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Sens de l'Histoire

"Il faut évoluer" : la peur d'être ringarde stimule-t-elle la droite... ou la plombe-t-elle ?

Publié le 16 septembre 2017
Sur le sujet de la PMA, "il faut évoluer", estime Jean-François Copé. Mais la droite n'a-t-elle pas plus à perdre qu'à gagner en voulant suivre les tendances du moment ?
Eric Deschavanne est professeur de philosophie.A 48 ans, il est actuellement membre du Conseil d’analyse de la société et chargé de cours à l’université Paris IV et a récemment publié Le deuxièmehumanisme – Introduction à la pensée de Luc Ferry (Germina...
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Jean-Philippe Vincent, ancien élève de l’ENA, est professeur d’économie à Sciences-Po Paris. Il est l’auteur de Qu’est-ce que le conservatisme (Les Belles Lettres, 2016). 
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Jean-Philippe Vincent
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Sur le sujet de la PMA, "il faut évoluer", estime Jean-François Copé. Mais la droite n'a-t-elle pas plus à perdre qu'à gagner en voulant suivre les tendances du moment ?

Atlantico : Ce 15 septembre, Jean-François Copé a déclaré à propos de la PMA : "Sur ce sujet, il faut évoluer, et donc, pour ma part,  je ne m’y opposerai pas". En quoi la droite a t-elle besoin "d’évoluer" sur ce types de sujets ​? Qu'est ce que la droite a à perdre à vouloir "évoluer" et qu'a-t-elle à y​ gagner ?

​Eric Deschavanne : La droite n’a surtout rien à gagner à adopter une posture de « résistance morale » à l’égard d’évolutions qui s’inscrivent dans le sens de l’histoire. Toute innovation n’est pas nécessairement bonne, et il faut parfois savoir résister au changement, mais on ne peut espérer vaincre les tendances lourdes de l’histoire. En l’occurrence, on n’arrêtera pas le développement des techniques de manipulation du vivant ni la revendication de liberté et d’égalité des individus au nom d’une morale fondée sur une conception de l’ordre naturel dont les sociétés modernes – qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse – ont définitivement perdu le sens. Du point de vue de la logique démocratique, qui est individualiste, on peut certes admettre l’interdit, mais exclusivement en vue de protéger la liberté et la sécurité des individus et en respectant le principe d’égalité. Dans cette perspective, la GPA pose des problèmes spécifiques, mais pas la PMA : elle ne cause aucune nuisance à autrui, ne conduit pas à « marchandiser » le corps humain et offre une liberté nouvelle aux individus. J’admets volontiers qu’on puisse s’y opposer en raison de ses convictions religieuses ou philosophiques mais, politiquement, le projet de l’interdire ou d’en limiter l’accès est une cause perdue d’avance.

Maxime Tandonnet : Il me semble qu’un sujet comme la PMA ne peut pas faire abstraction de la sensibilité personnelle des hommes ou femmes politiques. Un parti, une majorité ou une opposition peut difficilement imposer un carcan idéologique où tout le monde devrait se fondre. Cela reviendrait à obliger des personnes à se renier  et à trahir leur pensée profonde. Je ne pense pas que la question soit d’imposer une ligne unique sur un sujet qui concerne les convictions éthiques et éventuellement religieuses. Chacun doit pouvoir se prononcer en son âme et conscience. C’est une affaire de liberté d’opinion. En revanche les responsables politiques ne doivent pas non plus me semble-t-il tout réduire à la tactique politicienne, se positionner sur telle question pour se différencier, apparaître moderne et soigner son image. Donc je ne pense pas que « la droite » en tant qu’entité collective, ait besoin d’évoluer collectivement sur de tels sujets à dominante éthique, mais plutôt d’admettre que ces questions ne relèvent pas du clivage droite/gauche mais de l’intime conviction de chacun en évitant aussi de diaboliser et d’insulter ou de mépriser celui qui ne pense pas comme vous. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir de consensus sur un tel sujet tant il relève de l’intime. C’est là qu’une réflexion de fond et un vrai débat de société, fondé sur l’échange des arguments, serait nécessaire.

