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Le conflit israélo-palestinien ré-expliqué en 5 FAITS à l’attention des excités en tout genre

Crimes de guerre, attaques abusives, influence de Téhéran dans le déclenchement des hostilités... Le conflit actuel entre Tsahal et le Hamas donne lieu à toutes les théories et exagérations possibles, que ce soit chez les pro-palestiniens ou les pro-israéliens. Petite analyse à froid de ce qui se passe réellement.

Pour mémoire

Publié le - Mis à jour le 1 Août 2014
Le conflit israélo-palestinien ré-expliqué en 5 FAITS à l’attention des excités en tout genre

Les bombardements sur la bande de Gaza se poursuivent  Crédit REUTERS/Ronen Zvulun

La rédaction d'Atlantico a rassemblé 5 faits relatifs au conflit actuel entre l'armée israélienne et le Hamas dans la bande de Gaza, susceptibles de générer des polémiques. Cette liste a été soumise à l'apprécation du géopolitologue Frédéric Encel, pour tenter de démêler le vrai du faux.

 

L’enchaînement d’événements avant l’affrontement actuel

Frédéric Encel : On aurait tort de croire que l'assassinat des trois ados israéliens fin juin, ou celui de l'ado palestinien quelques jours après, a enclenché le conflit. En réalité, depuis début 2014, plusieurs dizaines de roquettes étaient tombées sur Israël.

A chaque fois, Tsahal ripostait, en l'occurrence en abattant un chef militaire de l'organisation islamiste (juin). D'où contre-riposte du Hamas, etc, etc. La grave décision d'intervenir au sol n'est intervenue qu'une semaine après le déclenchement du vrai duel missiles/bombardements, lorsque le Hamas a refusé le cessez-le feu proposé par l'Egypte. Au fond, la lutte Israël-Hamas n'a jamais tout à fait cessé depuis la création en 1988 de ce dernier.

L’attitude d’Israël au cours de l’affrontement, ayant donné lieu à des accusations de crime de guerre

Pour qu'un crime de guerre soit établi, il ne "suffit" pas que des civils meurent durant un conflit, il faut qu'il y ait eu intentionnalité de les tuer. Du côté israélien, ce sera très difficile de le démonter ; d'abord parce que l'Etat juif avertit presque systématiquement par sms, tracts ou médias radio et tv de l'imminence de frappes - ce qui, du reste, ne protège pas nécessairement -, ensuite parce que le Hamas utilise tout aussi systématiquement les civils palestiniens comme boucliers, notamment dans les écoles et les hôpitaux, ce qui s'appelle en droit de la guerre un... crime de guerre. En outre, les missiles et roquettes visent les villes et villages d'Israël et non ses bases. Bref : comme à l'époque du rapport Goldstone en 2009, si le Conseil des Droits de l'homme stigmatise Israël - ce qui est parfaitement possible - il devra en faire de même pour son adversaire. Sans quoi il paraîtra déséquilibré et sera unanimement rejeté par le Conseil de sécurité. Car à la fin des fins, il y a certes disproportion quantitative dans l'emploi des armes et en nombre de victimes en faveur du "fort", Israël, mais qualitativement, ce sont tout de même aussi des civils que le "faible" tente prioritairement de frapper.

Les organes d’information de la région, et le nombre réel de morts

Vous savez, l'objectivité, surtout en temps de guerre... Les ONG humanitaires présentes sur le terrain, ainsi que les reporters pour la plupart, sont tout à fait dignes de foi et de crédit. Les Israéliens, eux, ne peuvent pas connaître précisément le nombre de Palestiniens tués, sauf approximativement celui des combattants, et s'abstiennent d'ailleurs de présenter des chiffres. Leurs drones filment beaucoup, mais Israël fournit-il toutes les données récupérées ? Sans doute pas. Quant au Hamas, il n'a aucune crédibilité. Au terme du conflit, il reviendra à l'ONU d'établir précisément ce qui s'est passé au jour le jour. 

