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The Economist qualifie la France de "bombe à retardement".
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Merci à The Economist de faire le travail que les médias français ne font pas
Publié le 16 novembre 2012
Le journal The Economist parle de la France comme d'une "bombe à retardement au coeur de l'Europe" et provoque les critiques des politiques et médias français. Et si le journal était en fait plus patriote que les Français eux-mêmes en sonnant l’alarme avant qu’il ne soit définitivement trop tard ?
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Le journal The Economist parle de la France comme d'une "bombe à retardement au coeur de l'Europe" et provoque les critiques des politiques et médias français. Et si le journal était en fait plus patriote que les Français eux-mêmes en sonnant l’alarme avant qu’il ne soit définitivement trop tard ?

Les polémiques folles que provoquent les Unes de The Economist montrent amplement, par contraste, l’inanité consensuelle de la presse française, encore illustrée récemment par la honteuse succession de questions fadasses et convenues à la conférence de presse du président. Merci à The Economist de ne pas s’attarder sur les polémiques Twittweiler, marinière, pain au chocolat et tutti quanti, dont nos médias raffolent car elles leur évitent de travailler. Merci à The Economist de se coltiner les rapports du FMI, les chiffres de production industrielle et les reportages au fin fond de la Corrèze. Merci à The Economist de faire un vrai travail de journaliste.

Car l’hebdo de Saint James’ Street est tout sauf le « Charlie Hebdo de la City » (Arnaud Montebourg) ou la « Pravda du capital » (Laurent Joffrin) que nos finauds Parisiens aiment à dépeindre. Rappelons que ce journal, un des plus anciens et des plus réputés au monde, fut fondé en 1843 pour « prendre part dans le vif combat entre l’intelligence, qui nous fait avancer, et l’ignorance crasse et craintive qui nous retarde ». Sa ligne éditoriale, maintenue sans sourciller depuis près de deux siècles, est de défendre le libre-échange et les libertés individuelles, ce qui l’a conduit à soutenir – et à critiquer - aussi bien des politiques de gauche que de droite. Pour éviter toute gloriole stylistique, les papiers ne sont pas signés. Et pour assurer une véritable objectivité factuelle, The Economist s’est doté de sa propre structure d’analyse et de production de données, The Economist Intelligence Unit. Que tous les journalistes français qui osent donner des leçons d’objectivité à The Economist aujourd’hui aillent d’abord y faire un stage.

Décrire aujourd’hui la France comme une « bombe à retardement » est une conclusion rationnelle fondée sur l’observation des faits. Ôtons les œillères idéologiques de l’Etat-nounou. Cessons de fantasmer sur ces taux cours anormalement bas, comme l’a fait encore aujourd’hui cette grande experte des marchés financiers, Najat Vallaud-Belkacem, alors que tous les professionnels prévoient un ajustement brutal et sanglant. Qui peut nier que la France n’a pas été capable de présenter un budget en équilibre depuis 1981, que ses dépenses publiques sont devenues les plus élevées d’Europe (57%), que 25% des jeunes sont au chômage, qu’aucune jeune entreprise n’a rejoint le CAC 40 depuis 1987, que le poids de la fonction publique est étouffant (22% de la population active !), et que les PMEs, étranglées par des régulations absurdes, ne parviennent pas à grossir ? Qui peut contester que la France ne cesse de dégringoler dans les classements internationaux, ceux de la Banque Mondiale comme du Forum Economique Mondial ? Qui peut encore se fier à une classe politique formée dans l’adoration de l’Etat centralisé pour libérer le désir d’entreprendre ?

Comme pour mieux confirmer l’analyse de The Economist, Pierre Moscovici lui a répondu, dans les colonnes du Financial Times, qu’il fallait réformer « à la française » : autrement dit, à coups de compromis intenables et d’usines à gaz législatives. Quant à Laurence Parisot, elle a brandi le rapport Gallois (en prétendant que le rapport de The Economist n’en avait pas tenu compte, ce qui montre soit qu’elle ne l’a pas lu, soit qu’elle ne sait pas lire). Comme si le rapport Gallois, avec ses mesurettes en trompe-l’œil, faisait le poids en comparaison des réformes de structure engagées partout ailleurs en Europe. Si la France n’opère pas le big bang de son Etat, alors c’est l’Etat qui va lui sauter à la figure.

