Convergence
Fiscalité : le vrai-faux
modèle allemand
La Cour des comptes examine la convergence fiscale franco-allemande. Les Français sont-ils vraiment prêts à en accepter les sacrifices ?
La Cour des Comptes, qui nous a déjà fourni un rapport 2011 assez gratiné, nous offrira vendredi 4 mars son analyse sur la convergence fiscale franco-allemande réclamée par Nicolas Sarkozy le 21 juillet 2010 dernier. L'idée officielle est d'aligner la fiscalité française sur l'allemande pour améliorer la compétitivité du pays.
Avant que ce rapport, qui sera épluché par la presse et les politiciens, ne soit glissé sous une armoire ministérielle pour la caler, on imagine bien qu'il va présenter une comparaison millimétrée des deux systèmes fiscaux. Travail titanesque s'il en est que d'étudier des milliers d'articles écrits en tout petit sur papier bible des deux côtés du Rhin, mais on peut déjà, sans l'avoir lu, brosser les tendances de cette étude sans trop se risquer.
Des mesures impopulaires
On sait ainsi que le niveau de prélèvements obligatoires était en 2008 de 42,8% du PIB en France et de 39,5% en Allemagne, et que le taux de dépenses publiques y était inférieur de 8 points. On voit déjà la somme d'efforts à faire pour aligner la France : diminuer d'au moins un point de PIB les cotisations sociales qui pèsent sur les entreprises, de plus de trois points celles qui s'abattent sur le patrimoine, réduire d'au moins 10% l'impôt sur les sociétés, ...
Comme on le voit, aucune de ces mesures ne sera populaire.
En réalité, cette convergence, bien que souhaitable économiquement, est un pur pari politique pour Nicolas Sarkozy qui voit sa popularité visiter les catacombes républicaines à mesure que la dette du pays explose, les déficits sociaux s'accumulent et le chômage grimpe : si elle est lancée, rien ne garantit que ses effets se feront sentir avant les élections de 2012, mais tout montre que les premières gagnantes d'une telle convergence seraient les entreprises et ceux qui les possèdent.
Or, et c'est la majeure différence entre les deux pays, les Français ne sont pas prêts à concéder, en pleine crise, la moindre latitude à ceux qu'ils considèrent comme riches. Même si ces entreprises convertiront ensuite cette latitude en emplois, en hausses de salaires, en amélioration de leur situation, le biais socialiste est si fort en France que l'on préférera nous rejouer une lutte des classes poussiéreuse et des histoires à la graine de Germinal plutôt qu'admettre que seules les entreprises créent de l'emploi et qu'il est impératif de les choyer.
D'ailleurs, il n'est qu'à constater les cris d'orfraie et les grincements de dents cycliques, tant chez quelques députés de la majorité que chez tous ceux de l'opposition, dans une majorité écrasante de la presse, et dans les sondages dès qu'on évoque la suppression de l'ISF, impôt pourtant disparu partout ailleurs en Europe, conjointe à celle du bouclier fiscal, pour comprendre que seul le minimum sera toléré en matière de réduction des ponctions fiscales vexatoires qui s'abattent en France sur l'appareil productif.
En réalité, ce que montrent ces gesticulations qui n'aboutiront probablement à rien de concret, c'est que tout le monde a conscience que l'Europe permet une mise en concurrence de ses systèmes fiscaux et que la France sort perdante face à l'Allemagne.
Des différences sociétales
Malheureusement, tant pour Nicolas Sarkozy que pour l'ensemble des Français, les écarts France - Allemagne ne sont pas que fiscaux. Ils sont surtout sociétaux.
Le modèle allemand, issu d'une longue tradition protestante, est ouvertement basé sur l'enrichissement personnel par le travail. Là-bas, capitaliste ou libéral ne sont pas des insultes. Y travailler plus de 35 heures n'est pas un scandale et même les syndicats visent à sauvegarder l'entreprise avant de défendre leurs intérêts politiques spécifiques.
