En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© PHILIPPE DESMAZES / AFP
Atlantico Green

Pourquoi les forêts font leur grand retour en Europe

Publié le 01 avril 2018
Bonne nouvelle : on observe depuis vingt ans des phénomènes de reforestation importante dans des pays comme l’Espagne, le Portugal, la Grèce ou la France.
François-Michel Le Tourneau est géographe au CNRS. Il travaille au Centre de recherche et de documentation des Amériques (CREDA). Il a publié l'article Jusqu’au bout de la forêt ? Causes et mécanismes de la déforestation en Amazonie brésilienne.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
François-Michel Le Tourneau
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
François-Michel Le Tourneau est géographe au CNRS. Il travaille au Centre de recherche et de documentation des Amériques (CREDA). Il a publié l'article Jusqu’au bout de la forêt ? Causes et mécanismes de la déforestation en Amazonie brésilienne.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Bonne nouvelle : on observe depuis vingt ans des phénomènes de reforestation importante dans des pays comme l’Espagne, le Portugal, la Grèce ou la France.

Atlantico : Qu’est-ce qui explique qu’on observe aujourd’hui des phénomènes de reforestation importantes ces vingt dernières années dans des pays comme l’Espagne, le Portugal, l’Australie, la Grèce, les Etats-Unis, à contre-courant de ce qu’on observe dans les pays du Sud ?

François-Michel Le Tourneau : Deux explications aboutissent à deux types distincts de reforestation. La première est le développement des forêts de plantation. Il s’agit en fait plus de « champs d’arbres » que de forêts. Ils sont généralement voués à la sylviculture - comme c’est généralement le cas en Amérique du Nord, en Espagne ou au Portugal. L’autre reforestation est liée à la déprise agricole. De ce point de vue là, on peut observer que le cas de la France est assez intéressant. Le moment où il y a eu le moins de forêt en France se situe aux alentours de la moitié du XIXe siècle. Depuis, elle revient petit à petit parce qu’on a concentré les terres agricoles sur les terres les plus productives, laissant des espaces non-employés parce que trop compliqués à cultiver avec la technologie actuelle. Cela correspond généralement donc à la forêt de montagne.

Existe-t-il des politiques qui incitent à la reforestation aujourd’hui, ou s’agit-il avant tout de raisons économiques ?

Les politiques de reforestation naturelle sont généralement des friches. L’Union européenne, notamment, subventionne les agriculteurs pour ne plus exploiter certaines de leurs terres. Cela pose d’ailleurs des questions sur ce qu’est un agriculteur. Dans les cas où on laisse la nature se débrouiller, on observe une progression des couverts boisés dans certaines régions, surtout en montagne. On s’aperçoit généralement que les arbres montent beaucoup plus haut de manière naturelle. Malgré tout, la plus grande partie de la reforestation est la replantation de forêts faites pour l’exploitation.

Quelle est la forme de reforestation la plus bénéfique ?

Il y a pas tellement de doute, même si cela dépend des objectifs : si l’objectif est une préservation de l’environnement, en particulier pour défendre la biodiversité, mieux vaut laisser les forêts se régénérer toutes seules. Avec ce que cela implique en termes de modification des paysages auxquelles nous sommes habitués, et avec éventuellement quelques interventions sur quelques espèces ou essences invasives qui peuvent gêner cette reconstruction. L’ONF en France est très compétent sur ces points depuis la découverte de la vulnérabilité des massifs forestiers avec les grandes tempêtes des années 1990. Ils encouragent les mix d’essences qui permettent d’avoir des forêts plus résistantes face à ce genre de catastrophes. Il vaut donc mieux laisser dans ces conditions les forêts se refaire toutes seules plutôt que de se glorifier d’immenses forêts qui ne sont jamais que de grands champs d’arbres et au final n’apportent pas grand chose. De toute façon, une seule essence d’arbre plantée sur des centaines d’hectares les uns à côtés des autres, cela n’apporte rien de très intéressant en termes de biodiversité.

Quels effets compensatoires peuvent avoir cette reforestation en termes de biodiversité ou d’absorption du CO2 ?

