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Bombardements russes sur les alliés américains en Syrie, incident militaire entre l’Arabie saoudite et l’Iran, retrait des Palestiniens des accords d’Oslo : le Moyen-Orient est-il au bord de la déflagration menant à la 3ème guerre mondiale ?

Vives tensions entre l'Iran et l'Arabie saoudite, frappes russes contre des rebelles syriens soutenus par la CIA, fin des accords d'Oslo prononcée par le ¨Président de l'Autorité palestinienne... Les tensions au Moyen-Orient s'exacerbent, et les pays arabes comme occidentaux sont tous concernés par cette situation.

Tensions internationales

Publié le
Bombardements russes sur les alliés américains en Syrie, incident militaire entre l’Arabie saoudite et l’Iran, retrait des Palestiniens des accords d’Oslo : le Moyen-Orient est-il au bord de la déflagration menant à la 3ème guerre mondiale ?

Le Moyen-Orient est sous tension.  Crédit https://commons.wikimedia.org

Atlantico : Selon sénateur américain John McCain, des frappes russes auraient tué des rebelles syriens soutenus par la CIA jeudi 1er octobre. Ainsi, l'aviation envoyée par Moscou aurait touché le groupe syrien Souqour al-Jabal, dont les membres ont été formés par la CIA. Peut-on s'attendre à d'autres opérations controversées ? Quels sont les risques de dérapages dans la région ? 

Roland Lombardi : Tout d’abord, rappelons une nouvelle fois qu’en Syrie, la stratégie de la Russie est claire : soutien inconditionnel à Bachar el-Assad, lutte contre Daech et tous les autres mouvements islamistes. Vladimir Poutine soutien Assad car, mieux informé et surtout plus réaliste que les dirigeants occidentaux, il sait pertinemment qu’il n’y a pas d’autre alternative valable au « boucher de Damas ». Aucune ! C’est peut-être déplaisant mais c’est malheureusement la seule et unique réalité. En effet, depuis presque 5 ans, aucun « commandant Massoud syrien » n’a émergé de l’Armée syrienne libre et depuis le début de la guerre civile, aucun ministre ou général du régime n’a été sérieusement pressenti pour se substituer d’une manière ou d’une autre à Bachar et son clan.

De plus, contrairement à ce que les médias occidentaux affirment, au-delà de toutes les minorités religieuses et ethniques qui composent la Syrie, Bachar el-Assad est aussi et encore soutenu par au moins la moitié de la population syrienne (même sunnite). Mais par-dessus tout, le maître du Kremlin ne veut absolument pas d’une victoire des islamistes à Damas. Les conséquences et les répercutions seraient catastrophiques dans le nord du Caucase, sur les frontières orientales de la Russie et dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale. Si Assad venait à tomber, les 2 000 jihadistes russes (surtout venant du Caucase), partis en Syrie combattre le régime alaouite, pourraient revenir en Russie et commettrent des actes terroristes ou tout simplement déstabiliser les régions musulmanes de la CEI. C’est dans cette même optique que la Russie (comme l’Iran d’ailleurs) apporte son soutien au gouvernement afghan dans sa lutte contre les talibans.

Pour la première fois donc, depuis l’intervention soviétique en Afghanistan de 1979 à 1989, l’armée russe intervient au Moyen-Orient. Ainsi, les avions de combat de Moscou bombardent depuis deux jours des cibles de Daech mais aussi d’autres groupes islamistes qui s’opposent au régime d’Assad. Mieux, pour les Russes, il n’y a pas d’opposants armés « modérés » et tous les groupes rebelles sur le terrain sont « des groupes terroristes ». D’ailleurs, ils n’ont pas tout à fait tort puisqu’il n’y a plus que quelques idéologues pour croire encore à l’existence de rebelles « laïcs et démocrates »… Il ne serait donc pas étonnant que l’ASL (ou ce qu’il en reste) soit aussi ciblée. John Mc Cain a sûrement raison. Toutefois, les Russes ne se gêneront absolument pas pour bombarder tous les groupes opposés à Assad, tous, sans exception, même ceux entraînés et armés par la CIA !

