Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 23 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Cigarette électronique : les vapoteurs signent une première victoire... provisoire

Le Parlement européen a décidé de laisser sa chance à la cigarette électronique, en ne lui imposant pas la réglementation pharmaceutique. Les autres résultats du vote d'aujourd'hui sont l'absence d'interdiction des ”slims”, la fin des mentholées qui ont 8 ans pour disparaître, et le choix d'avertissements sanitaires à hauteur de 65% de la surface du paquet (alors que les 75% étaient envisagés).

Ecran de fumée

Publié le
Cigarette électronique : les vapoteurs signent une première victoire... provisoire

Pour l’Europe, la cigarette électronique ne sera ni médicament, ni produit du tabac, ni produit de consommation courante. Crédit Reuters

Le vote sur l'amendement crucial concernant le statut spécifique de PCN (produits contenant de la nicotine) s’est terminé avec le score de 362 parlementaires pour et 298 parlementaires contre.

Ainsi pour l’Europe, la cigarette électronique ne sera ni médicament, ni produit du tabac, ni produit de consommation courante.

Cette victoire des vapoteurs est la consécration du trio de parlementaires Frédérique Ries, Rebecca Taylor et Chris Davies, à l’origine du dépôt, mercredi dernier, de l’amendement 170 du groupe ALDE, cosigné par les groupes PPE et ECR, et soutenu par certains membres socialistes à titre individuel.

Cet amendement n’est pourtant pas le plus en phase avec les aspirations de liberté des acteurs économiques du secteur. Il prévoit pour les PCN un régime réglementaire exclusif, incluant :

  • une procédure de notification, 6 mois à l’avance, pour la mise sur le marché de nouveaux produits ;
  • une limite de concentration en nicotine de 30 mg/ml ;
  • la transmission à une autorité compétente de la liste quantitative des ingrédients ainsi que des émissions en utilisation, et des volumes de ventes ;
  • l’interdiction d’utiliser les ingrédients tels que les vitamines, la caféine, la taurine et les additifs qui confèrent des propriétés colorantes aux émissions ;
  • l’interdiction de vente aux mineurs ;
  • les mêmes restrictions en matière de publicité que celles auxquelles sont soumis au plan européen les produits du tabac ;
  • une mention sanitaire sur l’emballage ;
  • un contrôle par les États de l'évolution du marché des PCN, notamment des faits pouvant indiquer que ces produits amènent les jeunes au tabagisme, en vu d’un ajustement de la réglementation si nécessaire.


Mais l’aventure européenne ne s’arrêtera pas là. En effet, après le vote du Parlement intervient un processus de dialogue à trois entités avec la Commission et le Conseil, dans le but de trouver un consensus et de présenter des amendements pour la première lecture au Conseil, vers le 10 décembre. Qui a dit que le fonctionnement des institutions européennes était complexe ?

Cette première victoire est en partie due aux actions des vapoteurs comme la manifestation organisée hier à Strasbourg et regroupant près de 400 personnes, entre autres pour la remise d’une pétition de l’AIDUCE (l’Association Indépendante Des Utilisateurs de Cigarettes Electroniques) contre la médicalisation de l’e-cig, comportant 39.324 signatures. Le nom de cette mobilisation européenne, qui regroupe les associations de consommateurs et les boutiques spécialisées, main dans la main : Vap’In Liberty. (#Vap_in_liberty)

Cependant, la décision qui vient d’être prise donne un aperçu du fonctionnement du monde de la cigarette électronique à l'horizon… 2017-2018. Et dans le laps de temps qui nous sépare de cet avenir, il est possible de voir apparaître des mesures nationales plus restrictives que ce texte européen (potentiellement autorisées sous couvert de spécificités locales, voir l’article 24 de la directive). Pour les vapoteurs, la continuité des actions au niveau national reste donc primordiale.

Mais pas que pour les vapoteurs.

Le monde des buralistes est également concerné par cette dynamique et considère qu’ "il est temps de mettre la main sur le marché". Ainsi titrait le numéro du septembre du Losange, le magasine 100% buraliste, qui comprenait un dossier très complet sur l’e-cig de 20 pages, insistant sur les raisons pour lesquelles les e-cig devraient être uniquement en vente sous leur toit. Sans oublier de signaler l’argument financier, assez motivant : "le marché de la cigarette électronique semble structurellement porteur à long terme".

