Joue là comme lui
Quand David Beckham met les hommes en slip brésilien
La star du foot anglais à Paris ! Non, pas au PSG, mais sur les affiches de pub de sa nouvelle collection de sous-vêtements masculins...
Le sous-vêtement masculin est il condamné au classicisme et à l’absence de sensualité si longtemps représentés par le slip kangourou et le caleçon flottant ? Crédit Flickr/Friskytuna
David Bechkam devrait finalement pointer son nez à Paris cet hiver, et en petite tenue s’il vous plait ! Toutefois, que les adeptes du ballon rond contiennent leur joie, ce n’est pas sur les pelouses du stade de France qu’on l’observera au sommet de son art, mais sur les affiches publicitaires qui parsèmeront la ville à l’approche de la Saint Valentin. Oui, notre beau David marche sur les pas de sa « Posh Spice » en se lançant lui aussi dans l’aventure de la mode et signe avec le géant suédois H&M sa première collection de sous-vêtements.
Composée de neuf modèles classiques revisités par le champion, cette ligne underwear comprendra des slips, des boxers, des shortys, des caleçons courts et longs, des débardeurs, des maillots de corps à manches courtes ou longues et des pantalons de pyjamas. Le tout dans des tons neutres, pas très folichons, comme le gris, le noir et le blanc. L’ambition du footballeur était de travailler sur le choix des matières, des coupes et du style afin de proposer des pièces avant tout confortables et fonctionnelles "en évitant un branding trop voyant" dixit l’intéressé.
L’idée de créer cette gamme de sous-vêtements masculins lui est venue de sa collaboration avec Armani underwear en 2007 et 2008 -campagnes que les femmes ne sont pas prêtes d’oublier- et qui a généré un chiffre d’affaire colossal (près de 16 millions d’euros). Si l’on se ravit à l’idée de retrouver David Beckam déballant ses plus beaux atouts, cette fois devant l’objectif du talentueux Alasdair McLellan, on regrette que cette collection, déjà promise au succès, ne soit pas plus fantaisiste et créative à l’instar des tendances actuelles en matière de lingerie féminine. Le sous-vêtement masculin est il condamné au classicisme et à l’absence de sensualité si longtemps représentés par le slip kangourou et le caleçon flottant ?
On serait tenté de répondre non si l’on observe ce qu’il se passe dans ce secteur en pleine expansion. En effet, à l’image du marché des cosmétiques et de la mode masculine en général, la lingerie pour hommes connait un essor fulgurant depuis les années 2000. Les marques comme Dim, Hom, Eminence ou Sloggi, pour ne citer qu’elles, inspirées par la population gay fortement prescriptrice de tendances et par les attentes des femmes lassées par tant de ringardise au rayon hommes, ont lancé des collections toujours plus modernes et sexys, faisant entrer dans ces dernières des modèles nouveaux à l’instar des slips brésiliens (hauts de cuisses nus), des strings, tangas, jock straps, wonderman et autres boxers voile. Les marques du prêt-à-porter ont suivi cet essor en se lançant elles-aussi à l’assaut des dessous masculins.
En choisissant en outre leurs égéries parmi les sportifs (Yannick Noah pour Sloggi, Cristiano Ronaldo puis Rafael Nadal pour Armani, ou encore Leo Messi pour Lody), les marques ont contribué à asseoir l’image d’un homme fort, viril et séduisant même en caleçon ou en slip. Cependant, la plus forte poussée de créativité dans cet univers intime et jusque là peu visible, provient de marques jeunes et décalées à l’instar de Pull-In ou Moskova, issues du monde de la glisse (skate, surf, snow). Profitant de la mode du jean taille basse et du baggi (laissant apparaitre le haut du caleçon), ces nouvelles marques ont choisi de miser sur la fantaisie et l’originalité des motifs tout en mettant en avant la capacité à répondre aux exigences techniques liées à la pratique de ces disciplines. Incarnée dans ses publicités par Bixente Lizarazu, la jeune Moskova née en septembre 2009 sur les plages de Capbreton prouve que l’univers du dessous masculin n’a pas encore répondu à toutes les attentes de sa clientèle. En constant développement, les sous-vêtements masculins se font de plus en plus audacieux et visibles et révèlent une nouvelle part de masculinité qui n’a pas fini d’exprimer toute sa créativité.
Emilie Coutant
Sociologue, consultante en mode et médias, responsable du GEMODE (Groupe d’Etudes et de Recherche sur la Mode) au sein du Centre d’Etudes sur l’Actuel et le Quotidien.
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Le monde entier doit avoir les yeux rivés sur un gars qui tape dans un ballon.