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L'homme qui a découvert Ebola prévient dans une interview choc : "je crains maintenant une inimaginable tragédie"

Peter Piot a co-découvert le virus Ebola en 1976 au Zaïre, l'actuelle République démocratique du Congo (RDC). Il vient de donner une interview alarmiste à The Guardian : en voici les grandes lignes.

Sombre ambiance

Publié le - Mis à jour le 9 Octobre 2014
L'homme qui a découvert Ebola prévient dans une interview choc : "je crains maintenant une inimaginable tragédie"

Peter Piot a co-découvert le virus Ebola en 1976  Crédit REUTERS/J.P. Moczulski

Le virus Ebola n'en finit plus de semer la panique. Depuis sa réapparition il y a quelques mois, la fièvre hémorragique fait des ravages : le virus a en effet  fait 3 439 morts sur 7 492 cas diagnostiqués, a annoncé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le Liberia est le pays le plus touché, avec 2 069 morts, la Guinée en compte 739 et la Sierra Leone 623. Huit cas mortels ont par ailleurs été recensés au Nigeria. Il s’agit de loin de la plus grave épidémie d’Ebola en près de 40 ans d’histoire de la maladie.

Le virus Ebola a été découvert pour la première fois en 1976 dans le nord de la République démocratique du Congo, alors appelé Zaïre : le premier cas a été identifié par le médecin belge Peter Piot, de l'Institut de médecine tropicale d'Anvers. A l'époque, il avait immédiatement mis en garde contre les risques épidémiques de cette maladie, qui allait finalement toucher 318 personnes et en tuer 280. Aujourd'hui, Peter Piot est beaucoup plus alarmiste : dans un entretien à The Guardian, il assure qu' "il ne s'agit plus d'une simple épidémie, mais d'une catastrophe humanitaire". 

"Depuis le mois de juin, il est devenu clair pour moi qu'il y avait quelque chose de fondamentalement différent dans cette épidémie par rapport à celle de 1976. C'est à ce moment-là que Médecins Sans Frontières a sonné l'alarme. J'ai donc commencé à avoir vraiment peur" affirme-t-il au quotidien britannique. Si normalement, il convient de placer en quarantaine les individus infectés, force est de constater que cette mesure n'a pas suffi à empêcher le virus de se propager. Pour cet ancien directeur d’Onusida (de 1995 à 2008) et aujourd’hui directeur de l’Ecole d'hygiène et médecine tropicale de Londres, cela s'explique parce que "depuis le début, il existe un certain nombre de facteurs défavorables". "Certains des pays concernés sortent à peine de terribles guerres civiles, beaucoup de leurs médecins avaient fui et leurs systèmes de soins de santé se sont effondrés. Au Liberia, par exemple, il n'y avait que 51 médecins en 2010, et beaucoup d'entre eux sont morts avec l'arrivée d'Ebola" assure Peter Piot à The Guardian.

Selon lui, le fait que cette épidémie soit réapparue dans la région frontalière (très densément peuplée) entre la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria a forcément contribué à la catastrophe. "Dans cette région, les populations sont extrêmement nomades, il était donc beaucoup plus difficile de retrouver ceux qui avaient été en contact avec les personnes infectées. Les morts dans cette région sont traditionnellement enterrés dans les villes et les villages où ils sont nés, de nombreux cadavres hautement contagieux ont été déplacés entre les frontières. Le résultat a été que l'épidémie s'est rapidement propagée dans des lieux différents" explique le médecin au Guardian. 

 
Commentaires

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  • Par Benino - 08/10/2014 - 08:07 - Signaler un abus Pauvre Afrique...

    Un demi siècle d'indépendance -----> Corruption généralisée, guerres civiles, délabrement général des équipements, fuite des cerveaux, misère. Qui de vous n'a pas stigmatise l'Empire colonial francais ? Et pourtant, la Paix française créait des écoles, des hôpitaux, des routes, des élites locales non corrompues...Mais les belles ames de Goche veillaient...et avec l'aide des bons journalistes et de la bonne élite des bobos bien pensants des années 50 ils ont gagne...Toute cette misère est fille de leurs oeuvres.

