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Disney adapte les fins de contes pour enfant souvent tragiques.
Fermez les yeux, les enfants !
Reine des neiges, Pinocchio, Petite sirène et cie… Pourquoi Disney édulcore toujours la fin des contes qu'il adapte
Publié le 20 janvier 2014
Diffusion d'une vision machiste de la société, adaptation à un public différent : Walt Disney avait quelques "bonnes" raisons de dénaturer les œuvres qu'il a adaptées.
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Diffusion d'une vision machiste de la société, adaptation à un public différent : Walt Disney avait quelques "bonnes" raisons de dénaturer les œuvres qu'il a adaptées.

Les productions Disney ont laissé à la majorité d'entre nous d'excellents souvenirs de dessins animés colorés, parsemés de chansons entraînantes et dont la fin, toujours heureuse, ne pouvait que plaire aux petits et grands enfants. Mais la vérité des contes adaptés par le puissant studio américain est toute autre. Ainsi alors que le dernier cru, La Reine des neiges est un conte original qui écorne sérieusement l'image du Prince charmant, la filmographie de Disney est peuplée d'histoires dont on a largement édulcoré certains passages afin de les rendre moins cruelles et moins violentes.

>>> A lire : Les tentatives de meurtres sur le prince charmant sont-elles vraiment bénéfiques pour les petites filles <<<

Des histoires dénaturées

Ainsi La Belle au bois dormant connaît-elle moult horribles péripéties avant d'être délivrée de son sommeil. Dans le film de Disney, la princesse est réveillée par le doux baiser de son chevalier servant. Dans une version plus ancienne du conte, le prince viole la princesse dans son sommeil, enfantant la belle par deux fois. Celle-ci ne devra son salut qu'à l'un de ses enfants qui, en lui tétant le doigt, lui enlève l'écharde qui l'a plongée dans le sommeil. Les deux "amants" vivent toutefois heureux, non sans connaître les représailles d'une belle-mère jalouse qui tentera, sans succès, de la manger avec ses enfants.

Que dire alors de Peter Pan ? Le gentil héros du contre de J.M. Barrie n'est pas l'enfant sympathique et joueur dépeint dans le film de Disney. Chef d'une bande d'enfants orphelins, il est le seul à ne pas pouvoir grandir. Résultat : il impose aux membres de sa communauté de ne jamais grandir non plus. La sentence en cas de désobéissance est sévère, Peter Pan exécutant ses amis. Wendy finira, elle aussi, par grandir après être rentrée chez elle. Déçu et blessé, Peter Pan embarquera donc Jane, la fille de Wendy, puis renouvellera l'opération après que Jane a grandi, elle aussi. Peter Pan recommencera de nombreuses fois, formant ainsi un cycle infernal d'enlèvements d'enfants.

La palme de l'édulcoration revient cependant à Pinocchio. Le gentil pantin qui rêve de devenir un petit garçon est décrit par Carlo Collodi, l'auteur du conte, comme un "voyou", "coquin", "vaurien", "honte", "galopin" et de "fieffé filou". Son mauvais comportement et son sentiment de culpabilité vis-à-vis de la mort de Geppetto le conduiront à être enlevé, poignardé et fouetté entre autres réjouissances. Le petit Pinocchio finira même sa triste existence pendu au bout d'une corde par ses ennemis, le Renard et le Chat. "Un violent vent du nord commença à souffler et à mugir rageusement, et il s’abattit sur le pauvre pantin, le ballottant violemment, comme le battant d’une cloche sonnant à toutes volée. (...) Le souffle finit par lui manquer et il n’eut pas la force d’en dire plus. Il ferma les yeux, ouvrit la bouche, laissa pendre ses jambes, et après un dernier spasme il se figea au bout de sa corde".

Ces contes ne sont que des exemples choisis au hasard dans la longue liste des contes édulcorés par Disney parmi lesquels on retrouve Blanche-Neige et les sept nainsLe Petit Chaperon Rouge, Cendrillon, Mulan, Hercules, Raiponce, La Petite Sirène, Pocahontas (qui se base sur une histoire vraie) ou encore AladdinDans un dossier consacré par Psychologies aux films Disney par rapport aux œuvres originales, la psychanalyste Claire Delabare et l’'écrivain Pierre Péju sont très critiques vis-à-vis des libertés artistiques prises par le studio américain. Les deux spécialistes notent par exemple que la morale de La Petite Sirène de Disney se résume à : "Les gentilles filles trouvent toujours un mari, les méchantes castratrices seront punies et ne l’'emporteront pas au paradis" et que Peter Pan se borne à "présenter le monde merveilleux de l’enfance" là où le roman d'origine traite de sujets plus graves (difficultés financières liés à la naissance de Wendy, l'abandon de Peter Pan, etc).

