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De Gaulle, Sarkozy, Séguin... Bataille d'héritages à l'UMP

Dans la course à la présidence de l'UMP, mettre en avant son "brevet de sarkozysme" semble être un excellent argument de campagne. Et les différents candidats l'ont bien compris... Toutefois, la droite ne pourra se reconstruire en vivant dans la nostalgie de l'ancien chef, même si lui aussi pense à revenir.

"Plus sarkozyste que moi, tu meurs"

Publié le

C’est bien connu : en politique rien ne se passe jamais comme prévu.  Tenez, au lendemain d’une
défaite électorale, le camp des vaincus devrait être tenté de se choisir un nouveau champion,
s’inventer de nouvelles orientations, après s’être remis en question ! A la grande surprise - inavouée des prétendants à la présidence de l’UMP -, si l’on en croit les sondages, la majorité des militants, ne rêverait qu’au retour de Nicolas Sarkozy. Voilà pourquoi les prétendants, non seulement laissent entendre qu’en cas de retour du chef ils s’effaceraient aussitôt, mais en attendant, ils font campagne sur le mode « plus sarkozyste que moi, tu meurs ».

Alors, dans cette course effrénée, avantage Fillon ou avantage Copé ? L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy avait été tenté de marquer sa différence avec l’ex-président au début de sa campagne. Mais il a très vite expliqué que « s’en prendre à Nicolas Sarkozy, c’est s’en prendre à lui-même puisqu’ils ont gouverné ensemble pendant cinq ans ». Quant à Jean-Pierre Raffarin, qui soutient ardemment Jean-François Copé, il avait esquissé une critique de la campagne de l’ancien président, mais « la mayonnaise n’a pas pris » et depuis, il se montre silencieux sur le sujet.

Mardi, François Fillon a été rejoint en grande pompe par Christian Estrosi (ce dernier déteste de le mot « rallié »), qui renonce à présenter sa propre candidature au nom du nécessaire rassemblement en ces temps de crise. Difficile en effet de trouver plus sarkozyste que Christian Estrosi. Le maire de Nice affiche 25 ans d’amitié (parfois tumultueuse) avec l’ancien président de la République, et il est devenu le secrétaire général de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy qui s’est réunie dans sa ville il y a quelques jours. Et puis, Christian Estrosi, comme François Fillon a été séguiniste. Il revendique une fibre sociale, et l’a montré en s’opposant parfois à des décisions fiscales du gouvernement Fillon. Mais chut, tout cela est oublié. Le séguinisme est également revendiqué par Henri Guaino venu faire un tour de piste dans la course à la présidence de l’UMP. Le séguinisme est une valeur sûre à brandir pour convaincre les eurosceptiques en ces temps de crise de l’euro, car Philippe Séguin incarnait l’exemple de l’anti-maastrichtien rallié à la construction européenne par raison.

Dans cette course à l’héritage Jean-François Copé n’est pas en reste : après avoir été reçu au Cap Nègre, (résidence estivale de la famille Sarkozy), le secrétaire général de l’UMP a été reçu avec les honneurs par Jean Sarkozy à Neuilly. La rencontre s’est déroulée en présence de nombreux militants dans le café ou Nicolas Sarkozy lui-même aimait réunir ses amis politiques avant d’accéder à l’Elysée. Le fils de l’ex-président n’a pas lésiné sur les compliments à son hôte, louant « son comportement absolument exemplaire pendant la campagne électorale », mais aussi « son courage et sa loyauté », (à son père bien sûr !). Les militants choisiront. Jean-François Copé qui ne peut pas afficher de brevets de séguinisme, aime aussi à se qualifier de « bébé Chirac ». Quant au gaullisme, s’il va de soi, il n’est plus porté en bandoulière par les jeunes générations. Et puis, l’UMP est une fédération, composée d’anciens centristes et de libéraux ! A écouter les candidats à la présidence de l’UMP, le sarkozysme
serait donc la synthèse du gaullisme, du séguinisme, voire du centrisme.

C’est cette image quelque peu magnifiée du sarkozysme qui triomphe aujourd’hui dans les rangs de l’UMP, d’autant que la petite musique « avant c’était mieux » commence à se faire entendre. Au cours de sa présidence Nicolas Sarkozy a connu de longues périodes de désamour de l’opinion. Il pourrait un jour connaitre le même sort après l’Elysée. C’est pourquoi la droite ne pourra pas se contenter de vivre dans la nostalgie de l’ancien chef, même si lui aussi pense à revenir, sans s’interroger sur les raisons de sa défaite. Et elle devra s’inventer de nouveaux projets. En attendant, le brevet de sarkozysme est un excellent argument de campagne pour la conquête de l’UMP.

 
Commentaires

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  • Par Myrtille - 05/09/2012 - 10:07 - Signaler un abus Naivement

    je pensais que cette election permettrait l avenement d idees nouvelles.. Les militants n ont donc qu a choisir entre pile et face ?