  • Par D'AMATO - 08/10/2014 - 09:50 - Signaler un abus Afrique

    Il faut bien reconnaitre que le resultat de la bien pensance uniciste est en général une ou des catestrophes...

  • Par Ganesha - 08/10/2014 - 17:39 - Signaler un abus Stocks de Médicaments

    Il serait intéressant que ce cher docteur nous indique ce qui est en train de se faire en pratique pour nous préparer à l'extension de cette épidémie en Europe. Il semble y avoir de coûteux nouveau médicaments qui sont efficaces : il y a-t-il des usines qui tournent jour et nuit pour en produire des stocks ?

  • Par JG - 12/10/2014 - 07:32 - Signaler un abus C'est marrant...

    Pour le virus H1N1 qui tuait à peine 3% des patients et dont la transmission poulet-homme était exceptionnelle, la Bachelote avait fait tout une histoire et avait dépensé 2 milliards d'euros pour des vaccins qu'on avait fini par mettre à la poubelle. Pour un virus qui tue 50% des gens infectés et qui se transmet facilement d'homme à homme, on ne fait rien.... Les hommes politiques m'étonneront toujours...

  • Par chrisbord - 14/10/2014 - 14:53 - Signaler un abus @ Benino

    Je partage pour l'avoir vécu, entièrement votre commentaire. Et "on" nous dit que ces gens étaient malheureux ? Ils étaient soignés gratuitement par nos services, souvent dépannés en brousse, peu ou pas de corruption, une certaine sécurité régnait à l'intérieur des terres. Ayant la nostalgie de ces pays, je m'y suis de nouveau rendu. Mais quelle différence ? Je me demande si cela n'a pas été criminel d'abandonner ces gens comme cela ?

  • Par Haddock36 - 16/10/2014 - 09:05 - Signaler un abus Inimaginable tragédie

    A force d'utiliser des adjectifs outranciers, notre langage ne veut plus rien dire. La population du continent africain approche le milliard et l'Ebola, si l'on en croit les chiffres fournis par la presse, a fait jusqu'à présent moins de 10000 victimes. Rappelons que la peste noire au XIV ième siècle avait décimé la moitié de la population européenne; nous en sommes très loin pour ce qui est de l'Afrique.

  • Par Outre-Vosges - 17/10/2014 - 02:28 - Signaler un abus Bravo @Benino !

    Je me rappelle que dans les années 1950 je pouvais lire une rubrique du Figaro qui s’intitulait : « Le Figaro donne ici des nouvelles que l’Humanité refuse à ses lecteurs » ; de la même façon nous pouvons trouver dans Atlantico des commentaires (comme celui de @Benino) qui auraient été censurés ailleurs ; pour l’instant on ne va pas jusqu’à y publier des articles dans le même sens mais c’est déjà un début. Quelle différence avec Les Dernières Nouvelles d’Alsace, jadis organe de la bonne bourgeoisie protestante alsacienne mais aujourd’hui étroitement soumises à la bien-pensance de gauche : chaque fois qu’une nouvelle risque de provoquer chez les lecteurs des réactions intelligentes, nous y voyons surgir l’avertissement : « Les commentaires sont clos. »

  • Par Ganesha - 18/10/2014 - 04:52 - Signaler un abus Boites de Conserve

    Cela fait des jours que cet article figure parmi ''les plus lus'', et pourtant, il ne nous apprend pas grand chose... La principale information récente, c'est qu'il semble y avoir eu des dysfonctionnements, (ou un piège inconnu ?), dans les hôpitaux de divers pays et que plusieurs infirmières ont été contaminées...Et elles ont pris l'avion, ou assisté à des réunions publiques sur Ebola pendant les premiers jours de leur maladie ! Certains d'entre-vous ont-ils déjà commencé à acheter les stocks de boites de conserve qui leur permettront de s'enfermer un mois chez eux ?

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