Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 27 Juillet 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

La France n'a jamais compté autant d'étudiants : mais font-ils les bonnes études ?

Selon les tableaux de l'Economie française 2014 de l'Insee, la France n'a jamais compté autant d'étudiants. Mais la plupart suivent des études en sciences humaines et sociales, délaissant d'autres secteurs prometteurs... Première partie de notre série sur la valeur des diplômes.

La valeur des diplômes, partie I

Publié le

Atlantico : Selon une récente étude de l'Insee, nous avons atteint aujourd'hui un nombre record d'étudiants en France. La majorité de ces étudiants est inscrite à l'université, d'abord en sciences humaines et sociales, puis en sciences politiques, et enfin, mais minoritairement, en pharmacie, sciences et techniques des activités physiques et sportives. Au regard des secteurs qui recrutent le plus, cette distribution des effectifs étudiants est-elle justifiée ?

Emmanuel Davidenkoff : Personnellement, je ne raisonne pas ainsi. Nous sommes dans un pays libre, pas en URSS au temps du plan quinquennal ; on a le droit de choisir ses études.

De plus, il est normal de constater que l'université concentre le plus d'étudiants.

C'est là que les capacités d'accueil sont les plus importantes, et il n'y a pas de sélection à l'entrée.

Cependant, il est vrai qu'on observe une incohérence entre la distribution des effectifs étudiants et les secteurs qui recrutent. Par exemple, on manque de développeurs et d'ingénieurs dans le secteur de l'informatique. Mais en même temps, si vous interrogez un patron de PME sur les postes dont il aura besoin dans 5 ans, il vous dira qu'il n'en sait rien. Or, quand on s'engage dans des études, c'est en général pour 5 ans (grade master). Il serait donc vain de chercher l'adéquation à tout prix.

Trop nombreux en amphis, les étudiants français ne devraient-ils pas oser autre chose que la fac, notamment les écoles d'ingénieurs, à un moment où les entreprises sont à la recherche de ce type de profils ?

Absolument. D'ailleurs, les écoles d'ingénieurs ont connu une d'augmentation de 7% de leurs effectifs depuis 1990. De même, les étudiants plébiscitent les écoles de commerce qui forment des cadres assez recherchés. Ainsi, entre 2011 et 2012, nous avons gagné 36 000 étudiants mais seulement un tiers, ont rejoint les bancs de la fac.

Nombreux sont les étudiants "moyens", qui ont eu leur bac de justesse et qui ne s'épanouissent pas dans leurs études universitaires. Pour autant, ils n'envisagent pas des études exclusivement professionnelles. Des études courtes et professionnalisantes types DUT ou BTS, ce serait-ce pas ce pas cela la solution ?

Tout d'abord, il existe plusieurs raisons pour lesquelles un élève est moyen au lycée. Un lycéen peut être moyen parce qu'il n'aime pas les études académiques. Si un lycéen ou un étudiant est dans cette situation, il ne doit pas se lancer dans de longues études, en ce cas les études courtes et professionnalisantes sont en effet une bonne solution.

Mais un lycéen peut aussi être moyen parce qu'il n'aime pas la pédagogie pratiquée au lycée, ou parce qu'il a connu une adolescence douloureuse ou encore parce qu'il a été obligé de s'engager par exemple dans un bac S, réputé ouvrir plus de portes, alors qu'il n'aime pas les maths. Dans ces derniers cas, un élève moyen au lycée peut très bien se révéler plus tard, y compris à l'université, et mener de belles études supérieures. C'est pourquoi il faut que les lycéens et étudiants s'informent le mieux possible avant de se déterminer. De même, comme les parents peuvent forcer un enfant à suivre la "voie royale" du bac S, ils peuvent le pousser à suivre des études supérieures dans un domaine qui ne plaît pas au principal intéressé. Il faut donc que les parents s'informent tout autant que leurs enfants sur les filières supérieures. Et d'ailleurs ils le font : les parents sont nettement plus engagés qu'avant et se rendent massivement dans les salons d'orientation.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par tubixray - 24/02/2014 - 08:54 - Signaler un abus Université = 75 % de déchet

    En arrondissant les chiffres: 1 étudiant sur 2 sort de la fac sans diplome et 1 étudiant diplomé sur 2 ne trouvera pas d'emploi à la mesure de son niveau d'études. Ces derniers sont issues des filières poubelles sciences humaines/sociales/lettres/ psycho .... Une honte nationale pour ces victimes de la république mais soyons rassurés ausun enfants d'enseignants ou d'élus dont les parents connaissent les bonnes filières !

