En direct
Best of
Best Of
En direct
© DR
Atlanti-culture
"Green Book": le meilleur film de la semaine, mieux encore que "La Mule"
Publié le 23 janvier 2019
Cette semaine tous les projecteurs sont braqués sur le dernier film de Clint Eastwood, excellent certes. Mais si le premier film en solo de Peter Farrell lui était encore supérieur ?
Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dominique Poncet pour Culture-Tops
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Cette semaine tous les projecteurs sont braqués sur le dernier film de Clint Eastwood, excellent certes. Mais si le premier film en solo de Peter Farrell lui était encore supérieur ?
CINEMA
«  Green book : Sur les routes du Sud » 
de Peter Farrelly
Avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali…

 

RECOMMANDATION

          EN PRIORITE

 

THEME

En 1962,  Tony Lip, un videur de boite de nuit italo-américain connu pour sa débrouillardise, sa truculence et son coup de poing facile (Viggo Mortensen), est engagé par Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale (Mahershala Ali). Son job ? Conduire et protéger ce dernier lors de la tournée qu’il va entreprendre dans le Sud américain ségrégationniste. Durant son périple, le tandem va s’appuyer sur le Green book, un guide qui  répertorie alors les établissements accueillant les  afro-américains, et où, donc, Shirley ne sera ni humilié, ni maltraité.

Dans un pays où le mouvement pour les droits civiques est alors encore balbutiant, Tony et Shirley vont être confrontés au pire. Malgré leurs différences  et leurs différends, ils vont finir leur épopée  comme les deux doigts d’une main, unis par leur générosité, leur humour,  leur rejet pour toute forme de discrimination…

 

POINTS FORTS

-C’est une histoire tellement forte, tellement poignante, à la fois tellement enthousiasmante et tellement révoltante qu’on pourrait la croire sortie de l’imagination, souvent très féconde, des scénaristes américains. Et pourtant elle est vraie. Les deux personnages du tandem du film ont bel et bien existé.  Don Shirley, le pianiste, et Tony Lip, son chauffeur-leurs noms n’ont pas été modifiés- ont vraiment accompli un voyage dans le Sud si raciste de l’Epoque et il sont réellement devenus amis.

-Si  Green book…existe aujourd’hui, c’est grâce au fils ainé de Tony Lip, Nick Vallelonga. Aujourd’hui producteur et réalisateur, il y a des années qu’il rêvait d’un film sur son père, tant, dit-il, « il était un personnage hors du commun, truculent et fantasque ». Et dans ce but, il l’avait fait beaucoup parler au crépuscule de sa vie.

-Quand en 2013 son père, puis Don Shirley décédent, Nick Vallelonga décide qu’il est temps de raconter leur histoire. Pour des raisons évidentes de distanciation, il confie les rennes du projet à Peter Farrelly qui justement, cherche un sujet de drame. Les deux hommes développent ensemble le scénario.

-Pour interpréter les deux du duo, ils font appel à Marhershala Ali, l’acteur oscarisé de Moonlight  et à Viggo Mortensen, l’acteur que l’on sait.

-Portés par un script  du tonnerre et des dialogues percutants, les deux comédiens  sont magnifiques. En videur de boite de nuit italien lourdingue et mal élevé, Viggo Mortensen, qui a pris quinze kilos pour le rôle et a appris à parler comme de Niro, est  aussi drôle qu’ahurissant. En pianiste aussi virtuose que coincé, seul et arrogant, Mahershala Ali est tout aussi époustouflant. Il vient  d’ailleurs de rafler un Golden Globe.

 

POINTS FAIBLES

Je n'en vois aucun.

 

EN DEUX MOTS

C’était son premier film en solo.  Il ne l’a pas raté.  Avec Green Book : sur les routes du Sud, Peter  Farrelly signe  le road movie le plus captivant qu’on ait vu depuis longtemps.  Aussi drôle qu’émouvant, il réussit à être, à la fois, très feel good et à porter, sans aucune pesanteur idéologique, une réflexion sur le racisme et les inégalités. Enthousiasmant, on vous dit !

