En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
© Reuters
Revue de blogs
Faut-il se calmer sur les alertes aux médicaments ?
Publié le 29 avril 2014
La récente alerte autour du Motilium prend des allures d'habitude. Certains blogueurs médecins regrettent ces paniques à répétition.
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La récente alerte autour du Motilium prend des allures d'habitude. Certains blogueurs médecins regrettent ces paniques à répétition.

Après les alertes sur le Mediator, Diane35, Tetrazepan et bien d'autres, un nouveau nom de médicament est devenu suspect : le Motilium. Twitter et Facebook relayent dans toute l'Europe, presque blasés, les risques cardiaques que le médicament entrainerait.

Du côté médical, des blogueurs médecins s'inquiètent de cette tendance à la panique. Le climat de "tous pourris" constant commence à les irriter. En début d'année, le livre du médecin Bernard Dalbergue "Omerta dans les labos" sur les pratiques douteuses des laboratoires pharmaceutiques voulant "pousser" un médicament ou le protéger de mauvaises publicité s'ajoute à déjà une étagère de livres qui minent toute la confiance des patients. Mais le Motilium n'est pas le Mediator. A moins que si ? "Le motilium, là, c’est un coup en trop. Le seul médoc qu’on peut donner dans la maladie de Parkinson, merci de le rappeler!", proteste un lecteur sur le forum médical Atoute. 

Le soupir excédé de ces blogueurs concerne la revue médicale indépendante Prescrire. Prescrire s'est imposé par son approche indépendante (pas de publicité des labos) et son parti pris d'enquête et d'alerte sur les médicaments inutiles ou dangereux. C'est encore la revue Prescrire qui en février a souligné certains dangers du Motilium. Jean Yves Nau (journaliste et médecin) souligne la routine que sont devenues les alertes : "Résumons (...) Prescrire convoque la presse d’information générale pour qu’elle veuille bien amplifier sa volonté : que l’anti-nausées soit retiré du marché (risque de mort subite). La démarche n’a rien de nouveau. Prescrire tire son pouvoir de deux spécialités consubstantielles. La première est de tout faire pour rester éloigné de Big Pharma (refus de toute publicité). La seconde est de faire le ménage dans notre pharmacopée. Ou plus précisément de peser de son aura pour que le ménage soit fait. A commencer par ses abonnés prescripteurs et délivreurs (voire les fonctionnaires de l’ANS)." Mais Jean Yves Nau avait déjà demandé : "Les listes de Prescrire sont-elles toujours noires ? La vertu très utile de Prescrire, unique dans le paysage français, peut elle être excessive?"

La dernière alerte de Prescrire, qui a conduit à l’enquête sur le Motilium, n'avait pas le sérieux nécessaire, trouve Dominique Dupagne, sur atoute.org :

"La Revue Prescrire, habituellement bien informée, vient de déraper en alertant la presse et le public sur la responsabilité (hypothétique) de la dompéridone (nom de marqueMotilium®ou Biperydis®) dans des dizaines de cas de mort subite en France. Elle se fonde pour cela sur des liens statistiques peu démonstratifs, sur des hypothèses et des extrapolations que je trouve hasardeuses. Beaucoup de supports ont repris cette information en transformant cette hypothèse en certitude et sans prendre le moindre recul sur cette information. La dompéridone n’est pas un produit anodin, comme la majorité des médicaments. Elle ne doit être utilisée que lorsqu’elle est nécessaire, ce qui est en fait assez rare. Par exemple, son intérêt dans le traitement des nausées et des vomissements est très faible, voire nul. Pour autant, en faire un produit dangereux est abusif. Je doute d’ailleurs que l’Europe qui réétudie ce médicament suive l’injonction de la Revue Prescrire qui demande un retrait du marché. C’est juste l’occasion pour les médecins de réfléchir aux bonnes indications de ce produit et éventuellement de remettre en cause des prescriptions au long cours qui ne seraient plus justifiées. C’est aussi l’occasion pour les patients d’en discuter avec leur médecin."

Le blog de Michaelaprès une introduction entraînante, se livre à une analyse très poussée du communiqué sur le Motilium :
 

"Et voilà, c'est le bordel. Suite aux premiers émois sur le dompéridone l’an dernier, j’avais fait une recherche et parlé dans ces pages des anti-émétiques en médecine générale. Je concluais que pour une gastro-entérite, le mieux était rien, suivi par le VOGALENE. Je n’avais pas parlé des autres causes de vomissements (mal de transports, maladie de Parkinson, chimiothérapies…), mais comme je le disais alors, les effets indésirables mortels sont exceptionnels et si le MOTILIUM est indiqué (le seul anti-émétique dans la maladie de Parkinson par exemple), il ne faut pas s’en priver. A l’époque, je concluais ainsi : il me semble raisonnable de contre-indiquer les prokinétiques pour tout patient sous neuroleptique ou présentant un antécédent de QT long. C’était pas si mal. Et puis aujourd’hui, patratra, dompéridone revient sur le devant de la scène avec son costume de démon taillé par l’Ange Prescrire dans cet article. Et comme je vous ai dit que j’aime bien les maths, eh bien je vais examiner ce papier et discuter avec vous les phrases du résumé de la première page."

