En direct
Best of
Best of du 6 au 12 juillet
En direct
© Reuters
"Mario Draghi a indiqué qu'il sauverait les pays de la périphérie de la zone euro qui le demandent, mais à condition qu'ils se plient à ses conditions."
Le nettoyeur

La politique monétaire pour les nuls (y compris Mario Draghi)

Publié le 07 décembre 2012
La politique monétaire est un sujet techniquement complexe et qui peut paraître abscons. C'est pourtant le levier politique le plus important pour l'économie - plus que la politique fiscale dont on parle souvent.
Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Pascal-Emmanuel Gobry
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La politique monétaire est un sujet techniquement complexe et qui peut paraître abscons. C'est pourtant le levier politique le plus important pour l'économie - plus que la politique fiscale dont on parle souvent.

La politique monétaire, c'est très important, et pas si difficile à comprendre. Ca peut paraître comme un sujet abscons, et c'est techniquement complexe, mais c'est le levier politique le plus important pour l'économie - plus que la politique fiscale dont on parle beaucoup plus.

Et les grandes lignes de la politique monétaire ne sont pas si difficile à comprendre. S'il y a beaucoup d'inflation, c'est que les gens ont trop d'argent, et cet argent se retrouve dans des hausses de prix et pas dans la production de nouveaux biens et services. Et s'il y a une récession, c'est que les gens - entreprises, Etat, particuliers - n'achètent pas assez. S'ils n'achètent pas assez, c'est qu'ils n'ont pas assez d'argent. Ca a l'air tout bête dit comme ça, mais c'est ça le principe.

Il y a une quantité finie de monnaie en circulation dans l'économie. S'il n'y en a pas assez, l'économie ralentit, la banque centrale doit en rajouter ; s'il y en a trop, il y a de l'inflation, elle doit en retrancher. Les mécanismes pour ce faire sont complexes - taux d'intérêts, rachats d'obligations... - mais l'idée principale est très simple.

Prenez la métaphore que vous voulez : si on ne mange pas assez, on n'ira pas bien, mais si on mange trop, on aura des problèmes aussi. La nutrition est un domaine complexe avec des désaccords entre experts, mais là-dessus au moins tout le monde peut être d'accord.

Pourquoi ce petit cours de politique monétaire pour les nuls ?

D'abord parce que c'est important et mal compris. Mais ensuite parce que la Banque centrale européenne donne l'impression de ne pas avoir compris non plus, ce qui est grave.

En effet, la BCE a rendu une décision hier qui était, par définition, absurde.

A sa dernière réunion mensuelle, la BCE a, d'un côté, baissé ses prévisions de croissance et d'inflation pour la zone euro et, de l'autre côté, annoncé qu'elle ne changeait pas sa politique monétaire.

Pour comprendre l'impact d'une telle décision, il ne faut pas rentrer dans des considérations techniques. Il suffit de se souvenir de la politique monétaire pour les nuls : si l'économie va mal, il faut augmenter la quantité de monnaie. Une banque centrale ne sert à (presque) rien d'autre.

La seule exception serait s'il y avait un danger d'inflation, mais la BCE a aussi baissé ses prévisions d'inflation.

C'est la base de la base de la base : si croissance et inflation sont en baisse d'un niveau déjà trop bas, c'est que la politique monétaire n'est pas bonne. Par définition.

Que se passe-t-il ?

Contrairement à Jean-Claude Trichet, bureaucrate issu des entrailles de Bercy, Mario Draghi est un brillant économiste. Il comprend ce qui se passe.

Deux réponses potentielles.

Premièrement, une bulle immobilière qui est en train de se créer en Allemagne, provoquée par la fuite des capitaux de la périphérie européenne vers cette économie-refuge. L'économie allemande montre des signes de faiblesse mais pour l'instant légers, donc les autorités allemandes préfèrent un statu quo moyen plutôt qu'une relance qui pourrait se traduire chez eux par de l'inflation et un aggravement de la bulle. Comme toujours depuis sa création, la politique monétaire de la zone euro se fait au profit des Allemands, bloc le plus influent de la BCE, et pas de la collectivité.

