Zone franche
Déficit : supprimons les niches fiscales de mon voisin de palier !
Tous les passe-droits fiscaux sont condamnables sauf les miens. Quel gouvernement aura enfin le courage d’en tirer les conséquences ?

Dans le showroom d'un constructeur de bateaux : "Et celui-ci, en l'achetant dans les DOM-TOM avec la plus-value réalisée sur la vente de votre résidence secondaire, vous contribuez au développement régional et vous déduisez un max..." Crédit Reuters
Les 486 niches fiscales officiellement recensées représentent, dit-on, un manque à gagner annuel pour l’État de 73 milliards d’euros ― soit la moitié du déficit budgétaire enregistré l’an dernier (148 milliards). Qu’on s’avise seulement de les supprimer et les agences de notation devront inventer le quintuple A à notre seul usage !
Cinq A : c’est vrai que ça fait rêver. La France rejoindrait alors l’andouillette au nirvana alphabétique, ce qui ne serait qu’un juste retour des choses maintenant que le repas gastronomique hexagonal est inscrit au patrimoine de l’humanité…
Hum, le problème avec la suppression radicale de niches aussi nombreuses, c’est qu’elle risque de mettre en colère un fameux paquet de gens. 486 catégories de Français au bas mot, pour ne rien dire de ceux d’entre nous qui bénéficient de deux ou plus de ces petites gâteries fiscales et seraient encore plus en rogne.
Les niches fiscales ? Une biosphère budgétaire...
Tiens, moi qui vous parle, je déduis chaque année 7 650 euros de mon revenu imposable au prétexte que les journalistes ont la capacité de faire plier n’importe quelle majorité à coup de plume sergent-major. Et l’an dernier, en changeant les fenêtres de mon appartement, mon discount supplémentaire a littéralement explosé celui que j’avais obtenu sur ma déclaration précédente en remplaçant ma chaudière…
L’an prochain, je m’achèterai peut-être une œuvre d’art ou deux. Ou un yacht dans les DOM-TOM. Ou des parts dans une SCI en loi Robien. Ou de l’assurance-vie… Je ne sais pas. J’hésite encore. 486 niches, c’est un peu comme le rayon céréales chez Auchan : on voudrait pouvoir tout emporter.
« Attention, s’exclameront les experts en optimisation fiscale, la gestion des ressources du pays, c’est un peu comme la biosphère. On retire un petit bidule anodin ici ou là, genre le taux de TVA réduit sur les tickets d’entrée chez Astérix, et c’est toute une écologie qui se casse la figure. Il y a les niches passives, les niches actives, les niches sociales, les crédits d’impôt, les abattements spéciaux… Bref, tout un tas de machins qui, s’ils ne servent pas à grand chose, mettent du baume au cœur de suffisamment d’électeurs pour qu’on ne remue pas trop le bateau à l’approche d’une présidentielle particulièrement disputée… »
Dont acte. Les niches fiscales, il faudrait les supprimer, tout le monde est d’accord à l’exception de tous les autres. On pourrait évidemment ne supprimer que celles qui ne rapportent vraiment rien à la collectivité, comme celles qui ne profitent qu’à mon voisin de palier et ma cousine Albertine, par exemple, et constituent un véritable scandale.
Courage politique
Ah, mais quel gouvernement aura le courage de s’y attaquer, à mon voisin de palier et à ma cousine Albertine, dont on connaît le légendaire pouvoir de nuisance ?!
Un gouvernement de droite ? Tu parles ! Mon voisin est chef d’entreprise et membre de l’UMP et c’est un risque qu’un Sarkozy ne voudra jamais courir… Un gouvernement de gauche ? Allons donc ! Ma cousine Albertine est responsable syndicale dans l’Éducation nationale et je vous garantis qu’elle ne laissera jamais passer une chose pareille !
Moi, en tout cas, je n’ai pas peur de le dire : celui qui décidera enfin de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière aura ma voix. Mais autrement, je me demande si je ne vais pas me remettre à payer ma femme de ménage et mon jardinier au noir avec cette politique de Gribouille sur la fiscalité des emplois à domicile…
Tss, ce gouvernement, franchement, c’est n’importe quoi...
Hugues Serraf
Hugues Serraf est journaliste, écrivain et blogueur.
Aujourd'hui, éditorialiste à Atlantico, il est l'auteur de Petites exceptions françaises (Albin Michel, 2008) et de L'anti-manuel du cycliste urbain (Berg International, 2010).


