02/08/2014 - 09:58 - Signaler un abus Et pour mieux comprendre

    Nous recommendons la lecture du " grand échiquier " de Zbigniew Bzrezinski dont on perçoit la vision au travers de cette tête de pont européenne vers l' Eurasie ( Azerbaidjan , et pourquoi pas Iran ? )...le " pivot central " comme il le décrivait ...avec les frottements probables qu' il avait déjà anticipés. La tectonique des intérêts d' Etats en somme .

  • Par Leucate - 02/08/2014 - 13:00 - Signaler un abus Eurasie, Heatland, Ile-Monde

    Bzrezinski théorise sur la politique que doivent suivre les américains afin de conforter et pérenniser leur hégémonie mondiale. La nouvelle Russie n'est pas du tout d'accord et cherche à contrer cette hégémonie, ce qui va l'amener à s'allier aux BRICS pour tenter de construire un nouvel ordre mondial. L'Europe quant à elle a choisi d'être vassale des USA.

  • Par Leucate - 02/08/2014 - 13:36 - Signaler un abus @vangog - Ukraine, Etat binational

    "on le voit bien en Ukraine où, malgré un important peuplement artificiel russe dans l'est de l'Ukraine, ce pays ne désire plus subir le joug Russe." Depuis les origines et la destruction de la principauté de Kiev par les mongols au 13ème siècle, l'Histoire russe s'est faite ailleurs, à Novgorod et Vladimir dirigés par les Riourik dont la dynastie régnait aussi à Kiev. Moscou est une cité de Vladimir qui fut érigée en principauté pour un fils cadet d'Alexandre Nevski, vainqueur des Suédois et des Teutoniques, premier des Riourik de Moscovie. Moscou prit de l'importance, se débarrassa de la tutelle mongole (la horde d'or) et entreprit de réunifier la Russie. Détruite, la principauté de Kiev devint un no man's land que les polonais entreprirent de reprendre aux mongols (Tatars), les populations orthodoxes devenant alors catholiques ou catholiques uniates. Restés orthodoxes, les populations de l'est s'organisèrent militairement et devinrent les cosaques zaporogues qui luttèrent contre les polonais, reprenant Kiev et y installant un Hetmanat qui sollicita alors la protection du Csar de Russie au nom du devoir de protection que celui-ci doit aux orthodoxes (début du XVII° siècle)

  • Par Leucate - 02/08/2014 - 14:02 - Signaler un abus @vangog - Ukraine, Etat binational (suite)

    Dès 1667 et le traité d'Androussovo, ce qui sera l'Ukraine est donc coupée en deux, la partie polonaise (république des deux-Nations Pologne/Lituanie) et l'Hetmanat de Kiev dirigé par Bogdan Khmelnitski devenu protectorat russe. Depuis, les cosaques du Don sont devenus le fer de lance de la cavalerie russe et l'instrument qui permit la conquête de la Sibérie sous les empereurs de Russie (l'appellation "csar" disparait avec Pierre le Grand). Donc tout l'Est est russe sauf le khanat de Crimée, vassal du calife d'Istanbul. Il sera conquis à la fin du XVIII° siècle par Catherine II la grande et son général préféré le prince Potemkine. En 1772, la Pologne disparait et ses territoires partagés entre la Russie de Catherine qui récupère la partie polonaise de l'Ukraine, la Prusse de Frederic II et l'Autriche de Marie Thérèse qui prend la Galicie (Lvow-Lemberg). Même si l'Ukraine est de population russe varègue à l'origine, l'Histoire l'a coupée en deux, une partie catholique romaine ou catholique de rite grec (les Uniates) et une partie orthodoxe. Un peu comme la Croatie et la Serbie mais en moins marqué.

  • Par Anguerrand - 02/08/2014 - 16:51 - Signaler un abus Pour moi un oubli de taille l'islam

    Bien d'accord avec cet article complet, les générations actuelles qui n'ont pas connu de guerre sur notre sol n'y croient pas, mais une guerre plus insidieuse celle ci sera obligatoirement la guerre contre l'islam. Cette guerre sera une guérilla, cette religion à tellement infiltré les pays occidentaux, donc une guerre qui n'aura rien de classique et fera beaucoup de victimes. J'y crois car nos sociétés développées ne pourrons pas indéfiniment accepter de passer sous le joug de cette religion d'un autre millénaire, et si nous n'avons pas le courage de lutter, il faudra bien admettre de vivre avec comme lois la Charia. L'islam ne reconnaît pas le pouvoir élu par le citoyen, mais considère que c'est Allah , le Prophète et le Coran qui régissent la vie, ils ne reconnaissent pas non plus les frontières. Il n'y aura plus de frontières quand le monde entier mécréant sera converti. Bonjour la modernité. Une étude européenne non divulguée indiqué que compte tenu de la natalité de l'immigration en France en 2030 40% de la population habitant la France sera musulmane, fini les petites barres entre nos partis existants et lâches, PS, UMP, et FN, à mon avis il n'y aura plus que 2 partis

  • Par Anguerrand - 02/08/2014 - 17:03 - Signaler un abus Suite sur l'oubli de l'islam

    2 partis, l'un islamique et l'autre...tous les autres coalisés contre l'islam. Nous serons peut être heureux d'avoir une armée ce jour la comme en Égypte . Savez vous que la vice présidente du sénat qui a ete discrètement " élue" et une franco- algérienne, elle peut donc se réclamer des 2 nationalités,tout avance en sous main sans que les médias nous en informe, peut un " oubli"? Pour la restauration nos église il n'y a PS de crédit et on en démoli régulièrement. C'était beau un village sans son église, ce n'êtes pas grave on construira des mosquées avant de se fair virer comme en Irak, Afghanistan, etc.

  • Par chrisbord - 15/08/2014 - 14:55 - Signaler un abus @Anguerrand

    J'apprécie vivement vos commentaires. C'est exactement ce que je conçois pour les années qui viennent. Avec "couillemolle1er" qui ne sait plus ou il en est, se réfugier derrière les paravents de la tolérance qui est le ventre mou de tous ceux qui ne savent ou ne souhaitent , ou ne veulent pas affronter les réalités du moment, vu les élections avenir, cette attitude nous conduit directement dans les bras d’Allah ! A mon avis, il faudra se battre pour conserver notre système de vie bradé par ces incapables du PS et autres !

  • Par chrisbord - 25/08/2014 - 14:50 - Signaler un abus Mais

    avec se qui se passe, nous sommes déjà en guerre "de religions" ! Cela va continuer pour se répandre en Europe et partout ou l'islam radical aura réussi a prendre pied !Même chez les chinois avec les ouïgours !

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Gérard-François Dumont

Gérard-François Dumont est géographe, économiste et démographe, professeur à l'université à Paris 4-Sorbonne, président de la revue Population & Avenir, auteur notamment de Populations et Territoires de France en 2030 (L’Harmattan), et de Géopolitique de l’Europe (Armand Colin).

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Pierre Verluise

Pierre Verluise est Docteur en Géopolitique et enseigne la Géographie politique à la Sorbonne, au Magistère de relations internationales et action à l’étranger de l’Université Paris I. 

Auteur de plus d’une quinzaine d’ouvrages, il vient de publier avec G-F Dumont Géopolitique de l’Europe. De l’Atlantique à l’Oural aux Presses universitaires de France.
Directeur du site géopolitique Diploweb. Chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique. Il est aussi membre associé aux Hautes études internationales (HEI) de l’Université de Laval (Québec) via le CQEG. 

 

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