Certes, la France, la Turquie et l’Arabie saoudite pousseront assurément des cris d’orfraie. Mais cela ne compte pas. Poutine est un fin joueur d’échecs, il a toujours plusieurs coups d’avance, il est loin d’être un « chien fou » et sait très bien ce qu’il fait. Même lorsqu’il utilise la politique « du fait accompli », les risques sont toujours très bien calculés. Dans cette affaire, seul compte pour les Russes l’avis de l’Iran, d’Israël et bien sûr des Etats-Unis. On connaît la position et l’implication de l’Iran. On a dit et écrit beaucoup de bêtises sur le rôle de l’Etat hébreu dans la crise syrienne mais en réalité, Israël, dont le Premier ministre a été reçu à Moscou il y a quelques jours, apprécie, de manière certes discrète mais bien réelle, qu’une puissance intervienne enfin sérieusement dans le dossier syrien. Quant aux Américains, sur scène, ils se disent inquiets et émettront eux aussi des protestations officielles si des groupes rebelles qu’ils soutiennent sont attaqués. Mais en coulisse, l’administration Obama n’est sûrement pas mécontente de l’intervention russe dans le guêpier syrien…

N’oublions pas qu’aux Etats-Unis, l’efficacité des bombardements est largement discutée et que la stratégie américaine est le sujet de vifs débats politiques. Enfin, le soutien de Washington à des groupes islamistes ou clairement se revendiquant d’al-Qaida passe très mal dans l’opinion publique américaine…

Non, finalement les risques de dérapages sont minimes. Par contre, l’armée russe ne va pas faire dans la dentelle et n’ira pas de main morte. Les « dommages collatéraux » sont eux, fort possibles… Aussi, l’espace aérien syrien étant désormais très encombré, le risque de collisions entre appareils russes et de la coalition américaine est important. C’est pourquoi, pour éviter les incidents mais aussi afin de mettre en place une certaine coordination et entretenir le dialogue, des officiers russes rencontrent de plus en plus régulièrement des officiers américains mais aussi israéliens…

Roland Hureaux : John Mac Cain confirme donc que la CIA a formé des djihadistes  car en fait de rebelles syriens il n'y a plus aujourd'hui que des djihadistes. Ils sont composés de deux groupes : Daesh à l'Est et Al Nosra (ex-Al Qaida) à l'Ouest. Quand on vous parle de rebelles modérés - pourquoi pas des  terroristes modérés ! - n'en croyez pas un mot. Daesh et Al Nosra sont pratiquement interchangeables quant à l'idéologie.
Il est vrai que les Occidentaux (surtout les Etats-Unis et la France) ont essayé d'organiser des stages pour former à l'usage des armes des  rebelles soi-disant démocrates, mais ceux qui se sont présentés étaient  pratiquement  tous des djihadistes camouflés qui, à peine revenus au front, se sont livrés aux pires exactions et ont apporté au djihad les armes qu'on leur avait données.
Le raisonnement des Ruses est simple et difficilement contestable : sur le terrain, il n'y a que le gouvernement syrien et les djihadistes, rien d'autre. Puisque les Etats-Unis ont engagé une croisade contre Daesh, les Russes les ont pris au pied de la lettre et ils leur disent en quelque sorte "Chiche !". Ils se sont portés de manière spectaculaire volontaires pour y participer mais avec la volonté d'aller jusqu'au bout de la démarche, ce qui signifie combattre tous les islamistes, qu'ils se rattachent officiellement à l'Etat islamique ou pas. Si vous me pardonnez cette expression ils ne veulent pas du coïtus interruptus qui caractérise la guerre faite par l'Occident à Daesh. Que les Russes aient commencé par bombarder des djihadistes autres que Daesh n'est sûrement pas une erreur, d'autant que leur premier objectif est de desserrer l'étau dans lequel est enfermé l'armée syrienne autour de Damas et que dans cette région, Al Nosra est plus présent que Daesh. En même temps, ils envoient un message clair : ils ne laisseront pas tomber le régime d'Assad, lequel a paru ces derniers temps en difficulté. 

Dans quelle mesure les actions menées au Moyen-Orient par les principaux acteurs que sont notamment les Etats-Unis, la Russie, la France, la Turquie, l'Iran ou encore l'Arabie Saoudite sont-elles le reflet de règlements de comptes entre différentes puissances ? Que sait-on de leur stratégie ?

