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Chatbots : ces robots dont vous ne pourrez bientôt plus vous passer pour organiser votre vie
Publié le 08 septembre 2016
Résultant de près de 65 années de travaux sur l'intelligence artificielle, le "chatbot" pourrait bien faciliter considérablement nos modes de vie, menaçant la traditionnelle interface homme-machine que nous utilisons actuellement, à savoir l'ordinateur.
Fabrice Epelboin est enseignant à Sciences Po et cofondateur de Yogosha, une startup à la croisée de la sécurité informatique et de l'économie collaborative.
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Résultant de près de 65 années de travaux sur l'intelligence artificielle, le "chatbot" pourrait bien faciliter considérablement nos modes de vie, menaçant la traditionnelle interface homme-machine que nous utilisons actuellement, à savoir l'ordinateur.

Atlantico: Que recouvre le néologisme anglais "chatbot" ? Quelle est la nouveauté de ce type de robot par rapport aux précédentes générations de systèmes de commande vocale, comme Siri ? Quelles plateformes en disposent d'ores et déjà et qu'est-ce qui les différencie entre eux ?

Fabrice Epelboin: Les chatbots (de “chat”, "converser" en anglais, et “bot”, contraction de “robot”) sont vieux comme l’informatique. Le concept - si on remonte à son origine - a été formulé par Alan Turing, le père de l’informatique moderne,  en 1950. Ce dernier a théorisé que la machine arriverait un jour à passer le “test de Turing”, un test d’intelligence artificielle fondée sur la faculté pour une machine à imiter la conversation humaine. Le test consiste à faire dialoguer un humain avec un ordinateur et un autre humain à l’aveugle. Si l’homme qui engage la conversation n’est pas capable de dire lequel de ses interlocuteurs est un ordinateur, on peut considérer que le logiciel de l’ordinateur a passé avec succès le test. 

Le chatbot d’aujourd'hui est en quelque sorte le résultat de 65 ans de travail en intelligence artificielle, et démontre, s’il en était besoin, à quel point Turing était un génie visionnaire. Ce qui distingue les différents chatbots tient essentiellement à l’intelligence artificielle qui les anime, et cette dernière a fait des progrès significatifs ces dernières années.

Comment ces robots choisissent-il un service pour exécuter une consigne de l'utilisateur ? Par exemple, sur quels critères vont-ils finalement opter pour Uber ou pour un taxi si on ne précise pas le type de transport souhaité pour effectuer le trajet demandé ?

Le choix entre la prescription d’un service ou d’un autre va très certainement se faire sur la base d’accords commerciaux de commissionnement mis en place entre l’opérateur qui conçoit le chatbot et le service recommandé, car il est plus que vraisemblable que le service de chatbot soit fourni gratuitement au public. Il faut bien que le service génère des revenus, et c’est de loin le modèle économique le plus simple et le plus apte à fournir un service "gratuit" qui sera rapidement adopté par le grand public.

 

Il est vraisemblable que bon nombre de service existants mettent rapidement en place leur propre chatbot, mais il est également vraisemblable que de nouveaux services, de l’ordre de la conciergerie automatisée, soient disponibles par la suite, et offrent quelque chose de bien plus élaboré en agençant de façon intelligente et personnalisée d’autres services.

 

Dans le cas d’un Uber vs. un taxi, par exemple, un chatbot pourrait mettre en place un service bien plus sophistiqué, comme par exemple de s’occuper de l’intégralité d’un déplacement entre Paris et New York en trouvant les taxis et le vol, et pourquoi pas même un hôtel, une voiture de location, tout ça en ne demandant qu’un minimum d’information aux consommateurs. Il est tout à fait envisageable de demander sous peu à un chatbot de s’occuper d’un séjour à l’étranger en ne lui donnant comme indication qu’une destination. Le chatbot s’occuperait du taxi pour aller à l’aéroport, choisirai le vol approprié, commanderait le taxi une fois arrivé sur place, réserverait un hotel ainsi qu’une voiture de location, sans oublier d’insérer une alarme sur le smartphone de l’utilisateur du chatbot afin qu’il se réveille à l’heure le jour de son départ. On voit tout de suite que de nombreux services en ligne, comme les comparateurs de prix dans l’aérien, vont se retrouver en fâcheuse posture.

 

Il est tout aussi vraisemblable que de nombreux services bien plus innovants et créatifs que ce que je viens de décrire voient le jour et fassent le même genre de réintermédiation entre des services existant et leur clientèle actuelle.

 

Dans quelle mesure ces robots donnent-ils à leurs concepteurs un pouvoir potentiellement exorbitant ? En quoi leur utilisation à grande échelle pourrait-elle orienter nos choix, et donc changer nos vies et l'équilibre du monde ?

S’ils tiennent leurs promesses, les chatbots sont appelés à remplacer dans de nombreux cas l’interface homme-machine que nous connaissons aujourd’hui : un écran, une souris, un clavier, etc., pour acheter un billet d’avion, par exemple. Evidemment, un chatbot ne remplacera pas l’interface de Photoshop, mais dans de très nombreux cas, il sera bien plus efficace que ce que nous utilisons depuis deja une trentaine d’années, et qui a été introduit au grand public à travers les premiers Macintosh : la fenêtre et la souris.

 

Cela annonce un nombre considérable de réintermédiation entre ce à quoi la machine donne accès - c’est-à-dire un nombre considérable de choses - et les consommateurs.

 

Jusqu’ici, avec Internet, toute réintermédiation a été de pair avec un déplacement de valeur considérable vers ces nouveaux intermédiaires, et il n’y a aucune raison que cela change. On peut donc s’attendre à de nouveaux équilibres dans la chaine de création de valeur dans tout un tas de secteurs d’activité. Le chatbot ayant l’accès ultime au consommateur, il devrait s’attribuer la part du lion.

 

De là à dire que cela pourrait changer l’équilibre du monde, sans doute pas, mais faciliter nos vies, très certainement, en rendant l’ordinateur plus ubiquitaire, plus accessible, plus facile à utiliser car plus proche d’une interaction humaine naturelle.

 

La précédente révolution dans l’interface entre l’homme et la machine a été l’invention par Xerox et la popularisation par Apple de l’interface que nous utilisons tous les jours : la fenêtre et la souris, qui sont une vue de l’esprit par rapport à la réalité de la machine destinée à la rendre plus proche de l’esprit humain, et du coup plus facile à appréhender et à utiliser. Avec une interaction qui est de l’ordre de la conversation, on se rapproche bien plus encore de quelque chose de parfaitement naturel pour un être humain.

 

 

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