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Ces nouveaux enjeux de sécurité nés avec le développement des drones

Un drone a été aperçu volant au-dessus de l’Élysée. Aussitôt vu, il a disparu. Face à l'arrivé de nouvelles technologies, les forces publiques connaissent toujours un temps de latence.

Menace qui plane

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Ces nouveaux enjeux de sécurité nés avec le développement des drones

Un drone a survolé le palais de l'Elysée dans la nuit de jeudi à vendredi. Crédit Reuters

Atlantico : Un drone a survolé le palais de l'Elysée dans la nuit de jeudi à vendredi. Immédiatement repéré, il s'est tout aussi vite éloigné. Ce type d'appareil constitue-t-il une menace pour le président de la République, et par extension, pour d'autres personnalités ?

Eric Denécé : Tout dépend de la nature de ce drone : portait-il un appareil photo, des explosifs ? En l'occurrence les informations dont nous disposons sont maigres. Ce type de problème est récent, il en a beaucoup été question lorsque des centrales ont été survolées par de petits drones civils, dont on n'a jamais pu trouver les propriétaires. Ce qui s'est produit est inquiétant dans la mesure où ne sommes pas armés sur les plans concret ni législatif pour y faire face. Les policiers, les gendarmes protégeant ces sites stratégiques ne disposent guère de procédures ni de moyens pour lutter contre ces petits appareils qui peuvent s'acheter un peu partout.

Ces drones peuvent-ils causer d'importants dommages s'ils sont chargés d'explosifs ?

En effet, un tel risque avait été soulevé au sujet des centrales nucléaires, notamment au sujet des circuits de refroidissement. Mais les drones capables de porter des charges suffisamment puissantes ne sont pas aussi répandus qu'on le pense. Il est normal d'anticiper les risques, mais bien souvent, nous jouons à nous  faire peur. En revanche, un petit drone avec quelques kilos d’explosifs pourrait tout à fait être utilisé pour un attentat contre les hautes autorités de l’Etat.

Plus globalement, quelles sont les menaces liées aux nouvelles technologies qui pèsent sur notre sécurité ?

Parmi les nouvelles technologies, il s'en trouve très peu, pour ne pas dire aucune, qui laisse les pouvoirs publics démunis. Toutefois, ces derniers mettent toujours un temps à s’adapter, car ils doivent élaborer des procédures, choisir des équipements, former des hommes, obtenir des budgets, des autorisations…. Cela laisse toujours quelques temps d’avance aux contrevenants…. mais les forces de sécurité s’adaptent toujours après ce temps de latence.

Les drones civils posent un problème aujourd'hui, certes, mais un problème qui trouvera forcément une réponse. A l'arrivée des smartphones il a fallu un petit peu de temps aux services de renseignement pour les décrypter, et s'adapter successivement à la 2G, la 3G, la 4G…  Les modèles se sont miniaturisées et modernisées mais depuis la guerre en Irak il s'agit d'une menace que nous savons mieux gérer (détection, brouillage, neutralisation). Et bien entendu il y a les attaques cybernétiques, mais là aussi des parades existent. D'ailleurs ceux qui sont aujourd’hui les plus avancés en la matière, ce sont les Etats (USA, Israël, Chine, Iran, Corée du Nord, etc.). De même, ceux qui passent le plus de temps à nous écouter, et qui captent tout, ce sont les Etats et leurs agences, au premier rang desquelles la NSA américaines.

 
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Eric Denécé

Eric Denécé, docteur ès Science Politique, habilité à diriger des recherches, est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).

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