Roland Lombardi : Depuis presque 5 ans et le début des « printemps arabes », la stratégie de l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie (soutien aux Frères musulmans et aux groupes islamistes) a échoué partout, en Tunisie, en Libye, en Egypte… En Syrie, Riyad, Doha et Ankara appuient encore al-Qaida, al-Nosra et d’autres mouvements islamistes ainsi que l’ASL qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. A terme, avec l’armée russe qui entre à présent dans la danse, leur échec sera consommé et ils n’auront plus qu’à suivre l’évolution de la position des Etats-Unis vis-à-vis de la stratégie de la Russie que j’ai décrite plus haut.

La France, nous l’avons vu ces derniers jours et afin de dissuader ses partenaires d’accepter les arguments de Moscou, ne peut se contenter à présent que d’une irréaliste campagne internationale, totalement dépassée, de « Assad Bashing » : rapport « César », enquête pénale pour « crimes de guerre » ouverte par le parquet de Paris… Malheureusement, Paris ne compte plus guère dans la région, la France n’est plus écoutée et elle est finalement hors-jeu.

Quant à l’Iran, il est l’allié principal de la Russie en Syrie. Ses troupes spéciales sont très impliquées sur le terrain aux côtés de l’armée du régime et Téhéran tirera sûrement tous les bénéfices d’un éventuel succès militaire et diplomatique russe.

Enfin, les Etats-Unis combattent Daech que très frileusement. Ils craignent les dégâts collatéraux et le spectre de l’intervention désastreuse en Irak de 2003 plane encore… Par ailleurs, certains responsables américains en reviennent de leur soutien à la « rébellion » syrienne. Le Pentagone et la CIA avaient prévu d’organiser, de former et d’armer une unité de 5 000 rebelles « modérés ». Ils n’ont pu en recruter qu’une centaine qui, pour une part, se sont fait tuer, et pour l’autre, sont passés avec armes et bagages chez les jihadistes ! De fait, à chaque fois que les Américains reculent avec faiblesse sur un dossier, les Russes avancent avec force. On l’a vu hier en Crimée, en Ukraine, en Egypte et aujourd’hui en Syrie.

Roland Hureaux : Pour aucun de ceux que vous citez, sauf en partie les Russes, l'objectif véritable n'est la lutte contre l'islamisme. Malgré leurs proclamations à Paris, à Washington ou à New York, ils ne considèrent pas au fond d'eux-mêmes que ce soit là leur vrai problème. Les djihadistes sont une chair à canons qu'on instrumentalise, y compris pour effrayer le bourgeois, mais qui ne compte pas vraiment.
Pour Washington, le  problème, c'est Moscou et c'est donc de contenir ou réduire l'influence russe. La Syrie est un allié de la Russie, donc il faut l'abattre, y compris en soutenant les djihadistes. En tous les cas la maintenir en position de faiblesse.
Pour Israël, le principal problème est aujourd'hui l'Iran qui est la seule puissance rivale qu'ils considèrent avoir dans la région. Or la Syrie et le Hezbollah, principale milice du Liban, lui sont alliés ; donc il faut les abattre. Que le régime d'Assad, père et fils, n'ait rien fait contre Israël depuis 45 ans qu'il est en place ne les émeut pas ; pas plus que la perspective d'avoir Daesh à Damas, soit à 200 km de Jérusalem : je parle du gouvernement, une partie de l'opinion ne réagit pas de cette manière. Ils pensent qu'un Etat organisé est toujours plus à craindre qu'une milice, fut elle fanatique, qu'ils pensent contrôler.
L'Arabie saoudite et les Etats du Golfe sont des alliés inébranlables d'Israël contre l'Iran qu'ils redoutent plus que quiconque et sont donc aussi contre la Syrie.    
La Turquie joue, elle, un jeu plus complexe : bien que membre de l'OTAN, elle n'est alignée sur personne. Mais elle est dirigée par un fanatique, plus dangereux à mon avis qu'Assad, qui a rêvé de renverser ce dernier  pour que les Turcs que le colonel Lawrence avait chassé de Syrie en 1917 y reprennent pied. Mais en soutenant Daesh et Al Nosra, Erdogan s'est mis à dos les Kurdes, non seulement de Syrie mais de Turquie, qui avaient entretenu une longue rébellion sous l'égide du PKK (Parti communiste kurde). Cette rébellion s'était apaisée ; la politique d'Erdogan vient de la réveiller.
En outre Erdogan est aujourd'hui responsable de deux actions malfaisantes que, même s'il ne les a pas provoquées, ce qui reste à voir, il pouvait empêcher et ne l'a pas fait : l'afflux de volontaires pour le djihad qui arrivent du monde entier par la Turquie, le départ vers l'Europe de réfugiés syriens qui se trouvaient en Turquie depuis plusieurs mois, voire plusieurs années  sous l'égide du Haut commissariat des Nations Unies. Il promet d'être désormais engagé contre Daesh, mais faut-il le croire ? 
A ces acteurs, il faut ajouter la Chine. Même si l'arrivée d'un porte-avions chinois à Tartous, base russe en Syrie, s'est avérée un bobard, ils ont là quelques bâtiments et suivent ce qui se passe. Russes et Chinois ont excédés de voir les Etats-Unis soutenir depuis des années les islamistes dans tout le monde musulman, y compris en Tchétchénie et au Sin-kiang. Et maintenant, c'est la France qui s'y met, en faisant même de la surenchère !

