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De Nadine Morano à NKM
Tensions à droite : qui saura chez les Républicains trouver l'équilibre entre les pulsions de radicalité et le sang-froid des modérés ?
Publié le 05 août 2016
Le contexte sécuritaire en France et les réactions politiques que les derniers attentats ont suscitées montrent une nouvelle fois que parallèlement à son aile "centriste", le parti Les Républicains possèdent aussi une frange plus "radicale". Alors que la synthèse de ces deux électorats paraît nécessaire pour que la droite remporte la présidentielle de 2017, reste à savoir qui serait le plus à même de la réaliser.
Journaliste indépendant, spécialisé dans l’étude des droites françaises, Bruno Larebière a été durant dix ans rédacteur en chef de l’hebdomadaire Minute. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Jean-Paul II (éd. Chronique, 1998) et De Gaulle (éd....
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Le contexte sécuritaire en France et les réactions politiques que les derniers attentats ont suscitées montrent une nouvelle fois que parallèlement à son aile "centriste", le parti Les Républicains possèdent aussi une frange plus "radicale". Alors que la synthèse de ces deux électorats paraît nécessaire pour que la droite remporte la présidentielle de 2017, reste à savoir qui serait le plus à même de la réaliser.

Atlantico : Alors que plusieurs personnalités politiques de droite ont récemment effectué des sorties médiatiques remarquées concernant les attentats (Henri Guaino, Nadine Morano…), qui parmi Les Républicains serait selon vous le plus à même d'effectuer la synthèse entre d'une part des électeurs modérés mais en attente de résultats et d'efficacité, et d'autre part des électeurs plus radicaux, qui demandent une réponse plus forte ?

Maxime Tandonnet : On sent bien, en effet, que le mouvement Les Républicains est constitué de deux sensibilités bien distinctes et ce n'est pas nouveau. L'une est proche de la sensibilité centriste, européenne, libérale. L'autre est davantage souverainiste et identitaire. A l'époque du RPR, entre 1976 et 2002, la première s'incarnait dans des personnalités comme Edouard Balladur, Michel Noir, Michel Barnier. L'autre à travers Charles Pasqua. La création de l'UMP, par fusion avec une partie de l'UDF, centriste, giscardienne, européiste, devait en faire un grand parti conservateur, européen et libéral. Aujourd'hui, dans un contexte troublé, nous voyons ressurgir le clivage fondamental. Le même mouvement, réuni par des enjeux électoraux, recouvre deux idéologies dissemblables, un centre-droit et une droite à connotation nationale que l'on croyait vouée à s'éteindre et qui réapparaît en force à la faveur des évènements : crise migratoire européenne et vague d'attentats terroristes. Il est tout de même surprenant de penser que Mme Kosciusko-Morizet et Mme Morano appartiennent au même parti... Pour l'élection présidentielle, le candidat le mieux armé pour transcender ce clivage pourrait être Nicolas Sarkozy, capable d'un discours de fermeté sur les questions sécuritaires ou identitaires mais en même temps attaché à certaines orientations d'origine plus centriste, comme la "construction européenne". Mais cela n'indique en rien qu'il remportera la primaire puis la présidentielle.

Bruno Larebière : La distinction que vous opérez sépare, en fait, ceux qui pensent qu’un traitement sécuritaire de la vague de terrorisme islamiste permettra d’endiguer le phénomène, et ceux qui estiment que c’est la question du développement de l’islam qui est posée. La sortie d’Henri Guaino sur les lance-roquettes dont il faudrait doter les militaires de l’opération Sentinelle ressort de la première démarche, celle de Nadine Morano sur "l’invasion massive arabo-musulmane" de la seconde. Ce sont deux conceptions totalement différentes entre lesquelles il n’est pas de synthèse possible, si ce n’est par des effets oratoires qui peuvent faire illusion le temps d’une campagne électorale…

Vous voyez où je veux en venir. Pour ramener cette question fondamentale, qui n’est pas débattue, à son aspect très bassement et très tristement électoraliste, et pour m’en tenir aux deux principaux prétendants à l’investiture chez Les Républicains, Nicolas Sarkozy part avec un avantage certain sur Alain Juppé. Même si l’ancien chef de l’Etat pâtit de son action à la tête de l’Etat durant son quinquennat, il a gardé la capacité, qui est la marque de fabrique des leaders populistes, de faire croire aux Français qu’il les a compris – la référence gaulliste est volontaire –, aussi divergentes soient leurs aspirations.

Le seul point commun entre les deux tendances de l’électorat que vous évoquez est que, dans ces circonstances exceptionnelles, chacun réclame des mesures exceptionnelles. Or, face à ces revendications, si Nicolas Sarkozy se prononce, par exemple, pour le placement en détention d’individus fichés et balaye les "arguties juridiques", Alain Juppé campe sur une conception de "l’Etat de droit" qui ne diffère en rien de celle défendue par la gauche au pouvoir, et qui, il faut bien le dire, est bien utile à celle-ci pour masquer son impéritie.