En termes d’absorption du CO2, plus les arbres poussent, plus le CO2 est stocké, c’est mathématique. Mais il est aussi mathématique que quand ce sont des forêts d’exploitation, au bout de 10-20 ans, le CO2 est relibéré puisque on coupe la forêt pour la transformer en planches. C’est un cycle logique.

De plus si on prend les surfaces de forêts qui ne sont pas d’exploitation seules, on est très perdant en termes de biodiversité, car cette reforestation générale ne compense pas la perte de la biodiversité liée à l’agriculture intensive. On a vu que la forêt se développe parce qu’il y a une agriculture qui produit plus sur d’autres surfaces. La destruction qui s’opère sur ces surfaces moindres n’est pas compensée par ce qu’on gagne sur en forêts. La perte des oiseaux des champs liés à l’effondrement de la faune des insectes ne sera pas compensée par les morceaux de forêts qu’on laisse repousser dans les Alpes et autres endroits où on ne peut pas faire passer le tracteur.

Il est nécessaire donc d’avoir une diversité de biomes, au delà de simplement se satisfaire de la replantation de forêts ?

Oui, une diversité de biomes, mais de faunes adaptées aux différents environnements. C’est aussi un calcul en termes de surface. C’est-à-dire qu’il est très peu probable, en Europe en tout cas, qu’on retrouve des surfaces de forêts qui soient supérieures à 50%. Si on a 2/3 de champs et d’espace urbain et 1/3 de forêts, la forêt ne va pas compenser les effets de la destruction qui s’opère sur les deux autres tiers.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

02.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

03.

L'arrivée du Pape François et la fin d'une Eglise dogmatique

04.

Après l’annonce de la mort d’Hamza Ben Laden, de hauts responsables d’Al-Qaida réapparaissent

05.

Classement Bloomberg des familles les plus fortunées : pourquoi les dynasties règnent plus que jamais sur le capitalisme mondial

06.

La guerre des changes aura lieu

07.

Donald Trump réfléchirait à acheter le Groenland : l'île répond qu'elle n'est pas à vendre

01.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

02.

Pour comprendre l’après Carlos Ghosn, l’affaire qui a terrassé l’année 2019 dans le monde des entreprises

03.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

04.

La saga du Club Med : comment le Club Med résiste à la crise chinoise

05.

Peugeot-Citroën : le lion résiste aux mutations mondiales

06.

Comment se fait-il qu'un pays aussi beau que la Pologne ait un gouvernement de m... ?

01.

M. Blanquer, pourquoi cachez-vous à nos enfants que les philosophes des Lumières étaient de sombres racistes ?

02.

"Une part d'Afrique en elle" : petit voyage dans les méandres de la conception macronienne de la nation

03.

Quand le moisi (Jean-Michel Ribes) s'en prend à la pourriture (Matteo Salvini)

04.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

05.

Réorganisation de la droite : cette impasse idéologique et politique qui consiste à s'appuyer uniquement sur les élus locaux

06.

Pourquoi cette étude confirme l'absence de lien entre vaccination et sclérose en plaques (mais ne suffira probablement pas à recréer la confiance)

Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
melanie ghislain
- 02/04/2018 - 08:44
les forets du Portugal ont
les forets du Portugal ont cause la mort d'une centaine de personnes l'ete dernier, les forets ne sont pas entretenues et rien n'a change , depuis cet ete meurtrier
quand les animaux auront disparus il n'y aura plus d'etres humains, les proteger est une necessite absolue, car l'homme s'accapare de la nature, sans aucun respect pour la faune et la flore, quant au co2 c'est une necessite. les balivernes que l'on raconte a ce sujet , pour bourrer le crane des gens, n'est certainement pas une bonne politique
J'accuse
- 01/04/2018 - 11:20
Le culte de la biodiversité et la haine du CO2
Comment peut-on dire que l'on libère du CO2 en coupant des arbres ? Ce n'est le cas que si on les brûle. Il y aura de la biodiversité tant qu'il y aura du CO2, gaz indispensable à la vie végétale et donc animale: inutile de s'angoisser. La plus grande richesse de la Terre est la diversité humaine: cessons de détester les hommes et de s'agenouiller devant les bêtes, les bestioles et les plantes.