En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
Atlanti-culture

"Considérations sur la France" : vous ne regretterez pas de vous accrocher

Publié le 25 octobre 2017
Jean-Noël Dibie est chroniqueur pour Culture-Tops.Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Noël Dibie pour Culture-Tops
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Noël Dibie est chroniqueur pour Culture-Tops.Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»

LIVRE

Considérations sur la France

de Jean-Claude Milner, conversations avec Philippe Petit

Editions du Cerf

270 pages

 

RECOMMANDATION

BON

THEME

Dans ce livre d’entretiens, J.C. Milner, cherche à saisir et anticiper la place de la France en Europe.

Le Prologue permet à l’intellectuel de gauche, de regretter que, dans l’Europe des Vingt-sept, « devenue un principe d’instabilité », la France ait « choisi de nier ses racines révolutionnaires et républicaines ». La dynamique sociétale voulant que, « une société qui ne se transforme pas est une société qui meurt », le philosophe déplore que la société française ne se réforme pas. Oubliant la politique, des réformateurs, à l’écoute des sociologues, se contentent d’adapter les institutions.

Le chapitre 1, A la lumière de Montesquieu, pose la problématique du débat sous l’éclairage des grands principes des Lumières.  La discussion distingue le pouvoir politique, qui crée les règles, du pouvoir des corps intermédiaires qui organisent « la rencontre entre les règles et les individus ». Passant en revue les corps intermédiaires de la société française, Milner constate, notamment : que les enseignants sont devenus « un corps de métier » ; que l’autorité judiciaire constitutionnelle cherche à instaurer un pouvoir judiciaire ; que l’administration, bénéficiaire de l’effacement de l’Eglise et de l’Armée, installe « une société de permissions et d’interdictions ».

Le chapitre 2, Les traces de l’histoire longue, est dédié aux mutations des composantes de la société française des Droits de l’Homme, qui « ne font pas la politique …, mais peuvent imposer des limites à la politique ». La petite bourgeoisie intellectuelle a dû composer avec la bourgeoisie salariée et les notables, élargis à l’élite de l’administration. 

Le chapitre 3, Les traces de l’histoire récente, aborde les ruptures sociales et sociétales résultant de la défaite de 1940 et des guerres coloniales. Parmi celles-ci, le débat fait ressortir la mutation des historiens qui, leur matière étant devenu une science, s’interdisent de juger, alors que les journalistes le font. Il met, également, en exergue l’introduction du modèle méditerranéen dont la solidarité familiale valorise la loi du plus fort.

Le chapitre 4, Les traces résiduelles de l’Etat-Nation, met en lumière l’ambivalence de la France et des français. Ambivalence à l’égard de l’Etat et de la Nation, malmenés par la construction européenne. Ambivalence à l’égard de l’école, chahutée par des « réformologues » qui n’ont pas perçu l’importance qu’il y avait à « séparer radicalement les savoirs et la transmission ». Ambivalences à l’égard de la langue, « le français n’est plus un accélérateur de circulation des idées », mais aussi de la culture et des compétences particulières. Ambivalences à l’égard de la victoire militaire, constante de l’Histoire de France, mais aussi de la réussite économique, « la société française se méfie de toutes les formes de réussite quand elles affectent l’appartenance de classe ».

Après avoir, ainsi, « pris le pouls de la société française », J.C. Milner, relèvant le paradoxe entre « la platitude de l’encéphalogramme socio-politique » et « l’inventivité, l’énergie la combattivité des individus », estime que « la politique aura à réaffirmer en démontrant, si elle le peut, que certaines questions échappent à la technique ».

POINTS FORTS 

Une réflexion riche des travaux antérieurs des auteurs.

POINTS FAIBLES

Je n’en ai pas perçu, si ce n’est : la nécessité d’une attention très soutenue, propre à ce type d’essais ; quelques redites imposées par le plan retenu ; et l’engagement connu des auteurs.

EN DEUX MOTS

Je me suis accroché, je ne le regrette pas.

UN EXTRAIT

Ou plutôt trois:

Page 23.  « Seule la politique rompt avec la force ; plus exactement elle commence quand elle exclut la force comme mode unique d’avoir raison. » 

Page 101.  « …elle (la petite bourgeoisie intellectuelle) ne produit plus d’idées neuves en politique. Or, sa vie était politique. »

Page 168 « La question de la souveraineté … Je ne vois guère que les pays d’Europe occidentale pour avoir fait mine de la mettre en suspend… L’Europe parle comme une grande ONG. Or, elle n’est pas une ONG, elle parle donc nécessairement faux. »

LES AUTEURS

Jean-Claude Milner, né à Paris en janvier 1941, a étudié au lycée Henri IV, à l’Ecole Normale Supérieure et au MIT. Cet intellectuel de gauche, un temps maoïste, docteur d’Etat, professeur des Universités, linguiste, philosophe et essayiste, a beaucoup publié.

- Philippe Petit, né à Neuilly sur seine en 1951, journaliste - Le Monde, Libération, Marianne…-, animateur - « Les chemins de la connaissance » sur France Culture, et philosophe, a publié une trentaine de livres d’entretien.

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

02.

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

03.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

04.

Un été tranquille ? Pourquoi Emmanuel Macron ne devrait pas se fier à ce (relatif) calme apparent

05.

Au Yémen, les Emirats Arabes Unis défendent leurs intérêts... au détriment des Saoudiens

06.

Yémen, la situation évolue discrètement cet été à l'abri des regards des vacanciers

07.

Pourquoi l’euro pourrait bien être le prochain dommage collatéral de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis

01.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

02.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

03.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

04.

La saga du Club Med : comment le Club Med résiste à la crise chinoise

05.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

06.

Peugeot-Citroën : le lion résiste aux mutations mondiales

01.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

02.

"Une part d'Afrique en elle" : petit voyage dans les méandres de la conception macronienne de la nation

03.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

04.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

05.

Quand le moisi (Jean-Michel Ribes) s'en prend à la pourriture (Matteo Salvini)

06.

Italie : quelles leçons pour la droite française ?

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires