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Peut-on distinguer "sports pour hommes" et "sports pour femmes" ?

L'équitation et la danse pour les filles, le foot et le rugby pour les garçons. Si 87 % des femmes ont déjà pratiqué un sport, Fabienne Broucaret montre que les filles restent sous représentées dans de nombreuses disciplines. Extraits de "Le sport féminin, le sport dernier bastion du sexisme" (1/2).

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Peut-on distinguer "sports pour hommes" et "sports pour femmes" ?

Parmi les activités sportives les plus prisées par les femmes, on trouve l’équitation, la danse, la gymnastique, le tennis, la natation et la randonnée pédestre.  Crédit Reuters

Commençons par la bonne nouvelle : après des débuts difficiles, le nombre de femmes pratiquant un sport a aujourd’hui considérablement évolué. Selon une enquête réalisée en 2010, 87 % des femmes interrogées déclarent avoir pratiqué au moins une activité physique ou sportive au cours de l’année écoulée, contre 91 % pour les hommes. Elles sont 40 % à en faire plus d’une fois par semaine, contre 46 % pour les hommes. En comparaison, en 1967, seulement 22 % des femmes étaient recensées comme sportives « régulières » ou « occasionnelles ».

Aujourd’hui en France, tous les sports leur sont en théorie ouverts.

Mais les obstacles sont devenus plus insidieux que les interdictions formelles. On constate en effet des disparités criantes dans les effectifs selon que l’on s’intéresse aux sports dits de tradition féminine ou masculine. « Montrer ou exercer sa force, se livrer à un combat, porter ou recevoir des coups, prendre des risques corporels sont autant d’attributs que les femmes semblent ne pas pouvoir faire leurs et qui appartiendraient donc, en propre, à la masculinité », analyse Catherine Louveau dans Le Monde diplomatique en octobre 2001. Les femmes ne pratiquent donc toujours pas les mêmes disciplines sportives que les hommes, pas dans les mêmes proportions en tout cas. « On ne saurait laisser les attributs de son sexe au vestiaire », poursuit Catherine Louveau ; les pratiques sportives restent clairement « des territoires sexués », exactement comme le monde du travail.

D’après les chiffres du ministère des Sports, on trouve sur le podium des activités physiques les plus prisées par les femmes l’équitation, la danse, la gymnastique, le tennis, la natation et la randonnée pédestre. Si 81,3 % des licenciés de la Fédération française d’équitation sont des femmes, elles ne sont en revanche que 3,2 % à la Fédération française de football et 4,7 % à la Fédération française de rugby. On peut donc bien parler de « sexuation des discipli­nes », même si la proportion de femmes augmente ces dernières années. Elle était de 2,8 % au rugby et de 2,1 % au football en 2004. Alors que le nombre de footballeurs licenciés était en régression, les femmes ont représenté un vivier intéressant pour la fédération. Comme pour le rugby, un plan de féminisation a été mis en place avec, entre autres, des actions de sensibi­lisation dans les écoles. Une démarche proactive qui porte aujourd’hui ses fruits. Le nombre de licenciées augmente de 8 % par an au football.

Il est tout de même significatif de constater que cette sexuation varie non seulement dans le temps, mais aussi dans l’espace. La Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire qui, avec 540 000 licenciés, se place au cinquième rang des fédérations françaises, est aussi aujourd’hui la plus féminine avec un record de 94 % de femmes. « Il y a un siècle, elle était masculine, hygiéniste, marquée par des accents militaires et elle comptait 95 % d’hommes », rappelle sa présidente Françoise Sauvageot. Le football, qui est perçu en Europe comme un sport exsudant la testostérone, est en revanche aux États-Unis le sport le plus pratiqué par les femmes. On y compte, selon les chiffres de la FIFA, plus de 1,6 million de joueuses. Sur les 5 000 clubs de football du pays, 4 000 comptent une section féminine, soit 80 %. Dans l’Hexagone, ce pour­centage tombe à 68 %. Avec 67 000 footballeuses, 2,1 % au football en 2004. Alors que le nombre de footballeurs licenciés était en régression, les femmes ont représenté un vivier intéressant pour la fédération. Comme pour le rugby, un plan de féminisation a été mis en place avec, entre autres, des actions de sensibi­lisation dans les écoles. Une démarche proactive qui porte aujourd’hui ses fruits. Le nombre de licenciées augmente de 8 % par an au football.

Il est tout de même significatif de constater que cette sexuation varie non seulement dans le temps, mais aussi dans l’espace. La Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire qui, avec 540 000 licenciés, se place au cinquième rang des fédérations françaises, est aussi aujourd’hui la plus féminine avec un record de 94 % de femmes. « Il y a un siècle, elle était masculine, hygiéniste, marquée par des accents militaires et elle comptait 95 % d’hommes », rappelle sa présidente Françoise Sauvageot. Le football, qui est perçu en Europe comme un sport exsudant la testostérone, est en revanche aux États-Unis le sport le plus pratiqué par les femmes. On y compte, selon les chiffres de la FIFA, plus de 1,6 million de joueuses. Sur les 5 000 clubs de football du pays, 4 000 comptent une section féminine, soit 80 %. Dans l’Hexagone, ce pour­centage tombe à 68 %. Avec 67 000 footballeuses,

La France est encore loin derrière l’Allemagne où elles sont déjà plus d’un million, et même de l’Angleterre où on en dénombre 150 000.

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Extrait de "Le sport féminin, le sport, dernier bastion du sexisme ?" Éditions Michalon (7 juin 2012)

 
Commentaires

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  • Par letroll - 31/07/2012 - 12:40 - Signaler un abus je me souviens ...

    m'être fait mettre KO par une nana ... en boxe américaine :-)))

  • Par Rosine - 31/07/2012 - 16:54 - Signaler un abus le tricot

    sport féminin!

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Fabienne Broucaret

Fabienne Broucaret est journaliste indépendante. Elle a été rédactrice en chef adjointe du magazine Néoplanète et  a collaboré, entre autres, pour la Figaro, Elle.fr et Psychologies.com.

Elle est l'auteur de "Le sport féminin, le sport, dernier bastion du sexisme" aux éditions Michalon

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