  • Par la saucisse intello - 24/02/2014 - 08:59 - Signaler un abus Ca ne fait rien..................

    On manque cruellement de torché-mémées dans les maisons de retraite. Au moins, leurs études de psycho et de socio leur serviront à quelque chose ! Quarante cinq ans de travaux pratiques, si aprés ça ils ne trouvent pas de boulot, c'est à désespérer !

  • Par gliocyte - 24/02/2014 - 09:02 - Signaler un abus Question?

    Qui sont les étudiants qui s'inscrivent dans les filières " poubelles"? Origine? N'y a t-il pas de la part du système une volonté de préserver ces filières à tout prix, ce qui fait le bonheur d'étudiants étrangers qui obtiennent ainsi un visa pour venir étudier des disciplines qui sont désertées par les étudiants français? INSEE a t-elle des statistiques qui seraient disponibles mais non publiées car politiquement incorrectes?

  • Par prochain - 24/02/2014 - 09:14 - Signaler un abus Sciences dures sciences molles, comme les fromages

    Sciences Exactes maths physique informatique chimie...la sociologie etc... "science" molles, sciences humaines occupent beaucoup de monde coûtent cher et rapportent peu...les "postes" sont rares les déceptions nombreux. Le débat est ouvert.

  • Par Djib - 24/02/2014 - 10:01 - Signaler un abus la supercherie des "BAC + 5", "BAC + 7", "BAC+12" ...

    Personne ne pose à ceux qui accusent la société de ne pas faire la place qu'il convient à des "BAC + 5" ou plus, la question "BAC + 5 de quoi?", de peur de s'entendre répondre : "en sciences sociales", "arts vivant de la rue", "psychologie", "histoire". Autre supercherie, l'université camoufle des formations bidon, sans aucun débouché sauf pour ceux qui les dispensent, sous des intitulés pompeux.

  • Par sandhom - 24/02/2014 - 10:16 - Signaler un abus "Les entreprises devraient

    "Les entreprises devraient faire plus de communication". Communication détruite aussitôt par la communication d'un gvt dans sa chasse aux sorcières et son système éducatif par idéologie. N'a-t-il pas supprimé la formation dès 14 ans pour des gamins ne supportant pas les études académiques ?!

  • Par Thot7 - 24/02/2014 - 10:59 - Signaler un abus CQFD

    Il n'y a pas de travail, il faut bien que nos jeunes fassent quelque chose. Le bac ne vaut plus rien, les fac sont remplies d'éléments qui n'ont pas le niveau requis mais ils y traînent faute de mieux. C'est bien triste pour eux !

  • Par orthocratie - 24/02/2014 - 11:00 - Signaler un abus Cela s'est réellement passé

    A Bruxelles, un cousin recherchait pour son département en charge de la gestion des forêts européennes, à embaucher un jeune diplômé spécialisé dans le secteur forestier. Aussi rédigea-t-i une annonce dans ce sens, exigeant au minimum bac+5 : 3000 réponses ! Il passa une 2e annonce en demandant bac+8 : 1000 réponses ! Il rédigea enfin une 3e annonce, exigeant de l'expérience : 3 réponses...

  • Par orthocratie - 24/02/2014 - 11:03 - Signaler un abus Et si...

    ...on rétablissait le service militaire. Ça occuperait nos chers jeunes, ça leur donnerait peut-être aussi un peu de sens civique, et cela renforcerait la cohésion nationale. Exactement ce qui fait le plus défaut en ce moment !

