En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
Atlanti-Culture
"Un Cowboy à Paris" : Et si Lucky Luke tombait sur les Gilets Jaunes?
Publié le 15 décembre 2018
Dans sa nouvelle aventure, grâce à l'imagination et au talent de Jul et Achdé, Lucky Luke se retrouve à Paris. Etonnant et amusant.
Dominique Clausse est chroniqueur pour Culture Tops
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dominique Clausse pour Culture Tops
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dominique Clausse est chroniqueur pour Culture Tops
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dans sa nouvelle aventure, grâce à l'imagination et au talent de Jul et Achdé, Lucky Luke se retrouve à Paris. Etonnant et amusant.

BANDE DESSINEE

Un Cowboy à Paris

Scénario : Jul  / Dessins : Achdé
Editions Lucky Comics
46 pages
10,95€

RECOMMANDATION

BON

THEME

Jul et Achdé ont eu la drôle d’idée de faire se rencontrer le célèbre cowboy Lucky Luke et le sculpteur Auguste Bartholdi. Ils en tirent l’histoire de ce dernier opus, "Un cowboy à Paris", et, autant l’écrire tout de suite, c’est plutôt une bonne surprise. En effet, je n’avais plus apprécié de Lucky Luke depuis fort longtemps ; au moins depuis la mort de Morris, son créateur, voire celle de Goscinny, qui l’avait rejoint au scénario à partir du 11ème album. Et mes quelques rares tentatives de lecture post-morrissiennes s’étaient soldées par des déceptions. Avec Un cowboy à Paris, cette malédiction personnelle semble enfin levée...

L’idée de départ repose sur un fait historique réel : Auguste Bartholdi s’est effectivement rendu aux Etats-Unis en 1871, pour une campagne de promotion de la future statue de la Liberté, ayant pour objectif de faire financer son socle par des donateurs américains.

 L’imagination des auteurs s’est emparée de ce fait réel pour le déformer savoureusement. La première moitié de la BD se passe dans l’ouest américain. On suit le périple de Bartholdi qui transporte comme une attraction le bras de la future statue, sous la protection de Lucky Luke. La seconde moitié transporte Lucky Luke et son inséparable cheval, Jolly Jumper, à Paris. Ce qui donnera aux auteurs l’occasion de mélanger l’anachronisme et la réalité historique.

POINTS FORTS

Un Cowboy à Paris renoue avec la recette qui a fait le succès de Lucky Luke : des gags qui s’enchaînent en rythme, le détournement des codes hollywoodiens du western (les indiens, le goudron et les plumes…) et les personnages récurrents (j’espère que la très courte apparition parisienne de Rantanplan ne vous échappera pas).

Enfin, on ne fait pas de bonnes aventures de Lucky Luke sans un méchant de pacotille, et celle-ci trouve avec le personnage d’Abraham Locker, directeur de pénitencier, un digne successeur aux Dalton et autre Billy the Kid.

Le graphisme d’Achdé est classique, mais solide, avec une très jolie planche pleine page vers la fin de l’histoire, et contribue à rendre agréable la lecture de l’album. Les dessins de la partie parisienne méritent même votre attention, pour dénicher quelques petits détails amusants.

On sent que les auteurs ont aussi été très attentifs à respecter un fond de réalité historique, comme si, en partant d’une anecdote réelle (le voyage de Bartholdi), ils s’engageaient à ce que leur humour ne bouscule pas trop la vraisemblance du récit.

POINTS FAIBLES

Comme toujours, pour ce genre très particulier de la reprise de séries mythiques, le reproche pourrait résider dans la comparaison avec l’original, d’autant plus quand vous prenez le parti pris de respecter scrupuleusement les codes de la série. Si on compare, par exemple, avec l’évolution du personnage de Spirou, trituré avec talent par toute une floppée d’auteurs, cet album fait un peu pâle figure. Lucky Luke a pourtant déjà connu ce genre de transgression, avec « l’homme qui tua Lucky Luke », que Nicolas Autier avait chroniqué sur ce site, à sa sortie. Nicolas nous avait donné une belle image de la richesse et de l’inventivité du scénario de cette histoire, qu’on ne retrouve pas ici.

Mais ce n’était pas non plus l’objectif. Il s’agissait surtout d’écrire une histoire que n’aurait pas reniée Morris et j’ai l’impression que cet objectif, pas si simple, a été parfaitement atteint.

EN DEUX MOTS

Ne boudez pas le plaisir de lire un bon Lucky Luke, entre deux continents! 