L’utilisation par Israël de bombes à fléchettes inadaptées au combat en zone urbaine

Si c'était le cas, il s'agirait d'une première, et de mauvais augure. Car Tsahal n'a pas besoin d'employer des armes prohibées par les conventions de Genève, tant sa puissance conventionnelle est redoutable. L'armée israélienne possède deux fers de lance : ses aéronefs (avions, hélicoptères, drones) et ses blindés lourds, les Markava. En revanche, ses capacités balistiques sont assez réduites, excepté bien entendu le nucléaire. Dans une géographie urbaine extrêmement dense comme celle de Gaza, et sur un sol aussi sablonneux, Tsahal rencontre le piège classique des armées puissantes opposées aux guérillas urbaines déterminées. Sachant que cette fois, la quantité et la modernité des tunnels creusés depuis Gaza jusqu'aux villages israéliens voisins a surpris l'armée et le gouvernement, un peu comme en 2006 au Liban avec le Hezbollah. Cela explique entre autres la virulence sans précédent à Gaza de l'offensive israélienne. Sans doute les services de renseignement auront-ils à s'expliquer sur cette sous-évaluation des tunnels, face auxquels toute la puissance de feu de Tsahal ne peut pas grand chose ; c'est aux fantassins et au génie d'y aller...

L’influence de l’Iran sur la décision du Hamas de tirer des Roquettes      

Faible. L'Iran ne prédomine plus à Gaza depuis plusieurs années, le Qatar pourvoyant à présent à l'approvisionnement du Hamas en argent frais. Par ailleurs, on semble s'acheminer entre les Occidentaux et Téhéran vers un apaisement sur le dossier nucléaire ; si tel était le cas, les risques de guerre entre Israël et la République islamique se réduiraient à néant.

Propos recueillis par Gilles Boutin

 
Commentaires

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  • Par celajun - 27/07/2014 - 15:19 - Signaler un abus Et Erdogan ?

    Ce n'est effectivement pas l'Iran le pousse au crime qui est derrière les terroristes du Hamas mais le Frère Erdogan, le préféré d'Obama, qui a fait échouer avec l'aide du Qatar, le préféré de Hollande-Valls-Fabius, la première tentative de médiation du maréchal Al-Sissi, ennemi numéro 1 du despote peu éclairé mais très islamiste d'Ankara depuis qu'il a liquidé la parti frère de l'AKP. Dans tout ce qui se passe au Moyen-Orient, le principal boutefeu s'appelle Erdogan (en campagne électorale pour la présidence et qui veut le soutien des islamistes "modérés, radicaux plus tousles autres.

  • Par arcole 34 - 27/07/2014 - 15:58 - Signaler un abus AU SUJET DES OBUS A FLECHETTES CONNUS SOUS LE NOM DE BEWIND

    Il s'agit d'obus qui furent mis au point par les ingénieurs américains durant la guerre de Corée ( 1952 à 1953 ) . Le but était d'endiguer voire de stopper les assauts massifs de l'infanterie Chinoise qui soutenait les assaillants Nord-Coréens . Les chinois pratiquant la tactique de la tâche d'encre qui se répand partout , à chaque offensive c'étaient des milliers d'hommes qui attaquaient les positions alliées ( USA , ONU , ROK ) . C 'est vrai que ses obus ne sont jamais utilisés pour le combat urbain , cela est étonnant lorsque l'on sait qu'un obus contenait 5 000 fléchettes d'acier ?. Alors imaginons des tirs d'artillerie avec ses munitions massifs , cela ne seraient pas que 4 ou 5 fléchettes exhibées mais des milliers . en matière d'armement , il y a pire selon les spécialistes . Mais bien entendu cela ne justifie l'emploi de la guerre et d'armes non conventionnelles mais je pense qu'il y a aussi une guerre de désinformation et l'analyse de Monsieur Encel est pertinente pour remettre les pendules à l'heure.

  • Par Benino - 28/07/2014 - 10:21 - Signaler un abus Fossoyeur américain...

    Pourvu que les USA ne se mêlent pas aux conflits en cours au moyen Orient : ils ont déjà fait assez de dégâts. L'histoire nous renseigne : Viet Nam, Cambodge, Irak, Afganistan, ils interviennent a coup de bombes puis ils s'en vont, laissant assassiner tous ceux qui se sont battus pour eux! ! Il vaut mieux un bon ennemi qu'un mauvais ami...

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Frédéric Encel

Frédéric Encel est professeur de relations internationales à la Paris School of Business et maître de conférences à Sciences-Po Paris. Il a notamment publié Petites leçons de diplomatie (éditions Autrement), De quelques idées reçues sur le monde contemporain, Géopolitique du sionisme (Armand Colin) ainsi qu'un Atlas de la géopolitique d'Israël, parus aux éditions Autrement. Il a assuré la chronique internationale quotidienne de France Inter en 2013-2014. Il est l'auteur de Géopolitique du printemps arabe (septembre 2014, PUF), et co-auteur (avec Yves Lacoste) de Géopolitique de la nation France (septembre 2016).

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