 

UN EXTRAIT

«A bien des égards nous sommes aujourd’hui encore confrontés aux mêmes problèmes que ceux qui sont décrits dans le film. Green book : Sur les routes du Sud dresse un parallèle entre l’Amérique de 1962 et celle de maintenant par le biais d’images et de concepts miroirs. Je pense que les spectateurs trouveront cela aussi révélateur que divertissant ». ( Viggo Mortensen, comédien)

 

LE REALISATEUR

 Réalisateur, producteur, scénariste et romancier, Peter Farrelly , né le 17 décembre 1956 au Rhode Island, est aujourd’hui connu dans le monde entier pour les comédies, à la fois décalées, irrévérencieuses et touchantes qu’il a signées avec son frère Bob. On doit au duo d’énormes succès comme Mary à tout prix (1998), Kingpin ( 1996), l’Amour extra large (2001), Deux en Un (2003) ou encore Dum & Dumber  (1994) qui a lancé la carrière de Jim Carrey.

Il y a longtemps que ce créateur aux multiples talents voulait réaliser un film dramatique. Mais il attendait, dit-il, "la bonne histoire ". Il l’a trouvée avec ce Green Book : Sur les routes du Sud. Formidablement accueilli à sa sortie aux Etats-Unis (Golden  déjà empochés, Oscars en vue), ce film  devrait, selon toute vraisemblance, recevoir  le même type d’accueil en France.  Pour lui , Peter Farrelly a travaillé pour la première fois sans son frère, mais s’est adjoint, pour l’écriture du scénario, les services du fils de Tony Lip, Nick Vallelonga, .Un tandem de  grands cinéastes pour écrire un film sur un duo... Il y avait peu de chances que leur « coup » soit raté !

 

 

ET AUSSI:

**********

**********

 

-« La Mule » de Clint Eastwood, avec Clint Eastwood, Bradley Cooper, Alison Eastwood…

A bientôt 90 ans, Earl Stone (Clint Eastwood) est aux abois. Son entreprise  d’horticulture a fait faillite et risque d’être saisie. Il accepte alors un boulot en apparence tranquille, chauffeur. Sans se  douter, qu’en fait, il va convoyer de la drogue pour un cartel mexicain. Quand il s’en rend compte, c’est trop tard. Il est pris au piège. Un piège dont il cherche à  d’autant moins à se dépêtrer  qu’il va se révéler de plus en plus lucratif, au fur et à mesure que ses cargaisons de drogue vont augmenter. Quand il roule, Earl  a une paix royale, son âge lui sert d’alibi. Qui pourrait soupçonner un monsieur d’âge canonique de transporter de la drogue ? Jusqu’au jour où un agent de la DEA (Bradley Cooper) va se lancer à ses trousses…

Il fallut toute la force d’une histoire vraie pour donner envie à Clint Eastwood  de revenir devant et derrière la caméra. Parce qu’il a une personnalité bien affirmée, celui qui est l’un des derniers géants d’Hollywood a une fois de plus réalisé un exploit : signer un film personnel avec une histoire qui ne lui ne lui appartenait pas. Non seulement La Mule est un thriller en forme de road movie, mais c’est aussi un drame crépusculaire sur un homme qui se rend compte qu’à force de bourlingue, il est passé à côté de sa vie.

Même s’il souffre par moments d’un peu trop de lenteur (mais on sait que Clint n’est pas amateur d’ellipses !), La Mule est un film qui captive, émeut et aussi fait sourire par son autodérision. A 88 ans, le grand Eastwood, 38 films à son compteur de réalisateur, montre qu’il n’a pas dit son dernier mot.

Recommandation : excellent.


-«l’Ordre  des médecins »- de David Roux- Avec Jérémie Renier, Marthe Keller, Zita Hanrot

A 37 ans, Simon est un médecin aguerri. L’hôpital, c’est sa vie. Dans son service de pneumologie, il a appris à côtoyer la maladie et à affronter la mort. Le jour où sa mère est hospitalisée dans un état critique,  ses certitudes vacillent, son univers s’écroule…

Décidément depuis Hippocrate (Thomas Lilti, 2014), les films sur le milieu médical s’invitent  plus souvent sur le grand écran. Quatre mois à peine après la sortie de Première année (du même Thomas Lilti), voici l’Ordre des Médecins. Il faut dire d’emblée que  ce film, le premier de David Roux, est remarquable par la précision de la reconstitution de l’univers hospitalier, la force de son scénario, la justesse de ses dialogues, l’humanisme tendre  qui se dégage de chacune de ses scènes et  aussi l’engagement de ses interprètes, dont  Jérémie Rénier, qui démontre, une fois encore, à quel point il est un grand acteur. Et puis, quel plaisir de revoir Marthe Keller. Dans son rôle de mère qui sent qu’elle va devoir lâcher prise, elle est bouleversante.

Recommandation : excellent.

 

-«Yao » de Philippe Godeau- Avec Omar Sy, Lionel Louis Basse…

Seydou Tall, un célèbre acteur français, est invité à Dakar pour promouvoir son nouveau livre.  C’est la première fois qu’il se rend dans son pays d’origine. Quand il arrive, il rencontre  Yao, un garçon de treize ans qui, à l’insu de sa famille, a fait, seul, 387 kilomètres pour  l’approcher. Très touché, le comédien décide fuir ses obligations et  de raccompagner l’enfant chez lui, en voiture. Au fil de la route, Seydou va s’apercevoir qu’en fait, il roule aussi vers ses racines…

Omar Sy, tête d’affiche et co-coproducteur…Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que le comédien préféré des français,  a mis beaucoup de lui même dans ce Yao, écrit « sur mesure » pour lui, sa sensibilité, sa joie de vivre, sa générosité. Ce Seydou Tall, si populaire et si solaire, fils d’africain devenu star,  homme taraudé par ses obligations  de père, c’est son double de ciné, bien sûr, un peu fictionnel, très personnel. Il l‘interprète  évidemment, avec une sincérité et une justesse touchantes. Sous la splendeur ocre  des paysages africains,  Yao est teinté du gris de la mélancolie.  Joyeux et bon enfant  dans sa forme, ce road movie sur un « retour au pays de ses ancêtres » est  beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. Visuellement, il est splendide.

Recommandation : bon.

 

-« Continuer »- de Joachim Lafosse- Avec Virginie Efira, Kacey Mottet Klein…

Sybille, mère divorcée, ne supporte plus de voir  Samuel, son ado de fils, sombrer dans la violence.  Dans l’espoir de le retrouver et le ramener à la raison, elle l’entraine chevaucher, pour un long périple, à travers le Khirghiztan. Ensemble, ils vont affronter beaucoup de choses, un environnement aussi splendide qu’hostile, une culture qui leur est étrangère et surtout…eux-mêmes !

Sur le papier, tout semblait réuni pour que Continuer soit un beau film. Il était adapté d’un roman fort et bouleversant de Laurent Mauvignier,  sa réalisation était prise en mains par un homme qui sait, d’habitude, ce que (bonne) réalisation veut dire, ses décors promettaient d’être splendides  et son casting était alléchant. Las ! Si effectivement les paysages sont grandioses et les  acteurs justes, entre ces derniers, rien ne fonctionne. La faute en incombe en grande partie  à des dialogues  d’une platitude consternante ( trois scénaristes quand même !) .  Le résultat est ce road movie  totalement dépourvu d’enjeu psychologique et d’émotion. Restent  le dépaysement et  la beauté  sauvage des chevaux. Ce n’est pas tout à fait rien, mais au bout d’un moment, on a envie de dire stop à ce Continuer.

Recommandation : bof !

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Mots-clés :
Cinéma
Thématiques :
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
02.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
03.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
04.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
05.
Grand débat en péril ? Les trois erreurs politiques que semble s'apprêter à commettre Emmanuel Macron
06.
Electricité : le record de production par les éoliennes battu le 14 mars est un faux espoir
07.
L'identité de Jack l’Eventreur dévoilée
01.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
02.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
03.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
04.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
05.
Et Marine Le Pen éclata de rire…
06.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
01.
Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »
02.
Révolution, le retour : le scénario d’un vrai dérapage insurrectionnel est-il en train de devenir possible en France ?
03.
Grand Débat, la suite : petite géographie des intellectuels français que reçoit Emmanuel Macron ce lundi (ainsi que de ceux qu’il ne reçoit pas)
04.
Christchurch : de la théorie du Grand Remplacement à ses travaux pratiques
05.
Grève mondiale des élèves pour le climat : 5 éléments pour déterminer s’il faut s’en réjouir ou... s’en inquiéter sérieusement
06.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires