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Les 3 graphiques qui vous convaincront qu’il est urgent de rationaliser la politique familiale française
Publié le 13 septembre 2018
Pour rassembler les Français, il est temps de réaliser l’universalisation des allocations familiales prévue en 1945, en dépit de la créativité technocratique
Marc de Basquiat est directeur de projets de transformation dans des grands groupes et dans le secteur public. Il préside l’Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence. Il est auteur avec le philosophe Gaspard Koenig de LIBER, un revenu de...
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Marc de Basquiat
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Marc de Basquiat est directeur de projets de transformation dans des grands groupes et dans le secteur public. Il préside l’Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence. Il est auteur avec le philosophe Gaspard Koenig de LIBER, un revenu de...
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Pour rassembler les Français, il est temps de réaliser l’universalisation des allocations familiales prévue en 1945, en dépit de la créativité technocratique

Tous les parents le savent : si le fait d’avoir des enfants peut être source de grandes joies et de soucis, cela représente également un coût significatif. Heureusement, l’Etat intervient de multiples façons pour collectiviser ce coût, qui est de fait un investissement dans le renouvellement des générations. Si on prend en compte les dix mécanismes principaux de soutien financier aux parents, on peut tracer un superbe graphique montrant le niveau de l’aide, en euros par mois, pour chaque enfant.

Ces diverses courbes évoluent de façon assez curieuse, selon qu’il s’agisse d’une famille monoparentale ou d’un couple, en fonction du nombre des enfants et des revenus des parents. La cuisine législative accumulée ces dernières décennies a produit un plat de spaghettis assez étonnant.

A la découverte de ce graphique, la première réaction raisonnable est l’incrédulité

Est-ce sérieux ou un gribouillage enfantin ? Il est utile de regarder un second graphique qui affiche la contribution des dix mécanismes pour des couples mariés ou pacsés, parents de quatre enfants, en fonction de leur revenu mensuel. Cet empilement rappelle agréablement les strates sédimentaires de nos cours de géologie, agrémentées de couleurs vives pour réveiller le lecteur.

On constate au premier coup d’œil que les mécanismes intervenant pour les familles à bas revenus, à gauche du graphique, sont différents du mécanisme principal intervenant pour les plus aisés (à droite) : le quotient familial. Cependant, l’aide totale pour les quatre enfants est à peu près identique pour tous : environ 900 euros par mois.

Pourquoi diable faut-il dix mécanismes pour aboutir à une redistribution quasi uniforme ?

La complexité se révèle lorsqu’on explore la diversité des configurations familiales. Le graphique n’est pas fondamentalement différent pour des familles de trois ou cinq enfants. Par contre, le fait que les allocations familiales ne sont versées qu’à partir de deux enfants rend le cas des parents d’enfant unique particulièrement intéressant, qui fait l’objet du troisième graphique.

Alors que les familles sont 43% à n’avoir qu’un seul enfant à charge, l’aide financière de l’Etat distingue clairement trois catégories. Les familles pauvres, qui perçoivent le RSA ou la Prime d’activité, voient leurs prestations sociales renforcées du fait de la présence d’un enfant. Les familles plus aisées bénéficient de l’effet du quotient familial, qui abaisse leur impôt sur le revenu. Entre ces deux extrémités, les familles des classes modestes à moyennes sont peu voire pas aidées pour leur enfant. Aucun autre pays au monde ne maltraite ainsi les parents d’enfant unique.

 

Face à ces constats d’une complexité inutile et inéquitable, notre recommandation est simple. Mettons rapidement en œuvre la disposition inscrite à l’article premier de l’ordonnance du 4 octobre 1945 organisant la sécurité sociale : « Des ordonnances ultérieures procéderont à l’harmonisation desdites législations et pourront étendre le champ d’application de l’organisation de la sécurité sociale à des catégories nouvelles de bénéficiaires ». Après 73 ans d’atermoiements, implémentons enfin des Allocations Familiales Universelles, où chaque enfant donne droit à une aide identique, dépendant éventuellement de son âge, quels que soient les revenus de ses parents.

Et supprimons ces 10 mécanismes compliqués, hérités du passé.

Quand la technocratie pilote la politique familiale

Curieusement, ce n’est pas du tout l’approche du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) qui a publié le 6 juin un rapport volumineux de 300 pages [[http://www.hcfea.fr/spip.php?rubrique11]]. Il propose trois options pour améliorer l’indice statistique de pauvreté des enfants : soit compliquer le calcul du RSA, soit celui de la Prime d’Activité, soit inventer une onzième prestation spécifique – de 50 euros par mois – pour certains enfants de familles pauvres. Cela coûterait à peine deux milliards d’euros…

Ce rapport n’évoque nulle part la détresse sociale et la responsabilité des parents. Pour le HCFEA, la priorité nationale est uniquement guidée par les statistiques : hisser au dessus du seuil de pauvreté les familles monoparentales et les familles nombreuses sans emploi. Sans s’inquiéter des désincitations créées automatiquement pour d’autres configurations familiales, qui peuvent bien, elles, demeurer sous le seuil de pauvreté. C’est ainsi que si une mère isolée rencontre l’homme de sa vie, elle perd tout à coup nombre d’avantages réservée au statut « monoparental ». Et si un parent de famille nombreuse au chômage retrouve un emploi, même mal payé, il perd également une partie de ses allocations. Rien de cela ne permet d’exercer des choix de vie en tant qu’adulte libre et responsable.

La complexité est l’ennemie de la transparence et donc de la liberté. Comment les citoyens peuvent-ils s’opposer à la technocratie qui la génère ?

Note : tous les graphiques de cet article ont été construits patiemment par Léon Régent, vice-président de l’association AIRE, pour son livre récent : La face cachée des prestations familiales, présenté ici[[https://blog.revenudexistence.org/2018/02/17/presta-fam/]].

 

 

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THx27
- 03/07/2018 - 12:27
ubu roi ?
ces technocrates rendent des rapports pour justifier pourquoi ils sont payés, pas pour le bien public, pas de remise en cause ni prise de risque, et sans aucune vision à long terme et hors de leur champ comptable. or la démographie est fondamentale pour renouveler le pays, payer les retraites etc. cette politique du court terme est catastrophique pour nos sociétés .
2bout
- 03/07/2018 - 11:57
Certes,
l'opacité nous rend dépendants du technocrate qui la génère. Mais au delà de la liberté que l'on nous confisque, il s'agit bien pour le technocrate (le technocrate s’accommode parfaitement à tous les régimes politiques) de se créer par ce biais, clés et autres codes, tous les outils qui confortera son pouvoir (auxquels il n'est pas prêt à renoncer).
vangog
- 03/07/2018 - 10:48
Raisonnement anti-socialiste et anti-clientéliste!
Oui aux allocations familiales universelles -pour les Français uniquement-, mais les marcheurs-en-rond vont hurler, car c’est antinomiques avec leurs préoccupations, essentiellement électoralistes, et dont le dessein est servi par la complexité volontaire des aides tous azimuts, même aux étrangers...