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Atlantico Litterati

"Les femmes de" par Caterina Bonvicini

Publié le 05 juillet 2020
Annick Veille revient cette semaine pour nous présenter « Les femmes de » publié chez Gallimard par la romancière italienne Caterina Bonvicini.
Annick Geille
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Annick Geille est une femme de lettres et journaliste française, prix du premier roman 1981 pour Portrait d'un amour coupable et prix Alfred-Née de l'Académie française 1984 pour Une femme amoureuse. Elle est également la cofondatrice, avec...
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Annick Veille revient cette semaine pour nous présenter « Les femmes de » publié chez Gallimard par la romancière italienne Caterina Bonvicini.

Chœur de femmes

Il peut arriver à plusieurs femmes d’aimer le même homme, chacune différemment et pour de bonnes -ou de mauvaises- raisons. Le gynécée perdure dans les villes du XXI siècle. C’est  le sujet qu’explore avec une délicieuse cruauté la romancière italienne Caterina Bonvicini  dans« Les femmes de  »(Gallimard) . L’auteure considère avec une égale bienveillance les captives de l’amour et l’objet ( fuyant) de leur attachement : ce mari, ex mari, père, fils, frère et/ou amant « couvert de femmes ». Un roman choral agréablement grinçant.

« Le cœur des femmes va plus loin que celui des hommes parce que le sacré leur est davantage connu »,  notait Benjamin  Constant ( 1767-1830) dans « Adolphe » ( ce  roman de l’impossibilité d’aimer que Sagan préférait à tous les autres, avec « Les palmiers sauvages » de Faulkner).« C’est toujours si simple pour vous, les garçons, les hommes, les amants », confirme au XXIème siècle, à Milan,  la belle Christina,  personnage de Caterina Bonvicini dans « Femmes de » ; une  fiction centrée elle aussi sur la difficulté d’aimer, un roman aux grincements orchestrés, au cours duquel plusieurs voix de femmes forment  un ensemble vocal ; les choristes  chantent toutes la même partition : l’amour déçu sur tous les tons et à tous les âges de la vie. 