 
Commentaires

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  • Par vangog - 02/10/2015 - 08:47 - Signaler un abus Grâce à la Russie et à l'Iran,

    la situation syrienne peut se retourner en faveur d'Assad, et c'est tant mieux! le Moyen-Orient a besoin de dictateurs éclairés, laïcs et sans les très bêtes scrupules droitdelhommistes américains ou français. Le cours vers la démocratie est un cours long et sinueux, dont seuls les orgueilleux genre Lévy, Sarkozy, Flamby, Fabius croient qu'il puisse aller au bout de son parcours en quelques mois. Non! La transition démocratique est longue et passe par des phases de dictatures dont certaines sont préférables a d'autres. La dictature syrienne d'Assad stabilisait la région et maintenait ses minorités en paix, La dictature islamiste, qu'elle soit modérée type Erdogan ou furieuse type Daschistes, déstabilise tout et se nourrit de cette décomposition. Elle doit être combattue, coûte que coûte, et Erdogan doit cesser, tout de suite, de nous envoyer émigrants et Daschistes!

  • Par Deudeuche - 02/10/2015 - 08:48 - Signaler un abus France et USA pro islamistes?

    Sommes nous devenus fous?

  • Par ISABLEUE - 02/10/2015 - 08:49 - Signaler un abus Merci M Lombardi

    D'avoir une pensée pour MAssoud très bon article

  • Par adroitetoutemaintenant - 02/10/2015 - 09:30 - Signaler un abus Enfin un bon article! Merci!

    Merci de parler d’Israël, que tous les commentateurs oublient. Merci de parler de l’opposition syrienne à Assad qui sous couvert des quelques gentils idiots utiles sert surtout les djihadistes. Rappelons quand même que la France de Hollande et Fabius le contaminant a tout essayé pour éviter à Al Nosra, branche Al Qaeda syrienne, d’être classé mouvement terroriste ! Mais il manque un paramètre important dans cette analyse, manquement probablement volontaire. C’est que le grand vainqueur c’est Obama dont le seul but depuis qu’il a été nommé est d’affaiblir les Etats-Unis et l’Europe. En cela ce salaud a réussi.

  • Par Mike Desmots - 02/10/2015 - 09:59 - Signaler un abus Pas vraiment ,c'est plutôt l'hiver arabe qui arrive......

    Il ne faut pas se tromper d'échelle en géostratégie moyenne orientale ...d'autant que les USA payent leurs fiascos répétitifs en Irak/Syrie (en Ukraine en cours) , par conséquent ,ils n'étaient pas obligé de faire ce cadeaux à la Russie ...et ca ne vaut pas une guerre nucléaire entre chrétiens.........

  • Par Phlt1 - 02/10/2015 - 10:08 - Signaler un abus @vangog

    Très juste.