Jean-Philippe Vincent : Beaucoup de gens à droite semblent ignorer ce qu’est un homme de droite, notamment Jean-François Copé sur ce point de la PMA. Un homme de droite est à la fois un « héritier » et un « transmetteur ». Il est un héritier parce qu’il assume le fait que lui et d’une façon plus globale la société sont le fruit d’une tradition qui les a façonnés tels qu’ils sont. Un homme de droite reconnaît ça : la vie, la culture, le développement économique sont des héritages qui sont enrichis dans le présent, mais qui sont d’abord hérités. Un homme de droite ne répudie pas l’héritage ; il l’assume pleinement. Mais un homme de droite et spécialement un conservateur est aussi un « transmetteur » : il est soucieux de trans mettre à ses enfants et à la société dans son ensemble l’héritage qu’il a reçu et qu’il a enrichi. En résumé, un homme de droite est soucieux du lien entre générations, de ce qu’on appelle « l’intergénérationnel ».

Evoluer est une excellente chose, dans la mesure où cela permet de faciliter la transmission de ce qu’on a hérité de plus précieux. Il est absolument nécessaire d’évoluer et surtout de réformer ce qui ne fonctionne pas ou ce qui fonctionne mal, dans l’intérêt même de la dynamique « hériter et transmettre ». Mais dans le cas de la PMA pour les homosexuels il y a une risque pour le lien intergénérationnel : celui que l’enfant devienne un objet, appropriable, alors qu’un enfant est un sujet de droit vulnérable qui doit être protégé. Bref, le risque de « l’évolution » dont il est question en ce moment s’appelle techniquement : la « réifcation », c’est-à-dire a transformation de l’enfant ou du désir d’enfant en une marchandise. Cela, on peut en être certain, n’est pas une « petite évolution », c’est une grande transformation dont aucun vrai homme de droite ne veut. C’est totalement contraire à la dynamique : hériter et transmettre.

Ne peut-on pas voir dans les défaites électorales de la droite, une conséquence de ses "évolutions"​ passées ? D'un point de vue philosophique, que perd la droite en refusant le "conservatisme" ? 

​Eric Deschavanne : S’agissant de l’interprétation des défaites électorales, chacun voit généralement midi à sa porte : on peut dire tout et son contraire. A droite comme à gauche, on assiste toujours à un débat opposant ceux qui imputent les défaites aux reniements idéologiques et ceux qui les imputent au sectarisme ou au défaut d’esprit de responsabilité. Je peux comprendre la tentation de la pureté et de la cohérence idéologique mais je ne vois pas comment elle peut être politiquement gagnante lorsqu’elle consiste à s’éloigner du centre. Si on fait une analogie avec la gauche, le refus des « évolutions », c’est-à-dire le refus des compromis idéologiques, devrait conduire la droite à concevoir la droite comme Corbyn, Mélenchon ou Hamon conçoivent la gauche : la « droite de droite », s’arqueboutant sur le catéchisme catholique devrait refuser le « libéralisme moral » comme la gauche de la gauche refuse le libéralisme économique. Pas sûr que cela soit la stratégie gagnante. La clarification idéologique risque fort de se payer au prix du rassemblement (de la majorité de l’opinion, voire de son propre camp) nécessaire aux victoires électorales

La droite doit-elle renoncer le conservatisme, ou au contraire l’assumer ? La question est trop simple. L’erreur consiste à réduire le conservatisme au conservatisme moral. Le simplisme médiatique de notre époque est en train de tuer la pensée politique. On confond conviction morale et jugement politique. Le jugement politique doit se fonder sur l’éthique de la responsabilité, non sur l’éthique de la conviction, selon la célèbre dichotomie établie par Max Weber. Quel est le projet ? S’il s’agit de construire une droite d’opposition, cohérente et minoritaire, alors le conservatisme moral fait l’affaire. S’il s’agit de construire une droite populiste, je conseillerai plutôt la démagogie protectionniste. S’il s’agit de construire une droite de gouvernement crédible en vue d’une alternance, il conviendrait en revanche d’éviter l’un et l’autre. 

