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Mais qui sont réellement
les rebelles syriens ?

Les opposants à Bachar el-Assad occupent désormais plusieurs postes-frontière avec la Turquie. Des jeunes, qui souvent accomplissaient leur service militaire... Mais qui sont ces rebelles qui veulent renverser le régime syrien ?

L'Orient, ce n’est jamais noir ou blanc

Publié le 25 juillet 2012
 

Un combattant d’Al-Qaïda au passage frontalier de Bab el-Hawa le 19 juillet, où l’on voit clairement le drapeau de l’organisation terroriste en arrière plan.

Sans tomber dans la propagande étatique du régime baasiste, force est de constater que la Syrie est désormais une terre de Djihad ! Il est vrai qu’au début des événements, la contestation était pacifique, et que seul le régime évoquait la question du « terrorisme » pour justifier sa répression sanglante. Mais à l’heure actuelle, le conflit a pris une tout autre tournure, l’armée régulière et les Chabihas n’ont plus le monopole de la violence. Ceux qui se battent contre les troupes d’Assad sont certes les militaires et les appelés qui ont fait défection, mais aussi des djihadistes rompus au combat. Une réalité sur laquelle s’accordent les chancelleries occidentales, Moscou et tous les acteurs du dossier syrien.

"Celui qui cuisine le poison finit toujours par le goûter". Ce dicton levantin s’applique parfaitement au régime baasiste, qui n’a cessé de jouer le pompier-pyromane dans la région. Bachar el-Assad subit le revers de cette politique qu’il a suivie - comme son père Hafez el-Assad  - dans les rapports avec les pays frontaliers de la Syrie. (1)

Comment les rebelles s’arment-ils ?

Ce rappel est indispensable pour comprendre que ce sont les mêmes réseaux de trafics d’armement et de combattants vers le Liban et vers l’Irak qui sont aujourd’hui utilisés dans le sens inverse. Ce sont les mêmes clans et trafiquants qui passent les armes, les munitions, les moyens de communication et les hommes. Les motivations sont souvent matérielles, loin des revendications politiques. 

Ces réseaux, bien établis depuis des décennies, sont maintenant utilisés par des pays comme le Qatar, l’Arabie Saoudite et parfois même avec la complicité des douanes syriennes moyennant une rétribution. Une fois la frontière passée, il n’y aucun moyen de pister les armes. La CIA et d’autres services essayent tant bien que mal de filtrer l’aide pour que certaines catégories d’armes ne tombent pas entre les mains de groupes affiliés à Al-Qaïda. D’où la présence d’agents à la frontière turque, depuis laquelle l’acheminement du matériel est le mieux contrôlé.

L’Armée Syrienne Libre (ASL)

L’ASL est constituée d’une majorité de jeunes qui accomplissaient leur service militaire dans les différents corps de l’armée. Ces appelés ont décidé de quitter leurs lieux d’affectation pour rejoindre la rébellion ou leurs villes et villages à travers le pays. En premier lieu, pour protéger les manifestants des attaques des Chabihas ou juste pour être auprès de leur famille, puis pour harceler l’armée d’Assad, avant de passer aux attaques frontales qui se sont multipliées avec le début de l’été.

Ces hommes inexpérimentés et mal équipés constituent cette armée qui n’en est pas une en vérité. En l’absence de moyens de communication et de structures de commandement pour mener des opérations coordonnées, l’ASL est plus une revendication et une allégeance. Dans les meilleurs des cas, ces soldats ont fuit avec leur équipement personnel (kalachnikovs ou au mieux avec des lance-roquettes RPG-7), très peu de munitions et sans moyens de transport. Quelques officiers ont fui le pays ou rejoint la rébellion, mais aucune défection de bataillon ou de brigade avec hommes et équipements n’a été signalée (mis à part la défection le 10 juin dernier d’une base de défense anti-aérienne de Sam-2 à Ghanto dans la région de Homs). (2)

 


Commentaires

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  • Par bob - 26/07/2012 - 19:41 - Signaler un abus très bon article

    L'auteur démontre bien qu'il n'y a pas besoin d'être pro-Assad pour comprendre ce qui attend la syrie de demain...Je ne veux pas croire que les responsables occidentaux ne savent pas tout ça. Qu'il prennent M. Nasr dans leurs ministères!

  • Par François78 - 26/07/2012 - 11:14 - Signaler un abus Pour l'exemple (encore un).

    Je finis par me demander s'il ne faudrait pas finalement laisser se dérouler le pire des scénarios, c'est à dire une victoire "exemplaire" des "forces de progès" (et de tolérance, d'amour et de paix).

  • Par ibiscus61 - 26/07/2012 - 09:59 - Signaler un abus Al Qaïda à la place d'Assad ?

    La réponse est connue de ceux qui évitent la propagande des médias traditionnels, totalement serviles : Les "rebelles" syriens sont des mercenaires recrutés par l'OTAN parmi les islamistes et les "terroristes"... et financés par l'Arabie saoudite et le Qatar.
    Ils sont beaux, les appels à la libération du peuple syrien et à l'ingérence étrangère au nom des droits de l'homme...
    C'est la même méthode que celle qui a été appliquée en Libye, où règne aujourd'hui le chaos.

Wassim Nasr

Wassim Nasr est journaliste et veilleur analyste. Il est diplômé à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques (CEDS).

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