Le modèle français de son côté est jacobin assumé et collectiviste en diable, et place avant tout l'accent sur la protection sociale à tout prix et la solidarité forcée, égalitariste et universelle, dont les taxes, ponctions et impôts sont les vecteurs.
Toute réforme fiscale qui oubliera cette différence fondamentale est d'avance vouée à l'échec ou, pire, aux compromis nanométriques qui la dilueront jusqu'à sa totale innocuité.
Hash Table
H16 tient le blog Hashtable.
Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".


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Vous dites :
"Le soucis c'est que les non-salariés contribuent à 53H dans cette moyenne."
Parce que dans les autres pays Européens, les indépendants de toutes sortes ne travaillent pas plus que les salariés ?
Quant au livre de Zoé Shepard, il a le mérite de donner certaines vérités, mais l'inconvénient de faire croire que les maux de la France se résument à improductivité de certains...
@SPeudomyne
En moyenne les français travaillent 41H/Semaine (Eurostat/IFRAP), ce qui correspond à la moyenne européenne.
Le soucis c'est que les non-salariés contribuent à 53H dans cette moyenne.
Il y a donc des gens sous pression qui travaillent pour que d'autres se la coule douce (cf. Zoé Shepard).
http://www.ifrap.org/Le-sous-travail-dans-le-secteur-public-et-parapublic,11935.html
"diminuer d'au moins un point de PIB les cotisations sociales qui pèsent sur les entreprises, de plus de trois points celles qui s'abattent sur le patrimoine, réduire d'au moins 10% l'impôt sur les sociétés, ...
Comme on le voit, aucune de ces mesures ne sera populaire."
Vous dites qu'il va falloir diminuer les impôts et que ça sera impopulaire?
C'est marrant au demeurant je ne rencontre que :
Des gens à temps partiels (20-25H/semaine)
Des gens à 35 mais qui en font plus et non payées.
Des gens annualisés 35H qui font entre 30 et 45 heures pour le bonheur de l'entreprise qui limite l'intérim en saison.
Des gens au forfait, soit bien plus de 35 heures.
Finalement les Français crient au scandale des 35H parce qu'ils ne les font pas ?
Comme toujours avec h16 un ton excellent!
Vouloir entamer une enième réforme imparfaite qui sera une suite ininterrompue de compromis divers et variés pour faire plaisir à tout le monde et ne mécontenter personne....
Si il avait voulu réformer comme le dit Sheldon, il l'aurait fat en 2007 quand il avait 60% des français avec lui..Maintenant c'est trop tard.
Pour ma première connexion sur votre site, je ne suis pas déçu.Bon courage.
On nous serine toujours la même plaisanterie sur la compétitivité.
Les Allemands vendent principalement deux catégories de produits :les bagnoles haut de gamme, nous des Dacias merdiques et des machines outils performantes. Nous, nous ne fabriquons même plus un tournevis. Pour redevenir compétitifs une seule solution ramener les salaires au niveau des salaires chinois. A votre santé.
« même les syndicats visent à sauvegarder l'entreprise avant de défendre leurs intérêts politiques spécifiques »
Et même les actionnaires s’accommodent que les employés aient de droit une forte part des sièges au conseil d’administration de leurs entreprises.
Toute comparaison des deux systèmes qui oubliera cette différence fondamentale est d'avance vouée à la superficialité.
« seules les entreprises créent de l'emploi et qu'il est impératif de les choyer »
Ben tiens. Heureusement que l’État et les association à but non lucratif n’existent pas. La vie est belle chez les monétaristes bornés. (remarquez que je ne critique pas les libéraux ni les capitalistes, vu que nous le sommes tous — au moins autant que « socialistes » d’après l’auteur de l’article —)
Votre site me plait bien, ça change... bonne chance, j'ais whitelisté votre site sur mon logiciel anti-pub
L'Allemagne n'est pas la France, alors cessons de vouloir absolument appliquer le modèle allemand à la France. Toujours est-il que l'ISF fait perdre chaque année 60 millards (estimation basse) rien qu'en capitaux fuyant vers l'étranger, alors qu'il n'en rapporte que 2,8, mais qu'importe, entêtons nous, pas de cadeaux pour les "riches", et ce même si l'économie du pays doit en pâtir !
