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Dans les jardins de Marrakech
Publié le 28 juin 2014
Sous le soleil du Maroc, une visite exclusive de Marrakech à travers quatre de ses plus beaux jardins.
Président fondateur de Peplum, créateur de voyages sur-mesure de luxe, Quentin Desurmont agit activement pour l’entreprenariat. Il a fait partie de la délégation du G20 YES à Moscou en 2013 et  à Mexico en 2012, est membre de Croissance + et des...
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Sous le soleil du Maroc, une visite exclusive de Marrakech à travers quatre de ses plus beaux jardins.

Pour en savoir plus sur le Maroc, rendez-vous sur le site de Peplum

Une odeur de curry s'immisce discrètement dans le nez tandis que l'on négocie le prix du tajine. C'est la correspondance des sens qui s'opère inévitablement dans un souk marocain, en particulier à Marrakech. La vue et l'odorat son sollicités comme jamais, entre le faïencier du nord, le maraicher du sud, et le joueur de oud confortablement installé sur l'un des tapis vendus dans l'échoppe voisine. La nonchalance des marchands, si elle énerve, contribue nettement à l'atmosphère générale. Le racolage fait partie de l'expérience. Mais pour profiter du calme de la « ville rouge » il faut impérativement en visiter les jardins. Le voyage prend alors toute son essence.

Attraction majeure : le Jardin Majorelle, un lieu magique que le peintre français Jacques Majorelle aura mis quarante ans à créer. On est au cœur de la ville. Et pourtant, passé le portail d'entrée, la pollution ne devient plus qu'un mauvais souvenir. On se concentre sur la végétation exotique qui jalonne les allées et les points d'eau ombragés. Un bassin pavé de nénuphars et de lotus ? On pense bien sûr à Claude Monet et à Giverny. La température extérieure, bien qu'écrasante, remet toutefois les idées en place. Les oiseaux pépient à l'abri de la circulation urbaine. Hormis quelques pierres servant d'appui aux visiteurs essoufflés, le jardin ne compte que peu de bâtiments en son sein. Un charme mauresque et un style Art Déco émanent du Mémorial Yves Saint-Laurent.

Quel rapport entre feu le grand couturier français et Majorelle ? Algérien d'origine, YSL puise une grande part de son inspiration de son pays natal. En 1980, accablé par le succès et la nostalgie, il acquiert avec son compagnon Pierre Bergé, le jardin menacé de destruction. Leur but ? « … faire du jardin Majorelle le plus beau jardin – celui que Jacques Majorelle avait pensé, envisagé ». Mission accomplie, car le site est l'un des plus visités de Marrakech aujourd'hui. Les sentiers en sont d'autant plus étouffants qu'envahis de visiteurs titubants d'admiration.

On continue sur sa lancée bucolique dans l'enceinte des Jardins d’Agdal. Le contraste est d'emblée frappant, notamment d'un point de vue chromatique. Les couleurs primaires de Majorelle ont cédé la place à une palette plus sobre. Sous le soleil éclatant, la façade du Palais royal d'Agdal semble assortie à l'eau trouble et au terrain sablonneux qui l'entoure. Conçus au XIIe sous le règne d'Abd el-Moumen, un souverain almohade, cet énorme parc - anciennement nommé « de Marrakech » - touche en son sud une autre propriété royale, le Palais Dar El Makhzen. Si l'ensemble des arbres que l'on y rencontre ont bien neuf cents ans passés, leur coupe, leur agencement ne date en revanche que du XIXe siècle. Slalom entre grenadiers et oliviers pour tomber sur l'Es Sala, le plus grand  bassin du domaine, lequel borde un autre palais, le Dar El Hana. La traversée est indispensable si l'on veut pouvoir profiter du panorama sur la chaîne du haut Atlas.

Moins variée, la végétation des Jardins de la Ménara vaut quand même le détour. Aménagés sous la dynastie des Almohades (« qui proclament l’unité divine ») - mouvement religieux dont la dynastie homonyme gouverne le Maghreb entre le XIIe et le XIIIe siècles - il s'agit d'une oliveraie encore en culture qu'alimente depuis sept cents ans une conduite montagneuse de trente kilomètres environ. Au coeur de cet espace vert et odoriférant trône un grand bassin et un pavillon destiné à l'irrigation des cultures. Bien qu'elle gâche la vue, l'estrade métallique qui en déborde pourrait, avec un peu de concentration, passer inaperçue. C'est un endroit paisible refoulé à l'écart du tumulte citadin. Un lieu privilégié pour les promenades.

Un dernier pour la route ? Pour s'y rendre, il suffit de longer l'avenue Mohamed V.  On est toujours au cœur de Marrakech qui accueille huit hectares supplémentaires. À croire que le centre-ville est infiniment grand. Planté au XVIII e siècle, le jardin Arsat Moulay Abdessalam s'avère, comparé aux parcs sus-mentionnés, plutôt récent. Fils et frère de sultans, Arsat Moulay Abdessalam est un diplomate, écrivain et poète célèbre. De son temps, l'écriture se voulait un art presque aussi important que l'art des jardins. D'où les travaux de restauration engagés par la Fondation Moahammed VI, en 1920. Son objectif ? Préserver ce pilier du patrimoine marocain en l'augmentant d'un espace lié – pour ne pas dire connecté – aux technologies de pointe. Rebaptisé le cyber parc Moulay Abdeslam, ce vaste coin de verdure doit son relooking à Maroc Telecom ainsi qu'à quatorze sociétés informatiques, à l'architecte Karim El Achak et au paysagiste Jean-Charles Mazet.

Là, au milieu de 450 arbres, dont 200 palmiers, 500 arbustes et 680 orangers s'étirent des allées équipées de bornes ADSL à fibre optique. Le chemin tout tracé, à l'entrée/sortie du jardin, vers le musée des télécommunications qui retrace l'histoire institutionnelle des télécoms au Maroc, depuis l'introduction, en 1883, du premier téléphone à Tanger, jusqu'à nos jours. Ainsi l'on s'accroche aux câbles, aux branches de ce voyage exceptionnel.

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