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Le coup de coeur de la semaine : "La Révolution introuvable". De 68 aux Gilets Jaunes, Raymond Aron est-il un "prophète" ?
Publié le 20 janvier 2019
Quand on lit Raymond Aron 50 ans après, on peut certes émettre une série de réserves, mais il n'en reste pas moins qu'il est l'un de ceux qui peuvent le mieux nous permettre de discerner les enjeux de ce qui se passe aujourd'hui : Gilets Jaunes etc...
Jean-Pierre Tirouflet est chroniqueur pour Culture-Tops.Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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Quand on lit Raymond Aron 50 ans après, on peut certes émettre une série de réserves, mais il n'en reste pas moins qu'il est l'un de ceux qui peuvent le mieux nous permettre de discerner les enjeux de ce qui se passe aujourd'hui : Gilets Jaunes etc...

La Révolution introuvable
de Raymond Aron
Ed. Calmann-Lévy

RECOMMANDATION : EXCELLENT

THEME

Miser sur l'actualité de l’œuvre d'un auteur disparu depuis 35 ans relève de la gageure. C'est pourtant le pari que vient de faire l'éditeur Calmann Levy en rééditant un ouvrage de Raymond Aron, livre d'entretien publié -à chaud- juste après les "événements" de mai 1968, il est vrai que l’on peut trouver quelques similitudes apparentes entre ceux-ci et le mouvement des "gilets jaunes". L'ouvrage,"La Révolution Introuvable", est précédé d'une préface éclairante de Philippe Reynaud et se présente sous forme d'un dialogue avec le journaliste et politologue Alain Duhamel.

POINTS POSITIFS

Nourri de Tocqueville, Aron livre une analyse assez fine du fonctionnement de la République gaullienne qui pourrait expliquer l'éclosion du mouvement spontané que furent les événements de mai 1968 : verticalité du pouvoir, affaiblissement des corps intermédiaires, poids de la technocratie... On voit que cette tendance de notre système de monarchie républicaine ne s'est pas atténuée avec le temps et pourrait expliquer sans amodiation de NBA la crise actuelle.

De même Aron souligne-t-il le flou des objectifs et de l'idéologie "faible" des événements de 1968 et son décalage avec la réalité. Là encore on pourrait trouver des similitudes avec l'actualité.

Enfin, son analyse de la mort de l'Université libérale sous-jacente  les coups de boutoir de l'afflux des "baby boomers" et surtout du terrorisme des Assemblées Générales, adroitement manipulées, reste, malheureusement, aussi vraie aujourd'hui qu'elle l'était en juin 1968.

POINTS FAIBLES

Comparaison n'est pas raison et les retraités "gilets jaunes" d'aujourd'hui ont peu à voir avec les occupants de la Sorbonne en 1968; quant à la classe ouvrière, sans "aller au paradis", elle a bien changé depuis lors, sans évoquer le déclin du parti communiste qui fut, selon Aron, le facteur essentiel de la stabilisation de la situation en 1968.

Aron est très anti-gaulliste, ce qui n'est pas sans biaiser son analyse tant des causes du psychodrame de mai 1968 que du comportement du pouvoir gaulliste face à la crise.

Ecrit à l'été 68, la Révolution Introuvable ne peut mesurer les conséquences plus lointaines des événements sur l'évolution des moeurs et les rapports sociaux qui ont profondément marqué la France pendant les trente ans qui ont suivi ces événements.

Enfin, Aron ne donne pas de solution de "sortie de crise". Il note simplement que ce genre de péripétie est très généralement suivi d'une réaction du corps électoral en faveur du parti de l'ordre. La question est de savoir qui, aujourd'hui, incarne le parti de l'ordre.

EN DEUX MOTS

Une réédition de circonstance d'un texte puissant, riche et de nature à alimenter une réflexion sur les mouvements actuels et l'avenir de nos institutions.

UN EXTRAIT

P.80 : "Chacun de nous est probablement partial à sa façon, mais aussi longtemps que tous se réclamaient de l'éthique de l'Université libérale, presque tous se croyaient obligés de résister à la tentation de partialité. Le jour où les enseignants souscriront à la doctrine de la politisation, toute limite à la partialité s'effacera, et l'Université sera morte."

L'AUTEUR

Philosophe, sociologue, politologue, historien, Raymond Aron (1905-1983) fut, d'une certaine façon, l'honneur des intellectuels français en refusant, avec lucidité, les modes et les affiliations idéologiques de son époque.

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