Or, je voudrais simplement rappeler à Alain Juppé, qui se dit gaulliste, que le général De Gaulle, confronté à une situation exceptionnelle lors de ce qu’on appelait "les événements d’Algérie", a pris des mesures exceptionnelles dont je n’ose penser qu’il les juge contraires à l’Etat de droit. Par exemple en faisant incarcérer, sur simple décision administrative et sans que la justice ait eu un seul mot à dire, tous ceux qui étaient suspectés d’entretenir des liens avec le FLN, puis avec l’OAS.

Je souhaite bonne chance à Alain Juppé pour expliquer aux électeurs de la primaire qu’il n’est pas possible de faire aujourd’hui, avec les islamistes répertoriés comme tels, ce que De Gaulle a fait hier avec les militants de l’OAS et avec ceux du FLN, malgré 250 morts, à l’heure où je vous parle, sur le territoire français…

Quels sont les éventuels obstacles qui pourraient s'opposer à la conciliation de ces deux électorats au sein du parti Les Républicains ?

Maxime Tandonnet : Soyons clairs. Les obstacles idéologiques sont difficilement surmontables. C'est sans doute la raison pour laquelle le parti, à l'image de la classe politique dans son ensemble, s'éloigne du débat d'idées et de projets. Comment mettre d'accord sur l'Europe, par exemple, M. Juppé et M. Guaino ? Ou M. Raffarin et M. Wauquiez sur la maîtrise de l'immigration ? L'unification du parti Les Républicains ne peut se faire que dans la bataille électorale, l'objectif de battre les socialistes et en particulier M. Hollande lors de l'élection présidentielle. Le combat politique pour la conquête des mandats et des postes est seul de nature à transcender les clivages idéologiques et à concilier des points de vue aussi divergents. La vraie question est celle de l'après victoire électorale : comment donner une cohérence et un sens à l'action gouvernementale ?

Alors que le Front national de Marine Le Pen pousse à droite et que François Hollande s'est recentré durant son quinquennat, dans quelle mesure sera-t-il indispensable pour le candidat de droite à la présidentielle de 2017 de réaliser cette synthèse avec succès pour maximiser ses chances de victoire ?

Maxime Tandonnet : Eh bien, je ne suis pas certain que cette synthèse soit indispensable pour gagner l'élection présidentielle... Je ne crois pas que le scrutin se joue sur une synthèse. Hélas, la politique médiatisée est devenue ce qu'elle est, c'est-à-dire une affaire de passion et d'émotion plus que de raison. Ce qui permet de gagner une élection présidentielle est lié à une image, une sensation, un ou deux slogans. L'essentiel est l'impression que dégagera tel ou tel candidat, la confiance qu'il va inspirer, son rayonnement médiatique, "l'envie" qu'il suscitera. L'expérience montre que dans la politique actuelle, la cohérence d'un programme n'est pas la clé de l'élection. Ce qui compte avant tout, c'est le sentiment de sympathie, de confiance que tel ou tel candidat va inspirer. Dans le climat de déstabilisation, nous pouvons imaginer que l'image de sérieux, de sagesse, de fermeté, d'homme d'ordre, a de bonnes chances de prévaloir. Avec le système actuel, le charisme d'un homme est supposé transcender les différences idéologiques de son camp. Je suis incapable de dire quel candidat réunira ces qualités... Ce que je sais, c'est qu'avec un tel système fondé principalement sur l'émotion médiatique, les lendemains d'élection sont toujours extrêmemement décevants et douloureux.

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AvecNS
- 03/08/2016 - 07:43
Je prouve @ vangog
Je peux, moi, prouver ce que j'écris et j'invite tous ceux qui doutent à lire cette note de synthèse du Sénat.....https://www.senat.fr/lc/lc117/lc1170.html.... Si la loi n'est pas strictement appliquée dans tous les cas, c'est simplement parce que les juges ont le mur des cons d'un côté et de l'autre, le mur des damnés de la terre qu'il faut protéger, même au prix de la sécurité des Français....
AvecNS
- 03/08/2016 - 07:22
Je persiste @ vangog
Laisser croire comme le fait le FN qu'elle n'existe plus est un mensonge de plus. Elle a été aménagée mais les juges peuvent toujours l'appliquer et le font. En cas de terrorisme, elle s'applique à tous les étrangers et sans exception.
vangog
- 03/08/2016 - 00:06
@cloette très vrai! Nous assistons à une formidable
accélération de l'histoire, sous la pression des délires droidelhommistes et interventionnistes proches d'auto-détruire la gauche... Si NKM avait fait ce type de révélation, il y a cinq ans ans, elle aurait été traitée de fasciste par une grande partie de l'intelligentsia gauchiste. Aujourd'hui, son "glissement" (on ne parle même plus de "dérapage") est celui de tellement de Français, qu'on peut s'extasier de les voir, quasiment tous, surfer sur la vague du Front National, après l'avoir tant attendue...