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Quand les codes des marques décodent les angoisses des montres suisses et quand l’électronique dépanne la mécanique : c’est l’actualité des montres à l’heure du premier salon horloger de l’année

Publié le 12 janvier 2018
Mais aussi les ponts d’or qui ne sont plus en or, la furtivité contemporaine d’un chronographe tricolore, le cuir qui semble tressé d’argent et les « brèves de remontoir » de la semaine…
Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de...
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Mais aussi les ponts d’or qui ne sont plus en or, la furtivité contemporaine d’un chronographe tricolore, le cuir qui semble tressé d’argent et les « brèves de remontoir » de la semaine…

H. MOSER & CIE : La montre qui était un « monstre » insupportable…

Comme la créature du Dr Frankenstein, la « Frankenwatch » de H. Moser & Cie. a échappé à son créateur. Lancée hier sur les réseaux sociaux, l’idée de cette Swiss Icons Watch était de synthétiser, autour du ramdam médiatique soulevé par cette pièce unique, toutes les questions que devrait se poser l’industrie horlogère suisse à propos de la « substance » de son message, de sa paresse créative, des bidonnages de sa communication et des impasses où l’enferment ses « influenceurs » préférés. La vidéo officielle du lancement de cette Swiss Icons Watch confirmait explicitement et satiriquement ces critiques : elle a été supprimée du site de la marque, mais nous la proposons à titre d’information aux lecteurs d’Atlantic-tac (ci-dessous). La Swiss Icons Watch était d’autant plus amusante qu’elle compilait parodiquement les codes identitaires des principales icônes de l’horlogerie suisse : on y reconnaît la lunette bicolore de Rolex, la protège-couronne de Panerai, la couronne de Cartier, le pont d’or de Girard-Perregaux au-dessus du faux tourbillon, les aiguilles de Breguet, le style octogonal d’Audemars Piguet, les vis du boîtier de Hublot, le cadran strié bleu de Patek Philippe, les aiguilles de Breguet, etc. De quoi réfléchir – même avec une pièce unique symbolique – à la vanité de ces codes inlassablement bégayés, qui résument trop souvent le message des marques. Il semblerait que la pression des « grandes marques » ainsi caricaturées ait eu raison de l’humour du bouffon qui osait dire que le roi était nu…

GIRARD-PERREGAUX : La modernité en toute légèreté…

Pour comprendre ce que pourrait être le style contemporain de la haute horlogerie suisse, il suffit d’admirer cette Neo-Tourbillon proposée par Girard-Perregaux. Le hasard de l’actualité permet de comparer le pont en or qui décore la « Frankenwatch » de H. Moser & Cie. (ci-dessus) à un des ponts en titane de la nouvelle montre Neo-Tourbillon de Girard-Perregaux (ci-dessous). Le triple pont d’or doublement fléché relève d’une tradition horlogère suisse – les mécaniques sous « trois ponts d’or » – qui s’est imposée dans les années 1880. On en retrouve l’héritage, restylé, reprofilé et modernisé, interprété en noir, dans les ponts qui structurent ce cadran, l’un (en bas) assurant le maintien du tourbillon, l’autre (en haut) serrant le barillet qui stocke l’énergie de la montre. Un chef-d’œuvre d’architecture micro-mécanique, qui sous-tend les lignes de la montre pour en souligner les volumes : le temps y est comme suspendu dans sa complexité. Pour le reste, on admirera l’astuce du micro-rotor de remontage automatique dissimulé sous le barillet et on appréciera le « squelettage » qui allège les parties mécaniques de la montre, l’ellipse graphique des aiguilles et la fluidité générale des lignes de cette Neo-Tourbillon Three Bridges Skeleton allégée par son boîtier en titane (45 mm) et vouée à la lumière par son large écran de verre saphir bombé. Transparence, légèreté, identité, modernité : le spectacle est totale et l’interprétation contemporaine magistrale [il faudra quand même gagner au Loto pour s’offrir, autour des 120 000 euros, cette œuvre d’art horloger contemporain]

RESSENCE : Une disruption électromécanique dans la tradition…

Les jeunes créateurs de l’horlogerie sont formidables ! Respectueux des traditions reçues en héritage, ils repensent l’horlogerie mécanique avec les outils numériques de leur génération. Créée par le Belge Benoît Mintiens, un des plus sympathiques animateurs de cette nouvelle génération, la maison Ressence vient ainsi de se pencher sur le remontage des montres par la couronne, un principe communément admis et banalisé qui n’avait guère évolué depuis les années 1850. Sans toucher à l’intégrité mécanique de la montre Type 2 [dont le système d’affichage « co-planétaire » et orbital de l’heure est déjà révolutionnaire], ni à son design, tout aussi disruptif, le concept de e-crown apporte au mouvement un mode de réglage électronique automatisé, dont l’autosuffisance alimenté par l’énergie du poignet et par des cellules photovoltaïques (énergie solaire). Ce module électromagnétique embarqué va régler l’heure sans couronne, ni intervention humaine – en liaison avec une application logée dans un téléphone portable : il est contrôlable en tapotant sur le verre bombé de la montre. C’est simple, efficace, intuitif et très facile à mémoriser : tous ceux qui ont dû apprendre par cœur le manuel d’utilisation d’une montre électronique asiatique ont toujours en mémoire le cauchemar que constitue la lecture de ces instructions généralement rédigées dans un sabir franco-japonais très approximatif ! Rien de tout ça avec Ressence, d’autant que, à tout moment, l’utilisateur peut repasser en mode mécanique intégral, comme au bon vieux temps de la haute horlogerie traditionnelle. Hier + demain = Ressence…

