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U-ni-té !

L’UMP peut-elle encore réussir à marier son aile droite et ses centristes ?

Publié le 26 octobre 2012
Alors que Jean-François Copé et François Fillon s'affrontent pour la présidence de l'UMP, l'enjeu de cette élection est également de réconcilier tous les courants du parti.
Thomas Guénolé,Pierre Rigoulot et Lionel Baland
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Thomas Guénolé est politologue au CEVIPOF , maître de conférence à Sciences Po et professeur chargé de cours à l'Université Panthéon-Assas.Ses tribunes dans la presse et ses interventions télévisées portent principalement sur l'extrême droite,...
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Alors que Jean-François Copé et François Fillon s'affrontent pour la présidence de l'UMP, l'enjeu de cette élection est également de réconcilier tous les courants du parti.

Atlantico : François Fillon et Jean-François Copé s'affrontent pour la présidence de l'UMP. L'enjeu de ce duel est aussi de rassembler la droite. Que faut-il faire pour unir réellement l'UMP ? 

Thomas Guénolé : La personnalité du chef de file et sa propre expression d’idées sont déterminantes. À cet égard, Nicolas Sarkozy, en particulier de 2004 à 2007, avait su rassembler les familles de la droite en incarnant simultanément chacune d’elles. Pour prendre quelques exemples, la droite sécuritaire se retrouvait dans ses positions sur l’immigration, la droite libérale dans celles sur le contrat de travail unique, la droite sociale dans celles sur la participation aux bénéfices de l’entreprise, et la droite morale dans son refus du mariage homosexuel. Cela n’allait pas sans contradictions, ce qui l’avait d’ailleurs amené à changer plusieurs fois de position, par exemple sur le droit de vote des immigrés ou sur la discrimination positive.

Des deux candidats en lice, François Fillon est actuellement le plus rassembleur des familles de la droite. S’il vient de la droite sociale, son parti pris pour la réduction des dépenses publiques satisfait la droite libérale, son appel à ne pas ouvrir le débat sur le mariage homosexuel contente la droite morale, et ses déclarations acceptant l’expression "racisme anti-blanc" valent quitus à la droite sécuritaire.

Par comparaison, Jean-François Copé a opté pour une campagne plus conflictuelle, avec l’affirmation de thèmes très ancrés à la droite sécuritaire, alors que lui-même vient de la droite libérale. Beaucoup d’analystes ont estimé que c’était une erreur de positionnement, mais je pense que s’il avait adopté comme François Fillon une démarche consensualiste, il serait encore plus loin derrière lui dans les sondages, par effet doublon. En outre, chacune de ses sorties médiatiques correspond à un ressenti très présent dans l'électorat de l'UMP. Reste qu’il ne pourrait fédérer les droites, s’il l’emporte, qu’en étant un président de l’UMP très différent du candidat à cette présidence.

Pierre Rigoulot : Il y a deux problèmes à résoudre : celui de l’unité de l’UMP et celui de l’unité de la droite. Ce n’est pas la même chose et si les dirigeants de l’UMP les confondent, ils iront dans le mur ! L’unité de la droite, elle ne peut qu’être très relative : entre des libéraux pro-européens et des souverainistes qui vouent Bruxelles aux gémonies, les points d’entente ne sont pas très nombreux ! Le Parti communiste et le Front de gauche ne sont pas des motifs suffisants d’inquiétude pour faire front. Restent donc des valeurs fondamentales : la défense de la liberté individuelle, le refus du fanatisme, religieux ou autre, le refus des communautarismes.

Pour ce qui est de l’UMP, elle a devant elle une tâche gigantesque pour réaliser son unité. Elle ne peut tolérer plus que des nuances : on pourra y être plus ou moins libéral, plus ou moins européen, plus ou moins préoccupé par les affaires sociales, etc. Mais un parti a besoin d’un corpus doctrinal minimum ! Il est à repréciser, à reformuler et passe par l’éloge de la libre entreprise, la garantie du bon fonctionnement de la démocratie représentative, l’alliance d’une ouverture aux populations immigrées, bienvenues à condition d’être respectueuses de nos lois, etc.

La droite française peut-elle s'inspirer de l'organisation de d'autres partis conservateurs européens ? Comment ces partis ont-ils procédé pour s'unir ? 

