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Alexa, assistant Google ou Siri : voilà comment choisir l’aide dont vous avez besoin au quotidien
Publié le 03 décembre 2018
Les assistants personnels ne sont ni plus ni moins que la suite de la révolution numérique apportée par les smartphones.
David Fayon est consultant Web pour des entreprises et organisations françaises depuis la Silicon Valley, co-fondateur de PuzlIn et membre de l'association Renaissance Numérique. « Il est l'auteur de Géopolitique d'Internet : Qui gouverne le...
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Les assistants personnels ne sont ni plus ni moins que la suite de la révolution numérique apportée par les smartphones.

Atlantico : Concrètement vers quel assistant vocal se tourner en fonction des spécificités et des besoins de chacun ?

 
David Fayon : Les GAFA, à l’exception de Facebook, proposent chacun un assistant personnel. Le pionnier est Amazon avec Echo et Alexa, l’assistant vocal associé,lancé en novembre 2014 aux États-Unis. Il a tardé à être lancé sur le marché français (l’adaptation dans la langue de Molière n’étant pas simple), ce qui a permis à Google avec Home de percer, bien aidé par une publicité « Ok Google » décalée et sa parodie avec Jean-Paul Rouve (https://www.youtube.com/watch?v=-ONPb4Jgs_M&t=1s). Quant à Apple, la firme de Cupertino dispose de HomePodavec le logiciel de reconnaissance vocale Siri, utilisé sur l’iPhone et l’iPad notamment, et qui a été présenté en 2011. La recherche vocale et l’intelligence artificielle représentent pour les GAFA un domaine de R&D particulièrement stratégique.
Il existe des différenciations entre ces trois principaux acteurs. L’assistant personnel d’Amazon est le plus avancé, celui de Google rattrape le retard initial et chacun des deux est connecté à son écosystème. D’ailleurs le moteur de recherche Google évolue en prenant en compte la recherche vocale qui est plus naturelle que de saisir sur un moteur de recherche une liste de mots clés. Enfin Apple a un outil beaucoup plus fermé et propre à son univers. Au CES de Las Vegas on voit par exemple des marques qui utilisent Alexa, que ce soit dans l’automobile, l’électro-ménager, etc. Choisir entre Echo, Home ou HomePod c’est comme choisir entre Android et iOS pour son smartphone. C’est une logique d’appartenance à une marque et à son écosystème.
Amazon est très bien placé pour les achats en lignedu fait de l’ancrage initial de l’entreprise dans le e-commerce mais le propriétaire n’est pas à l’abri que son enfant, par exemple, rajoute des bonbons à sa liste de course pilotée depuis l’assistant numérique... La connexion avec le smartphone n’est pas optimale alors que celui-ci est un objet incontournable du quotidien. Google Home interagit mieux avec les smartphones, a une analyse du langage intéressante et est plus riche dans l’univers de l’image avec Google Photos par exemple alors que celui-ci reste rudimentaire pour Amazon Echo. Apple avec son HomePodest plus axé sur son écosystème avec un fort niveau de sécurité. Il s’adresse avant tout aux aficionados d’Apple.
Le budget pour l’achat d’un assistant personnel (la majorité des produits des gammes allant de 120 à 150 euros), inférieur à celui d’un smartphone en moyenne, devrait abondamment placer cet objet dans la hotte du Père Noël.
 

N'est-ce pas là toujours de l'ordre du gadget ? Quels ont été les progrès réalisés par les constructeurs et que reste-t-il encore à améliorer ?

 
Les gadgets seraient des objets comme la fourchette connectée par exemple et certaines start-up qui sont exposées au CES avec des usages de niches, très limités et rapidement délaissés. La vraie question est celle des usages : à quoi cela va servir ?, qui est prêt à payer ? C’est la rencontre entre le besoin créé ou la réponse à un problème et un marché.
Les fonctionnalités, même si elles sont encore limitées, ont un vrai potentiel sur le moyen terme comme mentionné dans le test d’Amazon Echo effectué (http://davidfayon.fr/2018/08/assistant-personnel-amazon-echo-spot-test/). Nous revivons avec les assistants personnels la fièvre qui a été vécue avec les smartphones.
Pour l’heure, ils servent un peu d’encyclopédie et répondent à des questions simples (façon Wolfram Alpha et non une série de réponses à une requête faite sur un moteur de recherche par ordre décroissant d’importance), permettent des usages domotiques de base comme régler le thermostat, allumer ou éteindre des lumières ou encore jouer une musique.À terme, ils permettront des échanges de machine à machine et le dialogue entre différents équipements connectés. Il est à noter que l’on parle beaucoup d’Internet des objets et que paradoxalement ce sont les assistants personnels qui sont des objets fixes et au domicile qui connaissent un essor. Ceci ne veut pas dire que l’Internet des objets ne va pas connaître une expansion comme l’a fait le mobile qui a progressivement cannibalisé le téléphone fixe. Nous sommes simplement à une transition et une appropriation de nouveaux usages où chaque GAFA veut être présent car des dépenses additionnelles ou des exploitations de données peuvent être abondamment faites.
La clef reste la compréhension du langage naturelle, les accents et les subtilités linguistiques ainsi que l’anticipation des besoins à chaque instant des membres de la famille même si le revers est l’empiétement sur la vie privée…Poussé à l’extrême, ce pourrait être de proposer une crêpe à la confiture de figue à M. Pierre alors qu’il en a justement l’envie à l’instant présent mais ne l’a pas encore manifestée.
 

Justement, quels risques ces assistants vocaux font-ils peser sur notre vie privée ? Quelle marque serait la plus respectueuse de cette dernière ?

 
Les commandes passées via Alexa peuvent être exploitées pour des suggestions d’achats ultérieures. Tout est fait pour inciter l’internaute à rester dans l’univers « amazing » d’Amazon.La traçabilité des actions passées est conservée que ce soit avec Amazon ou avec Google.Le côté positif est qu’en connaissant ses habitudes de consommation, des optimisations sont possibles comme pour le réglage de température, l’éclairage, etc. mais le côté obscur est la connaissance des comportements des utilisateurs qui fait planer le risque de « bigbrotherisation » à domicile.Apple n'utilise pas votre activité à domicile pour vendre ou faire de la publicité. Mais a contrario il est nécessaire de vivre dans un « Appleuniverse » pour pleinement profiter des outils mis en place par Apple et leurs interconnexions.
Plus que jamais ces plateformes sont bifaces : d’un côté l’explosion des services offerts qui facilitent votre quotidien, de l’autre une cyberconnaissance accrue qui conditionne vos vies et vous enferment dans des cases avec des suggestions d’actions et d’achats « à la Netflix » permettant moins de hasard et de sérendipité… Et encore les données ne sont pas, pour l’heure, remontées à des États qui pourraient être contrôlants et autoritaires. Sans compter le possible piratage de ces assistants vocaux qui seraient potentiellement des failles récupérées par des acteurs malveillants.
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Mots-clés :
Amazon, siri, Apple, Google
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