MICHEL HERBELIN : Une furtivité pleine de personnalité…

Heureusement qu’il reste quelques horlogers « Made in France » pour nous proposer des montres à des prix qui ne relèvent pas de l’extorsion de fonds pratiquée dans le piémont suisse ! Prenez le cas de l’« atelier d’horlogerie française » Michel Herbelin, maison familiale qui arrive à nous proposer, pour un peu plus de 800 euros, un chronographe Newport tout ce qu’il y a de plus contemporain : boîtier et cadran noirs pour la discrétion, attaches du bracelet facilement identifiables (et légèrement rétro-nostalgiques), trois compteurs et deux poussoirs, grande date à 12 h pour harmoniser le cadran, étanchéité à 100 m pour un usage tout-terrain et bracelet en cuir à effet gomme. Même si le mouvement (électronique) précis au dixième de seconde est suisse, ce chronographe Newport, plein de caractère et de personnalité (42,5 mm) en dépit de sa furtivité « militaire », porte fièrement la mention « France » dans le bas de son cadran. 

EBERHARD & CO : L’élégance d’une ellipse au cuir argenté…

Si la respectable maison Eberhard & Co n’est pas la plus bavarde des vénérables marques suisses (rappelons tout de même qu’elle vient de fêter ses 130 ans), elle n’en recèle pas moins quelques pépites cachées, dont la collection Gilda, qui est une des plus élégantes montres féminines du marché. Question de forme et question de style : l’ellipse possède un équilibre naturel que viennent animer d’innombrables propositions de cadrans (des plus sertis aux plus sobres, qui ne sont pas les moins séduisants) et même de bracelets, comme ce magnifique travail de « cuir argenté » qui qui semble tissé de broderies entrelacées et qui renforce la personnalité de la montre. L’argent plutôt que l’or, ça c’est contemporain ! Quelques diamants alignés comme des chiffres romains complètent la panoplie de cette arme de séduction massive, proposée avec un mouvement à quartz qu’il sera inutile de remonter en s’écaillant les ongles puisque la montre sera à l’heure précise, sans rien faire, pendant de longues années. 

BRÈVES DE REMONTOIR : un peu de tout en un rien de temps…

••• SIHH : ouverture dans trois jours du Salon international de la haute horlogerie, avec 35 marques officiellement exposantes (17 « maisons historiques » et 18 créateurs indépendants au Carré des horlogers) et au moins autant qui exposent dans Genève. À peu près 20 000 visiteurs sont attendus, avec un nombre croissant d’amateurs et de collectionneurs privés. C’est donc un événement majeur pour l’économie horlogère, qui sera d’autant plus retentissant cette année qu’il sera démultiplié sur d’innombrables canaux numériques et audiovisuels… ••• MANAGER DE L’ANNÉE : il est si exceptionnel qu’un patron de marque horlogère soit distingué par les suffrages populaires comme « manager de l’année » que c’est même une grande « première » ! Jean-Pierre Lutgen, le créateur d’Ice-Watch (ci-dessous), vient ainsi d’être élu « manager de l’année 2017 » par les internautes de Belgique et du monde entier. Une jolie victoire alors qu’il vient de fêter les dix ans d’Ice-Watch, marque qui sera le partenaire horloger des prochaines montres « Tintin » (lancées au printemps à Baselworld, l’autre grand salon horloger)… ••• CHURCHILL : si vous allez voir le film Les heures sombres (Darkest Hour) consacré au personnage de Winston Churchill pendant la Seconde Guerre mondiale, ne manquez pas la montre Breguet porté à l’écran par Gary Oldman, qui tient le rôle de Churchill. Il s’agit d’une réplique de la montre de poche Breguet n° 765, qui était la montre personnelle du Premier ministre britannique, qui l’avait héritée de son grand-père, John spencer Churchill, 7e duc de Marlborough. Cette montre chronographe à répétition minutes (pour faire sonner les heures quand on ne peut pas les lire dans l’obscurité) avait été acquis en 1890. La montre originale est toujours visible dans la « War Room » – la pièce où Churchill s’abritait pendant les bombardements de Londres par les Allemands – située sous l’Imperial War Museum…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : https://businessmontres.com/

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