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par belou43 - 08/10/2013 - 18:07 - Signaler un abus Lamentable

    Les buralistes n'en ont pas voulu jusqu'à aujourd'hui. Or ils se rendent compte qu'il y a peut être un marché et veulent maintenant une exclusivité. !!! C'est trop tard. Il fallait y penser au bon moment. Et ça ne les gênerait pas de faire fermer tous les vendeurs qui EUX, y ont cru dès le départ et ont investi. !!! A plus forte raison NON. !!!

  • Par adieux - 08/10/2013 - 21:05 - Signaler un abus ils

    ont vue large 30mg déjà 6mg en continue c'est pas mal, il ne manque plus que l'interdiction dans les lieux publique, dans le cul les buralistes qui touche une retraite sur la mort des autres.

  • Par zelectron - 09/10/2013 - 13:48 - Signaler un abus Il y a un réel DANGER !

    La "vapoteuse" : et si à la place de la nicotine on mettait des cannabinoïdes entre autres produits "illicites" ... ? On peut parfois se demander si les représentant du peuple à quelqu'assemblée qu'ils siègent (locale ou internationale) ont un QI suffisant pour mériter leur mandat.

  • Par Patcom - 09/10/2013 - 20:27 - Signaler un abus Mais non pas de réel danger

    @zelectron et si dans les gateaux on mettait des cannabinoïdes entre autres produits "illicites" ... ? et si dans le tabac on mettait des cannabinoïdes entre autres produits "illicites" ... ? et si dans la boisson on mettait des cannabinoïdes entre autres produits "illicites" ... ? et si ..... Faut rester un peux sérieux là !!!

  • Par belou43 - 10/10/2013 - 14:32 - Signaler un abus Cigarette électronique

    Arrêtons les bêtises. Une cigarette électronique n'est qu'un système de batterie, chauffant une résistance à 50° permettant de transformer un liquide en VAPEUR. Jusque là, pas de quoi fouetter un chat.!!! Pas de quoi, non plus, faire une exclusivité de vente en bureau de tabac ou en pharmacie. Reste le problème du liquide: de 0 à 100 % de propylène-glycol et de 100 à 0¨% de glycérine végétale. Ces 2 produits étant connus depuis très longtemps, et étant à la base des inhalations pour les asthmatiques, ou des machines à "fumée" dans les attractions ou les discothèques. Aucun risque pour la santé connu à ce jour. (des essais ont été faits, en particulier sur les asthmatiques !!!) Des arômes alimentaires - Sans danger connu. De la nicotine dans des proportions allant généralement de 22 à 5 milligramme par millilitre de liquide. Le but étant de diminuer progressivement POUR ATTEINDRE ENSUITE ZÉRO....ET ARRÊTER DE FUMER. !!!!!! Et surtout des pharmaciens qui vendent des patchs environ 50€ la boite (10 fois plus cher que la E-cig).!!! des bureaux de tabac voyant leur ventes baisser.!!! L'état ayant un manque à gagner substantiel.!!!

  • Par myDragOOn - 14/10/2013 - 22:08 - Signaler un abus tout bénef pour le consommateur !

    Effectivement c'est une bonne chose de ne pas la classifier médicament. De nombreux fumeurs ont arrêté de fumer avec la cigarette électronique, par contre cela ne veut pas dire qu'ils n'ont plus d'addiction à la nicotine. http://www.mydragoon.fr On peut tout de même être rassuré car la nicotine n'engendre aucune des maladies graves liées à la cigarette conventionnelle. Cette disposition est tout bénéfice pour le consommateur. Le marché ne sera pas un marché étriqué et donc la concurrence va faire baisser les prix et de surcroît il n'y aura pas de coup de frein à l'ouverture des boutiques et à l'approvisionnement des buralistes.

  • Par belou43 - 15/10/2013 - 09:09 - Signaler un abus @ myDragOOn

    Attention !!! Pour les personnes désirant arrêter de fumer, ils peuvent très bien diminuer progressivement la quantité de nicotine, comme je l'ai fait, pour avoir en fin de compte un liquide SANS nicotine. (zéro mg de nicotine depuis 5 mois) La nicotine dans le liquide n'est qu'une option !!! La seule addiction restante étant le geste. (Addiction la plus difficile à supprimer, à mon humble avis d'ancien fumeur (plus de 40 ans))

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Stéphane Sandeau-Gruber

Stéphane Sandeau-Gruber est chercheur spécialisé dans les biopuces, porteur de projet dans l’économie sociale et solidaire et consultant bénévole sur les sujets relatif à la cigarette électronique à laquelle il s’intéresse depuis 2 ans.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€