J'espère que l'on ne croit pas que l'on va avec la convergence fiscale pouvoir aller vers un même modèle éco. La France est condamnée jusqu'à sa faillite à son modèle social qui est un mille feuilles "d'avantages acquis". Dans peu de temps elle risque d'être ce que devient Marseille : repoussoir économique. Sarkozy n'a pas voulu faire les vraies réformes , il aurait pu en 2007. Dommage
Donc la réussite allemande viendrait du règne de "l'esprit du capitalisme/éthique protestante" ? Mieux vaut citer Weber quand on s'en inspire (mal), monsieur h16...
Oh, et puis laissons de coté le fait que l'Allemagne est aussi un pays en partie catholique et que la tradition sociale-démocrate voire marxiste y est très forte. Bref, en bon libéraux, laissons la réalité de coté, hein ? :)
C'est rafraîchissant, on commençait vraiment a tourner en rond avec tous ces journaux aseptisés qui répètent docilement la sainte parole étatique. Le plus drôle c'est de voir les lobbyistes du net prendre la peine de créer un profile pour venir dénigrer le journal, l'article ou l'auteur, on comprend tout de suite que le rouleau compresseur de la bienpensance est en marche. C'est bon signe, ca sent la peur, la perte de contrôle, le Kadhafi en fin de règne. Vous pouvez me compter parmi vos lecteurs et j’espère que nous serons très nombreux. Je vais même rajouter altantico dans ma whitelist pour les pubs, fait unique.
Comme si la vision des français était juste.
Il y a peut être qqch à changer de ce côté là aussi, non ?
Est-ce qu'on rends vraiment service aux gens en accusant de satanisme tous les patrons, et en entretenant cet état d'esprit selon lequel il suffit de mettre les pieds sous la table, et que l'Etat se charge d'assurer un salaire et pouvoir d'achat. Le Président protecteur est tombé dans le piège.
Les francais finiront par tuer la poule aux oeufs d'or, a force de torturer les createurs d'emploi et de richesse.
autre solution les autres nous copient et le monde devient uniforme le rêve ...
Par exemple, dans de nombreuses grosses sociétés allemandes, les 35 ou 36 heures étaient appliquées largement avant la France, avec un système de pointage même pour les cadres sup.
La compétitivité de l'Allemagne repose sur bien d'autres éléments que sont modèle fiscal, et pour avoir connu les deux, "globalement", il n'est pas plus léger que le français (par exemple pas de bouclier fiscal)
Etrange quand on compare la France à l'Allemagne, qu'on oublie trois facteurs :
- le poids très fort des syndicats
- le fait qu'un certain nombre de prélèvements "obligatoires" sont privatisés, via les mutuelles et les fonds de retraites d'entreprise, et n'entrent pas dans les 39%
- la réalité d'un état fédéral où les avantages se négocient par Land et par entreprise ou par fédération.
Ce texte est un répétitif habituel et d'une récurrence stupide eu égard au sujet traité : cela eu mérité une analyse plus fine, plutôt que de se contenter d'un prêchi-prêcha droitier et d'une anathémisation des pensées de gauche.
Trop partisan et "étroit" pour être intéressant.
De plus l'anonymat ne garanti pas une honnêteté (intellectuelle) sans faille. On sent trop que l'on défend son "bifteck".
Puisque la mode est de s'inspirer du modèle allemand, alors faisons comme eux : augmentons les salaires et retraites sinon on finira par copier les tunisiens, égyptiens etc etc...