S'ensuit une analyse détaillé des chiffres, très médicale.

Le Ministère de la Santé met par ailleurs à disposition toutes les informations sur les médicaments et leurs génériques sur son site (avec moteur de recherches).

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Cash investigation : poursuivi par Elise Lucet, un patron s'enfuit en courant
02.
Prime exceptionnelle de fin d’année : comment Emmanuel à Macron a (nettement) privilégié son électorat sans le vouloir
03.
Grand débat : ce vent de bêtise qui siffle sur nos têtes
04.
Iran-États-Unis : la tension est à son comble
05.
La Belle au bois dormant est un "conte sexiste" : supprimé dans certaines écoles!
06.
Et rien ne se passa comme prévu (par les progressistes)... : 2019 ou l’effondrement des promesses du monde de 1968
07.
De #GaspardGlanz au passé de Nathalie Loiseau, ces clashs qui soulignent la mentalité de guerre civile qui gagne les esprits français
01.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
02.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
03.
La Belle au bois dormant est un "conte sexiste" : supprimé dans certaines écoles!
04.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
05.
Et rien ne se passa comme prévu (par les progressistes)... : 2019 ou l’effondrement des promesses du monde de 1968
06.
De #GaspardGlanz au passé de Nathalie Loiseau, ces clashs qui soulignent la mentalité de guerre civile qui gagne les esprits français
01.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
02.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
03.
Pourquoi les erreurs européennes dans le traitement de la crise financière de 2008 sont les racines de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’UE
04.
Brûler l’ENA ? Pour la reconstruire plus belle encore?
05.
Névroses nationales : et la France de demain, vous la voulez à l’identique ou conscientisée ?
06.
De #GaspardGlanz au passé de Nathalie Loiseau, ces clashs qui soulignent la mentalité de guerre civile qui gagne les esprits français
Commentaires (6)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
cpamoi
- 29/04/2014 - 16:59
Un problème de santé publique.
Il faut arrêter ce cirque ! Le médiator c'est 500 morts et 3500 personnes hospitalisées.

Les décès par médicaments se chiffrent à 18 000 par an ! Par ailleurs l'OMS estime que 33% des maladies sont causées par un traitement médical. Rien de moins. Les chiffres sont à disposition sur Internet.

Et quand Debré et Even alertent l'opinion publique, ils se font suspendre de l'Ordre. On croit rêver ! La médecine institutionnelle devrait commencer par clarifier ses relations interlopes avec les laboratoires pharmaceutiques.
Ganesha
- 29/04/2014 - 16:29
Conseils Pratiques
En pratique, après avoir informé le patient que le Motilium est relativement peu efficace, mais est accusé de présenter un danger mortel, chaque médecin devrait en conserver un reçu écrit et signé, qu'il conservera soigneusement.
Mais encore plus important, toutes les familles qui auront une personne qui décède subitement alors qu'il ou elle prennent cette merveille, devrait déposer une plainte au civil, ce qui déclenchera une enquête et permettra d'avoir enfin des statistiques précises et même de tirer au clair ce sombre mystère !
Djelmé
- 29/04/2014 - 12:04
@ ersatzsuccedane, en effet
J'avais eu l'occasion il y a de cela un bail, d'en discuter avec un médecin un peu en marge des pratiques académiques. Il m'avait expliqué que la responsabilité d'une "sur-médicamentation"; si elle tenait en dernier ressort du prescripteur n'en était pas moins partagée par une demande hallucinante d'un très grand nombre de malades (ou qui s'y croyaient) pour une liste aussi réconfortante, aussi valorisante pour le médecin, que longue.
Parfois le médecin doit choisir entre abondance de clientèle et mesure de médicaments.
Mais, encore que cela rejoigne la médicamentation, quels sont les médecins qui s'informent de l'hygiène de vie de leur patient (hormis les médecins de famille qui nous ont vu naître ou presque) avant de s'abandonner à la liste déroulante des ceci et cela, "matin-midi et soir, pas plus de deux pastilles, réduisez si vous constatez un problème" ? Nombre d'entre eux semblent en avoir marre et prescrivent à tout-va comme un magnétophone répète sa litanie.
Pas tous, heureusement. Mais ils sont légion.
Eviter autant que faire se peur le médoc quand une hygiène de vie retrouvée, quand un peu plus de bien et un peu moins de mal peuvent, déjà, autoriser le corps à souffler