Et pourtant, il n’est qu’à lire les quatorze pages du dossier de The Economist pour comprendre à quel point les Français, si leurs gouvernants « cessaient de les emmerder » (pour reprendre une formule de notre dernier grand président, Georges Pompidou), feraient des miracles. Ce qui ressort de ce numéro, c’est l’amour de la France. Pour son histoire, pour sa culture, mais aussi pour ses régions, pour sa diversité de talents, pour son intelligence propre. Comme dans ces villages de la Loire où des colonies d’Anglais restaurent nos vieilles maisons avec méticulosité et tendresse, il se peut que The Economist, en sonnant l’alarme avant qu’il ne soit définitivement trop tard, se soit montré bien plus patriote que ses confrères parisiens.

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Fred13
- 23/11/2012 - 00:17
Oui ! les médias Français sont mauvais !!
Avez vous regardé un journal télévisé en Angleterre ?
Les journalistes Anglais vont plus en profondeur pour expliquer les chiffres et surtout leur implication. C'est présenté de manière didactique, et souvent intelligemment illustré.

En France, le peu de journalistes traitant des sujets économiques aux heures de grande écoute se contentent de relever les détails du jour, sans jamais remettre les évènements en perspective.
Du coup on fait dire n'importe quoi aux chiffres, et les gens avalent cette soupe parce qu'ils n'ont pas le recul nécessaire pour avoir un regard critique.

Ah c'est sûr ca demanderait deux choses à nos journalistes:
- savoir de quoi on parle (ils ont des cours d'Economie en école de journalisme ? on dirait pas)
- prendre le temps de compiler des chiffres pour leur donner une signification dans le temps

Nos médias sont mauvais, et de surcroît gangrenés par l'idéologie gauchiste. 90% des gens qui regardent le journal de 20h n'ont que cette source d'information. c'est un désastre... et une belle oeuvre d'endoctrinement.
Siruis
- 22/11/2012 - 12:37
Vive le libre échange selon Gaspard
L'auteur de Leçons de conduite et accessoirement ancienne plume de mme Lagarde,GK veut nous clouer le bec une fois pour toutes,en étalant son anglophilie comme une légion d'honneur à sa boutonnière.The Economist ne serait qu'un journal,bicentanaire,objectif,écrivant sur tout mais étant lui-même "hors sol" hors d'atteinte à toute influence et critique,sauf que son papier au vitriol est comme par hasard précurseur de 72 heures de l'annonce de Moody's.Soit il lit dans le mar de café soit il jouit d'une position privéligiée voire du statut de délit d'initié.Traiter Gallois de cautère économique est légerement présomptueux de la part de Gaspard,,car son cv est plus prestigieux que le sien.Mais au delà j'adore ce que Gaspard dit sur ces anglais qui restaurent avec méticulosité et tendresse les vielles batisses du sud-ouest;car ces tendres libéraux,libre échangistes,n'ont besoin que d'une chose pour leurs vieus jours,accéder à la proprièté à des prix raisonnables,ce qui n'est pas le cas en GB;qui a organisé la bulle immobilère,peuvent aller chez le médecin dans les 24H,alors que dans ce pays libéral ,il faut six mois pour un rdv,un an pour avorter,soigner une dent,porter des verres .
Hugo from Caracas
- 22/11/2012 - 12:27
@alfan46
Dire que la situation économique de la France n'est pas bonne est un pléonasme et je pense que tout le monde est d'accord avec ça.

Après que critique t'on ? l'article de the Economist ou l'article de Gaspard Koenig ? Moi personnellement, c'est le ton de Gaspard Koenig qui ne me plait pas rempli d'amalgames, de raccourcis, d'approxmimations, d'autoflagellation , de french bashing et son sempiternel " everything is better in London".