  • Par René de Sévérac - 24/02/2014 - 11:41 - Signaler un abus Les catastrophiques bac+n

    @orthodoxie, que les bac+n sans talents ne soient pas employés, ce n'est pas grave. @tuibixray Université = 75 % de déchet; les 75% (non-diplômés) ont acquis un brin de culture ! Ce qui est grave, c'est leur présence dans l'encadrement moyen et surtout dans la fonction publique ou semi-publique ! Evidemment je n'évoque pas des diplômés de talent (ingénieurs, et autres) Comme dans la fonction publique (et plus, voir SNCF), l'embauche se fait sur critères de type "bac+n", outre que le seuil d'incompétente (Cf. principe de Peter) est vite atteint, mais à promotion sociale se trouve interdite : un individu intelligent non-diplômé n’accédera jamais à une fonction d'encadrement. Cette promotion sociale était la conséquence de la réussite de notre système ancien.

  • Par Bretzel.Liquide - 24/02/2014 - 12:30 - Signaler un abus C'est logique

    Le bac est devenu un permis de s'inscrire en fac. Or, il est obtenu par au moins 80% des lycéens dont une bonne partie (je l'ai constaté en tant qu'enseignant à la fac) ne sait ni lire ni écrire correctement, et souffre en plus d'une inculture tragique, comment s'étonner de cette situation? Ce qui est très grave c'est que après deux ou trois échecs entre 1ère et deuxième année, on dit à des gens qui ont le sentiment d'avoir fait dix ans d'études qu'ils sont bons à devenir vigile ou vide-pots dans une RPA. Comme personne n'aura le courage d'instituer une sorte de propédeutique éliminatoire avant l'entrée en fac, le problème ne fera que croître et embellir

  • Par vangog - 24/02/2014 - 13:06 - Signaler un abus Sciences humaines, sociales et politiques...

    rien que du productif! En plus, avec les profs gauchistes qui squattent les postes, elles vont être belles les têtes formatées de ces élèves...

  • Par mariejeanne419 - 24/02/2014 - 15:24 - Signaler un abus La France n'a jamais compté autant d'étudiants...

    Et pour cause..Il y a des africains qui ont 40 ans et qui ont des bourses pour étudier ? mais non , ils passent leur temps à dormir la journée et à faire la fête la nuit. En cours, on ne les connait pas. Ca inquiète qui ? Seulement les contribuables français qui sont ponctionnés une fois encore pour des glandus. Quand est-ce qu'on va renvoyer tout ce beau monde de l'autre côté de la Méditerranée ?

  • Par prochain - 24/02/2014 - 15:57 - Signaler un abus l'Etat a (?) le droit de proposer les filières selon ses besoin

    non selon les besoins et intérêts des corporations divers. l'Etat n'a pas besoin de 40 000 sauciologues / an, pour 25 postes, l'argent des constribuables n'est pas son argent. Intérêts partisans ou intérêt général question de choix pense Davidenkopf de France Info.

  • Par Stephan_Toulousain - 24/02/2014 - 17:35 - Signaler un abus Tant qu'on n'a pas droit au RMI, il faut rester étudiant

    Réduction étudiant - SS étudiant- parfois bourses et logement c'est un bon statut pour un chômeur choix du secteur : la liste est farfelue. En fait ce n'est pas facile lorsqu'on se trouve dans un pays en récession

  • Par François Homeland - 24/02/2014 - 18:41 - Signaler un abus Il faut rétablir la sélection à tous les niveaux

    et mettre fin au désastre consistant à laisser 25 % d'élèves ne maîtrisant pas les fondamentaux "Lire, Ecrire, Compter" à la sortie de l'Ecole Primaire accéder au collège unique qui est un véritable suicide pédagogique. Il faut revaloriser la filière de l'apprentissage sur le modèle allemand pour permettre à des jeunes qui n'ont pas la capacité de viser plus haut d'avoir entre les mains un véritable métier qui leur permettra de gagner leur vie en leur donnant une véritable qualification professionnelle. Moins de "bacheliers", davantage d'artisans, de commerçants, de techniciens, permettront à la France de faire baisser son taux de chômage lié aux "jeunes sans qualification" ou aux "surdiplômés" sans avenir...

  • Par la saucisse intello - 24/02/2014 - 19:00 - Signaler un abus @ René de Séverac............

