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Vent d'ailleurs
Cinquante nuances de Grace
Publié le 08 mars 2019
Grace est le roman contemporain de la rentrée 2019 à ne pas manquer !
Pauline de Préval est journaliste et réalisatrice. Auteure en janvier 2012 de Jeanne d’Arc, la sainteté casquée, aux éditions du Seuil, elle a publié en septembre 2015 Une saison au Thoronet, carnets spirituels.
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Pauline de Préval est journaliste et réalisatrice. Auteure en janvier 2012 de Jeanne d’Arc, la sainteté casquée, aux éditions du Seuil, elle a publié en septembre 2015 Une saison au Thoronet, carnets spirituels.
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Grace est le roman contemporain de la rentrée 2019 à ne pas manquer !

Quel est le sortilège de l’Irlande ? Pourquoi cette île de saints et de savants est-elle une terre d’écrivains ? Non seulement pour ceux qui y trouvent des avantages, comme Michel Houellebecq naguère, ou Michel Déon jadis : une terre d’écrivains qui se renouvellent de génération en génération et semblent pousser comme des trèfles le long des routes. Au XIXe siècle, il y eut Oscar Wilde, Bernard Shaw, William Butler Yeats, puis au XXe siècle, James Joyce, Samuel Beckett, Seamus Heaney. Et la liste pourrait continuer de ceux qui ont repris le flambeau de saint Patrick : John Milton Synge, Seán O'Casey ou, plus près de nous, David Lynch. A 42 ans, cet ancien journaliste signe un troisième roman remarqué, « Grace », chez Albin Michel. La Verte Erin, selon le surnom de l’île, est son sujet de prédilection : il parle de l’Irlande qui, à elle seule, est un résumé du monde, comme Manosque, pour Jean Giono, contenait les limites de l’infini. Encore l’Irlande que nous narre Paul Lynch n’est-elle pas celle qui fasse le plus rêver, au contraire : c’est l’Irlande de la famine de 1845. Alors, comme s’en souviennent leurs descendants jusqu’à ce jour, le pays perdit un million d’habitants et, de cette date, commença l’exode de 6 millions d’Irlandais vers les Etats-Unis. En cause ? La maladie de la pomme de terre qui est d’ailleurs allée en se répétant d’année en année jusqu’en 1851.

Faut-il voir dans un tel sujet une métaphore d’un monde qui menace ruine ? Peut-être. Mais pas seulement : c’est d’abord une histoire tragique, barbare, sauvage, celle de Grace, une jeune adolescente obligée de se vêtir comme un garçon, qui part sur les routes désolées, dans l’espoir de se nourrir, et qui traverse des paysages de fin du monde, au milieu de la puanteur, de la putréfaction et des pires limbes qui anticipent sur l’enfer. Lumière dans la noirceur, espérance dans un monde condamné, Grace habite son prénom, et cherche à vivre, et plus encore : à survivre, malgré tout. Chemin faisant, Paul Lynch raconte les bouleversements conjoints d’un monde et de celle qui le voit, sa transformation de fillette en femme, son corps qui grandit dans un décor qui interdit toute croissance, et jusqu’à la vie.

Evidemment, on ne peut que songer à « La Route » de Cormac McCarthy, avec une petite fille en lieu et place d’un garçonnet. Mais Grace est seule : elle est double, voire triple : c’est l’enfant que double l’adulte qu’elle devient, c’est l’innocence qui doit se hausser au-dessus du mal, c’est l’ange, sinon Dieu, qui porte l’annonce d’une Bonne Nouvelle, si le mal vient à être vaincu.  Paul Lynch réussit le tour de force d’être poétique et cru, léger et violent, réaliste et onirique : il mêle les registres dans une hallucination constante. Un grand livre ? Sans aucun doute. Un livre qui rend l’appétit.

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