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"Entre deux diversions sociétales, le gouvernement de François Hollande creuse le sillon de l'idéologie socialiste dans ce qu'elle a de plus rétrograde et de plus obsolète."
Bas les masques
Ce que l'UMP devrait retenir comme leçon du socialisme archaïque de François Hollande et Jean-Marc Ayrault
Publié le 20 décembre 2012
Après la période de turbulences à l'UMP, les représentants de la motion "la boite à idées" souhaitent se repositionner dans l'opposition : comment analyser les réformes du gouvernement socialiste et quelles sont les conséquences à en tirer pour la rénovation de l'UMP ?
Maël de Calan est conseiller départemental du Finistère et conseiller d'Alain Juppé.Il est l'auteur de "La vérité sur le programme du Front national" (Plon).
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Après la période de turbulences à l'UMP, les représentants de la motion "la boite à idées" souhaitent se repositionner dans l'opposition : comment analyser les réformes du gouvernement socialiste et quelles sont les conséquences à en tirer pour la rénovation de l'UMP ?

Entre deux diversions sociétales, le gouvernement de François Hollande et Jean-Marc Ayrault creuse, avec constance, le sillon de l’idéologie socialiste dans ce qu’elle a de plus rétrograde et de plus obsolète. Car il faut désormais se rendre à l’évidence : les Français n’ont pas confié le pouvoir à des « modérés » ou à des « sociaux-démocrates ». De cette stratégie sournoise, quelles leçons doit tirer l’UMP ?

La victoire de François Hollande avait été présentée comme celle de la synthèse et des trans-courants, héritiers autoproclamés de Mendès, Delors et Rocard. La nomination de Jean-Marc Ayrault, dont le principal titre de gloire était la gestion consensuelle de la ville de Nantes, présageait un nouveau « socialisme municipal », plus proche du terrain, plus pragmatique. Le socialisme à l’ancienne, à la manière de Mauroy, Aubry ou Emmanuelli, allait sombrer dans les oubliettes de l’histoire, entre le guesdisme et le molletisme.

Le socialisme archaïque

La réalité est toutefois très différente : tous les vieux thèmes de la gauche la plus archaïque sont de retour. Avec, d’abord, le retour d’une laïcité de combat : l’annonce de la création d'un observatoire de la laïcité pour 2013 prend tout son sens éclairé par la « sortie » de Cécile Duflot contre l’Eglise de France. Car les plus zélés des socialistes laïcs qui ont refusé de soutenir l’interdiction de la burqa aiment à faire de l’Eglise un bouc-émissaire, comme le petit père Combes.

Ensuite, avec les vieilles lunes étatistes et dirigistes. Depuis le mois de mai, le gouvernement Ayrault a augmenté de 30 milliards d’euros la pression fiscale sur les ménages et les entreprises. Il ne s’agit pas, comme François Hollande se plaît à le répéter, d’une démarche « vertueuse » de redressement de nos finances publiques : aucune réflexion n’a été engagée sur le périmètre de l’Etat ou les dépenses des collectivités territoriales et de la sécurité sociale ! Et ce ne sont pas les annonces vagues d’un hypothétique audit d’une quarantaine de politiques publiques qui y changeront quoi que ce soit. Pour un socialiste de 2012, un euro de dépenses publiques supplémentaires financés par de la dette ou par de l’impôt, c’est toujours et encore mieux !

Enfin, avec le laxisme en matière de sécurité. La communication habile de Manuel Valls est l’arbre qui cache la forêt. Car les faits sont là : hausse de 5,6 % de la délinquance générale au mois de novembre 2012, soit 15 000 victimes de plus. Ils traduisent un relâchement au plus haut sommet de l’Etat. Les forces de police ne se sentent plus soutenus par un pouvoir qui n’a cessé d’envoyer des signaux favorables aux délinquants, notamment aux dealers.

Leçons pour la reconstruction de l’UMP

L’UMP, qui sort enfin de sa crise interne, doit analyser froidement les conséquences de ces six premiers mois. Et les vérités d’hier ne sont plus nécessairement celles d’aujourd’hui.

