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François Hollande n'a pas cru bon d'établir un lien entre le "vivre ensemble" et la représentation de l'homme par l'homme dans les médias.
Courage !
La morale à l’école peut-elle compenser à elle seule la dévastation mentale à laquelle sont soumis les enfants des classes modestes via les médias ?
Publié le 10 octobre 2012
Lors d'un discours prononcé à la Sorbonne, François Hollande a défendu le projet d'enseigner la morale laïque à l'école. Mais le président de la République n'a pas cru bon d'établir un lien entre le "vivre ensemble" et la représentation de l'homme par l'homme dans les médias.
Christian Combaz, romancier, longtemps éditorialiste au Figaro, présente un billet vidéo quotidien sur TVLibertés sous le titre "La France de Campagnol" en écho à la publication en 2012 de Gens de campagnol (Flammarion). Il est aussi l'auteur de...
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Christian Combaz, romancier, longtemps éditorialiste au Figaro, présente un billet vidéo quotidien sur TVLibertés sous le titre "La France de Campagnol" en écho à la publication en 2012 de Gens de campagnol (Flammarion). Il est aussi l'auteur de...
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Lors d'un discours prononcé à la Sorbonne, François Hollande a défendu le projet d'enseigner la morale laïque à l'école. Mais le président de la République n'a pas cru bon d'établir un lien entre le "vivre ensemble" et la représentation de l'homme par l'homme dans les médias.

Il paraît que la France a de quoi se réjouir, le film Taken 2, produit chez nous et tourné par des techniciens français, est promis à un succès planétaire. C'est à peine si les programmes signalent que des scènes peuvent choquer la sensibilité des jeunes spectateurs car il semble que son sort commercial  dépende de sa classification tous publics.

Quel est le rapport entre ce détail et le discours du président de la République sur la morale à l'école ? Les Pouvoirs publics français jugent visiblement qu'il est inexistant. Sans quoi nous aurions entendu autre chose. François Hollande, qui dépassait à peine de son pupitre mardi matin à la Sorbonne, et qui moralement aurait dû prévoir un deuxième escabeau, n'a pas cru bon d'établir un lien entre le "vivre ensemble" et la représentation de l'homme par l'homme dans les oeuvres de fiction, notamment celles qui sont présentées à la télévision sur fonds publics : eh bien, nous allons le faire pour lui.

Il suffit de reprendre le fil de son raisonnement à l'envers, en commençant par ce qu'il juge le moins important puisque ses trois phrases sur le vivre ensemble sont venues couronner un catalogue de revendications corporatistes sur la scolarité avant trois ans, la préservation des vacances d'hiver, la question des horaires et la semaine de quatre jours, le tout sans jamais aborder la question essentielle : à quel degré de dévastation mentale et morale est soumise l'enfance aujourd'hui, notamment dans les milieux modestes ? En quoi le sentiment d'une insécurité permanente est-il de nature à empêcher les enfants d'écouter leurs maîtres ? Comment un enfant maltraité par ses condisciples pourra-il jamais parvenir à maîtriser ce que les enseignants appellent, avec une componction navrée, les fondamentaux ? Il est un peu tard pour prêcher le vivre ensemble quand le principal de l'imaginaire d'un enfant consiste désormais à éviter les atteintes physiques et morales jusque dans l'enceinte de l'établissement. Qu'il s'agisse de harcèlement, de racket, de dégradation de l'homme par l'homme dans les jeux et les émissions de télévision, l'enfant dont les parents n'ont pas le sou n'a plus la moindre chance d'échapper à son sort. Autrefois il lui restait la ressource d'écouter ses maîtres, mais la parole du maître est dévaluée sur tous les plateaux par une poignée d'amuseurs payés quarante mille euros qui répètent sans arrêt qu'ils ne fichaient rien en classe, que la fumette n'est pas grave, que la syntaxe est un truc réac, et que la banalisation de la violence est légitimée par celle que l'on voit au journal télévisé.

François Hollande prétend remettre le système à l'endroit ? Qu'il commence par retourner ses lunettes. Qu'il commence par obtenir que le CSA fasse son travail, que ses membres soient payés quatre mille euros et non huit avec chauffeur et gyrophare, qu'ils soient nommés sur des critères moraux et non politiques, qu'ils aient un pouvoir de coercition et non de recommandation, qu'ils s'élèvent contre les innombrables occasions où le message de l'école est laminé, dès 18 heures 30, par des gravures de mode hyper-tatouées en body fluo qui font des fautes d'orthographe à l'oral et qui nous racontent leurs aventures à Los Angeles en disant toi tu sais pas c'est quoi le respect.

Le président de la République prétend que la refondation de l'école est une question de temps et de moyens, mais c'est bizarre il ne parle jamais de courage. Où est le courage de dire non, publiquement, à ce qui pervertit les règles du vivre ensemble dans le dos des instituteurs ? Où est le courage de s'opposer à ces innombrables publicités où l'adulte passe pour un crétin rééduqué par sa progéniture ? Comment veut-on inspirer aux enfants le respect de la caissière quand on peut entendre dans un téléfilm des phrases du genre si c'est pour finir caissière alors là merci bien ?

Quant à prétendre revenir sur les réformes successives en prétendant qu'elles ont fragilisé l'école, c'est surestimer l'importance de la méthode et des revendications catégorielles, dans un contexte où la philosophie sociale, la perception de l'homme sont seules en cause, seules en danger, et donc seules susceptibles de mener au désastre. Un enfant qui a peur, un enfant submergé d'informations, un enfant écarté de la sérénité de l'apprentissage artistique ou manuel, un enfant sommé de prendre parti moralement sur tout dès l'âge de dix ans n'apprend rien, tous les instituteurs le savent, mais visiblement ils ne contrôlent plus grand chose.

La  vraie question est de savoir comment dissuader les enfants de se ronger la patte comme les lièvres pris au piège. Et la seule réponse est de traquer les poseurs de pièges.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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titine
- 11/10/2012 - 16:14
Appliquer la "morale"...
Ouah ! Enfilons leur à tous la même blouse, retirons les portables, apprenons à saluer... Ensuite chacun pourra parler.
duriot
- 11/10/2012 - 15:25
Bien vu
Bien vu et bien écrit M.Combaz.
ntzsch
- 11/10/2012 - 09:46
"la syntaxe est un truc réac"
Personne ne peut penser une chose pareille en lisant Atlantico.