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Cannabis, l’étude choc : la déplaisante vérité sur les effets de la consommation récurrente de pétards

Une étude vient de confirmer les effets néfastes d'une consommation régulière de cannabis sur la santé. Isolement social, diminution de la mémoire courte, influence sur le développement cérébral... Une liste qui remet les choses en place, dans un contexte où les conséquences de cette "drogue douce" sont trop souvent écartées.

Pas de fumée sans feu

Publié le - Mis à jour le 10 Octobre 2014
Cannabis, l’étude choc : la déplaisante vérité sur les effets de la consommation récurrente de pétards

Le cannabis est très mauvais pour la santé Crédit Reuters

Atlantico : Une étude (conduite sur 20 ans) sur les effets de la consommation à long terme du cannabis a été récemment publiée par le Professor Wayne Hall, conseiller sur ces questions à l'OMS. Les résultats publiés révèlent notamment que le cannabis serait très addictif, provoquerait des problèmes de santé mentales et ouvrirait la porte à des drogues dures. Ne contredisent-ils pas ainsi l'argument selon lequel la consommation de cannabis serait inoffensive ? Qu'en est-il dans les faits ?

Alain Morel : Nous n’avons pas tous les éléments méthodologiques de l’étude du Pr Wayne Hall, mais, au-delà des leurs formulations "choc" trop simplistes, les conclusions que vous rapportez ne font que confirmer ce que l’on sait déjà : une consommation intensive de cannabis qui commence tôt à l’adolescence et se prolonge des années augmente tous les risques de ce produit.

Mais cela est valable pour tous les produits psychoactifs, y compris le tabac et l’alcool : plus on commence tôt, plus la consommation est répétée, et plus les risques d’addiction et les risques propres au produit sont aggravés. Le cannabis est un produit psychoactif qui est généralement consommé par des jeunes qui inhalent la fumée de combustion. Ces deux éléments donnent immédiatement une idée des principaux risques qui lui sont liés : les effets psychiques et les effets toxiques pulmonaires à long terme (d’autant plus quand il est consommé avec du tabac).

 

 

Quels sont les effets (physiologiques, psychologiques et psychiques) d'une consommation prolongée et à long terme du cannabis ?

La consommation prolongée de cannabis perturbe particulièrement les fonctions cognitives, l’apprentissage et la mémoire, la perception de l’environnement, les motivations, la coordination motrice et la sensibilité douloureuse. Chez l’adolescent, l’usage régulier de cannabis entraîne des troubles cognitifs et un risque de désinvestissement plus ou moins global de ses activités sociales, familiales et scolaires. Des études ont montré l’influence particulièrement néfaste de la consommation durant cette période de l’adolescence où le cerveau est encore en phase de maturation. Ceci est particulièrement vrai pour des fortes consommations de cannabis avant 15 ans (Arseneault, 2002). Les perturbations concernent avant tout la mémoire dite "à court terme", les autres fonctions étant conservées (NHTSA, 2000).

L’altération des relations avec l’entourage et en particulier, à l’adolescence, avec les parents, est une autre conséquence. De par les effets anti-stress, l’adolescent se trouve dans une "bulle", peu réceptif aux remarques, désinvestissant progressivement toute activité. La nécessité de trouver des fonds, parfois par des moyens illicites, va aussi aggraver le climat familial. Cette dégradation relationnelle peut faire suite à une période plus ou moins longue de déni des proches ou, à l’inverse, d’une suspicion persécutrice compromettant dans un cas comme dans l’autre les tentatives du jeune de parler de la réalité de sa consommation (Phan, Couteron, 2010).

 
Commentaires

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  • Par brennec - 08/10/2014 - 10:31 - Signaler un abus des précisions SVP

    Une étude, un professeur Wayne? Dans quel cadre, quelle publication, quelle qualification? Un peu court comme info sur un sujet aussi sensible ou des intérets très matériels cotoient l'idéologie. Il faudrait quand même essayer d'éviter les études du genre de celles du WWF (fonte des glaciers de l'himalaya) ou de Séralini, si possible. Je ne dis pas que l'étude citée est du même genre, je dis que si elle l'est, l'info donnée ne permet pas de le savoir ou de s'en douter.

  • Par toupoilu - 08/10/2014 - 23:41 - Signaler un abus Ca rend aussi creatif.

    Je me demande combien des grandes figures de la nouvelle economie americaine sont des fumeurs de joint. 100% ?

  • Par JonSnow - 18/10/2014 - 19:35 - Signaler un abus Pas plus dangereux que le tabac ou l'alcool!

    Non, le cannabis n'est pas totalement inoffensif à haute dose, mais il ne mérite pas cette interdiction implacable des autorités alors qu'il n'est pas plus dangereux que l'alcool ou le tabac, interdiction qui alimente la délinquance de masse car le marché reste énorme. Au lieu de dépenser de l'argent à poursuivre les trafiquants et les consommateurs, on ferait mieux de légaliser, sous contrôle, pour que l'Etat gagne de l'argent avec au lieu d'en perdre. Il faut étudier de près les expériences de libéralisation aux USA, en Uruguay et à Malte. Un jour, le bon sens l'emportera sur les idées reçues.

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Alain Morel

Alain Morel est psychiatre, directeur général de l’association OPPELIA, et président de l’Association pour la recherche et la promotion des approches expérientielles (ARPAE). Il est également l'auteur de Drogues : faut-il interdire ? aux éditions Dunod, ainsi que de nombreux ouvrages sur l'addiction.

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