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Mais qui est Aafia Siddiqui, la scientifique pakistanaise emprisonnée pour laquelle les califoutraques islamiques sont prêts à décapiter otage sur otage ?

Aafia Siddiqui également appelée lady al-Qaïda est une figure du djihadisme depuis qu'elle a attenté à la vie d'officiers américains au Pakistan . Devenue icône depuis son emprisonnement, elle suscite l’intérêt de l'Etat Islamique qui souhaite la compter parmi ses rangs.

Lady Al Qaïda, femme de têtes

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Mais qui est Aafia Siddiqui, la scientifique pakistanaise emprisonnée pour laquelle les califoutraques islamiques sont prêts à décapiter otage sur otage ?

Aafia Siddiqui Crédit Reuters

Atlantico : Peu avant la mort du journaliste, l'Etat Islamique a proposé d'échanger James Foley contre Aafia Siddiqui, emprisonnée au Texas. Qui est celle que l'on surnomme aussi lady al-Qaïda ?

Alain Rodier : Aafia Siddiqui est pakistanaise aujourd'hui âgée de 42 ans. Issue d'une riche famille de la haute société pakistanaise, elle a effectué des études secondaires puis supérieures aux Etats-Unis où elle a obtenu un diplôme de docteur en neurosciences. Elle a même fréquenté la prestigieuse université MIT. Mariée un première fois lors d'une union arrangée (ce qui est traditionnel au Pakistan), elle a eu trois enfants de cette première union.

Très tôt, elle s'est montrée pieuse, en travaillant bénévolement pour des organisations étudiantes et caritatives musulmanes.

C'est par ce biais qu'elle aurait été recrutée par un réseau clandestin d'Al-Qaida présent aux Etats-Unis

Retournée au Pakistan en 2003, son nom n'est apparu sur les listes des Most Wanted du FBI que lorsque Khaled Cheikh Mohammed, le chef opérationnel d'Al-Qaida considéré comme le planificateur des attentats du 11 septembre, a été arrêté. En effet, il a livré son nom lors des nombreuses séances de waterboarding (torture impliquant la simulation d'une noyade ndlr) auquel il a été soumis.

Disparue de la circulation en 2003, on n'a retrouvé sa trace qu'en 2008 à Ghazni en Afghanistan. Là, elle a attiré l'attention de la police afghane lors d'un contrôle de routine (une femme en burqa qui lisait une carte, cela a semblé curieux aux policiers d'un pays où très peu d'entre-elles savent lire en raison des restrictions machistes qui sont en vigueur). Elle a été arrêtée et interrogée en présence de militaires américains et d'un membre du FBI. Elle aurait profité d'un instant d'inattention de ses interrogateurs pour s'emparer d'un fusil d'assaut et tirer sur eux. Elle a alors été blessée. Les Américains l'ont ensuite exfiltré vers les Etats-Unis. 

Elle a été condamnée à une peine de 86 ans de prison en 2010. Quels sont les faits qui lui sont reprochés ?

Lors de son arrestation en 2008, des documents concernant la fabrication d'armes de destruction massive de type chimique et biologique ainsi qu'un flacon de cyanure de sodium ont été trouvés sur elle. Egalement, elle faisait mention de lieux très fréquentés aux Etats-Unis comme la statue de la Liberté.  

Les principaux faits qui lui sont reprochés sont d'avoir tenté d'assassiner les interrogateurs américains en Afghanistan. Lors de son procès, sa santé mentale a été mise en cause. Elle a été expulsée de l'audience pour hystérie à plusieurs reprises.

Elle a été reconnue coupable de tentative de meurtre avec préméditation sur des officiers américains en 2008. Son procès a-t-il été particulièrement médiatisé ? A-t-il soulevé des controverses ?

Oui. Particulièrement au Pakistan où elle est devenue une icône populaire. De nombreuses manifestations anti-américaines ont alors éclaté et les plus folles rumeurs ont couru à l'époque, comme le fait qu'elle ait été livrée par les services secrets pakistanais aux Américains, et que pendant les 5 ans où l'on a perdu sa trace, elle aurait été torturée et violée en détention. Un groupe terroriste a même adopté son nom.

 
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  • Par Texas - 29/08/2014 - 10:22 - Signaler un abus Moins prosaîquement

    L' Etat Islamique recherche un cadre exemplaire et un symbole pour le recrutement de femmes-martyrs , afin d' alimenter ses deux brigades feminines Al Khansaa et Um Rayyan . Point Barre .

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur en 2015 de "Grand angle sur les mafias" et de " Grand angle sur le terrorisme" aux éditions UPPR (uniquement en version électronique), en 2013 "le crime organisé du Canada à la Terre de feu", en 2012 "les triades, la menace occultée", ces deux ouvrages parus aux éditions du Rocher, en 2007 de "Iran : la prochaine guerre ?" et en 2006 de "Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme" aux éditions ellipse, Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier "la face cachée des révolutions arabes" est paru chez ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS.

 

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