L’histoire de ce Bartholdi de BD, promenant le bras de sa statue dans l’ouest américain, se lit d’une traite, sans se prendre la tête. On passe un bon moment, certes un peu éphémère, mais ce n’est déjà pas si mal. 

Je retiens de l’enchaînement des gags quelques morceaux de bravoure, comme l’évasion d’un petit volatile, l’allusion à des écoles de peinture, le renouvellement du gag de l’ombre; et enfin, j’ai eu petit coup de cœur pour le détournement en mode western de la Normandie (Camembert, 402 habitants, notre pâte est molle, mais notre plomb est dur...). 

Outre Bartholdi, vous croiserez quelques autres personnages célèbres, comme Victor Hugo ou un Rimbaud-hommage à Billy-the-kid.

UN EXTRAIT

LES AUTEURS 

(d’après BD Gest)

Jul, de son vrai nom Julien Berjeaut, est né en 1974 en banlieue parisienne. Après Normale Sup’ et une agrégation, il enseigne l’histoire chinoise à l’université. Il s’éloigne rapidement de cette “première vie” pour devenir dessinateur de presse. En 2000, il rejoint l’équipe de Charlie Hebdo. Il dessine aussi aux Échos, à l’Huma, à Lire, à Philosophie Magazine ou à Fluide Glacial… La parution de sa première bande-dessinée en 2005 marque un tournant. Plongée dans l’univers de l’altermondialisme, Il faut tuer José Bové est un énorme succès de librairie. On le connaît aussi pour sa série d’animation sur Arte, Silex and the City.

Achdé (Hervé Darmenton) est né le 30 juillet 1961 à Lyon. A 9 ans, il pioche 6 francs et 25 centimes pour acheter sa première BD. Incroyable mais vrai : il s'agit de l'album Lucky Luke contre Phil Defer. Après avoir publié son premier dessin à 14 ans dans un fanzine, il décide de devenir auteur de BD ou rien. En 1988, il publie à compte d'auteur son premier album : Destins croisés. Après avoir bien rigolé en voyant à la télé les éleveurs bretons jeter des moutons sur les CRS, il a l'idée de CRS=détresse. Le premier album de la série paraît en 1993. Après un petit passage chez Spirou avec Fort Braillard, il se lance alors dansWoker (l'histoire de Tarzan sur une autre planète) à quatre mains avec Widenlocher, et dessine Doc Véto d'après les scénarii de Godard. Aujourd'hui, il réalise un rêve d'enfant en reprenant Lucky Luke.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Mots-clés :
Lucky Luke
Thématiques :
Dossiers
2450 Articles
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Plus court mais mieux indemnisé : cette réforme de l’assurance chômage qui pourrait offrir une solution aux demandeurs d’emplois
02.
L'étonnante proposition de Brigitte Macron à Valérie Trierweiler et Carla Bruni-Sarkozy
03.
Connaissez vous Marie Kondo (la Japonaise qui a déclenché une folie du rangement dans le monde qui ne devrait pas tarder à atteindre la France) ?
04.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
05.
Aix-la-Chapelle ou la dernière illustration en date de l’intimidation morale qui asphyxie la démocratie française
06.
Ce biais statistique qui explique pourquoi la redistribution en France est loin d’être aussi efficace qu’on le croyait pour corriger les inégalités
07.
Changement climatique : Alexandria Ocasio-Cortez déclare que "le monde touchera à sa fin dans 12 ans"
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Plus court mais mieux indemnisé : cette réforme de l’assurance chômage qui pourrait offrir une solution aux demandeurs d’emplois
03.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
04.
Jacques Chirac, ce soudard amateur de bières et de belles femmes qui s'est avéré être un excellent chef des armées
05.
Connaissez vous Marie Kondo (la Japonaise qui a déclenché une folie du rangement dans le monde qui ne devrait pas tarder à atteindre la France) ?
06.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
07.
La tombe de Marc Antoine et Cléopâtre serait sur le point d'être découverte
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
04.
Aix-la-Chapelle ou la dernière illustration en date de l’intimidation morale qui asphyxie la démocratie française
05.
Les patrons américains préfèrent la France de Macron à l’Amérique de Donald Trump et l’idée du « grand débat » leur plait
06.
La tombe de Marc Antoine et Cléopâtre serait sur le point d'être découverte
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
04.
Aix-la-Chapelle ou la dernière illustration en date de l’intimidation morale qui asphyxie la démocratie française
05.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires