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Et si Ebola arrivait en France : quel plan d’urgence, quelles conséquences ?

Face à l'ampleur de l'actuelle épidémie Ebola en Afrique, le risque de propagation du virus hors d'Afrique devient de plus en plus sérieux. En France, ce risque est pris au sérieux par les autorités qui disposent, pour l'heure, des moyens nécessaires pour faire face à l'arrivée du virus dans le pays.

Scénario catastrophe

Publié le - Mis à jour le 1 Août 2014
Et si Ebola arrivait en France : quel plan d’urgence, quelles conséquences ?

Le risque de propagation du virus hors d'Afrique devient de plus en plus sérieux Crédit REUTERS/Department of Health/Handout

Atlantico : Quel dispositif d'urgence mettre en place si le virus Ebola venait à toucher la France ? Quels en seraient les modalités concrètes en termes de moyens logistiques et financiers ?

Natalie Maroun : La gestion des crises sanitaires en France est très élaborée, construite sur plusieurs niveaux : au niveau municipal, de l'ARS (Agence régionale de santé), et au niveau national. 

En termes logistiques et financiers, cela ressemblerait à ce qui peut être mis en place dans le cadre de pandémies ou d'épidémies.

Avec Ebola cependant, il y a peu de chances pour que nous nous dirigions rapidement vers l'épidémie au regard du mode de contamination.

Dans le cas d'Ebola, il convient donc de mettre en place des mesures d'urgence qui vont consister à prendre en charge le suivi des personnes atteintes du virus, ainsi que des mesures visant à éviter la contamination. Concernant ce dernier dispositif visant à éviter la contamination donc, il convient d'isoler un foyer, constitué dans le cas d'Ebola par des personnes ayant séjourné en Afrique et qui ont été contaminées. Le problème avec Ebola, mais également avec d'autres virus, c'est que le porteur ne le sait pas ; dans ce cas, le dispositif peine à pouvoir se mettre en place. Dans la mesure où il n'existe pas de traitement préventif, il convient donc en priorité de surveiller, prévenir, et isoler dans certains cas des personnes pouvant présenter un risque.

François Bricaire : Depuis déjà plusieurs années, il existe un système assez global de lutte contre les maladies émergentes et qui comporte, entre autre, les potentialités de lutte contre les fièvres hémoragiques africaines auxquelles est apparenté le virus Ebola. Une organisation de la part des pouvoirs publics existe donc, avec des structures hospitalières susceptibles d'accueillir les malades. 

Une difficulté demeure néanmoins en France : les laboratoires de biologie, au sens biochimique, rechignent un petit peu à techniquer les prélèvements. De ce fait, les autorités ont souhaité qu'il y ait un très haut degré de protection avec un appareillage très sophistiqué qui, malheuresement, n'est pas à disposition dans nos structures hospitalières. En dehors de cela, le système est mis en place pour que si un individu porteur venait à être repéré aux aéroports ou ailleurs sur le territoire, celui-ci soit transféré vers des structures hospitalières via le Samu dans les services de maladies infectieuses ou dans des cellules d'isolement comme celles de Bichat ou de la Pitié-Salpêtrière pour l'Ile-de-France. 

Quel plan de communication mettre en oeuvre auprès de la population si le virus arrivait en France ? Quels en seraient les différentes étapes ? Quelles précautions particulières adresser par les pouvoirs publics à la population ?

Natalie Maroun : La communication doit surtout concerner les personnes à risque. Une telle communication présente plusieurs avantages comme celui d'éviter que la panique soit semée, ce que peut provoquer la mise en place d'un plan d'urgence national étendu. Une erreur à éviter consisterait à décrire uniquement, dans ce plan de communication, les symptômes du virus Ebola dans la mesure où ceux-ci peuvent s'apparenter à des symptômes grippaux ; il s'agit donc là d'éviter de faire de la surinterprétation de maux bénings. 

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 30/07/2014 - 08:52 - Signaler un abus Feu d'Artifice

    Avec une période d'incubation assez longue (10 à 21 jours), il semble inévitable que des cas vont bientôt apparaître en France et en Europe. La bonne nouvelle, c'est qu'il semblerait que la maladie ne soit pas contagieuse pendant la période d'incubation, mais ensuite ! La sueur et les humeurs ! Allons-nous assister à un magnifique ''Feu d'Artifice'' ? Le médecin chef virologue dans un pays africain vient d'en mourir.

  • Par Le gorille - 30/07/2014 - 09:45 - Signaler un abus Eh là !

    Pas si vite ! Nous ne sommes pas au cinéma. Faisons d'abord confiance au dépistage : la maîtrise de la contamination commence par là. Le reste, laissons les médecins travailler, sinon, Ganesha, vous l'aurez votre feu d'artifice : la panique !

  • Par Le gorille - 30/07/2014 - 09:50 - Signaler un abus Virus

    J'ai eu l'occasion de voir le service de santé à l'oeuvre pour lutter contre une pandémie (mondiale donc) dans ma région. Ce n'était pas Ebola, c'est vrai, mais le virus concerné faisait très peur quand même. Les opérations de dépistage étaient très lourdes, mais au final, la pandémie n'a pas sévi localement. Alors, pouvez-vous croire que les médecins savent faire ?...

  • Par Anguerrand - 30/07/2014 - 12:49 - Signaler un abus Les français retrouvent des maladies disparues

    sous nos cieux. Avec l'immigration nous voyons donc ces maladies réapparaître alors que les vaccins ne sont plus obligatoires. Mais " grâce " à cette immigration non maîtrisée on a le plaisir de s'y confronter de nouveau. Sans doute dans le cadre de l'enrichissement qu'apporte les " civilisations" africaines. Mais voilà maintenant de terribles maladies comme ébola apparaissent, elle se transmet quand l'homme mange du singe principalement!

  • Par ISABLEUE - 30/07/2014 - 14:09 - Signaler un abus Ebola

    Le gorille : non les medecins ne savent pas faire... on ne guérit pas de ce virus. D'ici là que ça donne des idées à quelques illuminés, tous aux abris !

  • Par Ganesha - 30/07/2014 - 22:23 - Signaler un abus Peste

    La bonne nouvelle, c'est que dans les pays africains, l'épidémie ne progresse pas très rapidement : quelques centaines de morts seulement... Où sinon, comme il s'agit d'un virus contre lequel aucun antiviral ne semble efficace, nous sommes aussi démunis devant cette maladie que face à la Peste au Moyen-Age !

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François Bricaire

François Bricaire est un médecin. Il est chef du service Maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Il est professeur à l'Université Paris VI-Pierre et Marie Curie.

 

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Natalie Maroun

Natalie Maroun est directrice-conseil et analyste chez Heiderich Consultants, spécialisée dans la gestion et la communication de crise. Elle travaille également pour l'Observatoire international des crises (OIC). 

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