  • Par hibernato - 02/10/2015 - 11:01 - Signaler un abus Point de vue clair, étayé et équilibré

    Ces articles justifient l'abonnement au site Atlantico

  • Par C1iD - 02/10/2015 - 11:23 - Signaler un abus Oui

    C'est un sac de noeud ce Moyen Orient. Article très interessant sur la sitation réelle de ce coin du monde...

  • Par mado83@free.fr - 02/10/2015 - 11:38 - Signaler un abus bravo Atlantico

    enfin la réalité des conflits décrites sans langue de bois..Poutine ancien du KGB connait la musique..Les démocraties sont impensables en pays musulmans. La France devrait le savoir avec l'Algérie. F.H et Fabius vivent dans un monde de bisou- nours, la France n'est plus crédible et pourtant notre diplomatie nous coùte très cher..

  • Par Newdawn - 02/10/2015 - 12:26 - Signaler un abus Excellent article, merci à vous

    La fixette de Hollande et Fabius sur Assad parait tellement contraire au bon sens qu'on en vient vraiment à croire qu'ils sont pro-Etat islamique. Soit ils sont totalement soumis aux sunnites des pétromonarchies (plus que probable), soit ils ont très peur d'attentats en représailles (seule explication recevable), soit ils sont juste débiles (plus que probable aussi).

  • Par cloette - 02/10/2015 - 13:46 - Signaler un abus que veulent les US

    Mettre quoi après Assad ? Comme en Lybie ? Merci , on a déjà donnè ! Remodeler le moyen Orient de façon que l'Arabie Saoudite soit satisfaite ? Non , merci ! Vivement un changement de politique internationale !

  • Par D'AMATO - 02/10/2015 - 14:13 - Signaler un abus Plutôt que de vouloir...

    apporter la démocratie chez d'autres, qui n'en veulent pas, ikls feraient mieux d'établir une vraie justice et la sécurité dans leur propre pays. Les Americains ont toujours estimé être le modèle pour le monde entier....emboités par les français.

  • Par valencia77 - 02/10/2015 - 14:17 - Signaler un abus World war

    Aucune raison pour une 3eme guerre mondiale. La Russie et les USA n'ont absolument pas besoin du petrole du moyen orient. Zone d'influence? On a l'amerique du sud, les philipines et le Japon les russes peuvent avoir le moyen orient qui est a leur porte...Nos politiciens sont plus cons que la lune. Esperons que Trump sera president.

  • Par zouk - 02/10/2015 - 14:25 - Signaler un abus Russie et Syrie

    Il est évident depuis longtemps que la solution de la guerre civile en Syrie doit inclure Bachar El Assad. Chercher à tout prix de le renverser est une réaction purement émotionnelle dictée par un moralisme égaré, le contraire même d'une diplomatie bien conduite, aux USA comme en France. Lire que malgré tous les péchés dont on l'accable, justifiés en bonne partie, Bachar El Assad conserve le soutien de 50% de la population, yc sunnite, devrait déterminer un changement radical de notre politique à son égard. Nous n'avons aucune raison, ni même aucun intérêt à suivre les Etats Unis dans cet entêtement erroné, d'autant que les Russes sont infiniment mieux informés que nous grâce à l'ancienneté de leurs réseaux sur place, que ne discutons nous avec eux!

  • Par zouk - 02/10/2015 - 14:38 - Signaler un abus Russie et Syrie

    Une discussion fructueuse avec les Russes permettrait aussi de limiter les dangereuses dérives d'Erdogan, il ne manquerait pas de voir la détermination de la coalition Russie-Occident. Rt souvenons nous que dans le passé, les minorités non musulmanes et particulièrement chrétiennes ont souvent eu beaucoup plus à souffrir des Turcs/Empire Ottoman que même de la conquête arabe.

  • Par Caramantran - 02/10/2015 - 18:27 - Signaler un abus 1989

    Si on m'avait dit en 1989, l'année qui vit chuter le Mur de Berlin, qu'un beau jour je soutiendrai les russes au détriment des américains, je serai parti dans un grand éclat de rire. Force est de constater que l'occident aujourd'hui a perdu tout sens commun, là ou la Russie fait montre d'un certain pragmatisme et d'une certaine intelligence que nous avons perdu depuis bien longtemps. Oui Bachar El Assad est un vilain dictateur très méchant qui mange les petits enfants, mais il n'en demeure pas moins un rempart -le dernier?- contre la barbarie de ces sauvages qui rêvent de mort et d'extermination contre le monde entier, pendant que nous nous confondons en palabres molles et en hésitations interminables. Poutine à pris les choses en main, vive Poutine-El Assad et les soldats iraniens qui vont faire le sale boulot au sol, et puissiez-vous nous débarrasser de tous ces tarés sans distinction.

  • Par Anouman - 02/10/2015 - 22:05 - Signaler un abus Excellent article

    Tout ça est devenu tellement évident que les postures des Français, Allemands et Américains sont profondément ridicules. En Syrie il y a depuis le début, le gouvernement Syrien et des islamistes qui tentent de le renverser, les quelques démocrates qu'il y avait ayant disparu assez rapidement, car minoritaires. Espérons que la situation évolue un peu positivement maintenant, malgré ceux qui font leur possible pour que ça reste le merdier total.

  • Par jc0206 - 03/10/2015 - 09:24 - Signaler un abus Les gentils islamistes alliés des Américains en Syrie .....

    Refilent leurs armes à Daesh ennemi des mêmes Américains et Mac Cain ramène sa science. La diplomatie américaine est vraiment très compliquée.

  • Par zouk - 03/10/2015 - 09:30 - Signaler un abus Russie, Syrie, Daesh et autres islamistes

    Bonneanalyse. M

  • Par zouk - 03/10/2015 - 09:37 - Signaler un abus Russie, Syrie, Daesh et autres islamistes

    ...Mais pourquoi Fabius s'acharne-il à ignorer ce qui est maintenant bien connu: l'utilisation de gaz mortels par des islamistes pour en faire porter la responsabilité à Bachar El Assad et pourquoi refuse-t-il absolument l'idée qu'il ne peut y avoir de solution sans lui (encore hier soir dans son interview avec Christiane Amanpour sur CNN). Aveuglement? je ne le crois pas, alors....quid? Instruction formelle de Fr. Hollande?

  • Par langue de pivert - 03/10/2015 - 18:00 - Signaler un abus M. Poutine prix Nobel de la paix ou j'ménerve ! ☺

    Excellent article ! Du vrai travail de journaliste qui nourrit la réflexion des lecteurs ! Ça change du bourrage de mou des merdias officiels ! l'argumentation est bien développée et étayée ! Personnellement je suis plutôt partisan d'apporter des réponses simples (simplistes peut-être :-) à "l'orient compliqué" à savoir : fin des interventions dans les affaires du moyen-orient ! Laissons les pays musulmans mijoter seuls dans leur jus et on serait peut-être surpris des résultats ! Ou ils s'étripent jusqu'au dernier (peu souhaitable ni probable) ou ils éliminent les islamistes et retrouvent une nouvelle "position d'équilibre" satisfaisant l'ensemble de la région. Quel risque d'essayer...disons 5 ou 10 ans ? Laissez mijoter n'empêche pas de surveiller la marmite ! Gain de temps d'énergie, d'argent, de vies : que des avantages !

  • Par Leucate - 03/10/2015 - 19:18 - Signaler un abus Une carte ! une carte !

    Un dessin vaut mieux que tous les grands discours. Quand on regarde une carte montrant les territoire loyalistes (gouvernementaux et ceux tenues par Daesh (au nord) ou par Al Qaïda ou les Frères musulmans (nos alliés MDR !) on voit où est le problème pour les loyalistes. Pas besoin de sortir de Saint-Cyr. Il existe quelques poches plus ou moins grandes à l'intérieur du territoire gouvernemental de rebelles islamiques. Ce sont celles-là que l'aviation russe attaquent. Pour que l'armée syrienne reparte au combat contre daesh, il convient qu'elle n'ait pas de territoires hostiles qui l'attaquerait dans le dos si ou quand elle fera mouvement vers le nord contre le Daesh irakiens. Je précise car il faut se souvenir que Daesh est à l'origine irakien. Sa valeur militaire vient de ce que cette organisation a intégré un certain nombre de soldats, sous-offs et officiers de l'armée sunnite de Saddam Hussein qui se sont retrouvés sans emploi et paria dans leur province avec un gouvernement chiite à Bagdad. En se lançant à l'assaut de l'Irak, les américains avaient négligé de savoir ce qu'ils feraient de ce pays ...