Deuxièmement, le coup d'Etat silencieux de la BCE. Mario Draghi a indiqué qu'il sauverait les pays de la périphérie de la zone euro qui le demandent, mais à condition qu'ils se plient à ses conditions - ce qui explique pourquoi l'Espagne refuse toujours de sauter le pas. Une relance économique permettrait aux pays en danger de refuser l'aide de la BCE. On frémit à l'idée que le gouverneur de la BCE prolongerait le chômage de millions de personnes pour accroître son pouvoir personnel, et personne ne peut sonder le cœur de Mario Draghi, mais son intérêt objectif va dans ce sens.

Quoi qu'il en soit, cette décision mensuelle de la BCE, passée complètement inaperçue en dehors des milieux informés, met parfaitement en lumière les enjeux de la politique européenne qui maintiennent notre continent dans le marasme : prépondérance et égoïsme de l'Allemagne, oubli de la science économique et du bien commun au profit de l'idéologie, prises de pouvoir des technocrates face aux gouvernements élus...

Vanitas vanitatum, omnia vanitas.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

02.

Safari des gérants du Super U : pourquoi leur cas est bien plus défendable qu’il n’y paraît d’un point de vue environnemental

03.

A ses ralliés, la République (En marche) pas reconnaissante

04.

La fête est finie : les constructeurs automobiles obligés de tirer les leçons de la baisse importante de leurs ventes

05.

Les trois (fausses) excuses de Macron pour ne pas mettre en œuvre son programme de réduction de dépenses publiques

06.

Quand Nelson Mandela rejoignait Johnny Clegg sur scène

07.

La dangereuse complaisance du planning familial avec l’islam radical

01.

Des tares pas si mauvaises pour l'économie

01.

Immigration : quand la vérité des chiffres émerge peu à peu

02.

Céline Dion envoie DEUX stylistes à l’hosto; Nabilla veut de grandes études pour son bébé; Elizabeth II recueille une milliardaire en fuite; Laeticia Hallyday humiliée à Saint-Tropez; Cyril Hanouna achète à Miami, François H. & Julie Gayet à Montsouris

03.

Auriez vous le brevet des collèges ou... signé une pétition car les épreuves étaient trop difficiles ?

04.

Safari des gérants du Super U : pourquoi leur cas est bien plus défendable qu’il n’y paraît d’un point de vue environnemental

05.

Ces cinq erreurs de politiques publiques qui coûtent incomparablement plus cher à la France que quelques dîners au luxe malvenu

06.

Ces 6 questions que soulèvent les révélations sur François de Rugy et qui en disent long sur le niveau de dysfonctionnement politique et économique de notre pays

01.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

02.

Immigration : quand la vérité des chiffres émerge peu à peu

03.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

04.

Ces cinq erreurs de politiques publiques qui coûtent incomparablement plus cher à la France que quelques dîners au luxe malvenu

05.

Chasse aux comportements indécents : ce que la France a à gagner … et à perdre dans sa quête grandissante de vertu

06.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

Commentaires (15)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
nervall
- 08/12/2012 - 12:22
la guerre monetaire est incomprehensible
pour un europhile , il ne sait pas qu`il est un esclave de la zone dollar , de la suisse et du reste du monde qui impriment electroniquement et swappent l`euro pour le surevaluer , dumpant ainsi les produits du reste du monde qui s`exporte en masse vers l`UE....ruinant l`UE
la suisse, la suede, la norvege, des petits pays hyper performants qui refusent l`euro bouse....
nervall
- 08/12/2012 - 12:15
il comprend rien
pourtant c`est clair , l`euro importe les produits concurrents moins cher de meme gamme et exporte le travail via les delocalisations et fermetures d`usines

le franc permet de devaluer actuellement pour faire du protectionnisme aux frontieres et exporter moins cher et attirer des capitaux. ne me dis pas que l`euro est cher pour que l`essence soit moins chere, ce sont les tipps qui plombent
Benvoyons
- 08/12/2012 - 12:01
Le bla bla des incompétants
Maintenant la zone sud ( 4 pays) se transforme avec des pas de géant et avec l'envie de rester avec l'Euro pour sa survie, alors que la France ne fait rien.
Bilan dans deux ans l'Allemagne et les pays du nord repartiront avec la nouvelle dynamique des pays du sud sans la France.
Bilan la France sera dans l'obligation de se restructurer plus durement que les pays du sud sauf la Grèce.
Avec le Franc la France se retrouvera avec le même niveau de restructuration que la Grèce.