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Molenbeek, la ville belge où l’on apprend à être terroriste

Dans cette ville de 96 000 habitants, limitrophe de Bruxelles, ont habité la plupart des auteurs des récents attentats de Paris. Dès 1995, à l’occasion des attentats qui ensanglantèrent la capitale, des connexions avaient été mises au jour avec cette commune. Aujourd’hui, Molenbeek, dont le quart de la population est d’origine marocaine, connaît un taux de chômage de 25%, contre 8% pour l’ensemble du pays. Si on y ajoute des imams qui prêchent un islam radical à une jeunesse déboussolée, peu scolarisée, on comprend mieux pourquoi la ville est devenue une fabrique d’apprentis terroristes.

Mauvaise école

Publié le - Mis à jour le 20 Novembre 2015
Molenbeek, la ville belge où l’on apprend à être terroriste

Intervention des forces de l'ordre à Molenbeek. Crédit Reuters

- La plupart des auteurs des attentats du 13 novembre à Paris sont de nationalité française et ont résidé à Molenbeek, une commune limitrophe de Bruxelles.

- Selon le bourgmestre de la commune, une trentaine de jeunes sont partis faire le djihad en Syrie.

- Pour bon nombre d’observateurs, c’est le multiculturalisme en vogue depuis des années dans la ville qui est - en partie - à l’origine des dérives de ces jeunes.

- Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, promis juré, va "nettoyer" la ville de Molenbeek et mettre un terme à toutes les formes de radicalisation.

- Pour l’avenir, doit-on demeurer optimiste ?

Surtout lorsqu’on entend ici et là à Bruxelles que "le sang n’a pas assez coulé à Paris".

"Vous savez, ici à Molenbeek, il ya plus de femmes voilées qu’à Casablanca". Certes, c’est une boutade, mais quand on se promène dans les rues de cette ville limitrophe de Bruxelles de près de 96 000 habitants, il se dégage une impression bizarre. Non seulement parce qu’on ne se croirait pas dans le royaume de Belgique, mais aussi parce qu’ il y règne une atmosphère pesante. Comme si, subrepticement, re-défilaient dans nos têtes les terribles images des trottoirs ensanglantés de Paris ce vendredi 13 novembre. Avec ses morts, ses blessés dont certains encore en sursis et ses centaines des familles anéanties. Tout cela, à cause de  fanatiques originaires de cette commune dont 25% de la population est d’origine marocaine, les autres minorités étant composés de Roumains ( près de 12%), de Polonais, de Turcs et de ressortissants de la République du Congo. Oui, les faits sont là. Têtus.

Qu’on le déplore ou qu’on y trouve une excuse, Molenbeek est devenue l’un des hauts lieux du terrorisme européens dans un pays qui compterait selon l’islamologue Mathieu Guidère 19 foyers de candidats au djihad toujours prêts à partir en Syrie. Un pays, faut-il le rappeler, qui compte 4 à 600 jeunes ayant fait le voyage en Syrie. Ce qui est énorme pour un pays de 10 millions d’habitants et proportionnellement beaucoup plus que la France qui, avec 67 millions d’habitants ne compterait, si l’on peut dire, que 500 de ses ressortissants en Syrie.

 

C’est à Molenbeek qu’a résidé Abdelhamid Abaaoud, l’un des commanditaires supposés des attentats du vendredi 13 novembre. Actuellement introuvable, air rigolard qui masque une évidente cruauté, il a rejoint les rangs de l’Etat islamique en 2012. C’est là aussi qu’a habité l’homme le plus recherché de Belgique et de France, Salah Abdelsam, qui est parvenu à fuir Paris dès le vendredi 13 novembre au soir après son équipée meurtrière pour retourner en Belgique. Les unités spéciales de la police belge ont cru pouvoir l’appréhender, à Molenbeek, en fin de matinée le lundi 16 novembre .En vain. Salah était le frère de Brahim, l’un des kamikazes qui s'est fait exploser à proximité d’un café, boulevard Voltaire dans le 11ème arrondissement de Paris. Comme son frère Salah, Brahim a séjourné en Syrie. A plusieurs reprises, la justice bruxelloise l’a alpagué pour trafic de drogue.

 

A dire vrai, que cette commune soit devenue l’épicentre d’un islamisme radical, une sorte de centre d’apprentissage, n’est pas surprenant. Alors que dans l’ensemble de la Belgique, les communautés d’origine étrangère sont bien intégrées, surtout celle en provenance du Maroc - elles disposent du droit de vote, sont souvent  propriétaires de leurs appartements, comportent bon nombre de cadres supérieurs visiblement issus du Maroc comme en témoigne leur patronyme, rien de tout cela à Molenbeek. Bien au contraire. En attestent quelques chiffres. Chez les jeunes de 20-29 ans, le taux de chômage dépasse les 25%. Contre un peu plus de 8% sur l’ensemble du territoire. Chez les 30-54 ans, le chômage grimpe jusqu’à 30% pour atteindre 35% chez les 55-60 ans. Si on prend toutes les tranches d’âge à Molenbeek, le taux de sans-emploi atteint 26%. Contre 8% pour l’ensemble de la Belgique. Aussi n’est-il pas surprenant que cette commune, la deuxième ville la plus jeune de Belgique, soit également la deuxième plus pauvre. Et aussi l’une des plaques tournantes du trafic d’armes et de stupéfiants.

 
Commentaires

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  • Par zouk - 17/11/2015 - 10:05 - Signaler un abus Molenbeek

    Sommes nous si certains que nous n'avons pas notre/nos Molenbeek?

  • Par vangog - 17/11/2015 - 11:04 - Signaler un abus Si l'UE avait des couilles...

    elle reprendrait Mollenbeek aux islamistes, et stopperait l'immigration massive de Syriens qui vont se surajouter aux Marocains, Turcs...car ils constituent un vivier du terrorisme. Nous, les patriotes, le savions et avions mis en garde contre la folie migratoire de l'UE. Maintenant que les Europeistes le savent, que vont-ils faire? Cet inepte crétin de Junker a déjà prévenu que les attentats ne modifieront pas la politique d'immigration de l'UE! Ce fou sera jugé par l'histoire, aux côtés des tortionnaires socialistes et communistes, sans aménité...

  • Par john mac lane - 17/11/2015 - 13:38 - Signaler un abus Il faut bombarder Molenbeek

    En vertus des raisonnements politiques de Hollande, il faut bombarder Molenbeek. Même le "cerveau" n'est pas Syrien mais Molenbeekois. Bon par contre, c'est tellement proche qu'on verra les cadavres. A l'inverse de la Syrie on pourra distinguer les tyrans des victimes et les dommages collatéraux deviendront visibles...Ça attirera moins le vote politique....

  • Par bebert4 - 17/11/2015 - 21:25 - Signaler un abus France de demain

    Molenbeek n'est que l'appartement témoin du futur qui nous attend avec l'immigration constante

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Gilles Gaetner

Gilles Gaetner est journaliste d'investigation chez Atlantico. Il a été journaliste aux Echos, à la Vie française, au Point et de 1986 à 2009, rédacteur en chef adjoint à l'Express, chargé de l'investigation.

 

Il est l'auteur de La République des copains (Flammarion, 2005), Réglements de comptes pour l'Elysée et La Manipulation Clearstream dévoilée (Oh! Editions, 2006, avec Jean-Marie Pontaut), et La République des imposteurs (L'Archipel Editions, 2014).

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