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Zone franche

Publié le 31 août 2011

Délinquance :
y a-t-il une idée neuve dans la salle ?

La gauche se veut désormais aussi martialement incompétente que la droite sur le terrain de la délinquance. Pas très réconfortant.

 
A la Rochelle : "Venez les amis, on va montrer notre nouveau Karcher à François !"

A la Rochelle : "Venez les amis, on va montrer notre nouveau Karcher à François !" Crédit Regis Duvignau / Reuters

Le débat sur la délinquance ou, plus précisément, le débat sur la manière de juguler la délinquance, c’est un peu comme le débat sur les finances publiques. Il y a la formule magique de gauche (la « prévention », corollaire d’une bonne vieille hausse des impôts), et la formule magique de droite (la « répression », pendant d’une baisse indiscriminée des dépenses).

Inutile de préciser que, sur un dossier comme sur l’autre, alternance après alternance, l’amélioration tarde à se faire sentir…

Des deux camps, la gauche a tout de même la plus belle marge de progression. Elle vient ainsi de découvrir que la criminalité n’était pas qu’un fantasme pour électeur du FN amateur de journal de 20 heures sur TF1 et s’avoue très tentée par une pincée d’approche droitière.

Prenez Ségolène Royal, Manuel Valls et Martine Aubry, par exemple : ils sonnent désormais tellement martiaux qu’on est à deux doigts de les saluer en hurlant  « Yes Sir Yes ! » comme dans « Full Metal Jacket » lorsqu’ils détaillent leur cocktail prévento-répressif...

La droite, elle, serait plutôt dans l’illustration du principe de Peter qui pose que, promotion après promotion, on finit toujours par atteindre son seuil d’incompétence. Et de la place Beauvau à l’Élysée, on ne peut pas dire que l’ami Sarkozy ait fait des étincelles sur la question. Surtout si l’on habite Marseille.

« Nous mettrons des « policiers de proximité » partout, assurent les uns. De ces policiers sympas et ouverts qui, par leur seule présence et leur connaissance intime des quartiers, dissuaderont les braqueurs de casinos à kalachnikov de continuer à faire des bêtises ! »

« Tss… N’importe quoi, répliquent les autres, ce sont plutôt des « patrouilleurs » qu’il faut lâcher dans la nature. De ces policiers fermes et sans pitié qui, par leur seule présence et leur connaissance intime des quartiers, feront réfléchir à deux fois les agresseurs de vieilles dames ! »

250 000 policiers et gendarmes, jamais plus de 4 000 en service simultané selon la cour des Comptes

Tremblez, délinquants ! Manifestement, l’heure est à une certaine forme de consensus chez les politiques. Enfin, tremblez si vous n’avez pas entendu la cour de Comptes expliquer que si la France dispose du plus grand nombre de policiers/gendarmes d’Europe (250 000), elle n’en aligne guère que 4 000 à la fois sur l’ensemble du territoire à l’instant T… Alors ces 10 000 uniformes de plus, 10 000 uniformes de moins sur lesquels ergotent PS et UMP, l’œil rivé sur les sondages pré-présidentiels, on imagine la différence qu’ils feront.

On se prend pourtant à rêver (mais c’est un peu comme avec les finances publiques, on sait bien qu’on finira par se réveiller déconfit) d’une harmonie bipartisane qui se ferait sur d’autres bases que le recyclage de vieilles idées ayant surtout fait la preuve de leur inefficacité.

Si Paris se révèle incapable de manager les effectifs d’une brigade marseillaise ou dijonnaise ― ce qui tombe sous le sens ―, n’est-il pas temps de sortir la police municipale de son purgatoire idéologique et d’en faire l’instrument local et pertinent de l’application de la loi ? Après tout, il n’y a qu’en France que le concept d’une police locale passe pour crypto-fasciste, même si c’est à Pétain que l’on doit sa disparition

Si une part croissante des violences contre les personnes est directement liée à un trafic de cannabis remplissant les coffres d’une mafia embryonnaire, n’est-il pas temps de reconsidérer la finalité d’une « guerre à la drogue » ingagnable  ? Et d’occuper nos « 4 000 policiers simultanés » à des tâches un peu plus nobles que la chasse au fumeur de pétard ?

L’échange par le PS de son angélisme contre un nettoyeur haute-pression n’est pas un phénomène très encourageant. Ou alors pas plus que l’incapacité de l’UMP à revisiter une doctrine sans impact : à force de remplacer un super-préfet marseillais par un autre à, on ne va pas finir par épuiser les stocks. Y aurait-il enfin une idée neuve dans la salle ?

 
Commentaires

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  • Par Aie - 31/08/2011 - 20:28 - Signaler un abus nouveauté au PS ?

    Non bien sur. Martine surf sur le sujet tout en étant aveugle sur les affaires Guérini. Il faut oublier ce parti qui est devenu le bouffon de la politique de gauche en France.

  • Par ANKOU - 31/08/2011 - 14:00 - Signaler un abus Le PS aurait abandonné le « discutons plutôt que de réprimer » ?

    Souvenez-vous du temps ou il disait qu'il fallait parler avec les jeunes, EUX, les jeunes ont bien rigolé lorsque les képis venaient jouer avec eux au babil ! Pendant de temps là, les grands frères étaient occupés ailleurs à piller !
    De plus, les communes de gôches qui ont des polices municipales ne leur donnent pas les moyens de travailler correctement en lui demandant de ne pas être sévère...

  • Par benj117 - 31/08/2011 - 13:27 - Signaler un abus assez d'accord avec Serraf!!

    Mais ou est le Karcher??? Ca, c'est la vraie question!!! Ce fameux karcher qui devait nous debarasser de toute cette racaille qui emmerde les gens à longueur de temps!!! Il a du le revendre à Kadhafi ou alors, il a echangé pour son nouvel avion!!

  • Par 93DTC - 31/08/2011 - 10:42 - Signaler un abus fonctionnaire en faction

    et la moitié des 4000 qui bossent sont sur les autoroutes au pied des radars ? sarko veut-il vraiment faire baisser l'insécurité ?

  • Par Karamba - 31/08/2011 - 08:45 - Signaler un abus RTT

    Mais que peuvent donc bien fabriquer les 246 000 représentants de l'ordre pendant que leurs 4000 collègues bossent?! C'est énorme ces statistiques, ça ne donne pas envie d'y croire tant c'est grotesque...

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste, écrivain et blogueur.

Aujourd'hui, éditorialiste à Atlantico, il est l'auteur de Petites exceptions françaises (Albin Michel, 2008) et de L'anti-manuel du cycliste urbain (Berg International, 2010).

 

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