  • Par Equilibre - 05/09/2012 - 12:15 - Signaler un abus Je n'ai définitivement plus rien à faire à l'UMP

    Pathétique fin pour un parti que l'on peut aisément accuser de fausse droite sur TOUS les sujets, sans que personne ne puisse y trouver à redire. Sans déconner, le sarkosysme, c'est quoi? C'est pas parce que un technocrate de 10 zone incompétent et débile, plus habitué à des batailles de clochers entre patelin de 10 personnes a été élu que "avant c'était mieux". Dans ces conditions, avant c'était forcément mieux dans ces conditions. L'UMP n'est plus qu'un parti européiste immigrationniste, aile droite du PS. "le sarkozysme serait donc la synthèse du gaullisme, du séguinisme" Si seulement. Il n'y a plus rien de ces deux-là à l'UMP. Seul le centrisme, cul moux sans avenir, a survécu.

  • Par titine - 05/09/2012 - 12:23 - Signaler un abus Laissons les morts en paix

    Ils ont fait leur job ; c'est aux vivants qu'il appartient de faire à leur tour le leur avec leur temps.

  • Par honduras - 05/09/2012 - 15:18 - Signaler un abus ils font pitié

    faute de pouvoir proposer une politique d'avenir ils se tournent vers le passé. qu'il soit de droite ou de gauche, la même politique s'appliquera, immigration et importation massive qui entrainent chomage et violence de masse. ils le savent et le font quand même, cette une nouvelle forme de collaboration, ils mettent en place des lois minoritaires dans le pays, ils l'avouent même à 1 mois des élections en parlant de frontière, de tva sociale, d'identité culturelle, peut-être un jour apprendrons nous que ceux sont des martiens comme dans V, ceux sont eux qui ont piégé dsk pour mettre un des leurs et si j'avais raison !

  • Par Rosine - 05/09/2012 - 15:45 - Signaler un abus jeu de rôles

    sans idée, sans idéologie, dévoré par l'argent, fasciné par le pouvoir, mal éduqués, condamnés en justice, ils se refont encore et encore la rivalité Chirac/Giscard, le truc Pasqua, le machin Médecin, etc toujours les mêmes rôles - rien...au point, moi qui suis du Sud, de commencer à lire Charles Maurras .

  • Par Rosine - 05/09/2012 - 15:47 - Signaler un abus @myrtille

    pile ou face? il y a comme on dit en philo le toisième terme: le pal..et vous savez où va le pal.

  • Par totor101 - 05/09/2012 - 15:48 - Signaler un abus PAN ! dans le mur !!!

    Prendre Sarko comme modèle, voire comme idole... Ridicule !!! si un président de la 5ème ne peut que dévaloriser ses émules c'est pourtant lui ...

  • Par Ravidelacreche - 05/09/2012 - 15:52 - Signaler un abus Le pal :o)

    Ça commence bien mais ça finit mal !

  • Par guy.h - 05/09/2012 - 16:10 - Signaler un abus Ils en reviennet tout simplement à l'évidence ...

    Le sarkosysme nous a forcément marqué, pour la première fois un candidat à la précidence a tenté de faire sortir ce pays de son immobilisme; jamais en 30 années , un gouvernement et une majorité n'ont autant fait bouger ce pays , pour le faire entrer dans son siècle..Il en fallu du courage et de la pugnacité, face aux forces d'inertie de la gauche française et des syndicats français, je précise volontairement français , parce que phénomène assez unique dans son genre en Europe.. Les français peuple vieillissant allergique aux changements , se sont prononcés à une très faible majorité pour le maintien du statu Quo..Aujurd'hui ils s'en mordent les doigts , et le sarkosysme revient en force. Quoi de plus normal dès lors, qu'ls se disent tous héritiers.

  • Par ludovique - 05/09/2012 - 16:33 - Signaler un abus Qu'ils continuent tous à ce

    Qu'ils continuent tous à ce revendiquer de NS, de ça politique et autre, ca arrange bien le ps pendant ce temps.

  • Par Aliénordaquitaine - 05/09/2012 - 18:35 - Signaler un abus Anita HAUSSER est extralucide????

    "lui aussi pense à revenir, sans s’interroger sur les raisons de sa défaite" Ha bon?? C'est Nicolas Sarkozy lui même ou le Tarot de Marseille qui vous l'a dit??????

  • Par ghislfa - 05/09/2012 - 23:33 - Signaler un abus Je constate

    qu'ils ne vont pas jusqu'à arborer LA montre de leur mentor. Je serais de lui, d'ailleurs, je ne goûterais pas vraiment cette magie incantatoire. Les politiques ont l'habitude des "cadavres dans le placard", c'est souvent celui d'un prédécesseur qu'ils ont poussé vers la sortie à force de lui être fidèles.

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Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale.

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