En direct
Best of
Best of du 6 au 12 juillet
En direct
© Pixabay
Tant va la cruche à l'eau...

De nouvelles données de la Nasa indiquent que la planète file vers une pénurie d’eau grandissante (et voilà qui en pâtit)

Publié le 21 juin 2015
Selon de nouvelles images de la Nasa, la planète manque d'eaux souterraines, les aquifères sont à des niveaux extrêmement bas. Les prélèvements dans ces aquifères sont excessifs et devront nécessairement être réduits, voire arrêtés dans le cas d'épuisement des réserves.
Jean Margat est hydrogéologue, il animé et conseillé les études et les recherches sur les eaux souterraines du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM). Il est maintenant expert auprès d'organisations internationales (FAO, UNESCO...). Il...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean Margat
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean Margat est hydrogéologue, il animé et conseillé les études et les recherches sur les eaux souterraines du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM). Il est maintenant expert auprès d'organisations internationales (FAO, UNESCO...). Il...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Selon de nouvelles images de la Nasa, la planète manque d'eaux souterraines, les aquifères sont à des niveaux extrêmement bas. Les prélèvements dans ces aquifères sont excessifs et devront nécessairement être réduits, voire arrêtés dans le cas d'épuisement des réserves.

Atlantico : La NASA a publié les zones où les aquifères (des réserves d'eau pouvant alimenter des millions de personnes) atteignent des niveaux exceptionnellement bas. Quelles sont les conclusions à tirer ?

Jean Margat : Les aquifères ne sont pas seulement des "réserves" mais d'abord des conducteurs de ressources en eau souterraine renouvelables, exploitables dans les limites de leur alimentation ("Ground Water Recharge") et des incidences acceptables sur les débits de base des cours d'eau de surface qui les drainent. Les baisses de niveau "exceptionnelles" observées dans certains aquifères de plusieurs pays résultent soit de surexploitation de leurs ressources renouvelables (en Inde, en Chine, aux USA ), soit d'exploitation de ressources non renouvelables ("Groundwater mining", en Arabie, en Libye, en Algérie). Dans les deux cas les prélèvements dans ces aquifères sont excessifs et ne peuvent être durables, ils devront nécessairement être réduits, voire arrêtés dans le cas d'épuisement des réserves. 

Ces exploitations excessives concernent des aquifères délimités et connus, généralement bien étudiés, voire modélisés, sujets à une gestion collective, et non toutes les eaux souterraines de chaque pays, souvent très inégalement exploitées. Les pénuries d'eau locales résultant des tarissements prévisibles seront à traiter par la conjugaison d'appel à d'autres sources d'approvisionnement en eau (transfert, sources non conventionnelles) et d'efforts d'économie d'eau (meilleure efficience d'utilisation, notamment en irrigation). Globalement les surexploitations (overdraft) d'eau souterraine renouvelable et les Groundwater Mining d'eau souterraine non renouvelable (dont les 4/5 concernent 3 pays : Arabie saoudite, Libye, Algérie) cumuleraient à présent 150 à 250 km3/an,soit 15 à 25 % des prélevements d'eau souterraine, qui approchent 1000 km3/an et seraient eux-même de l'ordre de 25 % des prélèvements d'eaux globaux pour toutes utilisations.

La Nasa a démontré que 21 des 37 plus grands aquifères en Inde, Chine, Afrique du Nord, Etats-Unis et France ont subi une baisse importante de leur production d'eau. Pourquoi ?