Christina, donc, seconde épouse  d’un écrivain à bout de souffle, a  cru bon d’organiser pour l’ artiste sur le sable un diner de Noël réunissant une famille exclusivement féminine.Vittorio est cet auteur couvert de femmes qui a perdu et la main et  la foi en l’Autre. Il faut que sa famille aimante ô combien, et la bonne chère,lui réchauffent le cœur et le corps. Il faut qu’il recouvre cette santé mentale et physique  des jours heureux, lorsqu’il  aimait et écrivait, en tous lieux inspiré. Christina se dit que Vittorio traverse une crise passagère ; entouré, aimé, préféré, il guérira. A Noël, ceux et celles que l’on aime sont là pour donner  son épaisseur à la vie que l’on mène le reste du temps, ce pourquoi la solitude, ce soir-là, est si douloureuse. Au menu,  rizotto et bar en croute, mais « C’est la nourriture qui nous dévore », note, désabusée, en tripotant son portable, une « influenceuse », fille de l’écrivain. Connectée à Tinder ( « saisissez votre chance ! ») elle adresse une flopée de Pokemon  à l’ amant potentiel. « Milan est une ville si bourgeoise »,  songe de son côté Paoletta, sœur aînée de l’influenceuse. Toutes les femmes de ce gynécée nous sont révélées en leurs monologues intérieurs, comme figées dans l’attente de celui pour lequel elles ont préparé la fête . Telle est à Milan,Paris ou Malibu, la tribu inflexible des femmes aimantes. « Tout est si farouchement bourgeois ici que tout ce qui doit se faire se fait, et peu importe si le monde s’écroule », songe Lucrezia, quatre-vingt-neuf ans, mère de  l’écrivain,  qui tient  admirablement son rôle de vieille dame indigne, assez portée sur les apéritifs et digestifs italiens.  Il y a aussi Ada, l’ex femme de Vittorio, auteure  de ces textes illisibles, dits « de littérature féminine », qui obtiennent un grand succès. Nous découvrons aussi Francesca, sœur de Vittorio,  sans oublier Camilla, sa  nouvelle compagne, guère inspirée.Un groupe de femmes sur leur 31, guettant l’arrivée du sauveur.  Mais le réveillon va tourner court : non seulement  l’écrivain  ne viendra jamais, mais il disparaît des écrans -radars. Soudain, le roman choral adopte les codes du policier. Caterina Bonvicini ( que trois précédents livres ont imposée comme une romancière cruelle, c’est- à -dire dotée d’une vision) tend le micro à  chaque protagoniste, qui monologue pour révéler au lecteur ses  liens plus ou moins intimes avec le  « fantôme », sans doute distrait, et  oubliant qu’un soir de Noël, il était attendu chez lui. Vittorio manque cruellement à toutes « ses » femmes, mais personne ne sait rien de lui, chuchote l’auteure à notre oreille. L’histoire d’amour a-t-elle existé ? Ce fils, ce frère, ce père, ce mari,cet ex compagnon, ce nouvel amant, qui est-il vraiment, au fond ? Chacun et chacune d’entre nous n’aurait-il pas tendance à passer à côté des êtres soi-disant aimés ?  murmure l’auteure. « Pour cette obstination tordue au bonheur, nous perdus, ici à grimacer, à gesticuler,  à feindre la perte de ce qui n’a jamais été, qui certainement ne sera jamais », dit en exergue la –superbe- citation de Patrizia Cavalli  ( poétesse et traductrice de Shakespeare) résumant le concept du roman. Cette quête éperdue. Ce désert inexistant. Qui aimons- nous lorsque nous aimons ? Un être réel de chair et de sang, dont nous avons une certaine science, une connaissance minimale, parce que généreux et attentifs, aimants, donc, nous avons passé du temps à explorer sa psyché, son caractère. Ou est-elle/il, faute de ce minimum d’attention,  par le fait de notre égoïsme ontologique, occupés que nous sommes par nous-mêmes, un mirage, une illusion comique,  comme dirait Pierre Corneille ? Vittorio a beau être proche de chacune de ces femmes plus ou moins éplorées, il demeure pour elles toutes un inconnu. L’étranger radical. Que savons-nous de nos proches ? Le SMS  que le disparu adresse  à sa famille  sera livré à la police: « j’ai besoin de prendre une année sabbatique loin de mon travail et de la vie » , dit le  seul personnage masculin du roman, énigmatique. La police constate que « toutes ces femmes se disputent Vittorio comme des chiens avec une cuisse de poulet ». Giulia, la fille cadette, toujours au téléphone avec Tinder, fait remarquer   que c’est elle qui « fait  le boulot le plus désagréable » : « Se taper  les critiques littéraires » … On souffrirait à moins, en effet. Ada,  l’auteure qui vend à tour de bras sa « littérature féminine » ( qui n’existe pas : on est dans la littérature ou pas) découvre que son ex mari ( dont elle croyait qu’il ne pouvait bouger le petit doigt « « sans lui demander  son avis» ) bouge loin d’elle et sans rien lui demander du tout.Du coup,  vexée, Ada pirate la messagerie de  Vittorio.« Je remarque que Vittorio change continuellement de ton et de style, selon la personne à qui il s’adresse, il change même de signature. »Le disparu a plusieurs visages, comme  pas mal d’entre nous, et alors ? Nous découvrons finalement que cet homme chéri  par tant de femmes  est tombé amoureux …d’un homme.  L’auteure dirait- elle qu’à force de féminisme plus ou moins radical, d’amour et d’attentions « féminines », les hommes sont devenus las des femmes ? Comme  l’expose le philosophe Nicolas Grimaldi dans « Les Métamorphoses de l’amour » ( Grasset /2011) » Cette personne que nous aimons sans la connaître, et qui ne nous est si présente que parce que nous la recréons sans cesse en l'imaginant, un simple hasard en fait l'objet de nos rêveries. Nous l'avons fortuitement inventée plutôt que nous ne l'avons choisie. » L’amour existe-t-il dans ces conditions, ou s’agirait- il d’une vue de l’esprit ?Caterina Bonvicini se garde de répondre, Dieu merci. Simplement, lorsqu’elle tend son micro au seul homme de son roman, le disparu, le fuyard, le fugueur, elle réussit ses meilleures pages. Cette voix masculine soudain nous bouleverse. La  vérité passe. Une certaine profondeur aussi. Il s’agit de vie, de mort, d’amour : tout en somme.  Nous sommes transportés par cette confession qui nous renvoie à nos propres échecs, et à l’irréalité de tout, en particulier celle de nos vies. Que voulons- nous au juste ? Que désirons- nous ?C’est précisément cette image « si intime , si obsédante » mais en trompe-l’œil que devient l’Autre lorsque nous l’aimons que la romancière révèle admirablement en  nous tendant, en fin d’ouvrage, un miroir troublant .

« La définition du possible, c’est qu’il peut ne pas avoir lieu », rappelle Lacan. Dans ce roman assez sauvage de Caterina Bonvicini, les protagonistes se voient propulsés vers  un possible qui  n’aura jamais lieu, c’est- à- dire  une certaine réciprocité, la bonne et douce science de l’Autre : l’amour, en somme. De fait, Vittorio tant aimé des femmes  maladroites vit un « coming –out » qui  ose parier sur son bonheur d’homme, propulsant  le gynécée dans  le désordre des vies mal fichues. La plus belle phrase du roman , la plus terrible aussi ? «" Je n'avais pas eu le courage de lui dire -précisément à ce moment-là - qu'il faut beaucoup de temps aux gens pour comprendre que la partie triomphante de leur existence est finie "

Talent !



« Les femmes de » par Caterina Bonvicini/Gallimard/220 pages/19 euros
 

 

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