Philosophiquement, l’important est de comprendre le sens de l’histoire et les enjeux de l’époque dans laquelle on vit et on doit agir. Le conservatisme bien compris est une méthode politique. L’analyse du sens de l’histoire permet de distinguer le conservateur réactionnaire - qui est un pur moraliste ou un pur idéologue - du conservateur politique mû par l’éthique de responsabilité. Le conservateur politique sait qu’on ne peut s’opposer au sens de l’histoire. Ses vertus principales sont la prudence, le souci de l’unité et de la cohésion nationale, la conscience des traits permanents de l’histoire et de la nature humaine, le sens de la continuité historique à travers ce qui change. Le conservatisme politique n’est pas par essence hostile au progrès. Il est en revanche viscéralement antirévolutionnaire : il se méfie des réformes qui brutalisent la société et bousculent les équilibres en place, introduisant divisions et conflits. Le conservatisme partage à cet égard avec le libéralisme l’idéal d’un pouvoir politique au service de la société civile ainsi que la critique de la tentation du volontarisme jacobin : la réforme, quand elle est nécessaire, doit être réalisée en douceur, en veillant à ne pas briser la relation harmonieuse du pouvoir et de la société. 

Le conservateur politique, à cet égard, ne peut être qu’hostile au conservateur réactionnaire. Le réactionnaire, en effet, veut rétablir d’autorité ce qui a disparu et dont la société ne veut plus : il ne peut sortir de l’impuissance de la nostalgie que par le projet de révolution conservatrice. Imaginons une force politique qui voudrait aujourd’hui revenir sur le droit à l’avortement. Elle pourrait à juste titre revendiquer l’étiquette du conservatisme moral, mais elle contreviendrait à l’idéal du conservatisme politique en introduisant la division et le conflit au sein de la société ainsi qu’entre le pouvoir et la société. Le conservateur politique clairvoyant, même s’il est à titre personnel hostile à l’avortement, distinguera morale et politique et refusera d’imposer à la société ce qu’elle ne peut accepter. Le conservatisme bien compris, autrement dit, ne consiste pas à vouloir conserver ce qui ne peut plus l’être, mais à éviter les illusions du pseudo-progressisme, les excès du progressisme authentique, en cherchant les moyens de conserver ce qui lui paraît nécessaire au progrès et qui pourrait être menacé par les transformations en cours.

Maxime Tandonnet : Le conservatisme, c’est une étiquette, à connotation négative dans notre pays, un peu comme « la réaction ». D’ailleurs, la droite accuse aussi la gauche de conservatisme sur les réformes économiques d’ailleurs. Je pense que personne ne doit se laisser enfermer dans des étiquettes. Il faut prendre chaque sujet au cas par cas et s’interroger sans a priori sur les bonnes solutions pour le pays. Le conservatisme signifie que l’on est favorable au maintien des choses en l’état. Or nul ne conteste que la France a besoin d’être réformée en profondeur. Je crois que personne n’a rien à gagner à se proclamer conservateur dans une société qui a besoin de transformations. En revanche, la droite devrait être beaucoup plus ferme dans ses convictions et dans la défense de ses valeurs éducatives, intellectuelles, qui sont le socle de la vie en société. Ainsi, quand le précédent gouvernement a supprimé ou fortement réduit l’enseignement du latin et du grec, peu responsables politiques ont marqué leur opposition. Certains l’ont fait, mais la plupart avaient trop peur de se ringardiser en défendant l’enseignement des langues classiques. De même, la réduction de l’enseignement du français, de l’histoire ont un impact désastreux sur le long terme en affaiblissant le niveau scolaire des Français c’est-à-dire leur capacité d’adaptation et leur esprit critique. Face à cette réalité, la question n’est pas d’être conservateur ou de ne pas l’être, mais  de lutter contre une grave dérive.  Et cela personne n’a su le faire.