Thomas Guénolé : Les traditions politiques de la France et d’autres pays européens de taille équivalente ne sont pas interchangeables, car nous n’avons pas la dimension d’identité régionale très présente chez eux. Le Parti populaire espagnol gouverne en coalition avec de petits partis régionalistes, la Maison des libertés italienne est alliée à une Ligue du Nord bâtie sur le clivage profond entre Italie du nord et Italie du sud, et la CDU allemande est flanquée d’un équivalent régional, la CSU, spécifique à la Bavière. Quant au paysage politique britannique, il est dans son ensemble plus à droite que le paysage français, l’actuel Labour d’outre-Manche correspondant depuis le tournant de la troisième voie blairiste à l’UDI naissante plutôt qu’au PS. En d’autres termes, "comparaison n’est pas raison".

Cette réserve posée, on peut tout de même affirmer que la clé du rassemblement d’un grand parti sur la durée, de gauche comme de droite, c’est l’organisation en courants qui se répartissent les places au collège décideur et les investitures, nolens volens, à la proportionnelle. Sans cela, vous avez inévitablement des dissidences. Sur ce plan, l’histoire de la droite française est assez riche.

Pierre Rigoulot : Je ne crois pas que la droite française puisse s'inspirer d'autres partis conservateurs européens. Le Parti populaire espagnol est né d’une Alliance populaire qui représentait une opposition respectueuse au franquisme. Ce passé, qui a laissé des traces mais qui est surmonté, et plus encore la structure quasi fédérale du pays ne me donne pas l’impression que la droite française ait beaucoup à tirer de cette expérience. La CDU allemande est sans doute plus liée par une idéologie commune, de type démocrate-chrétien. Mais là encore, on a affaire à une histoire bien différente. Quant au parti conservateur britannique, il a beaucoup varié au cours de son histoire et s’est déterminé en fonction de ses grands dirigeants – en les suivant et parfois, finalement, en les rejetant. Là non plus, je n’ai pas l’impression qu’on puisse y puiser des leçons pour la bonne coexistence à droite de sensibilités très différentes.

Lionel Baland : Chaque pays est très différent. Par exemple, en Allemagne comme il n’y a pas vraiment de parti nationaliste, il y a moins de pression sur la droite conservatrice. En revanche, en France, la pression du parti nationaliste sur la droite conservatrice est très forte. En Pologne, la droite conservatrice a gouverné avec deux partis de type nationaliste avant de les détruire. En Italie, il existe la méthode de Sylvio Berlusconi qui a réuni toute la droite, des partis centristes au plus radicaux et il a gouverné l’Italie de cette façon. Là aussi, la droite radicale s’est trouvée en partie détruite et s’est intégrée dans le système. C'est la première méthode : s'allier afin de gouverner. 

Il existe également un modèle que l’on pourrait appeler néerlando-danois. Dans ce cas de figure le parti nationaliste soutien le gouvernement sans y prendre part. Par exemple, au Danemark, les conservateurs et les libéraux ont accepté de gouverner avec le soutien du Parti du peuple danois (nationaliste), qui n’a fait que soutenir le gouvernement sans y participer. Les partis de la droite classique acceptaient, notamment sur les questions d’immigration et de sécurité d’appliquer une partie du programme de la droite nationaliste. En échange de quoi, le parti du Peuple danois votait les lois du gouvernement minoritaire. 

Le troisième modèle pourrait être qualifié de Cordon sanitaire. Ce modèle s'applique à la France, où la droite ne souhaite pas s’allier avec le Front national. Le modèle de la France est de se tenir à distance du Front national. La droite subit un système mis en place par la gauche qui dit à la droite qu’elle ne peut pas s’allier avec le Front national.

Fillon et Copé s’inscrivent dans la logique du cordon sanitaire vis-à-vis du Front national, bien qu’il y ait des évolutions chez Copé qui a changé sa position en cas de second tour lors d’un scrutin opposant un communiste à un FN ou un socialiste à un FN. Dans le cas du cordon sanitaire, la droite peut choisir entre copier le programme du parti nationaliste (Sarkozy) ou aller dans un autre sens (Chirac). Copé se situe sur la ligne Sarkozy en la matière, alors que Fillon ignore nettement plus le programme du FN. La méthode de Copé s’apparente à celle utilisée par le gouvernement conservateur hongrois de Viktor Orban qui recopie le programme du parti nationaliste Jobbik pour lui barrer la route (par exemple, Copé découvre le racisme anti-blanc). 

 

L'UMP résulte de la fusion entre l'UDF et le RPR. Peut-on vraiment faire coexister toutes les sensibilités à droite ?

Thomas Guénolé : Le RPR et l’UDF, c’était la droite et le centre et non pas seulement la droite. Pour complexifier encore le tout, si le RPR était de droite de façon homogène, l’UDF des années 1980 et 1990 faisait coexister des familles de la droite, telles que les chrétiens sociaux façon Christine Boutin, la droite morale façon Philippe de Villiers et la droite libérale façon Alain Madelin, avec des familles du centre, telles que le centre-droit façon Jean-Louis Borloo et l’extrême centre façon François Bayrou.

Faire coexister l’ensemble des familles de la droite et du centre aurait été possible dans une UMP organisée en courants, ce qui était d’ailleurs le projet initial sur la base duquel une première vague de parlementaires et d’élus locaux avait quitté en masse l’UDF de François Bayrou en 2002. Pour autant, en pratique, c’est la culture bonapartiste du RPR qui s’est affirmée en quelques années, au point de marginaliser les centristes à l’UMP. Significativement, la compétition pour la présidence de l’UMP oppose deux anciens du RPR, et aucun candidat issu de l’UDF.

"Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte" : en paraphrasant, déjà le RPR perçait sous l’UMP. Nul hasard, donc, si au bout du compte la tentative de création d’un grand parti de la droite et du centre a abouti à la renaissance de l’UDF, qui acte l’échec de cette stratégie.

Pierre Rigoulot : Si je vois mal quelles leçons on peut tirer de l’histoire des autres partis conservateurs européens, il y a sans doute en revanche, des leçons à tirer de notre propre histoire. Rappelez-vous les années 1970, la lutte féroce entre Giscard et Chirac, entre libéraux et gaullistes. C’était l'époque où Roger Frey ne voyait en Valéry Giscard d’Estaing qu’un « esthète séduisant ». Je ne sais quel sera l’avenir de Jean-Louis Borloo, ni si François Bayrou peut encore espérer quelque chose. Mais l’un et l’autre tiennent compte, avec raison, de ce fait que l’histoire de l’UMP et donc son héritage gaulliste, pèse dans les positions de ce parti (refus de "l’atlantisme", Etat fort contrôlant autant que faire se peut l’économie, attachement à un modèle social qui dépend beaucoup des interventions de l’Etat) et qu’elle pèse aussi dans son fonctionnement (importance de la figure du chef, méfiance envers la "république des partis", réduits au rôle de relais de l’exécutif ). On est très loin chez certains gaullistes du libéralisme politique et économique ! Et je ne crois pas que ces deux sensibilités gagnent à demeurer ensemble dans la même organisation...


Le FN peut-il être source de division pour la droite républicaine ? 

Thomas Guénolé : Oui, à tous les échelons. Au niveau des dirigeants nationaux, le clivage existe déjà entre deux lignes sur le Front républicain hérité de Jacques Chirac. Il s’est manifesté clairement lors des cantonales de 2011. La ligne Sarkozy prévoyait que quand un candidat du FN affronte au second tour un candidat de gauche, le candidat UMP devait se maintenir s’il le pouvait, et à défaut, qu’il fallait voter blanc. La ligne Fillon, elle, était moins claire, mais globalement, elle penchait davantage vers la logique de Front républicain. Il y avait aussi jusqu’à récemment une troisième ligne, la ligne Borloo, exprimant un choix très net pour le Front républicain, mais à présent elle ne relève plus de l’UMP.

Au niveau des élus locaux, il y a une concordance presque parfaite entre la position prise sur les alliances avec le FN et la menace électorale représentée par l’extrême droite dans la circonscription ou la municipalité. Malgré des exceptions notables comme Christian Estrosi à Nice, les élus locaux les plus menacés sont de plus en plus favorables aux alliances, rassemblés dans le collectif de la Droite populaire, alors que ceux qui ne sont pas confrontés à ce risque sont très fermes sur le rejet de tels accords.

Au niveau de la base électorale, la ligne de droitisation – ou plutôt de frontisation – tenue par Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012 a rompu une digue installée par Jacques Chirac, après des hésitations, en 1988, une réaffirmation, lors de la crise politique des régionales de 1998, et une sacralisation, lors du second tour de 2002. Les sondages convergent pour attester d’une part croissante de cet électorat prête aux alliances avec le FN.

Pour autant, l’alliance avec le FN serait probablement un tombeau électoral pour l’UMP. Elle achèverait de faire migrer en masse vers l’UDI l’électorat centriste, qui rejette viscéralement l’extrême droite autant que l’extrême gauche. En outre, elle profiterait probablement davantage au FN en termes de voix, puisqu’il obtiendrait le statut de parti ayant pleinement droit de cité dont Jean-Marie Le Pen avait longtemps rêvé. En l’état, l’UMP est donc dans un entre-deux, révélé par les atermoiements tactiques de l’entre-deux tours des cantonales, et qui se traduit aujourd’hui par un compromis où l’UMP ne passe pas alliance avec le FN mais frontise son discours.

En d’autres termes, l’UMP est clairement appelée à être prise entre le marteau et l’enclume. Une position trop recentrée libère davantage d’espace pour Marine Le Pen, tandis qu’une position trop droitisée, ou plutôt frontisée, en libère davantage pour Jean-Louis Borloo.

Pierre Rigoulot :  Naturellement ! Certains députés sont déjà pour sans le dire très haut. Beaucoup sont contre. Et une petite partie pense qu’il faut en parler discrètement, réfléchir aux conditions d’abord d’un dialogue, ensuite d’une alliance. Mais il est hors de question pour la grande majorité des cadres du parti de s’allier avec le FN tel qu’il est, tel qu’il fonctionne. Il faut être très prudent et se rappeler que l’histoire a montré que même les partis du genre du FN peuvent évoluer. Le MSI en Italie a ainsi évolué  du fait de ses propres dirigeants mais aussi de l’habileté et des exigences des autres partis de droite. Le problème est que le gouvernement de gauche multipliant les erreurs politiques et les mauvais résultats économiques – après ceux de la droite -  les dirigeants du FN rêvent de ramasser la mise auprès de Français dégoûtés des partis traditionnels ! C’est pourquoi la droite doit, pour éviter que le rêve du FN ait la moindre chance de se réaliser, multiplier les propositions précises pour faire des économies, sans diaboliser le Parti socialiste. Les Français, à mon sens, doivent apprendre de la droite aussi qu’il faut, comme le PS mais avec des solutions différentes, défendre l’avenir de l’Europe et de sa monnaie, défendre la démocratie. Le PS n’est pas un danger pour la démocratie. Le Front de gauche et le Front national le sont. 

Lionel Baland : Oui, il pourrait y avoir une explosion de la droite française dans le cas où une partie de la droite pourrait choisir de s’allier au FN. Si le Front national continue de progresser, ce qui est tout à fait possible, on pourrait aller vers une explosion de la droite.

Il est difficile de comparer le cas français aux autres pays européens. En Autriche, c’est l’inverse qui s’est passé, c’est le parti de Jörg Haider qui s’est élargi de telle manière qu’il a pu s’allier avec la droite classique mais au final, c’est lui qui a perdu ses électeurs. La droite classique a siphonné une partie de ses électeurs.

 

Plus que la gauche, la droite à la culture du chef. Le charisme du leader balaie-t-il finalement toutes les considérations idéologiques ? 

Thomas Guénolé : C’est une vraie différence entre les cultures partisanes de la gauche et de la droite. D’ailleurs, dans la culture socialiste, les militants quel que soit leur grade se tutoient et s’appellent "camarade", chose évidemment impensable à droite. La droite, spécifiquement le RPR et donc l’UMP actuelle, est bonapartiste dans son rapport au chef. Une fois qu’il s’est imposé dans le rapport de forces entre prétendants, c’est à lui d’indiquer le cap et de nommer les maréchaux. Cela n’empêche pas pour autant des contestations très vives : le mouvement des Réformateurs au tournant des années 1990 qui voulait en pratique un changement générationnel aux commandes, la guerre civile Balladur-Chirac, la sécession de Charles Pasqua avec le RPF de la fin des années 1990, la montée en puissance de Nicolas Sarkozy au début des années 2000 construite contre Jacques Chirac. En d’autres termes, la culture bonapartiste va de pair avec les révoltes d'officiers.

