Zone franche
Un nouveau "moment Bayrou" ? Oui, un de plus…
Au coude-à-coude dans les sondages, Hollande et Sarkozy pensent avoir besoin d’un Bayrou qui pense n’avoir besoin de personne. Ça va mal se terminer.

François Bayrou, président du Modem : "Allô... Oui oui, on peut parler, je suis seul... Comment ça, comme d'hab' ?" Crédit Reuters
Les Guignols de Canal + ont beau se moquer de la faiblesse du nombre d’amis Facebook de François Bayrou, le boss du Modem n’a jamais été « poké »[1] avec autant d’enthousiasme ― de droite comme de gauche.
Pour un général sans armée, dont on peine à voir comment il pourrait aider qui que ce soit à remporter la moindre bataille, c’est assez flatteur. Mais l’homme pèse 7% dans l’opinion, apprend-on, et dans la perspective d’une bagarre au couteau pour le second tour, il vaut sans doute mieux l’avoir avec soi plutôt que contre.
François Hollande en ferait bien un ministre, Xavier Bertrand passe son temps à lui rappeler la préhistoire géométrique où le centre était confortablement installé à droite et c’est tout juste si les Verts ne s’apprêtent pas à lui offrir un weekend avec Eva Joly dans un Relais & Châteaux… Non, là, c’est pour rire : s’il y a quelqu’un pour qui Bayrou reste infréquentable, c’est bien Joly, qui le trouve au moins aussi archaïque que la « marionnette en bois » censée amener la gauche à l’Elysée !
Mais Bayrou minaude et se fait prier. D’abord parce qu’être courtisé c’est agréable et qu’il se souvient sans doute encore avec émotion de l’époque où Ségolène Royal herself lui donnait la sérénade sous son balcon, mais surtout parce qu’il est irrémédiablement coincé dans sa stratégie ni-niste depuis 2007.
Se rapprocher de l’UMP ? Hum, impensable pour l’auteur d’Abus de pouvoir, l’un des bréviaires anti-Sarkozy les plus virulents (et il y a pourtant de la concurrence dans le domaine), pourfendeur acharné de l’omniprésidence. Faire un bout de chemin avec le PS, dont le programme est carrément « insoutenable » ? Ridicule…
Le drame de Bayrou, finalement, c’est qu’il continue d’imaginer qu’un espace existe pour un candidat de l’entre-deux (« Notre campagne appellera un large regroupement politique, au centre de la vie politique française ») dans un paysage politique ultra-polarisé où les loups solitaires dans son genre ont toujours échoué.
On peut le déplorer. On peut souhaiter que ça change, que les comportement de supporters de foot des électeurs français laissent un jour la place à un examen objectif des projets et c’est sans doute ce sur quoi il table ― mais l’on n’y croit guère.
Lui y croit, en tout cas, et le 7 décembre prochain, lorsqu’il annoncera officiellement sa candidature (non non, il ne l’avait pas déjà fait, c’était juste une impression), il est probable qu’il inaugurera un nouveau « moment Bayrou » de quelques semaines. Ça pourrait bien être le dernier.
[1] OK, OK, le « poke » n’existe plus sur Facebook, je suis au courant. C’est juste une façon de parler.
Hugues Serraf
Hugues Serraf est journaliste, écrivain et blogueur.
Aujourd'hui, éditorialiste à Atlantico, il est l'auteur de Petites exceptions françaises (Albin Michel, 2008) et de L'anti-manuel du cycliste urbain (Berg International, 2010).


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Ca ne fait pas un programme.
D'années en années il nous sort toujours les mêmes salades. Quant à ces 2 passage à l'EN, à part de prendre les syndicats dans le sens du poil : qu'à t'il fait ?
Comme il veut un bon poste, sa seule solution est d'appeler à voter Hollande, ce qu'il a du planifier avec lui.
Voter Bayrou au 1er tour, C'EST VOTER HOLLANDE
les gens attendent en crise majeure des propositions. si, à droite et au centre ce n'est pas crédible, alors les gens iront sur NS une fois de plus.même si c'est la mort dans l'âme.
exemple : anonner "produire en France" en en restant là, ce n'est guère crédible.
pour hollande, faire payer les riches n'est pas non plus crédible pour être suffisant...
J'espère que si Bayrou monte à plus de 20% dans les sondages, comme en 2007, on aura l'honnêteté de le proposer un 2ème tour. En 2007, on l'avait occulté, parce le résultat était sans appel : Bayrou gagnait dans tous les cas et l'effet était ravageur pour Ségolène et pour Sarkozy. En 2012, le résultat serait sans doute le même. Espérons que cette fois, les dés ne seront pas pipés !
Respect pour Bayrou qui en refusant d'appeler à voter socialiste au second tour en 2007 , a sans doute sauvé la France. C'est un homme honnêteET responsable , qui je le pense , n'appellera jamais à voter Hollande qui veut ENTRE AUTRES donner le droit de vote aux immigrés et régulariser tous les sans papiers...
Tout à fait d'accord.
Toujours la même erreur ! On imaginait pas Le Pen au 2ème tour avant 2002 ou Bayrou à 18,5 % avant 2007, ou DSK éliminé en 2012
A chaque présidentielle, il se produit qqchose qui ne s'était jamais produit. En 2012, ce sera peut-être Bayrou au 2ème tour. Pourquoi ? Parce qu'il sera le seul à pouvoir battre Hollande... et qu'on ne me dise pas que c'est impossible parce que ça ne s'est jamais produit