Jean-Philippe Vincent : La droite française depuis 40 ans, c’est toujours la même histoire du combat des Horaces et des Curiaces, telle que racontée par Tite-Live. En divisant ses forces, en refusant l’affrontement global projet conservateur contre projet progressiste, on perd  la bataille dans des affrontements partiels.  Mais cela révèle une chose importante, en définitive : il n’y a pas de projet global de droite, ou du moins il n’est absolument pas assumé par les partis de droite. Il y a bien l’option libérale et conservatrice. Elle fait des progrès dans l’opinion qui est de plus en plus consciente qu’il existe une autre option. Mais, pour l’instant, cette option conservatrice et libérale n’a pas encore une forme ou une structuration politique suffisamment solide. Cela va peut-être venir, mais ça n’est pas encore les cas.

Par ailleurs, sur tous ces sujets sociétaux : mariage pour tous, PMA, etc. la posture d’une partie de la droite est beaucoup trop défensive. Si la droite était porteuse d’une vision globale de la société claire et positive, elle pourrait faire comprendre ou mieux comprendre en quoi le mariage pour tous ou la PMA pour les couples homosexuels ne s’insèrent pas dans le projet de société et le bien qu’elle assume. Malheureusement, le contenu concret de ce que pourrait être le « bien commun » de la société française n’est pas suffisamment défini et pas assez offensif. Dans ces conditions, avec une posture défensive, on finit par perdre sur tous les tableaux. Les défaites électorales de la droite française viennent de là. La droite française a beaucoup de mal à penser « global ».

​​Dans un environnement politique français particulièrement mouvant depuis la campagne présidentielle, la droite n'aurait-elle pas justement intérêt à se définir clairement, en ignorant les tendances de l'opinion ? 

​Eric Deschavanne : Nous vivons un moment de « recomposition politique », tout le monde en convient. La « clarification idéologique » en est le moteur, en tant qu’elle produit de la décomposition politique. L’événement central, l’épicentre du séisme, est la mort du Parti Socialiste. Quand le rassemblement de courants de pensée différents qu’elle rendait possible devient intenable, que la clarification idéologique s’impose de manière irrépressible, une force politique est vouée à se décomposer et à disparaître. La purification idéologique n’est toutefois pas la finalité de la politique. Le but est bien en principe de construire une force politique qui rassemble largement, ce qui implique qu’elle admette en son sein une diversité de courants d’idées. Il faut cependant que cette diversité soit compatible avec la formulation d’un projet de gouvernement cohérent, ce qui n’était plus possible au parti socialiste, parce que la contradiction portait sur un point essentiel, à savoir la politique économique. 

Quelle stratégie politique peut-on recommander à la droite ? Le premier axe doit être le rassemblement sans exclusive a priori : il serait absurde de vouloir exclure les libéraux, ou à l’inverse Sens commun. L’exclusion ne devrait être qu’a posteriori et volontaire, en fonction d’une ligne politique qu’on accepte ou pas. Le deuxième axe est la hiérarchie des questions, laquelle doit être fonction non de l’idéologie, mais des défis imposés par le réel lui-même. A l’évidence, la PMA et les questions sociétales ne sont pas des questions vitales pour le pays. Une force politique peut donc aisément tolérer la contradiction en son sein sur ces sujets. Ce ne doit pas être l’élément déterminant de la ligne politique. La droite doit définir clairement son projet politique en livrant un diagnostic et une ordonnance sur les grands problèmes : l’avenir économique de la France, l’avenir de la protection sociale, la gouvernance de la zone euro, la maîtrise de l’immigration, la question de l’intégration de l’islam à la civilisation française et européenne. C’est sur ce terrain politique que l’opinion l’attend. Vouloir se situer sur le terrain moral, pour construire une opposition idéologique entre ordre moral progressiste et ordre moral conservateur constituerait une erreur stratégique massive. Cela reviendrait à faire le choix de construire une droite d’opposition, structurellement minoritaire.