Parallèlement, sur le plan idéologique, on observe depuis une vingtaine d’années une relative stabilité sur six fondamentaux : le rejet viscéral de la gauche, le mérite individuel contre l'assistanat, le secteur privé performant contre le secteur public inefficace, le souhait de baisser les impôts, un conservatisme moral, et l'hostilité à l'immigration. Tout au plus peut-on constater depuis le principat de Nicolas Sarkozy, de 2004 à 2012, une radicalisation sur ces thèmes.

Pierre Rigoulot : Un chef comme le général de Gaulle ou comme le Nicolas Sarkozy, c’est bien, mais ça évite de discuter sur le fond. Tant qu’il y a quelqu’un de cette trempe aux commandes, l’unité se réalise, mais plus autour de l’homme que d’un programme. Quel que soit le prochain dirigeant de l’UMP, il devra penser au programme et à "communiquer" comme on dit, à ce sujet...


Les courants minoritaires ont du mal à exister au sein de l'UMP et finissent le plus souvent par fonder leur propre parti. La droite n'a-t-elle pas,malgré tout, un problème de démocratie interne ?

Thomas Guénolé : C’est inhérent à la culture bonapartiste. Pour autant, sous l’influence du succès populaire des primaires ouvertes du PS en 2011 pour choisir le candidat à la présidentielle, l’idée est dans l’air de copier ce dispositif à droite, voire à droite et au centre de concert. Si ce projet se concrétise, cela reviendra à consacrer l’existence de courants au travers de candidats incarnant des tendances différentes. A contrario, si la nostalgie de Nicolas Sarkozy persiste chez les électeurs de l'UMP jusqu’à imposer son retour triomphal comme meneur des droites, ce sera la démonstration que le bonapartisme hérité du RPR et, avant lui, de l’UDR du général de Gaulle, a la vie dure. Au demeurant, à y regarder de plus près, le gaullisme des années 1960 était un bonapartisme modernisé : il ne faut donc pas y voir un élément secondaire de la culture politique de la droite.

Pierre Rigoulot : J’avoue ne pas bien savoir comment cela fonctionne au jour le jour. Mais ce n’est pas seulement un problème de démocratie interne. Entre les jacobins, favorables aux interventions de l’Etat, et les libéraux, il y a un monde et il me semble que mieux vaut la coexistence voire l’alliance de deux formations différentes que des problèmes récurrents au sein d’une seule. Ce n’est pas une conception propre à la droite que l’alignement des sensibilités différentes. Laissons cela aux amis de Marine Le Pen.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

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vigil
- 27/10/2012 - 18:41
A DROITE PAS D'ENNEMI
A DROITE PAS D'ENNEMI
vigil
- 27/10/2012 - 18:32
ce jour arrivera
losque la droite ne sera plus complexée.
S'agissant de références politiques, tout est relatif et le curseur du centre dans ce pays tire plutôt vers la gauche.
C'est le fruit d'un travail de longue haleine des partis de gauche, aidés en cela par une histoire récente écrite spécifiquement dans cet objectif. Je parle là de la période gaulliste (41/73).
C'est aussi le résultat d'une pression médiatiques sur les individus.
Il en résulte que le centre de gravité tel qu'il est percu, entraine vers la gauche, il est dynamique.
Exemple, De Gaulle, on l'a oublié, a dit et écrit qu'il fallait limiter strictement l'immigration maghrébine en France. Qui s'en souvient ?qui le dit ? Personne et on tourne le dos à cet "appel".
Ainsi, aujourd'hui, pour mériter le label de "droite républicaine" adroitement donné par les médias de gauche, il faut être pour cette immigration !
Il ne faut plus tomber dans ces pièges et remettre le curseur plus à droite. Les centristes suivront ou ils choisiront (devant les électeurs).
vangog
- 27/10/2012 - 16:53
Seul Copé a la force et les convictions pour sauver la France
Même si Fillon en a les vertus, la France doit maintenant éviter les "faux rassembleurs" qui préfèrent " ménager la chèvre et le chou", ne déplaire à personne et n'osent pas faire les mesures drastiques obligatoires pour abolir les privilèges de castes, dénoyauter les médias , la justice et l'éducation de leurs idéologies mortiferes , détruire les usines à gaz construites par la gauche et réformer la multitude d'archaïsmes qui plombent la France!
Un président consensuel ne fera que rafistoler les trous de la gauche et éponger les fuites!
La France n'a pas besoin d'un Giscard, mais d'un De Gaulle!
Aujourd'hui, seul Copé est en mesure d'incarner cet espoir.