Première leçon : nous avons un devoir d’exigence intellectuelle. Un parti de gouvernement qui ne profite pas d’une période d’opposition pour rebâtir une doctrine, renouveler ses idées, en se contentant de caricaturer et dénigrer l’équipe au pouvoir, est incapable de donner un axe et un sens à son action. Ce n’est pas une fois au gouvernement que l’on peut s’inventer un programme. D’où la fébrilité, l’attentisme et l’amateurisme qui frappent l’équipe socialiste qui a fait de l’anti-sarkozysme son unique fond de commerce pendant 5 ans… L’hypothèse d’une « nationalisation temporaire » du site de Florange témoigne à cet égard de l’absence de réflexion sur la stratégie industrielle : après avoir enterré le rapport Gallois, M. Ayrault s’est embourbé dans ce débat d’un autre âge.

Deuxième leçon : la fuite en avant populiste n’est pas la condition de la victoire. Les trois législatives partielles sont riches d’enseignements : elles témoignent à la fois du délitement du socle électoral de la gauche, de la désespérance d’une parti des Français et surtout de la stagnation du Front national. Fidèle à ses valeurs, l’UMP incarne aux yeux des Français l’opposition républicaine. Si la tactique du braconnage sur les terres du Front national pouvait se justifier au moment où la droite craignait d’être confrontée à des triangulaires mortifères, elle se transforme en boulet lorsqu’il s’agit de renouveler notre offre politique et d’incarner une alternative crédible.

Troisième leçon : l’avenir de l’UMP est à chercher dans la réaffirmation du clivage forgé par Nicolas Sarkozy en 2007 entre le « mouvement » et le « conservatisme », entre les réformes et la petite gestion d’un modèle social français à bout de souffle. Les dernières projections sur le déficit de notre système de retraite à l’horizon 2020, près de 20 milliards d’euros, nous rappellent que le plus dur est peut-être encore à venir. Réforme de l’Etat, révolution de notre protection sociale, restauration de notre compétitivité… C’est un nouveau « 1958 » que l’UMP doit élaborer, pas un catalogue de slogans. Et cela commence maintenant.

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antiflambyste18
- 21/12/2012 - 06:30
Le couple pédale sur la photo!
C'est beau, on se demande qui du rat qui regarde d'une manière vide qui n'appartient qu'à lui, ou du mort vivant copilote, lequel sera pendu le premier.
Il faut rendre aux socialistes la qualité de leur analyse de la société et leurs ancestrales démagogies et vomissures d'imposture!!!!! Chaque jour, jusqu'au bout!
Gégé Foufou
- 20/12/2012 - 16:56
Vous écrivez: Si la tactique


Vous écrivez:
Si la tactique du braconnage sur les terres du Front national pouvait se justifier au moment où la droite craignait d’être confrontée à des triangulaires mortifères, elle se transforme en boulet lorsqu’il s’agit de renouveler notre offre politique et d’incarner une alternative crédible.
En boulet dites vous?
Le braconnage de 2007 ne MARCHERA PLUS nos électeurs l(ont compris.
En plus nous ne voulons pas de vous et contrairement à ce que vous pensez les trois élections législatives partielles de dimanche ne représentent pas la réalité politique du pays et vous le savez bien. (c'était les bis répétita de celles annulées avant la cacaphonie présidentielle de votre parti divisé pour toujours)
De toutes façons sans nous l'UMP NE PEUT PAS GAGNER et croyez moi nous nous y affairerons de toutes nos forces vous êtes et resterez mondialistes, européistes et donc la copie du P.S. dans ses grandes lignes politiques.
Vous êtes l'UMPS et avec vos finances exhangues vous ne pouvez plus faire grand chose sinon gérer et répéter en crédo:
"Sarko revient " c'est votre seul, unique et ultime espoir
ccompagnon
- 20/12/2012 - 13:53
Première leçon : nous avons un devoir d’exigence
Tout court

l'exigence intellectuelle ne comble pas le trou de la Sécu, ni la dette du pays. Elle ne permet pas non plus d'aller vers le haut. Tout au plus de garder la tête hors de l'eau et les yeux sur l'horizon.
Bref, juste une attitude de gagne-petit.