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d'accord avec vous!! Et meme pour les entreprises, petites ou grandes, le meme taux d'imposition, et tout le monde serait content! Et d'accord avec serraf pour la suppression de toutes les niches!!! La, on pourrait déjà un peu plus parler d'égalité!!!
Le seule impôt juste et qui respecte la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 c'est la Flat Tax. Un seul taux pour et un seul impôt pour tous.
Celui qui gagne 10 fois plus paie 10 fois plus. Point.
Chacun offre au pays exactement le même nombre de jours de son travail. Voilà l'égalité réelle !
Et les dépenses de l'état sont calculées à partir des recettes et non l'inverse !
Ce n'est pas avec des politiques de métier que l'on va avancer.
Il faut conserver les niches dont on sait que l'argent sauvegardé "par le ménage moyen" sera potentiellement réinjecté dans le circuit conso d'une manière ou d'une autre (exemple de la chaudière, des fenêtres, etc...).
Il faut supprimer toutes les autres. Genre œuvres d'art.
Encore mieux, conditionner ces niches à un revenu maximum.
Éviter à tout prix que l'argent sauvé ne dorme ou ne spécule.
sert à payer les intérêts de la dette antérieure à 2007
Il y a ceux qui ne paient pas du tout d'impôt.
Soit ils ne gagnent pas assez (?? + enfants...) et ceux qui ont beaucoup d'argent, immobilier : font des travaux , défiscalisent... et ne paient pas non plus d'impôt...
Les dindons de la farce : les français moyens... qui paient pour les autres, n'ont droit à rien, mais paient tout PLEIN POT;
Les RECETTES, pas les RETRAITES... :-)
Il serait temps de se pencher sur les dépenses de l'état, au lieu de se focaliser sur les retraites. Mais bon, le courage de nos politique étant ce qu'il est, il faudra attendre au mieux après les prochaines élections.
Il faut remettre toute la fiscalité à plat. Supprimer toutes les niches fiscales, intégrer tous les revenus (du travail, du capital) dans l'assiette de l'imposition, en contrepartie supprimer l'impôt sur le capital, revoir les tranches d'imposition et leurs taux (variable d'ajustement pour les politiques), supprimer les taux spéciaux de TVA et définir des règles pour affecter un taux à un produit.
Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.
ca commence par en vérifier la nécessité ....
Il reste à démontrer également que les niches fiscales, si nombreuses et si onéreuses telles que les exonérations de charge pour les "employeurs" bénificient effectivement à l'emploi.
Tant pis pour les hurlements, ce n'est pas l'impôt qui est trop élevé, mais la gestion des deniers publics qui est ubuesque ou courtelinesque, selon votre degré de colère.
@Zoédubato
Même si le taux d'imposition des riches est de 42% et celui des pauvres de 20% (ce qui reste à démontrer), il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Il est écrit quelque part: "chacun participe au fonctionnement de l'Etat dans la mesure de ses moyens".
Il ne s'agit pas ici du statut de la fonction publique ou de la l'emploi de l'impôt mais de la participation des citoyens.
@ifrj
Je valide votre message.
Il faut toute les supprimés (jusqu'au livret A !) comme ça tout le monde sera égal
et aussi bien sanctionné le travail au noir !
Je suis prêt à voté pour celui qui propose ça.
Ex :
1/ Le vrai taux d'imposition des riches est de 42% et celui des pauvres de 20% . L'émetteur a changé de référentiel en cours d'étude
2/ L' IGF n'a pas chiffré le transfert au budget de l'Etat de la suppression de niches (arrêt déduction fiscale employés à domicile ==> fin d'emploi ==> inscription au chômage ou au RSA)
3/ Pas de rapport sur les 200 milliards de niches de la Fonction Public
Tout à fait d'accord avec Mr Serraf ; celui qui supprime toutes les niches fiscales je dis bien TOUTE je vote pour même si c'est Mélenchon. Et pourtant je fais parti de ceux qui en profite actuellement. Par contre il faut que le travail au noir et autres magouille soient très sévèrement réprimés (pour les employeurs mais aussi pour les employés cf la mafia des nounous sur Paris IDF.....)
moi aussi ce sont les niches fiscales de mon voisin qui me paraissent "peu efficaces" car elles ne baissent pas mes impots.
une niche sociale : la garantie de ne pas etre licencié au dela de 50 ans et de partir avec une retraite calculé sur ses dernieres annees de traitement. Bizaremment même a droite personne n'en parle ....
y a combien d'anciens salariés du privé parmi les députés ?
comptez .