Outre une vision très édulcorée et simpliste des problématiques soulevées par les contes qu'il a adapté, Walt Disney a également, selon certains auteurs, utilisé ses films pour diffuser une certaine vision de la société. "Si l’on en croit Disney, les petites filles, puis les jeunes filles, n’ont qu’un seul objectif : trouver le prince charmant qu’elles ont croisé dans leurs rêves (...) Disney propose une parfaite élaboration du masochisme féminin et prive l’enfant de la possibilité de liberté", notent Claire Delabare et Pierre Péju. Bastien Martin, chercheur en Arts et Sciences de la Communication, note également la défense d'une certaine société patriarcale dans laquelle l'homme est un pilier dans certaines œuvres de Disney et particulièrement dans La Belle au bois dormant : "Dans le conte original, ce n’est pas par un baiser que s’illustrera le prince mais par un viol (il fera deux enfants à la princesse alors qu’elle est toujours endormie). Par la suite, fou d’amour, le Prince (en réalité un Roi) n’hésitera pas à se débarrasser de son épouse légitime pour vivre avec celle dont il a abusé quelques années plus tôt. On comprend mieux pourquoi Disney, défenseur de l’autorité bienveillante du mâle dominant, se soit écarté à ce point du récit original…"

Le chercheur belge note toutefois une évolution de la "morale Disney", particulièrement visible dans les dernières adaptations du studio. "Dans Raiponce, dernière adaptation des Grimm à ce jour, l’héroïne n'est plus objet de convoitise ou princesse en détresse mais bien une femme moderne, voulant découvrir le monde en dehors de sa tour. Ode à la liberté de la femme même si Disney ne peut s’empêcher sur la fin du film de ressasser l’importance du "prince" (un voleur) en figure de sauveur". On ne se refait pas (totalement).

Les contes ne sont pas pour les enfants

Selon le journaliste et blogueur anglais David Barnett, l'éloignement certain de Disney et des contes originaux s'explique également par le public auquel ces histoires sont destinées. Disney est, évidemment, une affaire d'enfants tandis que les contes, dont ceux des frères Grimm, particulièrement utilisés par le studio, sont adressés aux adultes. L'auteur rappelle d'ailleurs que les frères Grimm avaient refusé qu'il soit inscrit "contes pour les enfants et la maison" sur la couverture de leurs livres. Plus qu'une adaptation enfantine, David Barnett considère l’œuvre de Disney comme une dénaturation du travail des auteurs d'origine et la diffusion d'une image erronée de la société. "La Disneyfication des contes depuis soixante-dix ans a insidieusement installé dans notre esprit l'image d'un monde simple où des gens beaux combattent des méchants plutôt laids et doivent faire face à des obstacles apparemment insurmontables dans leur quête d'une vie heureuse, aidés qu'ils sont par M. ou Mme (ou plus vraisemblablement SAS) Juste ; un monde où le bien triomphe toujours et où il n'est pas de meilleur mariage que ceux construits sur la grandeur d'un royaume", s'insurge-t-il.

Juste retour des choses, plusieurs contes ont connu de nouvelles adaptations censées les présenter sous le jour sombre qu'ils n'auraient jamais dû, selon les puristes, quitter. Ainsi note-t-on les sorties de Blanche-Neige et le chasseur (Kristen Stewart, Charlize Theron) et Maléfique (Angelina Jolie), deux films sombres basés sur les histoires de Blanche-Neige et La Belle au bois dormant. Hansel et Gretel sont, eux, devenus des chasseurs de sorcières dans un film aux critiques peu reluisantes. Signe que les temps changent pour les héros de notre enfance.

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elsavoyage
- 17/01/2014 - 22:59
Le conte révélateur des moeurs ou d'une histoire personnelle
Pascalou évoquait la tradition orale du conte. Ce qui est intéressant est que le conte évolue, que ce soit sous la plume de Perrault, Grimm ou avec les interprétations filmographiques de Disney (notamment). On remarque même que chez Disney la vision de la princesse a tout de même un peu évolué. Elle est plus dégourdie et moins potiche quand même aujourd'hui, qu'à l'époque de Blanche neige et les 7 nains : cela correspond à l'évolution de la place de la femme dans la société qui est aujourd'hui plus indépendante. Disney évolue doucement quand même. Vous aurez remarqué qu'il a fallu attendre qu'Obama soit élu président des Etats-Unis pour voir apparaître un prince et une princesse de couleur. Coïncidence ou pas, c'est encore un autre débat. Pour en revenir aux contes eux-mêmes, les parents eux-mêmes - à moins de lire scrupuleusement un livre à son enfant - ont tendance à raconter l'histoire à leur manière. Surtout s'ils le font sans le livre dans les mains, seulement à l'aide de leur mémoire. Faîtes le test cela peut être révélateur. A cette occasion on a tendance à personnaliser l'histoire racontée, consciemment ou non.
pascalou2
- 17/01/2014 - 20:58
bonjour
finalement , disney a coup d endocrinemination de ses conte , finira par justifier que les femme est des enfant sans aucun homme ...le mythe de la viege marie est de retourd , triste pour vos petit enfant ...lol

pascalou
KiriNan
- 17/01/2014 - 18:29
Disney évolue aussi (ou : lui ?)
Découvrir que le mythe du Prince charmant est macho, la belle affaire ! Et que c'était pire dans la VO, certes.
Mais "Disney" est mort depuis longtemps, et les réalisateurs qui se succèdent apportent aussi un vent de liberté : dans "Rebelle", la princesse ne se marie pas, et se débrouille toute seule pour sauver le monde ; idem pour "Mulan", avec en outre la chanson "comme un homme" qui est un vrai morceau d'humour pro féministe.
Alors relaxez vous : certes il faudra apprendre aux enfants que la vie n'est pas juste, et que les gentils ne gagnent pas toujours à la fin (et que les petits filles ne doivent pas attendre leur salut des hommes) : mais il faut bien commencer "soft", en leur apprenant à "combattre" pour ce qui est juste.