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ADN Maïwenn recut cinéma
ADN Maïwenn recut cinéma
Atlanti Culture

"ADN" : Maïwenn en quête de ses racines algériennes dans une autofiction comique et volcanique...

Publié le 28 octobre 2020
Le nouveau film de Maïwenn, "ADN", est à découvrir dans les salles de cinéma à partir de ce mercredi 28 octobre.
Dominique Poncet
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Dominique Poncet est est chroniqueuse pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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Le nouveau film de Maïwenn, "ADN", est à découvrir dans les salles de cinéma à partir de ce mercredi 28 octobre.

"ADN" de Maïwenn 

Avec Maïwenn, Fanny Ardant, Louis Garrel…

 

RECOMMANDATION 
Excellent

 

THEME
Neige (Maïwenn), divorcée et mère de trois enfants, adore et admire Emir, son grand-père algérien qui l’a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Quand il meurt dans sa maison de retraite, elle est dévastée, d’autant qu’éclatent des conflits entre tous les membres de sa famille. Ces tempêtes familiales déclenchent chez elle une profonde crise identitaire qui va la pousser à se lancer dans une quête effrénée de son identité et de ses racines algériennes…

 

POINTS FORTS
-Maïwenn n’aime pas qu’on le dise, mais elle n’est jamais plus émouvante et plus marrante que lorsqu’elle puise les sujets de ses films dans sa propre vie. Parce qu’elle ne fait jamais de copier-coller et qu’elle a le chic d’apporter à ses aventures, quelles qu’elles soient, un p’tit grain de folie.

Avec elle, on a un pied dans le ciné, l’autre, dans la vraie vie, et la tête, dans les étoiles. Ce talent- là ancre ses films, en même temps qu’il leur donne de la légèreté.

-ADN est bien dans la manière de faire de la cinéaste. Elle part d’un deuil qui l’a profondément touchée et voilà que déjà, au-dessus du cercueil du disparu, éclatent des règlements de comptes familiaux abracadabrantesques. Résultat son film sur la mort nous donne envie de rire. Et ça continue, quand, ensuite, sur un gros coup de blues, elle décide de partir à la recherche de ses racines. Une quête obsessionnelle qui s’accompagne de séquences à mourir de rire, car la cinéaste aime tourner en dérision les évènements les plus graves et les plus tragiques. Comme son illustre aîné, Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, Maïwenn « se presse de rire de tout, de peur d’être obligée d’en pleurer ».

-Autre plaisir de cette autofiction : elle interprète l’héroïne. Et comme elle est une actrice formidable, intrépide, mordante et montée sur ressorts, la regarder jouer est un vrai plaisir. Elle est très forte aussi pour distribuer les rôles autour d’elle. Dans ce domaine, ADN n’échappe pas à l’excellence.

 

POINTS FAIBLES
-Il est dommage qu’au fur et à mesure du film, Neige abandonne les uns après les autres ses compagnons de vie -notamment ses enfants et sa sœur- pour se concentrer uniquement sur elle-même, ses affres, ses chagrins et ses incertitudes. D’universel, ADN tombe dans l’anecdotique. C’est d’autant plus rageant que le film n’en perd pas pour autant les marques de fabrique de la cinéaste : la rage, l’humour et le rythme.

 

EN DEUX MOTS
Cinq ans après Mon roi qui avait embrasé public et critique, Maïwenn choisit de faire son retour avec un film qui traite de l’absolue nécessité, pour certains, de retrouver leurs racines. Elle le fait avec les armes qui sont les siennes : l’urgence, le rire qui se mêle toujours de larmes, un grand sens de la mise en scène, un savoir-faire sans pareil pour capter des choses de la vraie vie et …un talent dingue pour composer des castings de haut vol. Celui-ci ne fait évidemment pas exception. Fanny Ardant, notamment, est magnifique de drôlerie en mère tyrannique, glaçante et décalée, et en ex de Neige, Louis Garrel confirme qu’il est un de nos plus fins interprètes, l’un des plus désopilants aussi.

 

UN EXTRAIT
« Après avoir vu mon film, j’aimerais que les spectateurs se demandent : qu’est-ce que mes parents m’ont transmis? Qu’est-ce que mes grands-parents m’ont transmis? Qu’est-ce que j’ai envie de transmettre à mon tour ? …J’ai voulu faire un film qui nous pousse à nous demander: mais d’où je viens, en fait? » (Maïwenn, actrice et réalisatrice).

 

LE REALISATEUR 
Placée dès son plus jeune âge sur les plateaux de cinéma par sa mère qui voulait lui faire accomplir la carrière qu’elle n’avait pas eue, Maïwenn, née le 17 avril 1976 Maïwenn Le Besco, née aux Lilas, vit une enfance et une adolescence entre douleur et révolte. A quinze ans, elle devient la muse de Luc Besson avec qui elle tourne, en tant qu’actrice, Léon (1994) et Le cinquième élément (1996). Après sa rupture avec le réalisateur cinq ans plus tard, elle prend ses distances avec le milieu et ne retrouve le chemin des tournages qu’en 2000 en jouant notamment dans La Mécanique des femmes de Jérôme de Missolz, Haute tension d’Alexandre Aja et les Parisiens de Claude Lelouch. Mais ce n’est qu’en 2006 avec Pardonnez-moi, sa première réalisation qu’elle s’affirme vraiment. Réalisatrice de talent, elle enchaîne, en 2009 avec Le bal des actrices, puis en 2011 avec Polisse, récompensé par le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes de cette même année, puis en 2015 , avec Mon roi qui vaut à sa vedette féminine, Emmanuelle Bercot le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes.

Maïwenn, cinéaste sensible et sincère, a choisi de coécrire ADN, son cinquième film, avec Mathieu Demy.

Et aussi
 

- GARÇON CHIFFON - de NICOLAS MAURY- avec NICOLAS MAURY, NATHALIE BAYE, ARNAUD VALOIS…

Jérémie est un comédien homosexuel sans emploi, sensible, fragile, décalé et d’une jalousie qui n’a rien à envier à celle du très shakespearien Othello. Après une rupture amoureuse éprouvante et un énième échec professionnel, il décide de partir dans le Limousin panser son mal-être chez sa mère…

 Si vous êtes un fan de la série Dix pour cent, vous connaissez forcément Nicolas Maury. C’est lui qui incarne l’assistant si lunaire et si bavard de l’agence de stars . Cet acteur délicat et délicieux, qu’on avait pu voir aussi, en prof de français lyrique dans Les Beaux Gosses de Riad Sattouf est passé derrière la caméra pour signer une « dramédie » qu’on devine très autobiographique. Aidé à l’écriture par Sophie Fillières et Maud Ameline, deux scénaristes chevronnées, il profite de ce portrait sans complaisance qu’il fait de lui pour évoquer les chausse-trappes du milieu du cinéma et la complexité des rapports mère-fils. Cela donne ce film tour à tour émouvant, mélancolique, grave, ludique et drôlissime. Nicolas Maury montre aussi, à l’occasion, qu’il sait aussi manier l’autodérision. Son léger narcissisme peut à la longue agacer, mais on prend un plaisir fou à regarder son film qui avait reçu le Label Cannes 2020.

Recommandation : bon.

 

- UNE VIE SECRÈTE d’AITOR ARREGI, JON GARANO et JOSÉ MARI GOENAGA- avec ANTONIO DE LA TORRE, BELÉN CUESTA…

Espagne, 1936. En Andalousie, Higinio, partisan républicain, a été dénoncé aux nationalistes. Après avoir échappé de justesse à une rafale, puis à une traque, il décide, avec l’aide de sa femme, Rosa, de se cacher dans sa propre maison, sous une trappe qui lui permet de suivre tout ce qui se passe chez lui. La peur l’empêchant de mettre un pied dehors, il restera cloîtré chez lui pendant plus de trente ans, vivant malgré tout une histoire d’amour passionnelle avec sa femme, couturière, qui lui fera un enfant (en le faisant passer pour son neveu), sans s’apercevoir que sa claustration va l’entraîner dans une paranoïa responsable de son incapacité à retrouver une existence normale.

Il y a eu de nombreux films sur l’Espagne franquiste, ses fusillades nationalistes contre les résistants, et l’exode auquel elle contraignit des milliers de familles. Mais, avec Une Vie secrète, c’est la première fois que des cinéastes (ils sont trois pour ce seul long métrage) abordent cette guerre dans un de ses dommages collatéraux souvent méconnu, celui de la disparition de partisans républicains, qui s’évanouirent dans la nature sans laisser de trace. L’histoire du résistant Higinio racontée ici, est inspirée d’une histoire vraie. Malgré un rythme un peu lent, sans doute volontaire pour faire sentir le poids des trente années sur lesquelles il se déroule, ce film qui relève du huis clos  psychologique est magnifique à tous les points de vue, visuel , « scénaristique » et dans son interprétation. Il est vrai qu’il est porté par un fabuleux acteur,

l’Espagnol, Antonio de la Torre.

Recommandation : excellent.

 

- 100% LOUP - d’ALEXS STADERMANN- Film d’animation

Freddy Lupin et sa famille cachent un grand secret. Le jour, ils sont des humains ordinaires, mais la nuit, ils se transforment en loups-garous. Le jour de ses 14 ans, Freddy doit se transformer en loup-garou pour la première fois. Mais le soir de son initiation, il devient un… petit caniche rose. Exclu de son camp, il va devoir user de mille stratagèmes pour démontrer qu’il est bien…100% loup…

Tiré d’un livre pour enfants australien qui avait cartonné, ce film d’animation a tout pour séduire les petits : il relate, avec brio, les aventures d’un héros aimable, loyal, volubile et téméraire. Il est bourré de couleurs chatoyantes, ses personnages sont attachants, ses décors en mettent plein les yeux, sa bande-son est nickel et ses doublages français impecs. Encore un argument ? Il sort du Studio 100 à qui on doit Maya l’Abeille et Vic le Viking. Franchement en cette période d’Halloween, ce 100% loup tombe à pic.

Recommandation : excellent.

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