    Mon fils est un bac+4. ISTELI de Villette d'Anthon (38). Ceci aprés un bac "S" avec mention. Il a été recruté par la S.N.C.F il y a huit ans. Le système de recrutement se déroulait alors en une succession de tests et d'entretien dont CHAQUE PHASE est éliminatoire. Deux choses certaines : Quatorze candidats (avec étude préalable des dossiers bien entendu) au départ. DEUX à l'arrivée. Précision : Ni lui ni le garçon retenu comme lui ne sont fils de cheminots. Même pas apparentés. Par contre, dans l'entreprise importante qui m'employait dans les années 80, il avait effectivement été décidé d'un niveau "plancher" : Le B.T.S. Peu importait lequel. Le D.R.H avait calculé que quand on possédait ce diplôme, on était capable d'assimiler ce que demandait l'entreprise. Je ne vous raconte pas la suite, vous la devinez !

  • Par rmgl - 24/02/2014 - 19:53 - Signaler un abus malheureusement les étudiants

    malheureusement les étudiants font les études qu’on veut bien leur présenter. Nous n’avons aucune prévision à leur proposer sur l’avenir, car nous ne voulons pas nous fouler le cerveau. Personnellement, et j’en suis fier, sans orgueil aucun, j’ai crée un métier et des gens se sont lancés dans la branche. Voilà ou veulent aller les étudiants, là ou il y a un débouché. Dans un travail, le plaisir et goût s’installent à partir du moment ou on veut aller de l’avant et non rester sur place. Je parle de PME/PMI. Il n’y a pas que les écoles d’ingénieurs pour garantir une paie convenable.

  • Par jean fume - 24/02/2014 - 20:26 - Signaler un abus User ses fonds de pantalons sur les bancs de la fac,

    a toujours été un moyen, sinon une finalité, pour certains. Surtout pour ceux qui ne savent pas quoi faire de leur existence ! Et qui ne sont pas pressés d'y trouver un remède.

  • Par durnak - 24/02/2014 - 22:01 - Signaler un abus Les désirs, le marché et la planque

    A la fac (j'ai déjà donné), on peut faire des études selon ses désirs, même si celà ne mène à rien, mais sur des sujets qui permettent de parler dans les dîners. On peut faire des études sérieuses et ciblées en fonction de la demande, et finir par trouver un premier job à la sortie. Après, la trajectoire dépend de la valeur que l'intéressé saura montrer. On peut aussi y rester planqué pendant des années, en bénéficiant de la sécu, de combines appelées "aides" etc... Comment se répartissent les étudiants mentionnés dans l'article : mystère... Accordons le bénéfice du doute

  • Par ignace - 24/02/2014 - 23:18 - Signaler un abus saucisse intello..voulez vous bien m'eclairer sur le fait

    que quand vous parlez de vous, de votre réussite, de votre famille, de votre fils, de votre père, vous êtes très satisfait (ce qui se comprend) et quand il s'agit des autres vous prenez tout le monde pour de la merde...est ce bien dosé pour un retraité qui a travaillé comme tout le monde, réussi (bravo) et profite de sa retraite(normal) payée par ceux qui travaillent encore ....je n'en fait pas partie , je suis également a la retraite et vit correctement des versements assurés par les actifs

  • Par opinion - 25/02/2014 - 01:28 - Signaler un abus recherche médecins

    Il y a du potentiel parmis les aspirants étudiants mais peu d élus. Trouver un généraliste aujourdhui n est pas facile (quand aux spécialistes...). Il me semble qu il y a environ 40% des médecins qui sont victimes d un burn out. Il n est pas rare qu un generaliste termine à 22 h quotidiennement. Comme les médecins son chapeautés par la sécurité sociale qui veut le moins de médecins possibles (car autant de remboursements) cette filière reste bloquée. Et ce n est pas parce qu on est excellent en maths qu on fera un médecin humain et intelligent (surtout si le médecin est persuadé de ne pas appartenir à l espèce humaine)

  • Par la saucisse intello - 25/02/2014 - 16:08 - Signaler un abus @ Ignace...............

    Trés simple, excellent Ignace : Je ne suis pas modeste parce que je n'ai aucune raison de l'être.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Emmanuel Davidenkoff

Emmanuel Davidenkoff est directeur de publication de l'Etudiant et chroniqueur à France Info. Il a également publié de nombreux livre traitant du système scolaire et universitaire français notamment Lycée tome 1 et 2 aux éditions Jacob Duvernet/Balland et Peut-on encore changer l'école ? aux éditions Hachette. 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€