 

Cette information est absolument fausse pour la France où les exploitations d'eau souterraine sont stables, de même aux USA où les exploitations d'eau souterraine sont stables depuis 1980 selon les statistiques publiées par l'USGS. Quant aux "grands aquifères" non identifiés en Inde, Chine, Afrique du Nord et aux Etats-Unis, ils sont plutôt sujets à surexploitation croissante et déstockage ! Je me demande s'il n'y a pas eu confusion entre les baisses de niveau bien connues depuis plusieurs décennies dans ces aquifères (par exemple dans l'Oggalala Aquifer aux USA ...) et des diminutions de prélèvements. D'ailleurs je renvoie, pour en savoir plus, à mon livre, rédigé avec monsieur Van Den Gun, Groundwater around the world publié par Balkema en 2013. Je rappelle encore que les visions et statistiques globales sur les eaux souterraines (comme sur toute l'eau) dans le monde n'ont qu'un intéret limité, car les problèmes d'approvisionnement en eau et de gestion de ressources ne sont pas globaux, ni même continentaux, mais avant tout régionaux et locaux !  

Quels sont les dangers pour les populations, l'industrie et l'agriculture ? Est-ce une menace imminente ? Y a-t-il déjà des conséquences sur l'environnement ?

Ce sont plutôt les réductions futures inévitables de productions d'eau souterraine excessives et non durables qui provoqueront des pénuries d'eau locales voire régionales, au cours du XXIème siécle, appelant le recours à d'autres sources d'approvisionnement, notamment non conventionnelles (réutilisation, déssalement...) et des efforts d'économie d'eau. En particulier en Californie ! (Des zones comme la Californie pompent régulièrement leurs propres aquifères (cette dernière en pompe 60 %) à cause de l'absence de pluie, NDLR)

Voici l'une des cartes de la Nasa :

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Si vous pensiez que la dette américaine détenue par la Chine met Washington à la merci de Pékin, ce graphique pourrait vous surprendre

02.

Les trois (fausses) excuses de Macron pour ne pas mettre en œuvre son programme de réduction de dépenses publiques

03.

Un Rugy de perdu, 10 populistes de retrouvés ? Quand les opérations mains propres ne produisent pas la vertu escomptée

04.

A ses ralliés, la République (En marche) pas reconnaissante

05.

Safari des gérants du Super U : pourquoi leur cas est bien plus défendable qu’il n’y paraît d’un point de vue environnemental

06.

Quand Nelson Mandela rejoignait Johnny Clegg sur scène

07.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

01.

Immigration : quand la vérité des chiffres émerge peu à peu

02.

Céline Dion envoie DEUX stylistes à l’hosto; Nabilla veut de grandes études pour son bébé; Elizabeth II recueille une milliardaire en fuite; Laeticia Hallyday humiliée à Saint-Tropez; Cyril Hanouna achète à Miami, François H. & Julie Gayet à Montsouris

03.

Auriez vous le brevet des collèges ou... signé une pétition car les épreuves étaient trop difficiles ?

04.

Safari des gérants du Super U : pourquoi leur cas est bien plus défendable qu’il n’y paraît d’un point de vue environnemental

05.

Ces cinq erreurs de politiques publiques qui coûtent incomparablement plus cher à la France que quelques dîners au luxe malvenu

06.

Ces 6 questions que soulèvent les révélations sur François de Rugy et qui en disent long sur le niveau de dysfonctionnement politique et économique de notre pays

01.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

02.

Immigration : quand la vérité des chiffres émerge peu à peu

03.

Ces cinq erreurs de politiques publiques qui coûtent incomparablement plus cher à la France que quelques dîners au luxe malvenu

04.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

05.

Et toute honte bue, François de Rugy limogea sa chef de cabinet…

06.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
gwirioné
- 22/06/2015 - 01:00
Bidon!
Comme (trop) souvent sur Atlantico, le titre fait dans le sensationnalisme et ne reflète pas le contenu modéré de l'article. Très dommage, messieurs les "journalistes"!
Marie-E
- 21/06/2015 - 21:18
on dirait qu'en France
on commence à s'en préoccuper. Il y a longtemps qu'au Proche Orient (entre 2 guerres ou pendant) on réfléchit à ce problème. Entre le goutte à goutte, le dessalement,.... et bien ils essayent et ensemble....