Maxime Tandonnet : Mais comment ignorer les tendances de l’opinion dans une démocratie ? Au contraire, il faut chercher des réponses aux attentes des Français. Voyez le sondage CEVIPOF sur la confiance des Français. D’année en année, il indique que 89% des Français pensent que les politiques ne tiennent aucun compte de ce que pensent les gens comme eux. La rupture entre les élites et le peuple ne cesse de s’aggraver. Elle se traduit par une poussée vertigineuse de l’abstention, plus de 50% aux dernières législatives, et par la montée du vote protestataire. Que disent les Français sur le chômage, l’école, l’autorité de l’Etat, la sécurité, la maîtrise de l’immigration ? Le rôle des politiques est d’être à leur écoute et de leur apporter des réponses. Ils doivent tenir un discours de vérité. Les gens n’attendent pas des solutions miracles. Ils veulent sentir que leurs attentes sont prises en considération par les dirigeants. La politique devient beaucoup trop une affaire de grand spectacle et d’image narcissique. La priorité absolue de la droite, dans l’avenir, est de la ramener au monde des réalités, en finir avec les postures pour se mettre au travail. Mon sentiment, c’est que dans l’avenir le mot d’ordre de la droite ne doit pas être le conservatisme, synonyme d’immobilisme ce qui serait suicidaire, mais le sens des réalités, de la vérité et de l’intérêt général. Mais nous n’en sommes malheureusement pas là… 

Jean-Philippe Vincent : Certes, le défi de la droite française est là : définir un projet global et cohérent. Quelle est l’offre de la droite conservatrice et libérale sur le plan des institutions, de l’économie et de la vie en société ? Autorité, liberté, propriété, tradition, confiance, bien commun. Il faut donner des contenus concrets à chacun de ces piliers de la vision conservatrice. Prenons l’exemple du bien commun. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire qu’à côté des biens particuliers de chaque individu il y a un bien commun qui est supérieur aux biens privés (ou particuliers)  des individus. Le bon fonctionnement d’une famille ne peut pas dépendre à tout moment de la satisfaction des intérêts particuliers de chacun des membres, sans quoi c’est l’anarchie et la dissolution de la famille. Donc, il y a un bien commun supérieur aux biens particuliers de chaque  membre de la famille et chaque membre de la famille doit travailler à cette œuvre commune. Et si ce bien commun est assuré, alors chaque membre de la famille va en profiter. Ce qui est vrai pour la famille est vrai pour la nation. Il existe un bien commun de la nation et chaque Français doit y contribuer pour, ensuite, en bénéficier. Quelles doivent être les formes et les objectifs des contributions au bien commun de la nation ? Voilà ce à quoi la droite devrait réfléchir. En tout cas, il y a une chose certaine : la PMA pour les couples homosexuels n’est pas au service du bien commun de la société française, mais des intérêts particuliers de quelques minorités. Elles ne sont pas méprisables, assurément, mais elles n’ont pas à faire la loi ni à définir le bien commun de la société française. Les hommes de droite qui courent après ces minorités sont les « idiots utiles » dont parlaient Lénine.

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gilbert perrin
- 17/09/2017 - 14:46
inverseme,nt en MAI 68 !!!
tout a changé en MAI 68 ? l'histoire inversée est réelle, CEUX (les descendants) QUI ONT CREE le CONFLIT en ALGERIE .... aujourd'hui font l'inverse, ils favorisent l'invasion de la FRANCE ... sa ruine (sécurité sociale) etc... pour l'argent et la puissance, n'étaient ils pas déjà collabo en 40 ?????
cloette
- 17/09/2017 - 14:02
Sens de l'histoire
On se demande quel est ce sens ( c'est à dire direction ? ) , est ce un sens interdit, un sens unique , une direction vers quel but ?
l'enclume
- 17/09/2017 - 11:51
LREMAT
Deudeuche - 16/09/2017 - 23:10 - Pas d'inquiétude, bientôt "La République En Marche va devenir "LA REPUBLIQUE EN MARCHE ARRIERE TOUTE"