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La Chine : de la méfiance au contrôle total du web

Publié le 09 décembre 2018
Fake news, scandale Facebook-Cambridge Analytica, virus WannaCry : de la propagande djihadiste à l’ingérence électorale et de la manipulation ciblée à la cyber-attaque tous azimuts, le nouveau conflit mondial a commencé. Pour comprendre le présent et anticiper l'avenir, Jean-Louis Gergorin et Léo Isaac-Dognin publient "Cyber, la guerre permanente" aux éditions du Cerf. Extrait 2/2.
Ancien élève de l’École polytechnique et de l’École nationale d’administration, longtemps chef du Centre d’analyse et de prévision du Quai d’Orsay, puis vice-président en charge de la stratégie d’EADS (Airbus), Jean-Louis Gergorin exerce aujourd’hui une...
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Après avoir mené des études en économie, défense et affaires internationales à Sciences-Po, Cambridge et Columbia, puis s’être engagé dans la lutte contre la fraude et le crime financier, Léo Isaac-Dognin est aujourd’hui consultant en transformation...
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Fake news, scandale Facebook-Cambridge Analytica, virus WannaCry : de la propagande djihadiste à l’ingérence électorale et de la manipulation ciblée à la cyber-attaque tous azimuts, le nouveau conflit mondial a commencé. Pour comprendre le présent et anticiper l'avenir, Jean-Louis Gergorin et Léo Isaac-Dognin publient "Cyber, la guerre permanente" aux éditions du Cerf. Extrait 2/2.

Début 2000, la Chine ne comptait que 22 millions d’internautes, soit un quart du nombre d’Américains connectés au Web à la même époque, et bien moins que dans l’ensemble des pays occidentaux en proportion de leurs populations respectives. Aujourd’hui, près d’un internaute sur cinq est basé en Chine, et le nombre de chinois utilisant Internet approche les 800 millions1. Qui plus est, les géants numériques du pays sont en quelques années devenus les rivaux principaux des fers de lance historiques de la Silicon Valley. Le contraste ne pourrait être plus clair : alors même que la révolution numérique fait trembler les autocrates, fragilise les institutions et la cohésion sociale des démocraties libérales, et creuse le retard économique de pays comme la Russie, l’économie et le pouvoir central chinois semblent tous les deux en sortir renforcés.
À première vue, les attitudes de la Chine et de la Russie vis-à-vis du numérique semblent pourtant identiques. Elles s’inspirent en tout cas de visions historiques similaires : traumatisée par une période de domination étrangère et la perte de son statut historique de première puissance économique mondiale, la Chine est elle aussi obsédée par le maintien de sa souveraineté et par son désir de combler l’écart avec les États-Unis. Dans cette optique, le numérique est perçu en Chine comme un splendide instrument de stratégie asymétrique, dont la maîtrise est essentielle tant pour éviter de vulnérabiliser le pays que pour rattraper son retard face aux Occidentaux.

Cependant les stratégies cyber russes et chinoises ont deux différences fondamentales.

Premièrement, l’action chinoise dans le cyberespace privilégie le domaine économique. Contrairement à Pou- tine, les dirigeants chinois des 20 dernières années ont parfaitement compris le lien indissoluble qui existe non seulement entre sécurité numérique et sécurité nationale, mais également entre numérisation et modernisation, notamment depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir. Autrement dit, ils ont compris non seulement que plus on se numérise, plus on se vulnérabilise, mais qu’en même temps, pour prétendre au statut de superpuissance il faut se numériser. D’où leur mise en place de mesures qui tout en renforçant le contrôle du régime sur la sphère numérique nationale – institué bien avant la Russie – favorisent le développement de technologies et d’entre- prises numériques capables de rivaliser avec les géants de la Silicon Valley.

Deuxièmement, les actions de la Chine dans le cybe- respace s’inscrivent dans un dessein stratégique à la fois plus ancien et plus ambitieux qui vise une expansion résolue – bien que graduelle – de la puissance chinoise à long terme. Les dirigeants chinois ont aujourd’hui une vision relativement précise de la place de la Chine dans le monde qui inclut une vision de son positionnement dans l’ère numérique ainsi même qu’une vision du rôle et de la structure du cyberespace. Leur objectif n’est pas d’égaler la puissance américaine dans la sphère numérique, mais de la dépasser. À côté de cela, la stratégie russe s’appa- rente à une stratégie du chaos, visant des gains à court terme, rarement pensée plus de deux coups à l’avance et souvent improvisée en fonction de la réaction de l’ad- versaire. Cette approche – parfaitement reflétée dans le concept de « contrôle réflexif destructif » expliqué plus tôt – est paradoxale lorsqu’on connaît la peur du « chaos » si régulièrement exprimée par les dirigeants russes ces dernières années. Serait-ce un aveu d’impuissance ?

La révolution qui porte Mao  Zedong  au  pouvoir en 1949 ayant mis fin à plus d’un siècle d’humiliations infligées par différentes puissances étrangères – Grande- Bretagne, France, États-Unis, Allemagne, Russie et Japon – le Parti communiste chinois (PCC) a pour mission historique de rétablir la puissance économique et militaire du pays et d’éviter tout retour des influences étrangères considérées comme la plaie absolue. Il conserve, à cette fin, un contrôle politique total sur le plan intérieur.

C’est donc sans surprise que le régime chinois développe dès la fin du xxe siècle une vive méfiance vis-à-vis d’Internet, notamment vis-à-vis de son caractère libre et décentralisé, permettant la diffusion de contenus jugés subversifs et fragilisant la légitimité du pouvoir central.

Extrait du livre de Jean-Louis Gergorin et Léo Isaac-Dognin, "Cyber, la guerre permanente", aux éditions du Cerf 

 

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