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Réchauffement climatique et montée des eaux : aux Pays-Bas ou ailleurs, le renforcement des côtes a déjà commencé mais est-ce assez ?
Publié le 29 avril 2018
Les Pays-Bas ont annoncé qu'ils allaient renforcer la plus grande digue du pays, afin de répondre aux dernières prévisions concernant la montée des eaux.
Gonéri Le Cozannet est chargé de recherche à la direction des risques et de la prévention du BRGM, unité Risques Côtiers et Changement Climatique.
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Les Pays-Bas ont annoncé qu'ils allaient renforcer la plus grande digue du pays, afin de répondre aux dernières prévisions concernant la montée des eaux.

Atlantico : Les Pays-Bas viennent de lancer le chantier pharaonique de renforcement de la plus grande digue du royaume, longue de 32 kilomètres. Quels autres pays, dans le monde et plus précisément en Europe, ont commencé à déployer ce type d'aménagements sur leurs côtes ? 

Gonéri Le Cozannet : Les travaux menés aux Pays-Bas sont d’une ampleur spectaculaire pour des raisons évidentes : ce qui est en jeu est la sécurité de personnes vivant et travaillant dans des secteurs situés en dessous du niveau de la mer. En 1953, les Pays-Bas ont subi une tempête majeure qui a causé la mort de 1800 personnes et de nombreuses pertes économiques. Le plan « Delta », mis en œuvre au cours des décennies suivantes, a consisté à conduire les travaux nécessaires pour réduire les risques de pertes humaines et économiques liées aux submersions marine. Aujourd’hui, l’élévation du niveau de la mer oblige à reconsidérer le dimensionnement de telles infrastructures. Il existe d’autres exemples de défenses côtières majeures en Europe : le projet MOSE à Venise, la barrière de la Tamise à Londres… Ces projets, qui visent avant tout à réduire les risques de submersion actuels, prennent en comptent l’élévation du niveau de la mer, dont on sait qu’elle se poursuivra au 21ème siècle et au-delà.

 

En France, quelles sont les zones les plus à risques ? Que met concrètement l'État en place pour faire face à ces risques ?

L’Etat met en place un certain nombre de politiques publiques pour gérer les risques de submersions, d’érosion et d’intrusion salines. (voir par exemple : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/prevention-des-inondations pour la prévention des inondations). Par rapport à la question de l’élévation du niveau de la mer induite par le changement climatique, un point important est le fait que les plans de prévention des risques littoraux intègrent, depuis 2011, des scénarios d’élévation du niveau marin. Par exemple, le scénario retenu pour 2100 est une élévation de +60cm. Il s’agit ici de travailler sur la planification de l’aménagement du territoire, notamment en rendant certaines zones très vulnérables inconstructibles. De fait, l’élévation du niveau de la mer ne peut être résolu par des infrastructures majeures que dans un nombre limité de sites à très grande valeur économique ou culturelle (Pays-Bas, Venise…). Il faut s’interroger sur la pertinence de telles solutions dans les nombreux secteurs côtiers où l’on souhaite préserver le paysage, maintenir ou restaurer une certaine qualité des milieux (biodiversité…), ou tout simplement lorsque les ressources financières pour s’adapter sont limitées.

 

Le GIEC estime que dans le meilleur des scénarios, le changement climatique entraînera une montée des eaux de l'ordre de 0,55 mètre d'ici à la fin du siècle. Que pensez-vous de cette estimation ? 

Vous faites référence au scénario dans lequel on atteint l’objectif d’augmentation de la température globale de 2°C par rapport à la période préindustrielle, qui prévoit entre 30 et 60cm d’élévation du niveau de la mer en 2100 (sans exclure des scénarios plus défavorables). Même dans ce cas, le niveau de la mer continuera à monter, car les glaciers de montagne et les calottes polaires continueront à fondre, l’océan à se réchauffer et à se dilater, en réponse au réchauffement climatique, même atténué, induit par les émissions de gaz à effets de serre. Le scénario de poursuite des émissions de gaz à effet de serre conduit pour sa part à 50cm à 1m en 2100, mais avec des vitesses d’élévation du niveau marin de 1cm/an ou davantage à la fin du siècle. Il est même possible de dépasser 1m en cas de fonte accélérée de l’Antarctique dès 2100. En réduisant les émissions de gaz à effet de serre, on cherche donc à se donner des chances que l’élévation du niveau de la mer n’accélère pas trop vite (elle est de 3mm/an aujourd’hui en moyenne globale).

 

En réalité, des chiffres d’élévation du niveau marin très similaires étaient déjà publiés dans le 1er rapport du GIEC des années 1990, et même dans les rapports de l’agence de protection de l’environnement américaine publiés dès les années 1980. Pourtant, les émissions de gaz à effets de serre n’ont cessé de croitre depuis cette époque. Aujourd’hui, les spécialistes de la transition énergétique nous disent qu’ils ne nous reste que très peu de temps pour espérer atteindre l’objectif des 2°C. Je pense donc qu’en l’absence de résultats mesurables (i.e., un ralentissement puis une diminution des concentrations de gaz à effets de serre dans l’atmosphère), les scénarios d’élévation de 55cm, ou de 60cm comme retenus en France, devront être revus à la hausse.

 

Au regard des prévisions climatiques, une grande partie de la population vivant dans des zones côtières sera directement concernée, notamment dans les métropoles du Nord comme du Sud. Selon vous, les gouvernements actuels ont-ils anticipé ce risque ? 

Le fait que les gouvernements aient signé l’accord de Paris signifie que les risques liés au changement climatique sont bien compris (élévation du niveau de la mer, réchauffement et acidification des océans, altérations du cycle de l’eau, vagues de chaleurs). Cet accord comprend un volet atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre) mais aussi un volet adaptation au conséquences inévitables. Bien sûr, cet accord n’est qu’un moyen pour atteindre des objectifs.

 

Je travaille pour le BRGM, qui est le service géologique national. Je pense que la géologie nous aide aussi à prendre un peu de perspective. Que nous disent les projections à plus long terme d’élévation du niveau de la mer ? Après 2100, la fonte du Groenland et de l’Antarctique se poursuivront pendant au moins 2000 ans, jusqu’à une fonte complète en cas de combustion de l’ensemble des réserves fossiles. Cette calotte Antarctique a commencé à se former il y a 34 millions d’années. La dynamique temporelle et l’ampleur de la réponse du système Terre à une révolution industrielle qui n’aura duré que 200 ou 300 ans doivent nous amener à nous interroger sur notre capacité à nous projeter dans l’avenir, y-compris au-delà des deux ou trois prochaines générations.

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pierre de robion
- 07/05/2018 - 22:44
Pipeau
A l'échelon géologique, notre vieille Terre en a vu d'autres! Et à la vitesse exponentielle de la démographie, doublée de la même vitesse pour la technologie, l'homme aura disparu bien avent que ses viles fantômes ne soient englouties!
vangog
- 07/05/2018 - 20:42
Encore une fake-news Atlantico...
Le GIEC...Woooouuuaaaaaarfff!
zen aztec
- 01/05/2018 - 09:47
pfff!
On en est plus à une Gonéry près