  • Par Gordion - 04/10/2015 - 11:06 - Signaler un abus Renseignement

    La Russie peut compter sur les Services de Damas pour localiser les frappes aériennes. Les E-U, la France et le R-U utilisent essentiellement leurs moyens extérieurs (satellites radar et électro-optique, interception des signaux radio et radar, etc) via leurs stations au Liban, Chypre, Turquie, Kurdistan irakien, Jordanie. Support des Services de leurs ambassades dans les pays limitrophes. Quelques observateurs sur le terrain pour guider les frappes. Inutile de préciser que les Russes ne partagent pas leur "Intel", ni les E-U l'ensemble de la leur avec la France et le R-U ou la Turquie. Israël a ses propres moyens. La peur de dommages collatéraux ne favorise pas des frappes précises et répétées, nous sommes quasiment aveugles, donc inefficaces militairement. La France aura du mal à redevenir un acteur dans la géostratégie du Levant. Quant à la confiance en sa "diplomatie locale", même les monarchies sunnites doutent (cf. les erreurs stratégiques de M.Fabius).

  • Par Gordion - 04/10/2015 - 11:14 - Signaler un abus Excellente analyse

    Les 2 contributeurs font une analyse fine de l'ensemble des paramètres et des enjeux à venir, ainsi que de la recomposition des alliances.. Un volet économique en sus eût été le bienvenu (après le canon, le carnet de chèque suit)? Merci encore

  • Par PhloxxX - 05/10/2015 - 06:15 - Signaler un abus La mouche du coche

    Et la diplomatie française continue à jouer les mouches du coche... Comme le logiciel de pensée de nos dirigeants actuels, et précédents d'ailleurs, n'est pas susceptible de mise à jour, il tourne à vide dans un monde virtuel idéaliste. C'est dans ce monde virtuel qu'ils envoient des rafales dont on peut se demander ce qu'ils peuvent bien bombarder.

  • Par valencia77 - 06/10/2015 - 12:25 - Signaler un abus Putin

    He is cutting the gordian knot...

  • Par superliberal - 06/10/2015 - 19:05 - Signaler un abus Poutine, +1

    Je suis à 100% pro USA et je déteste ce Poutine mais sur ce coup là il a raison, mieux vaut une ordure comme Assad que Daesh et autres Islamo-fachistes qui sont bien pires.

  • Par PierreBoury - 08/10/2015 - 10:59 - Signaler un abus Est-ce que nous sommes en

    Est-ce que nous sommes en train de revenir vers les temps de la guerre froide du siècle dernier ? superliberal Ce n'est pas non plus Assad qui pourrait en sortir...

  • Par brennec - 13/02/2016 - 11:56 - Signaler un abus Boucher de damas.

    Il me semble que Assad a gagné son surnom de boucher de damas a la suite de l'attaque au gaz sarin a ghouta or l'OPCW (Organisation for the prohibition of chemical weapons) une organisation internationale basée a La haye financée par 188 états membres a déterminé après deux ans d'enquète que la composition chimique du gaz responsable du massacre est différente de celle du gaz syrien. Il s'agit en fait d'un gaz provenant de lybie. On savait déjà que les obus ou missiles provenaient d'une zone qui n'était pas controlée par l'armée syrienne.

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Roland Lombardi

Roland Lombardi est consultant indépendant et analyste chez JFC-Conseil. Il est par ailleurs docteur en histoire et chercheur associé à l'IREMAM, Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman d’Aix-Marseille Université, également membre actif de l’association Euromed-IHEDN.

Il est spécialiste des relations internationales, particulièrement de la région du Maghreb et du Moyen-Orient, ainsi que des problématiques de géopolitique, de sécurité et de défense.

Sur Twitter @rlombardi2014

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Roland Hureaux

Roland Hureaux a été universitaire, diplomate, membre de plusieurs cabinets ministériels (dont celui de Philippe Séguin), élu local, et plus récemment à la Cour des comptes.

Il est l'auteur de "La grande démolition : La France cassée par les réformes"

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